Fantasy Tery

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mar 10

Chapitre 38 : Lui redonner le moral dans la capitale

 Chapitre 38 : Lui redonner le moral dans la capitale

 

«  ... ... ... ... ... »

 

Il ne disait plus rien du tout, observant la cité devant lui. Ils n’étaient pas encore totalement rentrés dans la capitale mais déjà ce qu’il voyait était plus qu’impressionnant. Des bâtiments faits de métal et de pierre, quatre pylônes positionnés en carré tout autour de la capitale bien qu’ils étaient quand même à l’intérieur mais vers les bords, et puis et puis ...

 

« Tu restes ici ? Ou tu veux peut-être que l’on rentre à l’intérieur ? »

 

Clari lui avait demandé cela alors qu’il restait bouche bée et muet. Il ... Il ne savait pas du tout au final ... Rien du tout même ... Et puis ... Avec les derniers évènements ... Ah ! Il devait éviter d’y penser mais le regard triste qu’il avait montrait clairement que ça restait gravé dans son esprit. Il prit une profonde respiration avant de dire :

 

« Nous pouvons y aller ... Je suis désolé d’avoir la tête ailleurs. »

 

Manelena comme Clari ne lui répondirent pas. Il n’y avait pas de quoi être désolé. La jeune femme aux cheveux blonds lui prit la main, lui faisant un léger sourire comme pour lui dire de ne pas s’en faire. Aux portes de la capitale, ils furent arrêté par de nombreux sauriens humanoïdes, ces derniers ayant des armures grises sur leurs corps ... Mais la première chose qu’il voyait sur leurs armures ... était le fait qu’elles avaient de nombreuses sphères de différentes couleurs en elles.

 

« Royaume d’origine, armement sur vous, vos noms, prénoms et une simple vérification. »

 

... ... Hein ? Il haussa un sourcil d’étonnement alors que Clari sortait son épée à deux mains, Tery se tournant vers Manelena. Qu’est-ce qu’elle utilisait comme arme ? Il la vit sortir une simple épée longue, celle-ci ayant néanmoins une topaze impériale au beau milieu de sa garde. Les gardes semblèrent étonnés, tout autant que Clari tandis que lui restait de marbre.

 

« Comment est-ce que vous avez eut une telle pierre ? »

 

« Un simple cadeau de ma famille, voilà tout. Je sais très bien que les topazes impériales sont très rares mais non, malheureusement, cette épée n’est pas à vendre. » répondit Manelena en récupérant son arme, venant la ranger tandis que Tery tendait ses deux griffes.

 

« Rien de bien spéciale pour elles. Ce sont des griffes basiques. »

 

« Désolé de ne pas être spécial ... Je n’ai jamais voulu l’être. » répliqua le jeune homme aux cheveux bruns alors que les soldats haussaient un sourcil en lui redonnant ses armes.

« Vous pouvez passer ... Vous avez l’air en règle bien que vous provenez de Shunter. Ce n’est pas comme si ce royaume était inquiétant à la base. »

 

Hum... Qu’est-ce qu’il en avait à faire ce royaume ? Ce qui l’intéressait était les trois médaillons ... Et puis après ... Après ... Rien du tout ... Rien de rien ... Rien de rien de rien ... du tout ... Ah ... Il retournerait surement auprès de l’armée de Shunter mais là... Ce n’était pas le moment de penser au futur mais à ce qui se passait actuellement.

 

« On va chercher un endroit où dormir ce soir. » murmura le jeune homme avant de se mettre en route, pénétrant à l’intérieur de la capitale.

Il ne semblait même pas se soucier de ce qu’il avait autour de lui. Il ne regardait pas les somptueuses ruelles faites de pierres ainsi que les nombreuses machines autour de lui. Rien de rien ... Il avait plutôt envie de se reposer ... sur un lit et de ne rien faire de la journée.

 

« Pardonnez-moi mais j’aimerai réserver une chambre ... »

 

« Deux s’il vous plaît. » murmura une voix dans son dos, une voix qu’il reconnut comme celle de Clari. Il avait trouvé une auberge plus que potable, heureusement qu’ils étaient dans la capitale ... Là, il n’y avait pas de problèmes.

 

« Hum ... D’accord. » annonça l’aubergiste avant de signaler le prix pour deux chambres dont une à deux lits. Clari rétorqua aussitôt :

 

« Non. Deux chambres dont une à un lit de couple. »

 

Quoi ?! Il pensait qu’ils avaient arrêté de faire ceci. Il reprit aussitôt :

 

« Une chambre avec deux lits sera très bien oui. »

 

« Vous prenez une chambre avec un lit ? Ou une chambre avec deux lits ? Ah ! Foutus touristes ! Vous me fatiguez ! Pour la peine, ça sera une chambre avec trois lits ! » annonça l’aubergiste avant de récupérer l’argent et de donner une unique clé.

 

Mais c’était quoi ça ?! Et le respect du client dans cette affaire ? Ils n’eurent pas leur mot à dire, Manelena récupérant la clé en poussant un profond soupir. Ah ... Non mais vraiment... Qu’est-ce qu’elle allait faire d’eux ? Elle se le demandait réellement en fin de compte.

 

Ils déposèrent leurs affaires dans la chambre, Tery ouvrant la fenêtre pour voir la vue du quatrième étage où ils allaient séjourner pour les prochains jours. C’était une belle vue ... mais ... Pfff ... Depuis qu’il avait utilisé ses lignes noires et qu’il avait remarqué les vêtements déchirés au ventre de Clari ... Il ... Il ... Voilà ...

 

« Tery ! Prépare-toi ! On va se balader un peu ! »

 

« Je refuse ... Je ne veux pas ... Et nous nous sommes déjà baladés la dernière fois. Nous ne sommes pas dans un endroit pour s’amuser, Clari. » souffla t-il sans même se préoccuper plus longtemps de la jeune femme aux cheveux blonds, celle-ci faisant une petite mine dubitative.

 

« Tery ? Est-ce que tu veux bien te promener avec nous s’il te plaît ? » murmura Manelena en s’approchant de lui, le jeune homme rougissant légèrement.

 

« Je ne préfère pas ... C’est juste une question ... de sécurité ... » bafouilla t-il alors que Manelena lui prit le bras droit, le tirant vers elle.

 

« Tu n’as pas besoin d’être inquiet pour ta sécurité ! Nous sommes là pour te protéger ! » annonça Manelena en lui souriant.

 

Ce n’était pas pour lui ... mais pour elles ... Ces lignes noires ... Elles étaient beaucoup trop dangereuses ... Beaucoup trop ! Il devait ... Il devait en parler réellement avec quelqu’un, tout dire, tout savoir ... Pourquoi ? S’il n’y avait pas un moyen de les retirer ?

 

Sans même qu’il ne puisse dire quelque chose, il fut tiré hors de la chambre, Clari étant derrière eux tandis que Manelena ressemblait quand même un peu à celle-ci ... Parfois, au niveau du caractère. Ah ... Par contre, ils ne se prenaient pas la main au contraire de lui et Clari mais ... Bon ... Ce n’était pas un problème non plus hein ? Ce n’était pas comme si ... Il en avait besoin. Même si ... Manelena connaissait bien plus de choses qu’il ne le croyait.

 

« ... ... ... ... ... Je n’ai pas envie de sortir, vous le savez très bien. » marmonna t-il alors qu’il se retrouvait déjà dehors, sans même avoir le choix de décider.

 

« Ca ne fait rien, Tery. Je pense qu’une petite balade te fera justement le plus grand bien. » répondit Clari tandis que Manelena marchait à côté de lui, l’observant discrètement comme si elle avait quelque chose à lui dire sans y arriver.

 

« Manelena ? » demanda t-il alors qu’il se tournait vers elle, la jeune femme aux yeux rubis sursautant légèrement, surprise par Tery. Il reprit aussitôt : « Est-ce que je peux te demander quelque chose ? C’est très simple ... Mais bon ... »

 

« Hein ? Oui ... Bien sûr. Tu le peux ... Il n’y a aucun problème. » répondit-elle alors qu’il se rapprochait d’elle, lui demandant de baisser la tête pour lui murmurer quelque chose dans le creux de l’oreille. Rien que ce geste, il était rouge de gêne.

« J’ai honte d’être petit. » commença t-il à dire alors qu’elle haussait un sourcil, se demandant si c’était juste cela qu’il avait envie de dire. Pourtant, il continua : « Est-ce que l’on pourra ... parler seul à seule ? S’il te plaît ? Et merci ... de n’avoir rien dit au sujet de ma petite baisse de morale après le combat, je ... T’es une chouette femme. »

 

Manelena rougit subitement, détournant la tête alors que Clari s’était arrêtée, les regardant d’un air suspicieux. Ce fut surtout la réaction de Manelena qui lui fit lever un sourcil d’appréhension. Qu’est-ce qu’il avait dit ? Pour que Manelena rougisse, cela devait être quelque chose de plutôt gênant non ? Pourtant, la jeune femme aux cheveux argentés s’approcha de Tery à son tour, lui murmurant dans le creux de l’oreille :

 

 

« Si tu veux, je t’apprendrai tout ce que je sais sur les lignes noires mais il te faut la motivation. Pleurer et se cacher de ce que l’on possède ne te feront pas avancer dans la vie. D’accord ? Alors, si tu veux ... Ce soir, nous quitterons la chambre discrètement tout les deux, d’accord ? Si c’est oui, hoche la tête. »

 

En tête à tête ? Avec Manelena ? Ce fut à son tour d’avoir le rouge aux joues, le jeune homme hochant la tête plusieurs fois de suite avant de se faire tirer en avant par Clari.

 

« Hého ! Joli cœur ! Je croyais que tu n’avais pas le moral mais tu dragues ! »

 

« Mais ... Mais non ! Ne raconte pas de bêtises ! Je ne suis pas comme ça, Clari ! Tu le sais très bien et je te le répète à chaque fois ! » s’écria t-il sur un ton gêné.

 

« Oui, oui ... Bien sûr. Et qu’est-ce que la maréchale dirait si elle savait que celui qui l’idolâtre tente de s’attirer les faveurs de son envoyé ? »

 

« Mais arrête ! Elle va se faire des idées encore une fois, à cause de toi ! »

 

« Ne t’en fais plus à ce sujet, Tery. Je ne me fais aucune idée, je sais juste que Clari est du genre très possessive comme femme, c’est tout ce que je me dis. » dit la jeune femme aux cheveux d’argent en rigolant légèrement.

 

« Hein ? Que quoi ? Possessive ? Loin de là, même ! Tery peut aller avec n’importe quelle autre femme, ça ne me dérange pas ! »

 

« Oh ? Soit ... Et bien, Tery ? Que dirais-tu de finir la promenade avec moi ? » annonça Manelena en tendant sa main vers lui, le jeune homme aux cheveux bruns baissant un peu la tête avant de se donner des petites claques sur les joues.

 

« Je suis un homme ou non ? Si une jolie femme me propose une telle chose, je dois accepter ! Allez ! Pour pas faire de jalouses, je ferai mieux de prendre  les deux mains car de toute façon, ce n’est pas comme si cette situation allait déboucher sur quelque chose de plus profond ! »

 

« Tery ... J’ai un petit conseil à te donner. » reprit Manelena alors qu’il tournait sa tête vers elle. « Evite tout simplement de parler à voix haute en la présence des deux femmes que tu tentes de draguer. C’est un petit conseil si tu ne veux pas que ça finisse mal. »

 

« Euh ... Je retiendrai le message. » dis t-il avant de poser sa main sur celle de Manelena. Clari était rouge mais non pas de gêne cette fois-ci, elle semblait en train de bouillonner de l’intérieur avant de prendre une profonde respiration.

 

« Bon ... Qu’est-ce que l’on attend alors ? Je vais laisser les deux tourtereaux s’amuser ensembles, non ? Je ne suis pas si diabolique que ça, Tery. »

 

Ah ? Il était loin d’être sûr à ce sujet, il devait se l’avouer. Il observa la jeune femme aux couettes blondes. Il n’était pas un gamin entouré de deux petites filles. C’est vrai ... Il ne pouvait pas réellement se permettre de prendre les mains des deux femmes. Mais celle de Manelena était vraiment douce et chaleureuse. Il se demandait à quoi ressemblerait la femme sans cette armure qui recouvrait une partie de son corps ...  Enfin ... En y réfléchissant bien ...  Elen aussi devait être plutôt jolie sans toute cette armure. Juste avec des vêtements normaux non ? Quand on y réfléchissait bien ... Lui ... Il ne portait que du cuir et encore ... Il ne pouvait pas porter de lourdes choses car il devait se déplacer avec agilité lorsqu’il utilisait ses deux griffes. Enfin bon ...

Ce n’était pas le moment de penser à ça. Et même si ... Il ne sentait pas réellement les doigts de Manelena puisqu’elle portait des petits gants noirs aux mains mais ... C’était toujours assez bizarre. Il se rappelait de ces moments avec Elen. Est-ce que serrer la main d’une fille impliquait plus de choses qu’il ne le pensait ? Il appréciait énormément Clari malgré tout ce qu’il disait, il en était de même pour Elen. Manelena, c’était un peu spéciale mais elle n’était pas réticente à lui prendre la main donc bon ... Enfin, c’était beaucoup trop rapide avec elle mais depuis qu’il avait rencontré Elen, il était moins ... brusque par rapport aux femmes. Enfin ! Il n’allait pas se compliquer la vie avec tout ça !

 

La journée passa plutôt bien, le jeune homme se sentant beaucoup mieux qu’au départ. Il fallait dire qu’il tentait de faire sourire Manelena et Clari alors qu’ils se baladaient à travers les ruelles. Heureusement pour eux, il y avait quand même quelques quartiers marchands, plusieurs petits objets mécaniques étant vendus... Enfin, c’était des objets bizarres mais ...

 

« C’est pas un poulet en métal ? » demanda t-il en désignant une sorte de petit objet de fer qui bougeait avec lenteur, un tube en métal sortant de son derrière pour cracher un peu de fumée.

 

« C’est le cas. Par contre, c’est un ancien modèle. Les nouveaux sont donnés avec des piles. »

 

Piles ? Qu’est-ce que c’était que cela ? Il voulut se renseigner et on lui expliqua que ce fut des petits objets qu’on insérait dans des objets de métal et capables de produire de l’électricité. C’était d’un mécanisme assez complexe et il ne pouvait pas l’expliquer concrètement. C’était pourquoi il valait mieux ne pas poser de questions à ce sujet ...

 

Puis vint le moment où ils retournèrent dans l’auberge ... Dans la fameuse chambre où ils allaient dormir tous les trois. Tout de suite, il se retourna, se dirigeant vers la sortie de la chambre avant d’annoncer d’une voix lente :

 

« Je vous laisse vous mettre en tenue de nuit. Je ne crois pas que je suis nécessaire. »

 

« Je tiens à te le confirmer, Tery. » dit Manelena en gardant son sourire.

 

« Ah ... Moi, ce n’est pas comme si tu ne m’avais jamais vue comme ça, Tery, hein ? Je te rappelle que nous étions encore fiancés il y a quelques temps. »

 

« Oui mais non ! Et ne dit pas ça devant Manelena ! Elle va croire des choses après ! »

 

« Croire quoi ... Tery ? » murmura la jeune femme au regard rubis.

 

« Non rien du tout ! Rien de rien ! Allez, je vous laisse ! » répondit-il avant de quitter la chambre subitement. Il vint se coller contre un mur, réfléchissant à tout ce qui s’était passé aujourd’hui. Heureusement ... qu’elles étaient là ... Même Manelena qui était présente depuis à peine quelques jours ... était importante pour sa sanité.

 

« Sans ces deux filles, je pense que je pourrai devenir fou. »


C’était stupide ... de vouloir utiliser ces lignes noires. Mais ... Manelena semblait si douée contrairement à lui. Elle était forte, très forte ... Par contre, il le reconnaissait. Ses deux yeux étaient vraiment sublimes. Il se surprit à rougir encore une fois. Elle était belle ... Manelena. Il se demandait s’il n’était pas en train de tomber amoureux. Le coup de foudre à Mékalarma ? On aurait put croire à un mauvais conte pour les petites filles.

 

« De toute façon, il ne faut pas rêver ... C’est pas pour moi tout ça. »

 

Il valait mieux ne pas penser à tout ça. Il attendit une dizaine de minutes avant de toquer à la porte, demandant s’il pouvait rentrer. Il entendit que oui, pénétrant dans la chambre à nouveau. Oh ... C’était plutôt spécial ... Manelena portait un short de tissu rouge et un haut  de même couleur qui recouvrait sa poitrine, cela ressemblait à un top. On voyait son nombril ... et c’était plutôt ... Enfin ... C’était assez remarquable ... En parlant de remarquable, il apercevait bien que ... Voilà ... NON ! Ce n’était pas le moment de penser ainsi ! Clari quand à elle, portait une robe de chambre de couleur bleue. Ca lui allait plutôt bien même si on ne voyait plus ses pieds.

 

« Euh ... Oui ... Enfin bon ... Moi ... Je crois que je vais dormir comme ça. » murmura t-il devant le regard intrigué des deux jeunes femmes. Un regard qui se posa aussitôt sur la fenêtre, une petite lettre volante faisant son apparition.

 

« HEY ! C’est elle ! Ca faisait longtemps ! » reprit-il en s’écriant, se dirigeant vers la fenêtre pour l’ouvrir et prendre la lettre volante.

 

« Et bien ... Manelena ? Tu peux maintenant te considérer comme inexistante à ses yeux. »

 

« Oh ... Je vois ... Je vois ... Mais c’est donc une lettre de la jeune demoiselle qu’il a en photo ? Il a complètement changé depuis qu’il a vu cette lettre. »

 

« Et oui ... Tu es invisible ... comme moi dorénavant. » répondit Clari alors qu’elle s’asseyait sur son lit, Manelena faisant de même avec le sien.

 

Ah ... Ah ... Cette lettre ... On voyait bien qu’elle était troublée ... Ses phrases étaient difficiles à comprendre. Il était bien content que ce qu’il avait écrit avec Clari ait marché. La jeune femme aux yeux bleus l’avait remercié au sujet de ses compliments ... Et puis ...

 

« Elle m’a dit qu’elle m’enverrait d’autres images ... lorsqu’elle aura le courage d’en refaire d’autres. Hum ? Hein ? Elle est partie vers le royaume de Claudiska ? Elle est donc vraiment proche, n’est-ce pas ? »

 

« Tu vois ? Il ne nous considère même pas comme présentes. Il se parle tout seul maintenant. Tu devrais le regarder, c’est plutôt drôle quand on y réfléchit bien. »

 

Manelena hocha la tête aux paroles de Clari, elle aussi semblant amusée par la situation. Le jeune homme était drôle en un sens. Très drôle même ... Il s’était mis assis sur une chaise devant le petit bureau de la chambre, continuant de lire sa lettre.

 

« Et comment s’appelle cette demoiselle, Clari ? »

 

« Je ne peux pas te dire son vrai nom ... Mais si tu veux utiliser tes lignes pour cela, tu le peux ... Allez et oh puis zut ! Hein ! Elle s’appelle Elen mais ne le répète pas devant elle, on ne doit pas savoir qu’on a vu son visage ni son corps hein ? »

 

« CLARIIIIIIIIIIII ! LA FERME ! Je t’avais dit de ne pas balancer son prénom ! » hurla soudainement Tery en se retournant vers elle, assez furieux envers la jeune femme.

« Oh tais-toi, Tery ! T’es gonflant ! De toute façon, Manelena l’aurait forcément appris. T’es complètement dans les nuages quand tu commences à lire tes lettres ! Dis-le clairement que t’es à fond sur Elen et on t’en voudra pas ! »

 

« Même pas en rêve ... Car ce n’est pas le cas. Arrête de te faire des illusions. Moi-même, je ne m’en fais pas à ce sujet. Je suis juste content d’avoir ces lettres. »

 

Hein ? Les deux femmes le regardèrent en haussant un sourcil. Il y avait une certaine ... démotivation dans ses paroles. Le jeune homme était en fait un sacré pessimiste quand on y réfléchissait bien, n’est-ce pas ?

 

« Je vais aller lui écrire avant qu’il ne soit trop tard. »

 

« Tu as besoin de moi pour cela ? » demanda Clari alors qu’il hochait la tête d’un air négatif.

 

« Non non ... Ne t’en fais pas, c’est tout bon. »

Il savait quoi écrire à Elen. C’était quand même honteux en un sens pour lui ... Car il allait tout lui dire par rapport à ce qui s’était passé. Oui ... C’était exactement cela ... Hum ... Il prit une profonde respiration tandis qu’il se mettait à écrire avec une certaine frénésie. Il allait tout lui raconter ! Lui dire à quel point il était anxieux à cause de ses lignes noires, le fait qu’une nouvelle femme soit venue pour les aider, qu’elle a des lignes noires et qu’au final, il trouvait cela terriblement banal. A force, il avait vu moins de personnes normales que de personnes spéciales ... HAHAHA !

 

« Bonne nuit, Tery. »

 

« Bonne nuit les filles. » murmura le jeune homme aux cheveux bruns alors qu’ils étaient tous couchés dans chaque lit. Il avait terminé sa lettre mais ne l’avait pas encore envoyée. Il allait peut-être modifier quelques petites choses mais pour ... AH ! Il entendit un peu de bruit, se tournant vers Manelena. Les yeux rubis de la jeune femme ... Il pouvait les voir dans le noir. Elle se dirigea vers la porte, l’ouvrant avec lenteur sans émettre de son contrairement à sa levée, quittant la chambre. Il se leva à son tour, se déplaçant avec discrétion pour quitter la chambre à son tour.

Heureusement pour lui, il était possible de quitter l’auberge. Il n’allait pas chercher d’explications mais un dispositif de sécurité faisait qu’il était possible de quitter et rentrer dans l’auberge sans avoir besoin de fermer les portes. Ils avaient vraiment confiance hein ? Enfin bon ... Euh ... Il se retrouvait contre un mur de l’auberge, du côté d’une ruelle peu éclairée. Il voyait Manelena, les bras croisés autour de la poitrine, adossée contre un mur, dans sa tenue pour dormir. Elle n’avait pas froid ? Il se rapprocha d’elle, les deux yeux rouges se posant aussitôt sur lui :

 

« Tery ... Tu es venu visiblement. »

 

« Euh ... Je viens pour ce que vous savez, mademoiselle Manelena. »

 

« Allons bon, tu ne m’as pas appelé mademoiselle depuis que je suis arrivée. Tu ne va pas commencer maintenant parce que tu es gêné par la situation quand même hein ? »

 

« Enfin si ... Enfin non ... Et puis ... Bon, surtout, tu n’as pas froid dans cette tenue ? »

 

« Je ne pense pas que ça soit le sujet de la conversation que tu voulais avoir, Tery. » répondit-elle en lui souriant, retirant ses deux bras croisés pour s’approcher de lui. Elle vint se positionner juste en face de lui, les deux personnes étant adossées contre un mur opposé par rapport à l’autre. « Parlons plutôt de ces lignes noires ... Celles d’Alzar. »

mar 3

Chapitre 37 : Avoir peur de soi

 Chapitre 37 : Avoir peur de soi

 

« ... ... ... ... ... »

 

Une journée était passée et il ne disait plus rien du tout alors qu’ils étaient à quelques kilomètres d’une ville. D’après les renseignements de Manelena, ils n’étaient plus vraiment très loin de la capitale justement. Ils allaient pouvoir s’y rendre bien assez tôt mais ...

 

« ... On devrait réellement éviter tout ceci, s’il vous plaît. » murmura t-il avec une extrême lenteur alors que Clari donnait quelques coups de son épée gigantesque dans le vide.

 

« Pourquoi cela ? Tu as peur, Tery ? » demanda Manelena alors qu’elle lui demandait ses deux griffes qu’il n’avait guère utilisées souvent ces derniers temps. Elle commença à faire apparaître ses lignes noires sur ses deux mains, une protection bleue et aqueuse se formant autour de chaque griffe avant qu’elle ne se dirige vers Clari pour faire de même.

 

« Je n’ai pas peur ! Pas peur du tout ! Ne dit pas n’importe quoi ! » répliqua t-il bien qu’il tremblait légèrement à l’idée d’affronter Clari. Pourquoi ... Pourquoi... « Pourquoi est-ce qu’il faut absolument que chaque femme que je rencontre soit une perche de deux mètres de hauteur, plutôt mignonne mais surtout surpuissante et capable de me donner des claques d’une telle puissance que je vole à chaque coup ? »

 

Hein ? Manelena et Clari se tournèrent vers lui alors qu’il posait son regard sur elles. Qu’est-ce ... Qu’est-ce ... QU’EST-CE QU’IL VENAIT DE DIRE A VOIX HAUTE ?! Les deux femmes l’observèrent avec un petit rire avant que Clari ne dise :

 

« Tu as entendu, Manelena ? Je crois que Tery vient de nous complimenter sur notre beauté. Tu ne le trouves pas trop mignon quand il parle comme ça ? »

 

« Plutôt, oui ... Enfin, il y a quand même le reste qui n’est pas vraiment très flatteur non plus hein ? A croire que nous sommes des femmes barbares d’Honoros à ses yeux. »

 

« Je n’ai jamais dit çaaaaaaa ! Arrêtez de vous moquez de moi, s’il vous plaît ! »

 

Le plus effrayant n’était pas de les combattre mais surtout de ne pas perdre la face quand elles discutaient. Depuis que Manelena était arrivée, qu’elle avait le même âge ou presque que Clari et lui, les deux filles parlaient souvent entre elles mais surtout de lui ... Il était souvent le sujet de conversation des deux demoiselles.

 

« ... ... ... C’est presque à croire qu’Elen me manque ... Elle savait se taire des fois... »

 

Enfin bon ... Elen lui manquait tout court de l’autre côté. Il devait le reconnaître ... Quand il voyait Manelena et Clari, il se disait qu’il en avait de la chance. Mais est-ce que c’en était de même avec Elen ? Quand il y réfléchissait bien, il était toujours entouré de femmes très puissantes ... Et quel homme assez stupide allait se laisser dorloter par elles sans pouvoir réussir à les défendre ? Il devait devenir plus fort ... pour elles ... Et pour Elen aussi !

 

« On peut commencer quand vous voulez ! » s’écria t-il alors que Clari hocha la tête en direction de Manelena, serrant son épée. Elle prit la parole :

 

« C’est moi qui commence avec toi, Tery. Je te rappelle que ce n’est pas qu’un simple entraînement hein ? Il faut que tu penses à utiliser tes lignes noires. »

 

« Si c’est pour te blesser ... Il en est hors de question. » répliqua t-il avec lenteur.

 

« Oui, oui ... Est-ce que je dois envisager la possibilité de te tuer, Tery ? » demanda Clari avant de foncer subitement vers lui, son épée à deux mains tendue vers lui.

 

Elle ... Elle était sérieuse hein ?! Il mit ses deux griffes en croix pour parer le coup, tout son corps décollant en arrière sous la puissance donnée par l’arme de Clari. Il roula plusieurs fois de suite, prenant une profonde respiration très rapide. C’était quoi ça ?!

 

« Hey ! Tu n’as pas pris appui sur tes pieds ! Tu aurais facilement pu parer ça, Tery ! »

 

« AH OUAIS ?! T’as vu la taille de ton arme ?! Et les miennes ?! C’est quoi ce délire ?! »

 

« Ne trouve pas d’excuses, Tery ! Tu dois devenir plus fort ! Beaucoup plus fort ! Je ne pensais pas que tu étais aussi faible quand même ?! » hurla Clari alors qu’il serrait les dents.

 

C’est sûr ! Il n’était pas très fort ! Il le reconnaissait même ! Il se demandait même pourquoi il avait survécu tout ce temps hein ?! Pourquoi est-ce qu’il n’était pas mort contre le Glumarx, contre ce ver géant ayant un médaillon, contre les soldats d’Honoros, pendant l’entraînement de la maréchale ! Il y avait tellement de fois où il était sur le point de mourir et ...

 

« ATTENTION, TERY ! Elle arrive ! » hurla Manelena alors qu’il reprenait conscience de l’endroit où il était. Ils n’étaient pas loin d’un pylône, des éclairs s’abattant autour d’eux à environ deux cent mètres de distance. Heureusement, ce pylône semblait plus grand et important que les précédents, signe qu’ils se rapprochaient de la capitale plus sécurisée que les autres villes, ce qui était normal en soi.

 

Il vint percuter le dit pylône, sentant que son dos craquait. Il voulut ouvrir la bouche pour crier mais aucun son ne sortit tandis qu’il retombait au sol. Ah ... ... ... ... C’était ça que le soldat d’Honoros avait affronté ? Comment est-ce qu’il s’en était sorti vivant ?!

 

« ... ... ... Tery ... ... ... » murmura Clari en poussant un profond soupir tandis qu’il se relevait déjà avec une certaine difficulté. Elle reprit avec lenteur : « Si j’étais sérieuse, j’utiliserai mes lignes pour te combattre ... Mais je ne le fais pas. Est-ce que c’est cela que tu veux me montrer ? Que tu as besoin d’être protégé ? Pourquoi est-ce que tu es rentré dans l’armée si c’est pour être aussi faible ? Je commence à comprendre la maréchale ... »

 

« Co... Comment ça ? » bafouilla t-il alors qu’il apercevait même de la pitié dans son regard.

 

« Tu peux être très puissant avec tes lignes d’Alzar ... Mais tu n’as même pas la motivation pour te battre. En fait, pourquoi est-ce que tu as rejoint l’armée ? Pourquoi est-ce que tu es parti de ton village ou de ta ville ? Pourquoi est-ce que tu as décidé de faire un métier qui te forcerait à te battre ? Tu aurais pu faire un métier bien plus simple ... que celui-là. »

 

« ... ... ... ... ... »


Il ne lui répondit pas, baissant la tête comme pour réfléchir. Ce n’était pas aussi simple que ça. Pas du tout même ... Elle ne savait rien ... Elle ne savait rien du tout au sujet de ses motivations et autres ! Il n’avait jamais voulut réellement se battre ! Une seule pensée lui bloquait l’esprit ... l’empêchant de réellement vouloir se battre ... Du moins, de lui donner la motivation que chaque combattant devait avoir à chaque instant ...

 

« ... ... ... ... C’est complètement inutile. » dit-il alors qu’il commençait déjà à retirer ses deux griffes sans rien dire d’autre.

 

« Est-ce que je peux savoir ce que tu fais, Tery ? » demanda d’une voix calme Clari tandis que Manelena restait en retrait.

 

« J’ai dit que c’était inutile... C’est pas difficile à comprendre, Clari. » répéta t-il avec un léger agacement tandis qu’elle s’approchait de lui.

 

« Remet tes deux griffes, Tery ... s’il te plaît ? » dit la jeune femme avec douceur.

 

« Pas question, le combat est terminé, rentre-toi ça dans le crâne. »

 

« Oh ... Soit ... Si je dois me rentrer ça dans le crâne, je vais donc te forcer à vouloir te battre et à te mettre en colère contre moi. »

 

Il fut projeté sur le sol, la jeune femme ayant tendu sa main vers lui avec un petit sourire triste aux lèvres. Le vent avait été si ... violent ?! Et elle avait ses lignes blanches sur ses mains ? Il sentit un léger souffle le caresser sur le corps ... comme pour fouiller quelque chose ? Il remarqua l’image d’Elen qui était sortie de la poche intérieure de sa tenue alors qu’il écarquillait les yeux.

 

« Qu’est-ce que tu vas faire avec cette image ?! »

 

« Oh ? Je vais simplement te donner envie de combattre. C’est tout. »

 

Sans même lui laisser le temps de répliquer, l’image fut déchirée par de nombreuses entailles, tombant en morceaux devant lui alors qu’il balbutiait :

 

« Ca ne changera rien du tout ... Tu es complètement stupide. »

 

Hum ? Peut-être hein ? Elle se retourna, un petit sourire aux lèvres tandis qu’elle se rapprochait de Manelena qui était toujours à plusieurs mètres de Tery. Elle murmura à la jeune femme aux yeux rubis :

 

« Je pense que c’est pour bientôt ... Merci encore pour le coup de main de cette nuit. »

 

« Ca n’a rien de bien surprenant quand on se trouve dans un tel royaume. Tu penses qu’il comprendra dans combien de temps ? »

 

« Je ne sais pas ... Mais je devrais quand même me méfier non ? »

 

« Il commence à trembler ... C’est vrai. » souffla Manelena tandis que le jeune homme observait de ses yeux verts les morceaux de l’image d’Elen.

 

« De toute façon ... Je n’en ai rien à faire non ? » murmura t-il pour lui-même sans réussir à comprendre pourquoi il tremblait autant.

 

Ce n’était pas comme ... si cette image était importante non ? Ce n’était pas comme si ... Elen avait eut énormément de mal à la faire non plus hein ? Ce n’est pas comme si c’était l’un des premiers cadeaux qu’il recevait d’une femme n’est-ce pas ? Et puis ... Et puis ... Pourquoi est-ce qu’elle avait fait ça hein ?! Pourquoi ?!

 

Il se redressa en remettant ses deux griffes sur ses mains. Pou une fois ... Qu’on lui offrait quelque chose ... Non ... Elen lui avait souvent acheté des objets ... lorsqu’ils avaient commencé à se connaître. Les livres, ses griffes, cette image ... Ah ... Et puis, pourquoi ? Pourquoi dès qu’il s’agissait d’Elen, il se mettait dans une rage incompréhensible ? Pourquoi ? Il s’en rappelait mais lorsque que Clari avait fait semblant de vouloir déchirer l’image, il avait faillit utiliser ses lignes noires mais là ...

 

« Qu’est-ce que ... »

 

Elle eut à peine le temps de parer une griffe avec sa lame et faire un saut sur le côté pour éviter la seconde que déjà il était à nouveau en train de l’attaquer. Les yeux du jeune homme étaient devenus rubis, Manelena haussant un sourcil :

 

« Mais ... C’est vraiment différent du combat contre la maréchale. »

 

« Différent tout court ! Je l’ai jamais vu aussi énervé ! »

 

Elle fut repoussée en arrière par une attaque du jeune homme, celui-ci ne parlant même plus. Hey ... Il ne comptait quand même pas la tuer hein ?! Ce n’était qu’un entraînement ! Il ne devait pas l’oublier ! Elle décida de répliquer, créant une lame de vent pour tenter de le faire reculer mais le jeune homme ne se priva pas pour foncer complètement vers elle, se créant une légère entaille à l’épaule gauche.

 

« Ahhhh ! » s’écria t-il sans pour autant ressentir la douleur, des petites flammes apparaissant au bout de chacune de ses griffes.

 

Dix flammes ?! Même si elles étaient plutôt petites, baser sa magie que la quantité et non la puissance, c’était plutôt impressionnant ... Surtout de la part d’une personne qui n’était pas motivée à se battre. Il donna un coup de griffe juste devant Clari, les cinq flammes quittant sa griffe pour venir foncer vers Clari. La jeune femme aux boucles blondes prit une profonde respiration, donnant un coup d’épée dans le vide, créant une nouvelle lame de vent ... pour renvoyer les flammes vers Tery ?!

 

« STOP ! Je crois que c’est bon ! Il vaut mieux s’arrêter là ! » s’écria Manelena.

« J’aimerai bien mais il ne compte pas s’arr... »


Elle s’arrêta de parler, remarquant que le jeune homme ne s’était pas préoccupé des brûlures sur son corps à cause des flammes ... Et surtout ... Qu’il venait de tracer cinq lignes sanguinolentes sur sa poitrine ?! AH ! ZUT ! Elle devait mieux se concentrer ! Mais là, il devenait vraiment dangereux ! Comment le faire arrêter ?! Elle n’allait quand même pas réellement blesser Tery hein ?! Ce n’était qu’un entraînement ! Elle avait utilisé ses lignes de Zélisia et le vent pour tenter de le calmer mais là ...

 

« On va se calmer, d’accord ? » vint dire une voix assez douce mais autoritaire alors que le visage de Tery se retrouva violemment collé contre le sol, son bras gauche tiré en arrière tandis que Manelena se trouvait sur son dos. Elle était prête à lui briser le bras si ...

 

« Tery, on ne te veut rien de mal... Personne ne te hais ... et tu ne hais personne ... Alors, on va se calmer d’accord ? » répéta Manelena tandis que Clari la regardait faire, un peu surprise par la puissance de la jeune femme aux cheveux gris. Elle semblait à peine utiliser ses lignes noires alors que le jeune homme émettait un grognement.

 

« Tu es sûre qu’il va bien ? Je ... La dernière fois ... Je ... »

 

Clari s’arrêta aussitôt dans ses paroles, Manelena la regardant brièvement tandis que la jeune femme aux couettes blondes détournait le regard. Tery tentait de se relever mais Manelena semblait avoir le parfait contrôle de la situation, reprenant la parole :

 

« Sincèrement ... Calme-toi ... Briser une personne avec des lignes d’Alzar n’est pas vraiment la meilleure chose à faire, surtout en période de guerre. Je comprends parfaitement ce qui se passe ici ... Mais si tu veux tout savoir ... »

 

Elle rapprocha sa bouche de son oreille, venant lui murmurer doucement :

 

« Cette image n’est pas déchirée ... Ce n’était qu’une pâle copie. Tu n’as pas à t’en faire. Elle est toujours intacte. Alors, tu peux te calmer ... »

 

L’image ? Elen était intacte ? Elle allait bien ? Sa respiration commença à se faire plus lente, ses yeux reprenant peu à peu leur teinte émeraude tandis qu’il balbutiait :

 

« Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que l’Ombre va bien ? Elle n’a pas été ... attaquée ? »

 

« L’Ombre ? » demanda Manalena en regardant Clari, celle-ci haussant les épaules avant de s’écrier subitement :

 

« Ca doit être surement elle ! Enfin bon ... Non ... Elle va très bien ... Même si elle n’est pas là à côté de toi. J’en suis désolée, Tery mais il va falloir te contenter de nous deux. »

 

« ... ... ... ... ... D’accord. » murmura t-il en fermant ses yeux, semblant s’assoupir complètement alors que Manelena comme Clari semblaient surprises de la réaction du jeune homme. Un sourire passa sur leurs lèvres alors que Manelena se retirait du dos de Tery, ayant déjà arrêté de tirer sur son bras.

 

Clari souleva le jeune homme avec facilité tandis que Manelena sortait l’image d’Elen pour la mettre dans la tenue de Tery. Hum ... C’était quand même spécial comme utilisation des lignes, elle devait réellement le reconnaître. Hum ...

 

« C’est la première fois qu’il utilise ses lignes comme ça, Clari ? »

 

« Pas vraiment ... Mais ... Comment dire ... Déjà la dernière fois, quand j’avais voulu déchirer l’image pour de faux, il avait commencé à les utiliser. Donc ... Je ne sais pas trop ... Mais dès qu’on fait du mal à cette personne, il semble perdre le contrôle de son corps. »

 

« Hum ... Il faudra qu’il nous explique tout cela. »

 

Mais pour l’heure, elles allaient avancer. Du moins, elles essayèrent mais Clari poussa un gémissement de douleur à cause de ses blessures, Manelena disant d’une voix calme :

 

« Allez ... Donne-le moi. Je vais le porter sur mon dos en attendant que tu te soignes avec tes lignes de Zélisia. Il n’y a aucun problème. Nous ne pouvons pas réellement attendre. Notre mission nous attend quand même. »

 

Hum ... Oui ... En moins de temps qu’il n’en fallait, elle avait déjà réussi à montrer sa bonne foi. Même si elle était contre l’idée de laisser Tery, elle ne pouvait rien faire contre ses blessures avec lui sur son dos. Elle s’agenouilla, retirant Tery de son dos avant d’aider Manelena à le prendre sur le sien. Les bras autour du cou de la jeune femme aux cheveux argentés, le jeune homme restait évanoui comme si de rien n’était.

 

Deux heures plus tard, il avait gardé ses yeux fermés, le visage attristé par quelque chose qu’il n’arrivait pas à expliquer. L’odeur qu’il sentait ... était spéciale ... Il n’arrivait pas à savoir ce que c’était ... Mais d’après ce qu’il entendait, il se trouvait sur le dos de Manelena. Il n’arrivait même pas à être gêné ... Non, il se sentait triste, terriblement triste. Il ne montrait que des mauvais côtés, à chaque fois.

Il disait clairement qu’il n’avait pas la motivation pour se battre, qu’il ne voulait pas utiliser ses lignes noires et qu’il ... Qu’il ... Non. Il n’y avait rien à expliquer. Il était clairement fautif dans cette histoire.  Il entendit Clari qui murmurait :

 

« Est-ce que tu crois que Tery en profite là ? »

 

« Sûrement, il est sur le dos de l’une des plus jolies jeunes femmes de Shunter. » répondit Manelena en rigolant légèrement tandis que Clari reprenait :

 

« Il est franchement gâté. Mais quand même ... Ces lignes noires me perturbent ... Je pensais qu’il suffisait simplement de se mettre dans une colère noire ou d’avoir des sentiments vraiment néfastes ... Mais pas comme ça ...  Je veux dire .... Pouvoir les utiliser seulement si on fait telle ou telle chose. »

 

« Je pense que chez Tery, c’est plus compliqué que prévu. Si ça ne tenait qu’à moi mais je ne suis pas une pure magicienne, je dirai que cette jeune femme sur l’image est celle qui déclenche ses pouvoirs. Il s’est sûrement passé quelque chose de très important avec elle dans le passé et il faudra le questionner exactement à ce sujet. »

 

« Si elle ... n’était pas vivante, j’aurai pensé que c’était un souvenir très marquant et que c’était pour cela qu’il gardait son image mais ... Comme elle est vivante, ça doit être autre chose. Mais je ne sais pas ... Je ne connais pas trop Tery malheureusement. »

 

« C’est sûrement depuis le moment où il a affronté ce scorpion géant. Il a signalé à la maréchale que c’était cela qui avait été le déclencheur de ses pouvoirs ... mais que ça tout ceci s’était très mal déroulé ensuite. »

 

« Mais ... Mais ... De toute façon, je suis sûre que c’est à cause de sa relation avec cette femme qu’il a peur des lignes noires. »

 

Elles n’étaient pas si loin de la vérité. Pas du tout même ... Sans même le remarquer, il avait collé plus profondément sa tête dans les cheveux de Manelena. Il ne le savait pas mais la jeune femme sentait parfaitement que le jeune homme la serrait avec plus d’insistance. Il était réveillé ... depuis quand ? Elle ne lui poserait pas la question. C’était à lui de se confier à ce sujet ... Le jeune homme aux cheveux bruns gardait ses yeux fermés, murmurant dans le creux de l’oreille de Manelena :

 

« ... Elle a essayé de me tuer ... dès l’instant ... où j’avais mes lignes noires. »

 

« ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... »

 

« Mais je sais ...  que ce n’était pas de sa faute ... Je ne connais rien ... Je ne suis qu’un imbécile qui ne sait même pas ... ce qu’il est ... Les lignes d’Alzar sont maléfiques ... et je ne veux pas blesser les personnes qui me sont proches à cause d’elles ... »

 

Encore une fois, elle ne lui répondit pas. Elle faisait semblant de l’ignorer pour ne pas montrer à Clari qu’il était réveillé. Le jeune homme aux cheveux bruns continua :

 

« Je ne veux pas me battre comme ça ... Je ne veux pas me battre ... si je suis aussi dangereux pour mes proches et mes amis ... que pour mes ennemis. Je hais ces lignes noires. Je ne veux pas être son ennemi à elle ... pas après ce qu’elle a fait pour moi. »

 

... ... ... ... ... Les yeux rubis de Manelena restèrent sans émotions. Ce n’était pas à elle de lui répondre. Il voulait se confier à quelqu’un et elle allait être sa confidente s’il le désirait ... Clari aussi le pouvait. De toute façon, les deux femmes continueraient d’en parler entre elles.

 

« Je devrais arrêter de parler de tout ça ... et démissionner de mon rôle de soldat. C’est juste que ... Sans ça ... Je ne peux même pas ... penser à un autre travail. Je ne veux pas rendre ma mère triste. Après un mari mort, elle ne mérite pas d’avoir une tare comme fils. Mais si je ne suis pas un soldat, je n’ai aucune compétence à côté ... Je ne sais rien faire et ... »

 

Hein ? C’était elle ou ... Elle entendait des sanglots de la part de Tery ? Bon, elle ne devait rien dire. Clari ne se doutait de rien, de rien du tout même. Et puis, il fallait que ça sorte au bout d’un moment. Elle s’était faite à cette idée que Tery n’avait rien d’un véritable soldat mais alors pourquoi avoir rejoint l’armée ? Car c’était une solution de facilité ? Elle n’en était pas si sûre que ça ... Mais bon ... Généralement, ce n’était pas plutôt l’inverse ? La jeune femme qui pleurait sur l’épaule du jeune homme ? Le monde à l’envers ...

 

« Est-ce qu’il n’est pas trop lourd pour toi ? » demanda Clari en se tournant vers Manelena, ses griffures ayant disparu depuis qu’elle s’était soignée.

 

« Non, non ! Il est aussi léger qu’une plume. Je pense que d’ici une journée ou deux, nous serons dans les environs de la capitale. » annonça la jeune femme aux cheveux blancs.

fév 24

Chapitre 36 : Aux mêmes pouvoirs

 Chapitre 36 : Aux mêmes pouvoirs

 

« Hein ? Vous dormez dans la même chambre ?! »

 

« Oui mais ... Chut ! On le fait seulement car on doit se faire passer pour un couple. C’est plus facile pour les déplacements, Manelena. » dit-il d’un air gêné. Il reprit aussitôt après quelques secondes de réflexion : « Mais maintenant que tu es là ... Je crois qu’on va éviter de faire cela. Ca sera difficile de te faire passer pour notre fille. »

 

Un petit trait d’humour de sa part pour essayer de décoincer l’ambiance alors qu’ils se trouvaient tous dans la chambre où Clari et Tery dormaient ensembles. La jeune femme aux cheveux argentés émit un petit haussement de sourcil avant de sourire.

 

« Je vois, je vois. De toute façon, je crois être plus âgée que vous. »

 

Hum ? Hein ? Que quoi ? Il se tourna vers Manelena, l’observant de haut en bas. Elle ? Plus âgée qu’eux ? Pourtant, avec son visage juvénile ... C’était plutôt dur à imaginer. Il se prit un coup derrière le crâne, Clari faisant une mine légèrement colérique.

 

« Tu peux arrêter de l’étudier sous toutes les coutures comme un vieux pervers ?! »

 

« MAIS MAIS MAIS ... Je ne faisais pas cela ! » répondit-il en rougissant violemment, disant tout de suite : « C’est juste qu’en la regardant, on ne dirait pas qu’elle est plus âgée que nous ! Je ne sais pas ... Je lui donne même dix-huit ans voir un peu moins ! Et ça me fait penser que je ne me sais même plus quelle date nous sommes ... »

 

« Il faut toujours se méfier des apparences, Tery ! Je suis âgée de vingt-et-un ans. » répondit Manelena en lui souriant délicatement.

 

« Vingt-et-un ans, ce n’est pas vieux, vous savez ... » répondit-il aussitôt.

 

« Quel vil flatteur que voilà. Il est toujours ainsi ? » demanda Manelena en s’adressant à Clari, celle-ci émettant un petit grognement avant de coincer la tête du jeune homme sous un bras. Il commença à gémir de douleur en tentant de parler mais ce fut Clari la première :

 

« Non ! Justement, il n’est pas du tout comme ça d’habitude ! Je ne sais pas ce qui lui prend mais ça ne me plait pas du tout. »

 

« Laissez-le, ce n’est pas un problème. Je le trouve plutôt amusant comme garçon. Même si il ne paraît pas très sérieux pour la mission que la maréchale nous a confiée. » reprit la jeune femme aux cheveux argentés tandis qu’il se mettait à rougir violemment après ses paroles.

 

« D’accord, d’accord ... Ah ... Tu dois être content, n’est-ce pas, Tery ? Tu as une touche. Fais attention, si tu es infidèle, la maréchale risque de ne pas très apprécié. »

 

« Co... Comment ça ? Qu’est-ce que cela veut dire par rapport à la maréchale ? »

 

« NON ! Mais ne raconte pas n’importe quoi, Clari ! Elle va se faire de fausses idées ! Elle n’arrête pas de me dire que j’ai une attirance pour les femmes plus grandes que moi et qui aiment me maltraiter. Donc, elle correspondrait parfaitement aux critères comme la maréchale. » dit-il en s’écriant légèrement de gêne.

 

« Et ... ce n’est pas le cas ? » demanda Manelena en le regardant, un peu de rouge apparaissant sur ses joues en se tournant vers lui.

 

« ... ... ... Mais si, mais si ! Enfin, non ! Et puis zut ! Vous m’embrouillez toutes les deux ! Je ne pense pas à ça alors que je suis un soldat ! » bafouilla t-il.

 

« Être un soldat n’empêche pas d’avoir des sentiments envers le sexe opposé, qu’ils soient amoureux ou non. » répondit Manelena sur un ton qui se voulait véridique.

 

« Oui mais ... C’est pas la même chose. » répliqua t-il sans savoir quoi dire alors qu’il sortait aussitôt de la pièce puis de l’auberge sans même leur laisser le temps de répondre.

 

« Mais où est-ce qu’il va ? Qu’est-ce qu’il fait ? » demanda Manelena en se relevant de la chaise à côté du bureau.

 

« Oh ... Ne t’en fait pas, il me fait souvent ça quand il est gêné. Par contre ... J’aimerai bien savoir à quoi tu joues. Tu es vraiment envoyée par la maréchale ? Car ça m’étonne quand même un peu qu’elle nous envoie une personne qui ne me semble pas avoir d’expérience. »

 

« Ou alors, j’ai peut-être plus d’expérience que toi, Clari mais tu n’en sais rien ? » murmura la jeune femme aux yeux rubis alors que Clari haussait un sourcil. Etait-ce une légère provocation ? Pourtant, avec le ton donné, elle avait plutôt l’impression que c’était la vérité.

 

« Fais comme tu veux, je n’en ai rien à faire, personnellement, je pense ... »

 

« Est-ce que tu aimes Tery ? » annonça Manalena directement à Clari, celle-ci semblant surprise d’une telle question avant de rougir légèrement.

 

« Tu n’as pas à savoir ce que je ressens, c’est tout. Et c’est bien plus compliqué que ça ... Tu ne peux pas réellement comprendre de toute façon. Bon allez, on va rechercher Tery. Il risquerait de se mettre dans le pétrin comme d’habitude car de nous trois, c’est lui le moins doué de nous tous. »

 

« Ce n’est pas très flatteur pour lui mais bon ... Je vais aller le chercher ! De toute façon, je suis sûre qu’il veut me parler !  Ca se voit dans son regard ! »

 

« Mais attends un peu, je viens au... »

 

Elle n’avait pas eut le temps de terminer sa phrase que la jeune femme aux cheveux d’argent était partie de la chambre à son tour. Qu’est-ce que ... Elle n’allait quand même pas commencer à s’installer entre elle et Tery hein ?! Sinon, il y avait des chances qu’elle devienne plus méchante que prévue ... et elle n’en avait pas envie. Et puis zut ! Elle allait le retrouver en premier ! Elle savait pertinemment où il se rendait à chaque fois dans chaque ville ! Il était si prévisible quand on le connaissait ! Elle sortit à son tour, se mettant à courir.

 

« Ah ! Te voilà enfin, Tery ! Où est-ce que ... » s’arrêta t-elle alors qu’il y avait environ quinze mètres entre elle et lui. Elle était déjà là ... Elle avait réussi à le trouver à travers les ruelles ... et les personnes. Comment est-ce qu’elle avait fait cela ?! Elle n’allait pas se laisser faire ! PAS DU TOUT MÊME ! Elle s’avança sans trembler une seule fois, arrivant vers Manelena et Tery avant de dire :

 

« Tery ! Je pensais à quelque chose ! Pourquoi ne pas repartir tout de suite hors de la ville ? »

 

« Mais nous ne savons même pas si nous sommes près ... de cette capitale. »

 

« Vous recherchez le dirigeant ? Pourquoi cela ? » demanda Manelena en les regardant.

 

« Car il y a de fortes chances que ça soit lui qui ait les médaillons que l’on recherche. »

 

« OH ! C’est vrai ? » demanda t-elle d’un air plus que surpris. Ce n’était pas de la comédie ... Elle ne semblait pas trop en faire. Elle était vraiment très surprise. C’était le constat que Clari avait fait après les courtes paroles de Manelena.

 

« Alors, comme tu peux le voir, Manelena, il ne nous reste plus qu’à nous rendre à la capitale de Mekalarma mais nous ne savons pas exactement la distance entre cette ville et Mekalarma. » dit le jeune homme aux cheveux bruns.

 

« C’est pour cela que j’ai pensé à prendre une carte du royaume ! » dit Manelena avec un grand sourire alors que le jeune homme semblait heureux de voir que malgré le fait qu’elle était avec eux depuis moins de quelques heures, elle avait déjà pensé à tout.

 

Ils avaient finalement décidé de quitter la ville dès le lendemain, Clari prétextant qu’ils avaient déjà payé leur nuit à l’auberge alors il fallait en profiter. Le lendemain matin, elle remarqua aussitôt que le jeune homme était presque accroché à Manelena, la jeune femme aux cheveux argentés semblant s’en accommoder très bien.

 

« C’est donc vrai que tu as des lignes noires ? Mais comment est-ce que tu t’imagines avec elles ? » demanda t-il avec un certain intérêt.

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? M’imaginer avec elles ? »

 

« Et bien ? Ce n’est pas trop dur ? Je ne sais pas ... J’ai l’impression qu’avoir ces lignes noires ... C’est loin d’être une bénédiction ... C’est plutôt le contraire même. »

 

« Tery, je croyais t’avoir déjà dit que ce n’est pas le fait d’avoir des lignes noires ou blanches qui font de toi une autre personne ! » s’écria Clari soudainement, prenant la parole alors qu’ils marchaient sur la route qui devaient les mener à cette soi-disante capitale.

 

« Hein ? Quoi ? Oui mais ... Tu avais dit que ... Ce n’était que de la comédie la dernière fois. Je ne pensais pas que ça t’embêtait réellement ... Et puis, tu as des lignes de Zélisia, toi. Ce n’est pas la même chose que moi ou Manelena. »

 

« Je t’ai déjà dit que ce n’était pas ... »

 

Elle s’arrêta dans ses paroles, serrant le poing droit. De la comédie ? Il n’avait pas du tout compris que ça n’avait rien d’une comédie la dernière fois à la bibliothèque ! Ces lignes noires n’étaient pas un poison contrairement à ce qu’il disait ! Grrrr !

 

« Alors au sujet des lignes noires ... Tu penses du mal à cause de quoi ? Du fait que tu peux devenir incontrôlables à cause d’elles ? »

 

« C’est ... Enfin ... J’avoue que ça me fait peur ... J’ai arrêté de les utiliser pour le combat car je ne veux pas faire de mal à ceux qui m’entourent. »

 

« Et donc, comment est-ce que tu te combats ? » demanda Manelena, assez surprise.

 

« Et bien, en fait ... En y réfléchissant bien, je n’ai jamais eut réellement à me battre. Donc je n’ai plus utilisé mes lignes noires depuis ... le combat contre la maréchale. »

 

« Tu as affronté la maréchale ?! » s’exclama Manelena alors que Clari se sentait laissée pour compte, ne disant plus rien du tout.

 

« Enfin ... Je dirais plutôt qu’elle m’a fait du mal ... Comme d’habitude en fait. Enfin bon ... Ca fait quand même beaucoup de temps pour l’entraînement, ensuite j’ai été torturé et ... »

 

« Elle n’a pas l’air de te porter dans son cœur. » dit la jeune femme aux cheveux d’argent.

 

« Je ne pense pas que ça soit une question de me porter dans son cœur ou non. Je n’ai pas cette impression, c’est peut-être bête et je me fais sûrement des idées. »

 

« Hum ? Où est-ce que tu veux en venir ? » demanda Clari alors qu’il reprenait :

 

« Je me fais sûrement des idées, non ... J’ai plus l’impression que la maréchale veuille que je devienne assez puissant ... J’ai une question : Y a-t-il beaucoup de personnes avec des lignes noires dans notre armée ? Peut-être que vous le savez ? Clari ? Manelena ? »

 

« Tu demandes cela comme si c’était assez évident ... Tu sais, je ne veux pas que tu te fasses des illusions mais nous sommes plusieurs millions dans chaque royaume. Il doit y avoir un millier de personnes avec des lignes noires ou blanches, je n’en sais pas plus, je suis désolée, Tery. Mais pourquoi une telle question ? Dans notre armée, je pense qu’au grand maximum, nous devons être cinq ou dix ce qui est déjà un chiffre relativement important. Il y en a sûrement qui sont des magiciens mais tu sais les lignes d’Alzar sont plus souvent utilisées pour commettre des crimes donc se retrouver du côté de la justice avec elles, c’est une tâche vraiment difficile en fin de compte. Surtout que nous n’avons pas une réputation très élogieuse mais dis-toi une chose : Ce sont ceux qui ont peur de nous qui ont fabriqué cette image malsaine des lignes d’Alzar et donc notre réputation. Je vais t’en faire la démonstration ... tout de suite même. »

 

Ils s’arrêtèrent aussitôt alors qu’ils ne comprenaient pas ce qu’ils voulaient dire. La jeune femme aux cheveux d’argent fit un léger sourire, relevant ses deux manches avant de laisser apparaître ses lignes noires sur celles-ci. Peu à peu, elles apparaissaient le long de son cou puis au niveau de ses yeux. C’était la ... première fois qu’il voyait une personne autre que lui avec des lignes noires. Il avait peur ... légèrement peur, il le reconnaissait. Les yeux rubis semblaient exprimer toute la démence possible tandis qu’elle murmurait :

 

« Nos lignes d’Alzar sont plus puissantes quand nous avons affaire à des sentiments néfastes et mauvais. C’est pourquoi il faut se concentrer bien plus que si nous avions des lignes de Zélisia. Si tu veux tout savoir, alors que Zélisia était proche de ses peuples, Alzar a laissé les siens s’occuper d’eux-mêmes. Ainsi, utiliser les pouvoirs issus de Zélisia n’est pas difficile par contre, les nôtres le sont un peu plus. »

 

« Arrête ... Arrête ça, Manelena ! Je ne veux pas que tu deviennes folle ! »

 

« Ne t’en fait donc pas, Tery, je ne le serais pas. J’ai canalisé mes émotions sur une seule et même idée, ça me permet alors de ne pas perdre le contrôle de mon corps. »

 

« Mais mais mais mais ... NON ! Arrête ça ! » dit-il d’un air apeuré alors qu’elle semblait autant surprise que Clari de la réaction du jeune homme. Ses veines noires disparurent tandis qu’il cherchait à se calmer, posant une main sur son crâne. Il ... Il n’avait jamais eut de problèmes avant ... lorsqu’il avait lui-même utilisé ses lignes pour s’entraîner contre la maréchale alors pourquoi maintenant ?

 

« ... ... ... ... Dis-moi, Tery ? Tu n’aurais pas plutôt peur de tes propres lignes ? » demanda Manelena alors qu’il semblait se calmer après cinq bonnes minutes.

 

« Non ... Non ... Ce n’est pas ça ... Pas ça du tout ... Je ne veux pas les utiliser ... Je ne veux pas ... C’est pas la même chose. C’est juste que ... »

 

Depuis le jour où il avait faillit mourir à cause de ses lignes noires de la main d’Elen, il n’osait plus ... Il n’y arrivait plus ... Il avait bien plus peur qu’autre chose ... En fait, ce n’est pas ce qu’elle venait de dire ? Enfin qu’importe, il ... Il ... Puis aussi, avec l’entraînement contre la maréchale, il n’avait pas réellement utilisé ses lignes noires.

 

« Dis-moi ... Lorsque tu t’es battu contre la maréchale, tu faisais comment alors ? Comment je suis au courant ? Et bien ... Je vous observais tout simplement. »

 

« La maréchale ... J’ai essayé de faire de mon mieux ... En utilisant mes lignes ... sans les utiliser ... Ce n’était pas Alzar que je voulais utiliser mais le fait de pouvoir gérer les autres éléments ... Il y a même pas un an, je n’étais même pas capable d’utiliser la magie et de savoir me battre ... C’est grâce à elle que j’ai réussi à devenir un peu plus ... adulte. »

 

« Ah ... Il parle de sa petite copine. » annonça Clari en poussant un léger soupir, Manelena haussant un sourcil d’appréhension alors que Tery s’écriait :

 

« Je t’ai déjà dit que ce n’était pas ma petite copine ! »

 

« Hum ? Ce n’est pas la personne qui t’a sauvé la vie ? » demanda Manelena alors qu’il la regardait d’un air interloqué, murmurant :

 

« Mais comment est-ce que tu sais tout cela ?! »

 

« Je sais beaucoup de choses, hihi. Tu n’as pas à t’en faire mais donc ... C’est une femme ? Et à quoi ressemble t-elle ? »

 

« Oh si tu savais, Manelena ... Elle est définitivement craquante mais elle est encore plus timide que lui d’après ce que j’ai cru remarqué. Mais bon ...  Peut-être que dans le fond, Tery préfère les femmes plus petites que lui ? » demanda Clari en le regardant.

 

« Sincèrement ... Clari ... Tu me fatigues avec ça. C’est quoi ton problème avec mes relations avec les femmes hein ? »

 

« Je ne faisais que te taquiner, Tery. Rien de plus, rien de moins. Tu me l’as dit toi-même. La petite demoiselle masquée de blanc est la première dans ton cœur. »

 

« Je vais m’énerver, Clari. » murmura t-il avec lenteur.

 

« Il n’y a que la vérité qui blesse, Tery. Puis de toute façon, je ne vois pas ce qu’il y a de gênant à être aimé et inversement hein ? » dit-elle alors qu’il sentait bien un peu d’agacement dans la voix de la jeune femme. C’était à lui d’être agacé, pas à Clari ! C’était quoi son problème avec elle ? Ah ... Peut-être ça ? Il souffla doucement :

 

« Dommage que ce sont les paroles d’une femme jalouse. »

 

Elle tiqua aussitôt sur les paroles de Tery, serrant les dents avant de détourner la tête sans rien dire. Elle ne répondrait pas à la provocation du jeune homme. Manelena rigola avec amusement, reprenant la parole en disant :

 

« Vous êtes plutôt mignons tous les deux à vous disputer ainsi. On pourrait vraiment croire que vous êtes en couple, hein ? Avec vos petites chamailleries habituelles. »

 

« C’est normalement pour ce que l’on doit passer aux yeux des autres mais bon ... Certains ne veulent pas faire d’efforts à ce sujet. »

 

« Il n’y a plus besoin de jouer la comédie, Clari. Je me vois mal annoncer que j’ai deux femmes pour moi. La polygamie n’est pas autorisée en Shunter. Et je ne sais pas vraiment quels sont les autres points de vue à ce sujet et surtout, ça ne m’intéresse pas. »

 

« Tery ? Est-ce que je peux te proposer quelque chose ? » demanda la jeune femme aux yeux rubis alors qu’il se tournait vers elle, hochant la tête d’un air positif.

 

« Bien entendu ... Mais si c’est me faire passer pour ton fiancé, je suis au regret d’annoncer que non. Déjà que les dernières semaines ont été assez éprouvantes de ce côté ... »

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ?! » s’écria Clari, visiblement bien énervée cette fois.

 

« Oh rien ... ma bibiche. » dit-il en détournant le regard puis en sifflant. C’était bizarre mais ça l’amusait lui aussi de réussir à la voir s’énerver pour si peu.

 

« Hahaha ! Enfin bon, Tery, est-ce que tu veux t’entraîner avec moi ? Comme nous avons les mêmes lignes, ça sera bien plus simple. Car tu sais, c’est du gâchis de ne pas vouloir utiliser ses lignes noires alors que tu les possèdes. »

 

« Hein ? Que quoi ? » dit-il avec appréhension comme si il avait mal entendu. Clari arrêta de bouder tandis qu’elle tournait son visage vers Manelena à son tour. Elle proposait au jeune homme de venir ... l’aider à s’entraîner ? Pourquoi est-ce qu’elle n’y avait jamais pensé elle-même ? Si le jeune homme n’était pas sûr de sa force, cela semblait logique de lui porter un peu d’aide à ce sujet non ? Pourquoi est-ce qu’elle ...  ET ZUTTTTTT !

 

« Si je peux aider aussi, je le ferais ! » s’écria t-elle subitement.

 

« Hein ? Que quoi ? » répéta t-il alors qu’il tournait son visage vers Clari maintenant. Deux femmes pour s’entraîner ? Il était sûr qu’une bonne majorité d’hommes aurait été ravis à sa place mais ... bon ... Il se sentait relativement peu en confiance avec deux femmes plus grandes que lui, plutôt mignonnes, surtout Manelena mais malheureusement bien plus fortes que lui. Non, il n’allait pas se vanter et dire que ça serait plutôt un entraînement pour elles. Non, il n’était pas comme ça mais ...

 

« Je préfère éviter sincèrement. Je ne veux pas que l’on se blesse inutilement. C’est une simple mesure de précaution, j’espère que vous comprenez ce que je veux dire, mesdemoiselles. Je ne veux pas ... »

 

« Que tu me donnes d’excuses, Tery. Manelena, c’était une très bonne idée. » annonça Clari en continuant la phrase du jeune homme alors que celui-ci n’avait pas voulut dire cela.

 

« Je n’en doute pas du tout. Et puis, je suis sûre qu’en fin de compte, ça sera une très bonne expérience pour Tery. Il a un peu de gras sur les bras. » répondit Manelena alors qu’il se mettait à rougir violemment. COMMENT ?!

 

« Je ne suis pas gros ! Je fais attention à mon poids ! Je ne mange même que très peu ! » s’écria t-il avec un peu d’énervement en direction de Manelena. Non mais oh ! Elle était là depuis moins d’un jour et elle se permettait de lui faire des commentaires !

 

« Je ne crois pas que Tery comprenne énormément l’humour d’une femme. »

 

« Je n’ai pas à avoir d’humour et des conseils sur mon poids de la part de deux femmes comme vous. » répliqua t-il aussitôt alors que Manelena semblait surprise, fronçant légèrement les sourcils en même temps que Clari.

 

« Qu’insinuerais-tu par là, Tery ? » murmura avec lenteur Clari avant de s’approcher de lui, le jeune homme faisant quelques pas en arrière.

 

Il percuta quelque chose d’assez ... doux ? Brrrr ! Il s’était mis à trembler, levant la tête en direction du ciel pou voir les yeux rubis posés sur lui. Gloups ... Il était pris en tenaille.

 

« Je ... Je ... Je n’insinuai rien du tout ! N’imaginez pas des choses comme vous le voulez ! »

 

« Hum ... Manelena ? Qu’est-ce que tu avais compris dans ses paroles ? »

 

« Je ne sais pas, je pense qu’il avait en tête de nous dire que nous n’étions pas jolies, un peu comme si nous étions un peu trop ... enveloppées à certains endroits. »

 

« Je ... Je ... Je n’oserai jamais ! » balbutia t-il alors qu’il tentait de s’échapper, les deux mains de Manelena se posant sur son torse pour l’empêcher de t’enfuir.

 

« Et où comptes-tu aller comme ça, jeune homme ?  Tu n’oserais pas t’enfuir n’est-ce pas ? Cela voudrait montrer que tu as quelque chose à te reprocher ... Mais est-ce le cas ? » souffla la jeune femme aux cheveux gris tandis qu’il tremblait. Cela allait très mal se passer.

fév 17

Chapitre 35 : Arrivée providentielle

 Chapitre 35 : Arrivée providentielle

 

« Tery ... Parle-moi s’il te plaît. »

 

... ... ... Pourtant, il ne lui répondit pas, ne semblant même pas avoir remarqué qu’elle avait parlé. Il courait sans un mot vers un nouveau pylône, évitant de justesse un éclair alors qu’elle était déjà à ses côtés. Hier ... Ils avaient dormi à la belle étoile ... Contre un pylône assez éloigné des autres ... Ils n’avaient pas été dérangé par les serpents mais il ne lui avait pas adressé la parole depuis l’envoi de la lettre.

 

« S’il te plaît ! S’il te plaît ! S’il te ... »

 

Il venait de la repousser alors qu’elle n’arrêtait pas de lui parler, cherchant à lui faire décrocher un mot. La jeune femme retomba sur les fesses, poussant un petit gémissement de douleur alors que le jeune homme la regardait d’un air sombre.

 

« Par... Pardon ... Tery ... Snif ... Ce n’était pas ... voulu ... mais mais ... Mais... »

 

Hey ! Elle n’allait quand même pas pleurer hein ?! Elle était une jeune femme, pas une gamine de douze ans ! Pourtant, elle ne se relevait pas alors qu’il la regardait d’un air légèrement étonné. Elle ... Elle ... Elle allait avoir quelques larmes aux yeux ! Non, non et non ! Hors de question que ...

 

Il vint s’accroupir subitement devant elle alors qu’il la voyait en train de passer ses deux mains sur ses yeux. Elle allait commencer à pleurer ou ... Il fut rapidement enlacé par Clari, le serrant contre elle avec insistance alors qu’il poussa un cri de surprise. Qu’est-ce ... Qu’est-ce ... HEY ! Qu’elle le lâche ! Elle ... Elle ...

 

« Désolée ... Tery ... Je veux juste que tu ne penses pas réellement à d’autres femmes ... »

 

« Je ne sais pas à quoi tu t’attends de ma part mais n’espère pas me séduire de cette manière. Ca ne marche plus comme ça. On est déjà trop souvent collés l’un contre l’autre pour que ton corps puisse encore me faire de l’effet. »

 

« C’est pas ça du tout ... Je disais cela en plaisantant ... pour la maréchale mais ... Après, quand tu as commencé à rougir, je pensais que ... »

 

« Si je devais mettre un ordre de préférence, ça serait d’abord Elen, puis toi et ensuite la maréchale. Surtout que la maréchale se retrouverait tout en bas de la liste ou presque. »

 

« Mais ... Tu étais en train de rougir et puis ... Enfin ... »

 

« Tu ne comprends pas que je peux être gêné tout simplement ?! C’est comme si tu disais à la première femme que l’on rencontrera que je la trouve mignonne ! Je rougirai comme un imbécile en essayant de dire que ce n’est pas le cas alors que je ne la connais pas du tout ! »

 

« Ah ... Oui ... C’est vrai ... Ca semble logique même ... Pardon, Tery. »

 

Elle disait cela tout en le gardant contre elle, poussant un soupir apaisé avant d’embrasser ses cheveux bruns. Elle n’avait rien du tout compris au final. Elle pouvait être stupidement ... jalouse des fois ... Vraiment très stupide même ... Par contre, elle avait bien compris qu’Elen était au-dessus d’elle dans cette fameuse ... liste. Ca ne l’étonnait pas. Cette jeune femme semblait être assez spéciale pour Tery visiblement.

 

Mais à côté ... Hum ... Elle observa Tery, lui faisant un grand sourire proche du carnassier alors qu’il s’était mis à tressaillir. Elle avait une drôle d’idée en tête ! Une idée qui n’allait pas du tout lui plaire, il en était sûr. Il murmura :

 

« Tu ne penses pas à une idiotie hein ? Promets-le-moi, Clari. »

 

« Pas du tout ! On n’y va maintenant ? Car j’aimerai bien dormir dans un lit avec toi pour ce soir, Tery... d’accord ? »

 

« Quand tu parles comme ça, ça me donne vraiment l’impression que toi et moi, nous sortons ensembles. Je ne sais pas si c’est une bonne chose. »

 

Hein ? Elle était en train de rougir légèrement, détournant le regard alors qu’il prenait une profonde respiration pour ne pas faire de même. Il ne voulait pas monter sa gêne quand même à la jeune femme aux couettes blondes.

 

« Alors ? On n’y va ? Qu’est-ce que l’on attend ? »

 

« Le déluge, bien entendu, Clari ! Bon ... Il va falloir encore que l’on se dépêche, n’est-ce pas ? Ca ne va pas être simple, j’en suis sûr. »

 

« Je t’avoue que je ne sais même pas à quelle distance nous sommes ... »

 

« Bon et bien ? Nous verrons cela quand nous continuerons à avancer. »

 

« Pour le peuple le plus développé au monde, je trouve que c’est un peu vide parfois. » dit-elle alors qu’il tendait sa main vers elle.

 

Hum ? Seulement sa main ? Elle le tira vers elle avant de le serrer contre sa poitrine, faisant apparaître ses lignes blanches sur son visage mais aussi ses deux pieds. Comme portés par le vent, ils commencèrent à léviter à quelques centimètres du sol, se déplaçant à une vitesse assez prodigieuse alors qu’ils allaient tout droit.

Quand même ... Une telle tempête était-elle naturelle ? Il devait bien y avoir une raison à tout ceci, n’est-ce pas ? Car bon ... Sinon, il ne voyait pas du tout, il devait se l’avouer ... Puis bon ... Malgré le froid dût au déplacement très rapide, il avait plutôt très chaud ... Pourquoi ? Hum ... Il avait une bonne explication mais un peu trop honteuse. Disons qu’il n’était pas très grand comparé à Clari et qu’il était plutôt bien positionné contre elle.

 

« HEY ! Fais attention, Tery ! Tu risques de tomber ! Serres-plus fort ! »

 

Oui mais ... Voilà quoi ! Hum ... Enfin bon ... Il prit sa respiration avant de loger sa tête contre sa poitrine pas forcément volumineuse pour sa taille mais plutôt généreuse quand même ... pour quelqu’un contre lui. Pffff ... Il avait vraiment très chaud ! Vivement qu’il apprenne à utiliser le vent comme Clari car ce genre de déplacements ... C’était vraiment une ... chose bien différente ... et pas du tout son genre surtout.

 

« Ahhhhh ! Enfin bon ... Voilà ! Tery ? Et bien ... Tu as de la fièvre ? »

 

Ils étaient arrivés à un autre pylône ... Mais surtout à une ville bien plus importante que la précédente. Enfin ... Arrivés, ils étaient encore à un peu de distance, du genre quelques kilomètres mais les pylônes gigantesques dans le ciel pour protéger de la foudre montraient clairement de la civilisation au loin.

 

« Allons-y Tery. On va se rendre à cette ville. Je ne pense pas que ça soit l’endroit que nous recherchons mais il vaut mieux avoir un lit bien chaud qu’autre chose ! »

 

« ... ... ... Ah, tu arrives tellement rapidement à changer de comportement que c’en est plus que déroutant. Bon ... Je te suis. Normalement, les éclairs ne devraient pas nous atteindre. »

 

Oui, il avait commencé à comprendre comment cela se passait aux abords des villes de Mekalarma. Les pylônes de plus ou moins grande taille attiraient la foudre vers eux, protégeant les citoyens tout en les aidant. Oui ... C’était exactement ça ! Ils utilisaient aussi l’électricité produite en très grande quantité à des fins ... scientifiques, mécaniques ou autres ? Il commençait peu à peu à comprendre comment cela marchait.

 

« Clari, Mekalarma utilise l’énergie issue de son élément d’une excellent façon, c’est ça ? »

 

« Hein ? Oui ... Enfin, c’est bien cela. Pourquoi ? »

 

« Je ne sais pas ... Je me posais la question quand je vois tout cela. Pourquoi est-ce que notre royaume n’est pas ainsi ? » demanda t-il alors qu’ils marchaient côte à côte.

 

« Car l’énergie issue de la terre, ce n’est pas aussi simple que ça.  C’est plus ... compliqué. Les autres peuvent utiliser le feu, l’eau, le vent, l’électricité ... Nous, qu’est-ce que l’on peut utiliser ? Des morceaux de pierre ? »

 

« C’est complètement risible ... C’est exact. » répondit-il en baissant la tête. Peu à peu, il comprenait pourquoi le royaume de Shunter semblait complètement dépassé par rapport aux autres. Pourtant, il ne savait pas comment l’expliquer mais ...

« Qu’importe ce que les autres ont, je préfère Shunter. » murmura Clari alors qu’il se tournait vers elle avec un peu d’étonnement.

 

Elle venait de dire exactement ce qu’il pensait. Pourtant, elle ne souriait pas donc, cela voulait dire qu’elle était sérieuse et qu’elle n’avait pas deviné ce qu’il pensait. Il ... Pour une surprise, c’en était une. Il reprit sous le même ton :

 

« Je sais pas ... Mais quand je vois le décor des autres, je trouve que c’est triste et que ça manque de vie. Je n’ai pas beaucoup voyagé, je ne suis pas beaucoup sorti ... Même si ça doit faire sûrement un an voir un peu plus que je suis parti mais ... C’est triste et morne ... tout autour de nous. Ces royaumes ne sont pas magnifiques. »

 

« Ca manque juste un peu de forêt, de fleurs, de soleil ... Un peu de tout. Tu crois qu’on a le mal du royaume, Tery ? Du genre, qu’on se sent nostalgiques car l’endroit où nous vivons est différent des autres ? C’est celui où nous sommes nés à la base. »

 

Il haussa les épaules pour dire qu’il n’en savait pas plus qu’elle à ce sujet. Il sentait juste qu’il préférait Shunter pour l’instant. Mekalarma était de loin l’endroit qu’il détestait le plus quand il le voyait. Et dieu sait qu’il n’aimait guère ce lieu.

 

Ils pénétrèrent dans une nouvelle ville, celle-ci ressemblant à l’autre mais tout simplement en plus grande. En fait, c’était même  ... étrange qu’elle ressemble tant à l’autre ville. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas l’étrange machine à quatre roues dont se servaient les Mekalarmiens pour se déplacer sans se fatiguer. Elle était faite de métal et ... puis bon ... Les Mekalarmiens se trouvaient dedans sans rien faire sauf ...

 

« FAIS ATTENTION OU TU MARCHES, IMBECILE ! »

 

Hein ?! Il sursauta en même temps qu’il se faisait tiré en arrière par Clari, celle-ci le gardant contre lui alors que la machine avait tout simplement accéléré... Il ... Il aurait put se faire écraser ?! C’était quoi cette chose ?! Surtout que contrairement à la première fois, il l’avait vue de plus près ! Brrr !

 

« Tu devrais faire sérieusement attention, Tery. Tu sais aussi bien que moi que ces routes sont dangereuses. Chez nous, on peut apercevoir les chevaux à distance malgré leur vitesse mais ici ... C’est bien trop rapide ! »

 

« Oui ... Oui ... J’ai pu voir ça ... Ca fait peur rien qu’en y pensant. »

 

« Allons trouver plutôt une auberge qui nous accepte ! » dit-elle avec un peu d’entrain bien que la tâche allait sûrement s’avérer difficile. Dans l’ancienne ville, ils avaient mis du temps et s’étaient retrouvés à dormir à la belle étoile en-dehors de la ville plusieurs fois.

 

Oh ! Ce n’était pas aussi dérangeant que cela en avait l’air non plus Dormir dans la même tente, cela amusait la jeune femme tandis que ça gênait le jeune homme. Enfin bon ! Ce n’était pas le moment de repenser à tout ça ! Il s’était mis à marcher avec une certaine frénésie, espérant sincèrement qu’ils allaient trouver une auberge.

 

Heureusement pour eux, cela ne tarda pas et au bout d’une vingtaine de minutes, ils étaient déjà à une table, bien mieux lotis qu’auparavant tandis qu’elle avait déjà commandé de quoi se ressourcer. Le jeune homme sembla réfléchir à quelque chose, murmurant :

 

« On ne sait même pas la distance qu’il y a entre cette ville et celle que nous recherchons. »

 

« On va se renseigner un tout petit peu. Même si nous sommes encore plus détestés que les personnes des autres royaumes, ma gentillesse légendaire et ton sourire ravageur nous ouvriront bon nombre de portes ! »

 

« Avant de nous les claquer au nez. » termina t-il en souriant légèrement à la remarque de la jeune femme mais aussi la sienne. Clari rigola alors que les repas étaient servis, l’un comme l’autre se mettant à manger sans rien dire.

 

... ... ... ... ... Il l’observait pendant le repas, la jeune femme faisant de même. Ah ... Depuis qu’il était tout seul avec elle et qu’il la voyait contrairement à Elen ... Puis il y avait aussi le fait de dormir avec elle chaque soir ... Et puis son caractère ...

 

« Hum ? C’est un peu trop chaud pour toi, Tery ? Tu es rouge. »

 

« Hein ? Que quoi ? Ah ! Non, non ! Ne t’en fais pas pour ça. »

 

Brrr ! Il ne devait pas penser à ça ! C’était une idée complètement malsaine ! Ils finirent leurs repas, la jeune femme signalant qu’elle allait rester dans la chambre pour la journée. Elle avait envie de se reposer. Lui-même avait décidé de faire la même chose, non pas pour le repos mais simplement qu’il n’avait pas envie de se balader, voilà tout.

 

Encore une fois, ils étaient en train de lire. Lui, son livre sur les golems bien que la dernière fois, cela avait été assez ... difficile tandis qu’elle ... Et puis, il ne savait pas ce qu’elle était en train de lire et il ne voulait pas la déranger plus que cela. Pourtant, une heure plus tard, une lettre ailée tapa contre la vitre de la fenêtre, Clari l’ouvrant pour la laisser rentrer.

 

Lui ? Il s’était aussitôt redressé, légèrement rouge aux joues. Une lettre d’Elen ? Déjà ? C’était bien plus rapide que prévu ! Il avait un peu peur de la réaction de la jeune femme à sa réponse pour la photo. Ah ... Non ... Pourtant, ce n’était pas pour lui mais pour Clari. Hey ... Hey ... Ca faisait combien de temps pour la lettre ? Même pas deux jours, n’est-ce pas ?

 

« Ce n’est pas un peu trop rapide ? » demanda t-il alors que Clari hochait la tête.

 

« Certaines lettres semblent se déplacer plus rapidement que d’autres. Enfin je ... »

 

Elle ne vint rien dire, ouvrant tout simplement la lettre alors qu’il était anxieux. Non ... Non et non ! C’était une lettre pour Clari ! Sûrement de la maréchale ! Il allait se faire taper sur les doigts et ça ne lui plaisait guère !

 

« Tery ... On a un sérieux problème. » dit-elle après deux minutes.

 

« Hein ? Quoi ? Comment ça ? Un sérieux problème ? Où ça ? Ne me dit pas qu’elle ... »

 

« Non non et heureusement ! La maréchale ne va pas venir sinon, je pense que là, ça ne serait pas un problème mais plutôt une hécatombe ... Simplement ... Elle a décidé d’envoyer quelqu’un pour nous épauler. Je n’ai jamais entendu son nom, je ne sais même pas à quoi elle ressemble mais elle sait parfaitement à quoi nous ressemblons. Elle a dit que devant notre manque de sérieux dans la mission, elle va envoyer une autre personne pour nous aider et surtout accélérer le tout. Normalement, elle arrive dans deux jours ?! »

 

« ... ... ... ... ... Je ne sais pas si je dois être soulagé qu’elle ne vienne pas ... ou ennuyé qu’elle nous envoie une autre personne. Par contre, j’ai entendu encore ... elle ? C’est encore une femme ? Et elle a quoi de spéciale ? »

 

« Des lignes d’Alzar ... Ce qui rend cette personne vraiment très spéciale même. »

 

« Une femme avec des lignes d’Alzar. Maintenant, j’ai de quoi être effrayé ... Surtout si elle est envoyée par la maréchale ... Car avouons-le ... A part toi, les autres gaillards n’étaient guère très accueillants. Surtout Salazar ... Lui, je le retiens. Mais ça me fait penser. Tu ne connais pas du tout la personne qu’elle va nous envoyer ? Car tu es quand même plutôt ... dans les hautes sphères non ? Enfin ... Je sais pas ... Mais tu n’es pas une soldate de base. »

 

« Hahaha. Et heureusement non ? Par contre, moi, je ne sais rien du tout sur elle. J’étais avec Salazar et les autres mais je ne crois pas avoir déjà vue une femme avec des lignes d’Alzar. »

 

« Euh ... Sinon ... Plus personnellement ... Qu’est-ce qu’elle a dit au sujet de ce que tu as raconté comme idiotie ? » demanda t-il d’un air un peu gêné.

 

« Elle ... n’en parle pas. » murmura t-elle avec lenteur.

 

« Je suis un homme mort. » dit-il comme si on venait d’annoncer une sentence. Il se cacha la tête sous son oreiller, Clari tentant de rigoler mais n’y arrivant pas. Elle déposa la lettre sur la table, se levant de sa chaise avant de s’approcher de lui. Elle lui murmura :

 

« Ne t’en fait pas ... Si la maréchale tente de lever la main vers toi, je préviendrais que c’est entièrement de ma faute. Tu ne te feras pas torturé comme la dernière fois. »

 

« Je ne sais même pas si j’ai encore les marques ... Et je ne veux pas savoir ... »

 

« Allez ... Ne t’en fais pas, je te le promets réellement, Tery. »

 

Oui mais non, il n’était pas du tout convaincu. Il tenta de fermer les yeux, Clari lui retirant le coussin de sa tête avant de l’embrasser sur la joue. Il vint rougir violemment, la regardant avec étonnement alors qu’elle souriait. Qu’est-ce ... Qu’elle ne fasse plus cela ! Il ... Il ... Brrrr ! Il ouvrit subitement les couvertures, s’y engouffrant. Le reste de la journée allait se passer tranquillement ... Enfin ... Il l’espérait.

 

« Normalement ... C’est aujourd’hui qu’elle arrive, non ? Si on considère que la réponse est partie il y a deux jours, que ça a mis une journée pour arriver et ... »

 

« Arrête de trembler, Tery ! Elle ne va pas te manger ! »

 

« Tu n’en sais rien ! Tu ne sais pas du tout à quoi elle ressemble ! Peut-être qu’elle est encore plus grande que toi, qu’elle a des muscles partout, le regard haineux ! Peut-être qu’elle est encore pire que la maréchale ! »

 

« Mais tu n’en sais rien non plus ! Et on ne sait même pas à quoi elle ressemble ... »

 

Voilà que la journée s’était déroulée très rapidement et que le lendemain, ils attendaient devant l’auberge. Comment est-ce que cette personne allait les reconnaître ? Voilà qu’il recommençait à trembler de peur, quelques têtes se tournant vers eux. Etait-ce cette femme ? Non c’était une femme d’Honoros ... Celle-ci ? Non ! Elle, ça se voyait bien qu’elle venait de Mekalarma ! Merde ... Merde ... Et merde !

 

« Pardonnez-moi ... mais ne seriez-vous pas Tery Vanian et Clari Onival ? » demanda une petite voix alors qu’ils se tournaient vers la personne à l’origine de celle-ci.

 

« Si ! Si ! Je ... ... Ah attendez un peu ! Ne nous tuez pas ! »

 

Il avait dit cela comme si il n’arrivait plus à se contrôler, Clari ouvrant en grand ses deux yeux pour observer la personne qui s’était adressée à eux. Elle donna une petite tape sur le dos du crâne de Tery pour lui dire de regarder la femme en face d’eux.

 

Grande ... Elle était très grande... Autant que Clari ... Voir un peu plus ? La première chose qu’il put dire quand il la regarda réellement, ce fut :

 

« Pourquoi faut-il que je sois le nain de service alors que je suis un homme ? »

 

« ... ... ... Hihihi ! » rigola Clari alors que la femme faisait de même.


Le pire était qu’il ne pensait pas être drôle. Enfin bon ... La femme en face de lui était plutôt jeune, un visage assez juvénile. Comment dire ...  On ne pouvait pas lui donner l’art de la guerre lorsque l’on voyait son visage. En parlant de son visage, elle avait deux yeux rubis ... vraiment très beaux, il fallait le reconnaître. Et puis, au final, elle avait de longs cheveux argentés ... Oui, oui ... Ils étaient argentés, ressemblant à des fils de tissu brillant au soleil. Ses cheveux lui allaient jusqu’au dos et lorsqu’il regarda la taille de ceux-ci, il s’arrêta sur ... Il détourna aussitôt le regard. NON ! Il n’avait pas comparé ! Non ! Il n’avait pas remarqué que ses attributs étaient plus imposants que ceux de Clari ! En y pensant ... Ceux d’Elen étaient aussi assez importants non ? Par rapport à ce qu’il remarquait, Clari était pas mal mais c’était plutôt moyen pour sa taille. Ceux de la jeune femme aux cheveux gris ...

 

« MAIS A QUOI JE PENSE ?! » s’écria t-il en se donnant une claque sur le front.

 

« Dites ... Ca lui arrive souvent, cela ? » demanda la jeune femme.

 

« Des fois, ça lui prend comme ça. Il n’y a pas à s’en faire. Il est un peu spécial... Je pense que tu es au courant qu’il est comme toi, non ? »

 

« Oui, oui ! La maréchale Nali m’a mise au courant ! Mais il vaut mieux se taire à ce sujet non ? » répondit la jeune femme aux cheveux gris.

 

« C’est ... C’est exact. » murmura le jeune homme avant d’observer la jeune femme. Elle avait plusieurs morceaux d’armures sur elle de couleur blanche. Des gantelets, des épaulettes, des genouillères ... Et aussi une jupe faite de métal blanc. En y regardant bien ... Elle était plutôt jolie quand même non ? Elle avait une partie d’armure qui recouvrait sa poitrine jusqu’au nombril. Elle portait des morceaux de tissu noir sur les parties non-protégées par l’armure.

 

« Euh ... Enfin bon... Vous séjournez ici ? Je vais aller prendre une chambre. »

 

« Hein ? Mais attends un petit peu ! » dit-il alors que la jeune femme aux cheveux argentés s’arrêtait, le regardant avec un petit sourire.

 

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ... Tery ? C’est cela ? »

 

« Euh ... Il faudrait peut-être déjà que l’on se présente. Enfin, déjà fait ... pour moi. Je suis Tery et voilà Clari. »

 

« Oh ? Moi ? Et bien, je m’appelle Manelena. Heureuse de vous rencontrer ! » dit-elle dans un grand sourire alors qu’il rougissait une nouvelle fois sans réussir à s’expliquer.

fév 10

Chapitre 34 : Systèmes de sécurité

 Chapitre 34 : Systèmes de sécurité

 

« Hahaha ! On va se faire une petite balade en plein air ! »

 

« Sincèrement, Clari ... Ce qui se passe autour de nous ne me donne pas du tout envie de ri... »

 

Il n’avait pas terminé sa phrase que la foudre venait s’abattre devant eux à environ une cinquantaine de mètres. Ce n’était pas une blague ... Et il sursauta encore une fois alors que Clari semblait elle-même un peu impressionnée bien qu’amusée en même temps.

 

« Mais c’est quand même assez drôle, tu ne trouves pas ? Il suffit de sortir de chaque ville pour se retrouver face à ça ou presque ... »

 

« Oui mais non ... J’y suis pas encore habitué et de l’autre côté, il n’y en avait pas autant que les dernière fois. Là, ça donne presque l’impression qu’Alzar et Zélisia ne sont pas contents et décident de ravager cette terre. »

 

« C’est un peu exagéré mais bon ... Nous sommes en sécurité, n’est-ce pas ? »

 

Sincèrement ? Il n’était pas vraiment convaincu par ça. Ils étaient debout, au beau milieu d’une route. Adossé contre un pylône, celui-ci avait un magnifique cristal de couleur doré quoi pointait au bout ... Un cristal qui semblait créer une sorte de sphère invisible sur plusieurs mètres de diamètre pour les protéger de la foudre.

 

« On attend que ça se calme, Clari ? Ou tu veux que l’on avance ? » demanda t-il d’une voix qui se voulait neutre alors qu’il retirait son dos du pylône.

 

« Le mieux sera d’attendre un tout petit peu, du genre cinq à dix minutes. Par contre, ensuite, on court en direction du prochain pylône hein ? »

 

De toute façon, avaient-ils le choix ? Nullement. Il vint se positionner à côté de Clari, celle-ci venant lui prendre la main gauche puisqu’ils allaient courir ensembles. Il ne fallait pas que l’un des deux soit derrière l’autre sinon ...

 

« TERY ! C’EST BON ! ON Y VA ! »

 

Hein ? Que quoi ? Il se retrouva soudainement tiré en avant alors qu’ils couraient comme deux dératés. Dire qu’au-dessus d’eux, de nombreux nuages noires grondaient, signe que la foudre allait s’abattre une nouvelle fois. Ce fut le cas mais à plusieurs kilomètres d’eux, puis une seconde fois, une troisième fois. C’était une véritable pluie d’éclairs qui s’abattait tout autour d’eux alors qu’ils arrivaient jusqu’à un second pylône.

Le jeune homme vint s’asseoir contre celui-ci, respirant bruyamment alors que la jeune femme aux couettes blondes semblait moins fatiguée mais avait un peu de sueur au front. Elle vint s’asseoir à côté de lui, un petit sourire aux lèvres avant de murmurer :

 

« Au moins, tu es sûr que tu ne prendras pas de poids en courant ainsi. A cette allure, je suis même sûre que je vais perdre quelques kilos, hihi. Qu’est-ce que tu en penses, Tery ? Est-ce que tu me trouves trop grosse ? » demanda t-elle sur un ton neutre alors qu’elle dardait son regard sur lui, signe qu’il devait réellement se méfier de ce qu’il allait dire à ce sujet.

 

« Je suis vraiment obligé de répondre, Clari ? » dit-il en poussant un léger soupir. 

 

« Il vaut mieux pour toi et que tu fasses aussi attention à ce que tu dis. »

 

« ... ... ... ... ... D’accord. Donc tu es très bien comme tu es à l’heure actuelle. »

 

Hum ... Est-ce qu’il était sincère ? Elle l’observa avant d’hocher la tête d’un air positif. Il semblait vraiment sincère. Hum ... Soit ! Elle vint l’embrasser rapidement sur la joue, le jeune homme reculant légèrement sous la surprise.

 

« Arrête ça, je t’ai déjà dit ! C’est pas clair comment je m’exprime ?! »

 

« Hum ... Pas assez au point de vouloir stopper ça. »

 

Grrrr ! BON ! Est-ce qu’ils continuaient à avancer ou non ?! Car bon, ce n’était pas avec ce genre d’actions qu’ils allaient se rapprocher de la capitale ! Il courut subitement en abandonnant Clari derrière lui, celle-ci criant de toutes ses forces :

 

« Non mais attends, TERY ! Ne cours pas comme ça !  Tu risques de te faire foudroyer ! »

 

« Mais non ! Tu n’as qu’à me rattraper au lieu, idiote de Clari ! »

 

Hein ?! Il venait de l’insulter ou elle rêvait ?! HEY ! Ca n’allait pas se passer comme ça ! Pas du tout même ! Hého ! La jeune femme commença à courir très rapidement à sa suite, semblant utiliser le vent à son aise grâce à ses lignes blanches.

 

« Et bien ? On essaye de m’échapper, Tery ? Accroche-toi ! » dit-elle en arrivant à sa hauteur, le prenant par le bras avant de se déplacer encore plus rapidement qu’auparavant.

 

Qu’est-ce ... La course n’avait rien à voir avec celle d’auparavant ! Ils se déplaçaient bien plus vite qu’auparavant, le jeune homme et la jeune femme se déplaçant à travers les zones de sécurité jusqu’à ce qu’elle soit épuisée.

Et épuisée ? Elle ne l’était pas même après une bonne heure de course effrénée. Elle ne s’arrêtait jamais ou quoi ?! Il la regardait avec effarement, la jeune femme l’ayant forcé à monter sur ses épaules. Purée, qu’il était complètement ridicule ! Vraiment ridicule ... Non mais sincèrement ... Il avait vraiment honte ...

 

Puis finalement, ils s’arrêtèrent dans une zone claire. Zone claire ? C’était l’une des rares zones où aucun nuage ne semblait apparaître dans le ciel ... Etalée sur environ un à cinq kilomètres, le ciel était complètement bleu, aucun pylône n’étant installé puisqu’il n’était pas nécessaire. Il demanda d’une voix lente :

 

« Est-ce que je peux descendre ... maintenant ? S’il te plaît ? »

 

« Hum ... Je ne sais pas trop en fin de compte ... Peut-être que oui ? Peut-être que non ? » répondit-elle avant de s’accroupir, le jeune homme descendant d’elle. Qu’elle arrête ce genre de chose, c’était vraiment gênant ! Elle ne comprenait pas qu’il fallait un peu de pudeur quand même ... Enfin, la pudeur ... C’était quand même essentiel non ? Et si les gens les voyaient ? Qu’est-ce qu’ils diraient à ce sujet ?

 

« Par contre, mon petit Tery, on a un petit problème au cas où »

 

« Hein ? Que ? Comment ça ? Où il y avait un problème ? »

 

Elle désigna un point au loin, le jeune homme tendant l’oreille avant d’entendre plusieurs sifflements. Ce n’était quand même pas des Mekalarmiens ?! Il tourna son visage vers Clari, lui demandant à nouveau d’une voix un peu troublée :

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Tu crois que ... »

 

« Ce ne sont pas des amis au cas où tu n’aurais pas encore compris, Tery. De l’autre côté, il me semblerait que ce ne sont pas des Mekalarmiens donc ... »

 

Des monstres ? C’était des monstres ? Et bien donc ... Il poussa un profond soupir, comme soulagé alors qu’il commençait déjà mettre ses griffes au bout de ses deux mains. Il devait se l’avouer : Il n’était pas mécontent d’une telle chose. Clari le regarda avec un peu d’appréhension, ne comprenant pas pourquoi il se sentait si bien alors qu’elle sortait elle-même son épée à deux mains. Elle se préparait au combat ?

 

« Il est hors de question que tu t’amuses seul, Tery. Tu t’en doutes bien, non ? »

 

« Tu sais parfaitement que ce n’est pas une question de m’amuser ou non. » soupira t-il alors que la jeune femme lui souriait.

 

Peu à peu, les sifflotements se faisaient de plus en plus forts, signe qu’ils se rapprochaient puis ... Puis ... Il haussa un sourcil d’appréhension alors qu’il apercevait des serpents de dix centimètres de diamètre pour environ deux mètres de longueur. Ils avaient des écailles couleur rubis, contrastant légèrement avec les yeux dorés qu’ils possédaient.

 

« ... ... .. Ce n’est que ça ? » murmura t-il avec apaisement alors qu’il restait néanmoins sur ses gardes, Clari reprenant aussitôt :

 

« Méfie-toi toujours des apparences, Tery. On ne sait pas ce qui se ... »

 

Hein ? Elle n’eut même pas le temps de terminer sa phrase que l’un des serpents s’était déplacé avec vélocité, bien trop rapide pour qu’on puisse l’arrêter. Le serpent avait tout simplement bondit à la vitesse de l’éclair vers Tery, plantant ses crocs dans son bras droit avant qu’une violente décharge électrique ne parcoure l’intégralité de son corps. Il hurla de douleur, son corps étant pris de spasmes avant que le serpent ne soit tranché juste à quelques centimètres de sa tête par l’épée de la jeune femme. Tery balbutia quelques paroles, faisant quelques pas en arrière alors que Clari le réceptionnait :

 

« Tery ?! Comment est-ce que tu vas ?! Tu m’entends ?! »

 

« Ils ... Ils ... Ils paralysent leurs proies avec ... avec ... de l’électricité ...  Ce sont de véritables ... Ah ... Brrr !  J’ai la mâchoire ... qu’à du mal ... »

 

« Arrête de parler, on va devoir se reposer. Mais quand à eux ... »

 

Le jeune homme s’écroula sur le côté, son corps parcouru de tremblements alors qu’elle prenait une profonde respiration. Elle planta son épée à deux mains dans le sol, des lignes blanches parcourant ses deux bras tandis qu’elle fermait les yeux. Ils étaient une vingtaine de serpents ... Une bonne vingtaine ... Surement une bande pour tenter de les paralyser pour pouvoir les dévorer tranquillement ensuite.

 

Dès l’instant où l’un tenta de se jeter sur elle, une lame de vent vint trancher le serpent en deux, plusieurs autres faisant leurs apparitions pour couper ses camarades les uns après les autres. Lorsqu’il ne resta plus que trois survivants, les serpents commencèrent à s’éloigner, sifflant de colère tandis qu’elle poussait un petit soupir, posant une main sur son front. Hum ... Elle était légèrement en sueur mais cela pouvait s’expliquer facilement puisque les nombreuses lames crées avaient été assez puissantes et rapides pour trancher dans le vif.

 

« ... ... Maintenant ... TERY ! » s’écria t-elle sans pour autant être inquiète, le jeune homme restant allongé sur le sol sans bouger.

 

Hey ... Il était paralysé non ? Il pouvait encore parler mais ... avec beaucoup de difficultés. Ah ... Ah ... Il ne pouvait pas bouger par contre ... C’était stupide mais bon.

 

« Alors ... Comment va mon petit convalescent ? » demanda t-elle en lui souriant.

 

« Ca pourrait ... aller mieux ... Combien de temps est-ce que je vais rester comme ça ? »

 

« Je n’en sais rien du tout. Je vais devoir te porter sur mon dos encore. Tu commences à t’y habituer de toute façon non ? Avoue que tu le fais exprès rien que pour ça. »

 

« Tu... Tu crois vraiment que ... Ah ... Zut ! »

 

« Arrête de parler ... Et dis-moi simplement si ça te fait mal. »

 

Elle avait déjà rangé son épée à deux mains pour la mettre dans son dos, s’accroupissant devant le jeune homme avant de le soulever devant elle.

 

« Qu’est-ce ... Qu’est-ce que tu fais ?! C’est ... C’est ... Ah ! Repose-moi ! C’est ... C’est complètement rid.... ridicule ! »

 

« Blablabla ! Non et non ! Mon petit Tery est blessé donc ... »

 

« Porte-moi ... normalement ! J’ai l’air ... débile ! »

 

Hihihi ! Elle éclata de rire, le jeune homme ne pouvant faire que parler alors qu’elle lui souriait avec affection. BORDEL ! Ils avaient le même âge ! Elle ne pouvait pas comprendre à quel point ce genre de scènes était déplacé ?!  Sincèrement ... Il avait honte ! Très honte !

 

... ... ... Dès l’instant où il pourrait recommencé à bouger, il lui montrera de quel bois il se chauffait ! Car là ... C’était vraiment risible et pathétique ! Et Clari qui lui faisait un grand sourire de conquérante ! Elle y prenait du plaisir hein ?! Il détourna le regard, la seule chose qu’il était capable de faire à l’heure actuelle. Pathétique ... Il l’était vraiment ...

 

« Nous sommes aux abords d’une ville, Tery. »

 

« AH ! JE PEUX ENFIN BOUGER ! » s’écria t-il subitement, se mouvant dans les bras de Clari ... avant de s’écrouler au sol, face contre terre.

 

Et me... Il aurait mieux fait d’attendre un peu. Un grand rire se fit entendre de la part de la jeune femme aux couettes blondes alors qu’il émettait un grognement. Pourquoi fallait-il que ça lui arrive hein ?! Pourquoi ?! Qu’est-ce qu’il avait fait au bon dieu pour mériter une telle chose ?! Il se le demandait sincèrement !

 

« Est-ce que tu veux de l’aide, Tery ? Ou alors, tu préfères éviter que je te relève ? »

 

« C’est bon... Tu ferais mieux de te taire, Clari. Je crois que tu en as assez fait pour aujourd’hui si tu veux tout savoir. »

 

« Roh ... Qu’il est mignon quand il boude. » dit-elle tout en le levant du sol.

 

Il la repoussa très faiblement alors qu’elle continuait de sourire, ne disant plus rien du tout. Le jeune homme s’épousseta comme elle l’avait fait auparavant, prenant une profonde respiration. Bon ... Où se trouvaient-ils au final ? Hum ... A nouveau sous les nuages noirs et les éclairs ... YOUPI ! Il était vraiment heureux ...

 

Très heureux même puisqu’il faisait un grand sourire. Après, savoir s’il était vrai, c’était une autre paire de manches ! Pour elle, il l’était puisqu’elle vint l’accoler contre elle, ses deux mains passant autour de son cou d’un air amusé.  Hum ... Bon, encore une fois, aujourd’hui, il abandonnait la partie. Il se laissa faire, poussant un profond soupir.

 

« Tu penses que nous sommes encore loin de ce fameux dirigeant ? »

 

« A l’allure où nous avançons, nous devrions mettre une bonne semaine. Tu devrais être content non ? Tu recevras encore des lettres d’Elen entre temps ! »

 

« Merci bien ... Au moins, c’est ça qui va me remonter un peu le moral ... »

 

« Fais attention, je pourrais être un peu jalouse si tu continues ... »

 

« Hum ? Bien entendu ... Tu crois que je fais tout ça pour ? »

 

« ... ... ROH ! Tu n’oserais pas hein ?! » dit-elle en s’écriant avec joie, le serrant un peu plus contre elle tandis qu’il repoussait un profond soupir.

Bien entendu que non ... Qu’est-ce qu’il en avait à faire qu’elle soit jalouse ou non. Jalouse d’Elen et pour quelle raison ? Il n’y avait rien entre Elen et lui. Comme il n’y avait rien entre Clari et lui ... Bon ... Au lieu de se distraire de cette façon ... Est-ce qu’ils pouvaient commencer sérieusement à se mettre en route ?!

 

« Au passage ... Maintenant que j’y pense, est-ce que tu as prévenu la maréchale ou une autre personne de notre mission ? Du moins, de l’avancée de notre mission ? »

 

« Et bien ... Bien entendu ! Il fallait prévenir la maréchale Nali comme il en était convenu. Par contre, je me demande toujours comment mes lettres arrivent à destination. A part décrire son armure noire précisément et le fait que ça soit une femme, je ne sais rien d’elle. »

 

« ... ... Je me demande quand même à quoi elle ressemble ... Soit c’est une vraie laideronne, soit nous avons affaire à une véritable beauté froide. »

 

Hein ? Elle le regarda d’un air étonné, le jeune homme aux cheveux bruns semblant légèrement perdu dans les cieux. Il semblait ... assez évasif ... Non, pas évasif. Il était plutôt du genre à avoir un petit sourire aux lèvres sans que l’on puisse savoir ce qui lui passait par la tête s’il ne parlait pas. Elle murmura :

 

« Tery ? Ne me dit quand même pas que tu serais en train de tomber amoure... »

 

« Hahaha ! Pas le moins du monde ! Pourquoi est-ce que je le serais ? Sincèrement ? Elle me torture, me blesse, me crie dessus ! » répondit-il aussitôt bien qu’elle remarqua quelques rougeurs sur ses deux joues.


Masochiste ... Elle avait l’impression que le jeune homme aux cheveux bruns était masochiste ... Et savoir ce genre de choses était assez déplaisant ... En fait, c’était plutôt au sujet de la maréchale Nali. Si elle apprenait ...

 

« Tiens ! Je sais ce que je vais écrire aujourd’hui ! » dit-elle à voix haute bien que le jeune homme aux cheveux bruns ne semblait pas l’avoir entendue.

Hum ... Elle fit une petite moue boudeuse alors qu’elle se disait intérieurement que la maréchale Nali allait être très ... heureuse d’apprendre cela au sujet de Tery. Elle tourna son visage vers ce dernier, faisant maintenant un grand sourire.

 

« Qu’est-ce ... Qu’est-ce que tu prépares comme magouille encore ? »

 

« Moi ? Mais rien du tout. Je te le promets, Tery ! Je te montrerai même ce que je fais ! »

 

« Là, j’ai encore plus de raisons de me méfier, Clari. »

 

Hihihi ! Elle était vraiment diabolique sur ce coup et en fait ... Elle voulait aussi savoir la réaction de la maréchale. Est-ce qu’elle avait déjà repoussé bon nombre d’hommes ? Et puis, peut-être qu’elle avait deux fois l’âge de Tery ?

 

« Hum ? Tery ? Est-ce que tu préfères les femmes mûres ou non ? »

 

« Que ... Que ... Mais qu’est-ce que tu racontes encore ?! » dit-il avec une certaine appréhension alors qu’elle reprenait aussitôt la parole :

 

« Et bien, c’est très simple. Est-ce que tu préfères les femmes qui ont plus d’expérience que toi ? Qui ont pas mal d’années en plus ou alors ... »

 

« MAIS C’EST QUOI CES QUESTIONS TORDUES ?! » s’écria t-il alors qu’elle continuait de l’observer. Ils n’avaient pas avancé depuis déjà plusieurs minutes tandis qu’il semblait sur le point d’exploser de rage ... mais aussi de gêne ?

 

« Je te demandais simplement, c’est quoi ton style de femmes, c’est tout ... »

 

« Et en quoi est-ce que ça te concerne ? Enfin bon, non, je n’aime pas les femmes trop âgées ! Je sais pas pour quoi tu me prends mais je sens que c’est déjà une sale chose ! »

 

« Ah ... Pas de chance alors, tu ne pourras rien espérer de la maréchale... »

 

« Que quoi ?! Qu’est-ce que tu racontes encore ?! » dit-il en balbutiant.

 

« Et bien, devine un peu ! Elle est maréchale ... MARECHALE ! C’est le plus grade dans notre armée ! Tu penses qu’elle a quel âge ? Vingt ans ? Ne rêve pas ! »

 

« ... ... JE NE PENSE RIEN D’ELLE SUR CE PLAN ! »

 

Pfff ... Pourquoi est-ce qu’elle croyait que ... C’est vrai que la maréchale était ... impressionnante et stupéfiante ... Puis bon ... Sa voix était puissante ... Ah ... Comment dire ... Brrr ... Non ! Il ne devait pas penser à mal ... Il ne voulait pas se faire torturer !

 

Il observait le ciel, regardant les nuages noirs sans plus se préoccuper des éclairs. A force de perdre du temps, ils avaient finalement repris leurs souffles. Il n’entendit pas le petit frottement caractéristique qui signalait que quelqu’un était en train d’écrire. Lorsqu’il tourna finalement son visage vers Clari, ce fut pour voir une petite lettre ailée qui s’était mise à disparaître dans le ciel, évitant avec facilité les éclairs. Tout de suite, il ne comprit pas ce qu’elle venait de faire mais elle murmura avec lenteur :

 

« Oh ... Une simple lettre envoyée à la maréchale. »

 

« ... ... ... ... ... Et tu as marqué quoi dedans ? » demanda t-il en tentant de rester calme.

 

« Oh ! Pas grand-chose, ne t’en fais donc pas. Simplement deux, trois petites broutilles. »

 

« Des broutilles ressemblant à ce que tu essayes de faire croire à la maréchale que j’ai ... »

 

« Oh ! Peut-être que oui ... Peut-être que non, Tery ! » dit-elle en haussant les épaules.

 

« Bon et bien ... Peut-être que cette nuit, même si nous n’arrivons pas à cette ville, tu peux toujours rêver pour que l’on dorme ensembles. »

 

« Hein ? Mais ... Mais attends un peu, Tery ! » dit-elle avec appréhension.

 

« Pas besoin d’être une lumière ... pour savoir ce que tu as envoyé à la maréchale. »

 

« ... ... ... ... ... »

 

Elle ne prononça aucun mot, ne faisant que baisser la tête. Peut-être qu’elle avait un tout petit peu exagéré ? Auparavant, cela avait été souvent fait sous le ton de la plaisanterie mais ... Voir le jeune homme rougir l’avait légèrement mise en colère et elle pensait que c’était une sorte de punition qu’il méritait amplement. Mais bon ... Elle ... Enfin Tery ... Elle savait que c’était un problème personnel mais ... Elle ... Elle baissa la tête, déconfite.

fév 3

Chapitre 33 : En extirper sa puissance

 Chapitre 33 : En extirper sa puissance

 

« Ahhhh ... Rien de rien ... Rien du tout. » annonça le jeune homme, se penchant en arrière sur sa chaise alors qu’elle arrêtait de lire à son tour.

 

« Hum ... C’est vraiment une tâche plus difficile que prévue, il faut se l’avouer. »

 

Hum ... Il se frotta les yeux, bâillant légèrement alors qu’elle lui faisait un grand sourire tendre. Qu’il était vraiment mignon ainsi, n’est-ce pas ? Elle referma son livre, prenant celui de Tery alors que celui-ci se remettait aussitôt correctement :

 

« Qu’est-ce que tu fais ? J’étais en train de le lire ! »

 

« Repose-toi donc un peu, je vais m’occuper de ça. Ca ne me pose aucun souci. » répondit-elle en gardant son sourire, le jeune homme poussant un petit grognement. Il prit un autre livre, l’ouvrant avant de s’enfoncer dans la lecture.

 

« Tu sais ... Je n’aime pas du tout rester là sans rien faire, surtout quand tu te mets à travailler avec autant d’ardeur alors ... Il est hors de question que je te laisse tout faire. » murmura t-il en rougissant légèrement. Elle souffla avec amusement :

 

« D’accord, d’accord ... Je vois que monsieur Tery est du genre à ne pas aimer recevoir de l’aide d’une autre personne, n’est-ce pas ? Ou alors, est-ce parce que tu je suis une femme ? »

 

« Parce que tu es une femme ... C’est quand même stupide de te laisser tout faire, ça me fait paraître sous un mauvais jour et c’est clairement pas ce que j’ai envie de montrer. »

 

... ... ... Il ne pouvait pas être sincère ? Il voulait tout simplement lui montrer qu’elle n’avait pas à s’en faire et qu’il n’allait pas la laisser seule, c’était tout.

 

Voilà, les minutes défilaient les uns après les autres alors qu’ils continuaient leurs recherches infructueuses. Pfiou ... Ca devenait vraiment long là ... Et ils n’avaient rien ... Rien du tout. Mais de l’autre côté, lui-même apprenait quelques petites choses bien qu’elles étaient toutes liées entre elles. Il murmura avec lenteur :

 

« Pourquoi est-ce que les lignes d’Alzar créent autant de mal ... Pourquoi ? Je n’arrête pas de lire que les plus graves évènements causés dans notre monde sont de la faute de personnes ayant des lignes noires. Et celle-là ? La guerre des sanglots ... Une vingtaine de personnes qui étaient réunies ensembles et ayant des lignes noires. Il a fallut plus de dix-mille hommes pour les arrêter. Je... Je... Je... »

 

« ASSEZ ! » s’écria Clari aussitôt alors que plusieurs têtes se relevaient vers leur direction. Elle venait de claquer le livre en le refermant. Elle se releva, faisant un geste du doigt comme pour lui dire de se lever alors qu’il s’exécutait aussitôt, un peu apeuré.

 

« Que ... Qu’est-ce qu’il y a, Clari ? Un souci ? »

 

« Nous nous en allons, je sais ce qu’il y a à savoir... pour aujourd’hui. » répondit-elle sur un ton légèrement irrité bien qu’il ne savait pas ce qui se passait. Elle lui prit la main, saluant brièvement le bibliothécaire alors qu’il se faisait tirer en avant. HEY ! HEYYYY !

 

« Mais qu’est-ce qui te prend Clari ?! HEY ! CALME-TOI ! »

 

« ... Pourquoi est-ce que tu ne comprends pas ? »

 

... ... ... Comprendre quoi ? Ils avaient arrêté de courir après deux bonnes minutes, la jeune femme aux cheveux blonds se tournant avec lenteur vers lui. Elle en avait assez ... Vraiment assez de ce qu’il disait ... Elle murmura à nouveau :

 

« Ces lignes noires ... Ce que ces personnes ont fait dans le passé ne concernent qu’elles ! Tu n’es pas ces personnes et il faut que tu t’ancres ça dans la tête ! »

 

« Oui mais non ... Ce n’est pas aussi simple, je ... »

 

« ASSEZ ! TERY ! ASSEZ ! » hurla t-elle, plusieurs têtes se tournant vers eux alors qu’elle venait de le plaquer contre un mur, ses deux mains posées de part et d’autre de sa tête.

 

« Calme ... Calme-toi, Clari. C’est bon, j’ai compris ... J’ai compris ... Je ne me renseignerai plus à ce sujet, c’est bon. On va éviter de continuer de parler de ça et puis ... »

 

« Non, ça n’arrangera rien car tu ne veux rien arranger, tu es complètement stupide et déraisonnable comme homme, c’est tout. Et ça ... Et ça ... »

 

Hein ? Il jetait un bref regard aux deux bras de Clari, voyant qu’elle tremblait légèrement. Hey ... Hey ! Il ne voulait pas qu’elle pleure non plus ! C’était pas celle qu’il connaissait depuis quelques temps déjà. Il bafouilla :

 

« C’est bon, Clari ... C’est bon ... Je suis désolé, vraiment désolé. Arrête, ne te met pas à pleurer, pas en public. Et puis, ça ne te ressemble pas. »

 

« Je ne vais pas pleurer, tu n’as pas à t’en faire à ce sujet ... Ce n’est pas du tout ça. »

 

« Alors, c’est quoi le problème ? » demanda t-il avant qu’elle ne sorte un livre de sa tenue, le regardant avec un petit sourire.

 

« Ce n’était qu’une simple comédie. » murmura t-elle doucement.

Qu’... Qu’une simple comédie ?! De qui est-ce qu’elle se moquait ?! Il passa une main sur son front, déconcerté par la jeune femme aux cheveux blonds alors qu’elle cachait à nouveau le livre avant de prendre sa main.

 

« On va retourner à l’auberge pour pouvoir se documenter dessus tranquillement. »

 

« ... Comme ... Comme tu veux ... En fin de compte, je n’arriverai jamais à te comprendre. »

 

« Hihihi ! Le cœur d’une femme est plein de mystères ! » répondit-elle.

 

Oui mais bon ... Ses cris avaient été si ... réalistes ... Et il s’était vraiment senti fautif dans cette affaire. Est-ce que tout cela n’avait été qu’une pure comédie ? Plus le temps passait ... Plus il était perturbé par la jeune femme aux cheveux blonds, il devait se l’avouer.

 

Couché sur le lit, observant l’image d’Elen en la caressant du bout des doigts, il laissait Clari lire tranquillement sur une chaise près du bureau. Ils étaient retournés à l’auberge, la jeune femme ayant annoncé qu’elle ne voulait pas être dérangée. Hum ... ... ...

 

« Clari ? Je peux quand même te poser une question ou non ? »

 

« Vas-y, tu sais bien que je te répondrai de toute façon. »

 

« Quel est le livre que tu as pris ? C’est sur les médaillons ? Les lignes ? »

 

« Ni l’un, ni l’autre héhéhé ... Un livre sur l’histoire de Mekalarma. » répondit-elle alors qu’il se redressait sur le lit, rangeant l’image d’Elen. Pourquoi ça ? Il demanda aussitôt :

 

« En quoi est-ce que cela va nous aider ? Je n’arrive pas à comprendre, je dois te l’avouer. »

 

« Si je n’ai pas trouvé d’informations au sujet des médaillons dans les autres livres, il faut donc voir si ils en parlent dans l’histoire. Les Mekalarmiens ont un GROS problème. »

 

« Ah bon ? Et c’est quoi, Clari ? » demanda t-il une nouvelle fois, légèrement intéressé.

 

« Ils sont complètement narcissiques ! Ils ne pensent qu’à eux, à se mettre en valeur et il m’a suffit de lire le début de ce bouquin pour confirmer tout ça. »

 

« Ah bon ? » répéta t-il comme s’il n’était pas réellement convaincu de tout cela, la jeune femme se tournant vers lui en poussant un léger soupir.

 

« Bien entendu ! Ils estiment qu’ils sont grands, forts et puissants ! Bien entendu, leurs victoires étaient splendides mais leurs défaites étaient dût à une attaque en traître de la part de leurs ennemis, ces lâches ... »

 

« Hahaha ! Je vois, je vois, j’ai finalement compris ce que tu voulais dire mais le rapport avec les médaillons ? Où est-il ? Car je suis quand même perplexe un peu. »

 

« Et bien ... Regarde-moi ça ... Tu vas voir pourquoi j’ai pris ce livre. »

 

Elle s’était relevée avant de venir s’asseoir à côté de lui, ayant le livre ouvert à une certaine page. Elle commença à lui lire au cas où :

 

« Souvent dans le livre, il paraîtrait qu’il y a plusieurs héros de guerre ou des dirigeants ayant utilisé les médaillons pour obtenir le pouvoir et l’utiliser contre leurs ennemis. Ou alors tout simplement pour gouverner ... »

 

« Ils ont donc ces médaillons depuis le départ ... Mais ça, je crois qu’on le savait déjà non ? Que les médaillons n’étaient pas perdus au beau milieu du royaume. »

 

« C’est exact mais ... On ne savait pas où ils se trouvaient ? Maintenant, nous avons une indication ou du moins, une localisation majeure ... Et c’est tout simplement à l’endroit où se trouve le dirigeant actuel ! ... ... ... ... ... Ce qui au fond n’est guère une bonne nouvelle. » murmura t-elle avec lenteur en fermant les deux yeux. Pas du tout même ...

 

« ... ... ... Donc on doit se rendre dans l’endroit où celui qui dirige Mekalarma et tenter de lui prendre ses trois médaillons, c’est cela ? »

 

« A peu de choses près ... Ca ressemble à cela oui ...  Et donc, c’est tout simplement ... »

 

« Du suicide, je le sais très bien. Mais qu’est-ce qui est passé par la tête de la maréchale pour qu’elle fasse une telle chose ? »

 

« ... ... ... ... Je ne sais pas ... Peut-être est-ce une punition ? »

 

HAHAHA ! Il rigola légèrement à la phrase de Clari, celle-ci lui faisant un sourire amusé. Elle vint subitement l’enlacer dans ses bras, lui murmurant :

 

« Ne t’en fait donc pas, Tery. Même si c’est une punition, hors de question que nous mourrons ici, je peux te le promettre. »

 

... ... ... Il vint rougir légèrement, essayant de balbutier quelque chose sans y arriver. C’était ça qu’il n’arrivait pas à comprendre des fois ... Quand la jeune femme aux cheveux blonds réagissait ainsi. Des fois, elle faisait cela ... naturellement et sans une raison pour l’intimider ... Quand c’était ainsi, il réagissait violemment en la repoussant un peu ... Mais des fois, comme dans ce moment actuel et bien ... Il ... Il ... Il fermait les yeux, restant ainsi sans rien dire. Il aurait aimé être plus fort des fois ... pour ne pas avoir à être protégé par Clari. La jeune femme n’avait pas à faire tout cela pour lui. Pas du tout même ... Pas du tout. Ils restèrent ainsi deux bonnes minutes, le jeune homme respirant contre son corps.

 

« N’en profite pas trop, non plus hein ? »

 

« Que ... Que ! Bien sûr que non ! » répondit-il en retirant sa tête aussitôt.

 

Et voilà ! C’était de ça dont il parlait intérieurement ! Elle venait cacher les petits moments en parlant de la sorte ! Il était quand même légèrement rouge aux lèvres alors que la jeune femme retournait s’asseoir sur la chaise, le livre sur posé sur le bureau.

 

« Je finis de lire ce livre, ensuite, on va voir exactement ce que l’on va faire. »

 

« Aucun problème, de toute façon, c’est toi la cheffe du groupe. »

 

« Blablabla, je ne suis cheffe de rien du tout dans notre duo. Nous sommes partenaires et puis c’est tout, Tery. Bon, occupes-toi en attendant que je lise ce livre. »

 

« Je vais faire de même avec celui des golems ... Peut-être que ça me fera du bien de lire un petit peu à ce sujet. Je vais tenter de m’entraîner là-dessus. »

 

« Fais donc petit homme ! Et si tu as un problème, je t’expliquerai. » répondit-elle tout en rigolant affectueusement, chacun retournant à sa lecture.


Bizarrement, il la supportait bien plus qu’il ne le pensait. Comme quoi, il fallait juste qu’il s’adapte à la personnalité assez spéciale des personnes autour de lui pour les apprécier. Héhéhé ... C’était quand même assez spéciale comme méthode, il devait le reconnaître mais bon ... Si elle fonctionnait, pourquoi pas ?

 

Une nouvelle heure s’écoula rapidement tandis que Clari était vraiment plongée dans son livre. Lui-même semblait rester sur la même page, comme pour être sûr de vraiment comprendre quelque chose. Il avait le regard froncé, signe que soit cela lui déplaisait de lire, soit il avait du mal à saisir une notion ou deux.

 

Pourtant, Clari referma son livre, retournant s’asseoir à côté de lui tout en émettant un petit sourire. L’un comme l’autre ne vint rien dire alors qu’il continuait sa lecture. Pourtant, la jeune femme aux tresses blondes semblait assez insistante, comme si elle attendait quelque chose de la part de Tery. Enfin, celui-ci murmura :

 

« Que puis-je faire pour toi, Clari ? Tu m’as l’air assez ... »

 

« Hum ... Rien ... Je me repose un petit peu ... J’ai fini de lire et je sais à peu près où nous allons devoir nous rendre, voilà tout. »

 

« Et alors ? Où devons-nous nous rendre ? » répondit-il sur un ton neutre.

 

« Dans la ville où ce fameux dirigeant se trouve. »

 

« ... ... ... Merci de cette réponse bien que j’estimais qu’elle n’était pas nécessaire. Tu sais au moins dans quelle ville se trouve ce dirigeant ? »

 

« J’ai bien une idée oui ... Si la ville n’a pas changé de nom entre temps. » dit-elle alors qu’il refermait son livre sur les golems, poussant un profond soupir.

 

« Bon et bien ... On reste ici pour la journée puis on se remet en route. »

 

« Par contre, toi, ça n’a pas l’air d’aller depuis que tu as lu ton livre. Il y avait quelque chose de déplaisant dedans ? Tu as lu quelque chose qu’il ne fallait pas ? »

 

« Oh rien ... Ce n’est pas bien important. Tu n’as pas du tout à t’en faire à ce sujet, loin de là même ! Ce n’est pas du tout un problème. »

 

« ... ... ... ... Je n’aime pas du tout les mensonges, Tery. Alors tu veux bien me le dire, s’il te plaît ? » demanda t-elle d’une voix douce mais qui était bien plus lourde qu’elle ne le paraissait, signe qu’il valait mieux obtempérer.

 

« ... ... ... ... Juste que j’ai lu au sujet de la création d’un golem particulier, non pas fait à base de terre mais de sang et de chair morte, ça ne m’a pas donné du tout envie d’essayer. »

 

« Alors tu n’as pas à y penser, c’est tout ! » répliqua t-elle aussitôt.

 

« Si c’était aussi simple ... Rien que l’image me répugne ... Et ils disent que ce genre de golems et leurs créateurs ne sont guère reconnus et appréciés. Je veux bien les croire. »

 

Bien entendu, il y avait d’autres golems à créer, du genre avec du métal ... ou alors des morceaux issus des roches volcaniques ... Brrr ! Il s’était mis à trembler rien qu’en y pensant. Il ne voulait jamais créer une telle monstruosité ... Jamais ! Il ne le ferait jamais !

 

« ... ... Ne t’en fait donc pas, Tery. Reposons-nous pour la journée, allons nous balader dans cette ville pourrie et dès demain, on part en direction de l’endroit où se trouve ce fameux dirigeant. On va devoir essayer de le forcer à nous livrer les trois médaillons. »

 

« D’accord. Bon, et bien ... Tu as intérêt à te préparer alors. »

 

Hihihi ! Elle lui fit un grand sourire, se relevant du lit alors qu’elle se dirigeait vers une bassine et un miroir pour se passer de l’eau sur le visage. Ce n’était pas le grand luxe mais ce n’était pas aussi l’auberge de première classe non plus. Enfin ... L’aubergiste lui avait même signalé que les Mekalarmiens avaient été capables de créer un réseau de tuyaux capable de transporter l’eau et la purifier pour la faire s’écouler dans les bâtiments qu’ils administraient et cela quand ils le désiraient. Malheureusement, l’auberge acceptant les étrangers, ils n’avaient pas été compris dans ce fameux réseau.

 

Pfff ! De toute façon, il s’en fichait royalement ! Il referma son livre, s’arrêtant avant d’ouvrir la bouche lorsqu’il posa son regard sur Clari. Celle-ci avait détaché ses deux couettes blondes, laissant tomber son imposante chevelure dorée le long de son dos. Gloups ! Il fut pris d’un violent rougissement, ne sachant guère l’expliquer alors qu’il détournait la tête en la hochant d’un air négatif.

 

« Hum ? Et bien, Tery ? Que se passe t-il donc ? »

 

Elle avait très bien remarqué la gêne du jeune homme en l’observant dans le miroir, gardant ses cheveux détachés. Elle se tourna vers lui, faisant quelques pas alors qu’elle voyait parfaitement le rouge aux joues de Tery, celui-ci balbutiant :

 

« Rien ... Rien du tout. C’est bon ... »

 

« Je ne dirai pas vraiment cela ... Tu as un peu de fièvre ? »

 

Elle jouait avec lui, il le savait parfaitement ! Il le savait parfaitement mais l’idée qu’il avait eut comme quoi, c’était une femme ... Comme quoi ... Elle était une femme, lui avait traversé l’esprit... C’est vrai ... Elle se pencha en avant, posant son front contre le sien alors qu’il s’écriait avec un peu de peur :

 

« Non ! C’est bon ! Je n’ai pas de fièvre ! Tu n’as pas à t’en faire ! »

 

« Hum ... Le petit Tery n’aimerait-il pas que je garde plutôt mes cheveux détachés rien que pour ses yeux à lui ? »

 

« Ja ... JAMAIS ! » dit-il en reculant sa tête, se cognant contre le mur. Il poussa un petit cri de douleur, gémissant alors qu’elle arrêtait de sourire à moitié. Elle passa une main derrière son crâne, le lui caressant tout en lui demandant si il n’avait pas trop mal. Il ne lui répondit pas, la jeune femme aux cheveux blonds retournant attacher ses deux cheveux pour former deux couettes. Elle reprit la parole : « C’est bon ! Tu peux maintenant arrêter d’être gêné ! J’ai remis mes deux petites couettes anti-gêne ! »

 

« Te moques pas de moi, Clari ! »

 

« Oh mais je ne moque pas, je sais juste qu’un certain jeune homme préfère les femmes assez grandes, élancées et avec les cheveux longs. »

 

« CE N’EST PAS VRAI ! » hurla t-il alors qu’elle éclatait de rire.

 

« Bien entendu ... Bien entendu ... Allez ! Je suis prête ! On peut y aller ! Ou alors ... Peut-être que tu voudrais que j’envoie une lettre à la maréchale ? »

 

« Hein ? Que ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu ferais cela ? »

 

« Je ne sais pas à quoi elle ressemble mais elle a déjà une partie que tu aimes bien chez les femmes. Elle est plutôt grande. » dit-elle en rigolant.

 

« Mais tu vas arrêter avec ça, Clari ?! » s’écria t-il alors qu’elle lui tapotait la tête avec affection, signalant qu’ils pouvaient maintenant partir.

 

Finalement, ils se retrouvaient dehors une nouvelle fois. Elle avait même retiré sa grande épée pour la journée, signe qu’elle comptait vraiment profiter de la journée, n’est-ce pas ? Pourtant, elle n’arrêtait pas de le regarder pendant la marche et inversement, le jeune homme ne sachant pas réellement où se mettre alors qu’elle émettait un petit sourire.

 

« Qu’est-ce qu’il y a de drôle, Clari ? J’espère que ce n’est pas encore à cause de moi. »

 

« Si si ... C’est bien de ta faute, Tery ... Enfin ... Non ... Je suis plutôt contente. »

 

« Hein ? Et pourquoi cela ? Qu’est-ce qui te rend joyeuse ? »

 

« Je ne sais pas ... J’ai juste l’impression que depuis que nous sommes à Mekalarma, nous nous sommes rapprochés bien plus qu’à Honoros. »

 

Hein ?! Il baissa la tête, remarquant leurs deux mains liées avant de retirer subitement la sienne, balbutiant d’une voix légèrement troublée :

 

« Nous devons juste jouer un rôle ! Un rôle ! Rien d’autre, Clari ! »

 

« Je ne le pensais pas autrement, Tery. Mais tu dois quand même avouer que c’est quand même différent d’Honoros, n’est-ce pas ? Tu ne trouves pas ? »

 

« ... ... ... Un peu ... Oui ... » murmura t-il en baissant la tête, légèrement gêné.

 

« C’est mieux une relation comme ça qu’une relation conflictuelle. » dit-elle avant de reprendre sa main dans la sienne, le jeune homme se laissant faire.

 

Il avait beaucoup de retard dans ce domaine ... Elen lui avait appris à rattraper ses erreurs du passé au niveau des armes et de la magie ... Mais en ce qui concernait les sentiments envers autrui, il était très loin d’être à niveau. ... ... ... ... Il regarda furtivement Clari, se disant qu’elle aussi pouvait être son professeur en quelque sorte.

jan 27

Chapitre 32 : Au-dessus de tout

 Chapitre 32 : Au-dessus de tout

 

« Ah … Merci encore pour hier, Clari. » répondit le jeune homme aux cheveux bruns.

 

« Hum ? Au sujet de la lettre ? Je devrais plutôt me montrer jalouse, n’est-ce pas ? Que je sais que tu es en communication avec une aussi jolie demoiselle. »

 

« A toi de voir, je ne sais même pas pourquoi tu devrais l’être. Il n’y a rien entre toi et moi comme il n’y a rien entre moi et elle. » dit-il aussitôt alors que la jeune femme faisait une légère moue boudeuse.

 

Ils avaient passé la nuit à l’auberge, signalant qu’ils reviendraient surement pour les prochains jours. Même si ils n’allaient pas vraiment quitter la ville, autant dire qu’ils n’allaient pas regretter d’avoir un bon lit pour une fois.

 

« … … … Qu’est-ce que l’on peut faire aujourd’hui ? Je n’aime pas ce pays. »

 

« Tu n’es pas le seul. Les gens normaux ne viennent jamais ici pour faire du tourisme de toute façon. Ca me semble si froid et austère. Je peux rester près de toi ? » demanda t-elle sans même attendre sa réponse, prenant son bras avec ses deux mains pour se coller près de lui.

 

« De toute façon, je ne sais même pas pourquoi tu me demandes. Tu te sers sans prévenir. »

 

« Me servir, me servir … Bien entendu, Tery ! Oups ! Pardon ! »

 

Elle venait de bousculer une personne, celle-ci se retournant vers elle d’un air furieux. Une langue de serpent, une queue de couleur dorée qui venait frapper le sol. Il ressemblait à un saurien humanoïde sans pour autant en avoir toutes les caractéristiques. Il n’avait pas d’écailles sur la totalité de son corps mais simplement sur sa queue tandis qu’il devait bien mesure la même taille que Clari, chose qui n’était pas si banale que ça pour lui qui était quand même plus petit qu’elle. Il semblait relativement furieux et cria :

 

« Vous pourriez faire attention où vous mettez les pieds, bande de cloportes de Shunter ! »

 

« Et vous, vous pourriez modérer vos paroles hein ?! Elle s’est excusée ! » reprit aussitôt Tery alors que Clari, le tirait en avant, disant aussitôt :

 

« C’est bon, ce n’est rien, Tery … On ne va pas se préoccuper de ça. »

 

Elle le forçait à avancer, l’être reptilien le regardant d’un air mauvais en grognant. Il s’apprêtait même à réagir mais préféra ne pas se préoccuper de cela plus longtemps. Pourtant, dès qu’il fit un pas, l’homme s’écroula au sol, comme bousculé par une brusque bourrasque de vent. Il se releva aussitôt, furieux avant de se retourner mais Tery et Clari n’étaient déjà plus là. Dans une petite ruelle assez étroite, l’un collé contre l’autre, le jeune homme émettait un petit rire alors que Clari faisait de même :

 

« Et après, tu me demandes de ne pas m’en faire c’est ça ? Tu n’es pas mieux, Clari. »

 

« J’ai dit que tu n’avais pas à t’en occuper … Je n’ai jamais dit que je n’allais pas régler son compte. Ca lui apprendra à ce Mékalarmien. On ne me parle pas comme ça. »

 

« Rappelle-moi d’éviter d’être ton ennemi, Clari. »

 

« Aucun problème pour cela, tu le sais très bien de toute façon qu’il ne faut pas me provoquer. » dit-elle en rigolant légèrement, le jeune homme préférant ne pas répondre.

 

… … … Ils se baladaient dans la cité, le jeune homme comme la jeune femme regardant autour d’eux d’un air entre l’émerveillement et le dégoût. Ils n’arrivaient pas à l’exprimer clairement mais cet endroit était … horrible en un sens. A part eux deux, il n’y avait que peu de personnes qui semblaient provenir des autres royaumes. Ils voyaient deux ou trois d’Honoros, quatre avec des branchies, Clari lui signalant qu’ils venaient de Traslord et enfin une personne avec des ailes de plumes, une personne de Claudiska.

« Quand je te parle, j’ai l’impression d’être un véritable abruti, Clari. »

 

« Ne t’en fait pas, ce n’est peut-être pas une impression, Tery. »

 

« Hein ? Que quoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ça ? » dit-il en la regardant.

 

« Oh rien … Je te laisse essayer de deviner ! » répondit-elle avec un grand sourire alors que le jeune homme aux cheveux bruns tentait de réfléchir à tout ça. « Ne te fait pas trop de mal non plus hein ? Quand on n’a pas l’habitude… »

 

« Mais tu vas arrêter de m’insulter ?! »

 

Elle éclata de rire alors qu’elle venait finalement lui prendre la main, le tirant en avant. La recherche des médaillons allait être longue et fastidieuse. Trente minutes plus tard, ils étaient dans une auberge, l’un en face de l’autre alors qu’ils mangeaient.

 

« Ah … On n’a vraiment aucun indice, n’est-ce pas ? »

 

« Hum ? De quoi, Tery ? Au sujet des médaillons ? Ne t’en fait donc pas … Je suis sûre que nous les trouverons bien assez tôt. La seule chose dont je suis au courant, c’est qu’ils ne sont pas dans les pattes d’un monstre. »

 

« Ca me fait penser qu’à part à Shunter, les médaillons se trouvent généralement dans les mains d’une personne. C’était déjà le cas avec le royaume d’Honoros et ici … Il doit être surement aussi chez quelqu’un … Voir chez plusieurs personnes puisqu’il y en a trois. »

 

« Je ne veux pas être médisante envers mon royaume mais Shunter est de loin très en retard par rapport aux autres royaumes. Si tu veux tout savoir, je pense que l’on peut dire que nous sommes sous-évolués contrairement aux autres royaumes. »

 

« Sous-évolués ? Ca veut dire quoi exactement ? Que nous ne sommes pas aussi développés que les autres royaumes ? Pourtant, celui d’Honoros n’était pas très différent. »

 

« Et pourtant … Et pourtant, tu n’as vue qu’une partie d’Honoros donc tu es loin de tout savoir. Et là, le peuple de Mekalarma est de loin le peuple le plus évolué parmi les cinq royaumes. Bien entendu, ce n’est rien de bien transcendant comparé à ce qui se trouve au centre de notre monde. Là, c’est encore autre chose. » dit-elle en lui souriant.

 

« Le centre … C’est presque considéré comme un rêve voir un mythe pour certains ... »

 

« Disons que peu de personnes rentrent là-bas et peu en sortent ... Généralement, c’est de façon définitive si ce n’est pas pour commercer. J’ai dût y aller une seule fois durant toute ma jeunesse. » répondit t-elle alors qu’il écarquillait les yeux d’étonnement.

« Tu... Tu... Tu y as été ?! »

 

« Bien entendu ... Mais comme je te l’ai dit, ça n’a été qu’une fois ... Et je devais avoir une dizaine d’années tout au plus. Rien de bien important si tu veux savoir. »

 

« Mais c’était comment alors ?! Tu peux me dire à quoi ça ressemblait ?! »

 

Hum ? Elle était étonnée de voir une telle ardeur dans les propos du jeune homme. Avait-elle touché un point sensible ? Le jeune homme aux cheveux bruns la regardait avec intérêt, comme si c’était la première fois qu’elle le voyait ainsi.

 

« Euh ... Tu sais, ça doit bien faire bientôt dix ans ? Ou neuf ... Donc ce n’est plus très frais dans ma tête non plus hein ? »

 

« Ca ne fait rien, ce n’est pas un problème. Alors ? A quoi est-ce ça ressemblait ? »

 

« D’après mes souvenirs ... Il y avait d’imposants bâtiments ... que ça soit dans les airs ou sur terre, c’est un peu un mélange de tout d’après ce dont je me rappelle ... Il y avait aussi une sorte de bâtiment assez imposant où le plus grand magicien de chaque royaume devait s’y trouver. Ils étaient donc cinq mais ça, tu devrais le savoir quand même non ? »

 

« Oui, oui ... Je m’en rappelle bien ... Enfin, c’est une des choses que je savais ... Chaque élément a sa ... personnification. Cinq personnes maîtrisant parfaitement l’élément dont ils sont issus. Leurs magies doivent être vraiment impressionnantes, je suis sûr. »

 

« Je ne sais pas du tout, je ne les ai pas vus ... Enfin bon, le centre est aussi l’un des rares endroits où on a érigé quelques temples en l’honneur de la déesse Zélisia et du dieu Alzar. Il est bon de te le dire puisque c’est assez rare. »

 

« C’est vrai que depuis que je suis parti de mon village, je n’ai jamais vu un seul autel envers eux deux ... Enfin, envers Alzar, je comprendrais encore mais envers Zélisia ... »

 

« Que veux-tu ? C’est dans la nature de la majorité des gens de ne pas honorer les dieux. Seules quelques rares personnes le font. »

 

« Je m’en doute bien ... Mais je trouve ça assez déraisonnable en un sens ... »

 

« Hum ? Déraisonnable ? Toi ? Tu penses cela ? » dit-elle avec un peu de suspicion alors qu’il hochait la tête d’un air positif.

 

« Comparés à certaines personnes, j’estime qu’ils en ont fait bien plus pour nous qu’elles et qu’on devrait leur montrer un peu plus de respect. »

 

« ... ... .... Tu m’impressionnes un tout petit peu plus, Tery. Mais est-ce que tu sais de quoi est-ce que tu parles au moins ? » demanda la jeune femme en lui souriant.

 

« Hein ? Comment ça ? De quoi est-ce je parle ? »

 

« Au sujet du dieu Alzar et de la déesse Zélisia ? Pas vraiment ... Je sais juste que j’ai loupé la majorité des cours de combat et de magie durant mon enfance mais à côté, sans être un élève intelligent, j’écoutais ... Mais ça fait déjà quelques temps. Je me rappelle surtout de ce que tout le monde connaît. Alzar, c’est le vilain de service et Zélisia, c’est notre sauveuse. »

 

« Tu en sais donc presque autant que moi ... Hahaha. »

 

« ... ... ... Avec ton air sûr de toi, je pensais que tu allais m’en dire plus mais bon ... Visiblement, tu n’as pas la science infuse non plus ! »

 

« Hého ... Je ne suis pas un puits de connaissances non plus. Par contre, si je peux te donner un autre renseignement, c’est Zélisia qui est à notre origine. C’est elle qui a crée les cinq races qui gouvernent ce monde et bien entendu avec toutes les petites créatures et ces choses. »

 

« ... ... Hum ... ... ... Elle avait sûrement beaucoup de boulot à faire, n’est-ce pas ? »

 

« Je ne sais pas, je ne lui ai jamais posé la question, Tery. » répondit-elle en souriant alors que le jeune homme haussait les épaules.

 

« Bon alors ... On finit le repas et on repart en chasse, Clari. »

 

Elle hochait la tête d’un air positif, terminant de manger alors qu’il faisait de même. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvaient à nouveau dans les ruelles, en quête d’informations au sujet des médaillons. Le problème était quand même assez grave.

 

« ... ... ... ... Clari ? Tu penses que l’on devait kidnapper quelqu’un et le forcer à parler ? »

 

« Tiens donc ... Je ne pensais pas entendre une telle méthode de ta bouche, Tery. »

 

« Hey ! On n’a pas d’autres solutions non ? Enfin si ... Sûrement ... Mais bon ... »

 

« Tu deviens un vrai petit soldat ! » répondit-elle en rigolant, venant le garder contre sa hanche droite, le jeune homme aux cheveux bruns se mettant à rougir sur la distance très relative entre elle et lui.

 

« Ce n’est pas une idée de soldat ... C’est juste que j’ai envie de rentrer un peu au pays, voilà tout. » répondit-il en baissant la tête.

 

Le mal du pays ? Hum ... Elle l’observa avec un peu de tendresse, lui tapotant doucement la tête en lui murmurant de ne pas s’en faire. Elle reprit d’une voix tendre :

 

« On va aller voir dans les librairies ou la bibliothèque si cette ville en a une. Je pense que même si les bibliothécaires ne sont pas aimables, ils devraient pouvoir nous renseigner à ce sujet, n’est-ce pas ? Enfin, ce n’est qu’une idée comme cela, Tery. »

 

« Je pense qu’elle est très bonne ... Et bien moins dangereuse que la mienne. »

 

« Alors, en direction de la librairie ! Peut-être que nous pourrons vraiment accélérer nos recherches à grands pas ! » dit-elle en souriant.


Ils étaient à nouveau dehors, le jeune homme aux cheveux bruns ayant sa main dans celle de la jeune femme aux couettes blondes. Oh ... C’était devenu une légère habitude depuis le moment où ils devaient se faire passer pour un jeune couple. A force, ni l’un, ni l’autre ne rougissait de cet acte devenu anodin.

 

« ... ... ... Hum ! Déjà que je n’aime pas vraiment ces villes, en plus, on s’y perd trop facilement ... Ah ! Voilà une carte de la ville. »

 

Elle disait cela avant de s’approcher d’un panneau de verre ... Enfin ... C’était assez spécial. Il  avait un panneau représentant une carte de la ville avec un petit point lumineux de couleur rouge pour indiquer où ils se trouvaient. Elle observa le panneau avant de poser son doigt à un endroit précis. Comme par magie, ce qui était le cas, le point lumineux rouge commença à se diriger vers l’endroit où ils voulaient se diriger. Il laissait derrière lui une petite traînée rouge alors que Clari disait :

 

« Et bien, on n’a plus qu’à suivre ce chemin. Tu peux le noter dans ta tête aussi au cas où ? »

 

« Hum ... Je vais essayer, je ne promets rien du tout, Clari. »

 

« Ne t’en fait pas, je ne te demanderai jamais de trop réfléchir. » répondit-elle en rigolant alors qu’il émettait un petit grognement mécontent.

 

Après une bonne minute où il mémorisa le chemin à suivre, ils repartirent, n’ayant finalement aucun mal à trouver la bibliothèque. Un bâtiment fait entièrement ... de métal ?! Avec un étage ?! Enfin, l’étage était moins surprenant mais l’architecture de métal par contre ... C’était la première fois qu’il voyait un bâtiment entièrement fait ainsi.

 

« Et bien tu attends quoi, Tery ? Le déluge ? Si on veut trouver ce que l’on cherche, il faut rentrer à l’intérieur. Par contre, laisse-moi faire hein ? »

 

« D’accord, d’accord ... Tu as l’air de savoir ce que tu veux ... »

 

Il disait cela avec une certaine monotonie alors qu’ils pénétraient à l’intérieur du bâtiment. Tout de suite, le décor était totalement différent, complètement même ... Là encore, ce n’était pas du bois ou de la pierre qui ornait le sol mais du métal ... Et les livres ... Et bien, il n’y en avait aucun ! Aucun livre du tout !

 

« La recherche va être très difficile ... Beaucoup trop même. »

 

« Ne dit pas cela, Tery. On va aller interroger la ou le bibliothécaire. Enfin, plutôt la chose qui sert de bibliothécaire. » répondit-elle en désignant un lézard humanoïde dont le sexe semblait indéterminé pour l’un comme pour l’autre. Ils s’approchèrent de l’être, Clari allant prendre la parole comme elle l’avait décidé. Elle demanda d’une voix douce :

 

« Pardonnez-moi mais nous aimerions trouver des livres sur les nombreux mythes et légendes de notre monde, comme les dieux Alzar et Zélisia. Pourriez-vous nous indiquer où se trouve le rayon parlant de l’histoire de ces derniers ? »

 

Sans même lui répondre, le saurien humanoïde désigna d’un doigt une rangée en hauteur, le premier étage étant joignable en passant par des escaliers. Elle remercia l’être à la queue écailleuse de couleur bleue avant de dire à Tery de la suivre.


Ils montèrent à l’étage, le jeune homme passant une main sur son front alors qu’ils se retrouvaient face à des plaques translucides de verre jointes avec des plaques de métal. Comme par hasard ... Bien entendu ... Grrr ... Il fronça les sourcils en murmurant :

 

« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué hein ? »

 

« Roh ... Ne dit pas ça ! C’est comme pour la carte de la ville ... Regarde ... On a toute une liste des livres et on pose le doigt dessus ... et ... »

 

Elle s’exécuta en lui souriant, passant un doigt sur une écriture enregistrée sur la plaque translucide, un petit courant électrique se faisant voir, semblant effacer le titre pour désigner une rangée puis le nombre de livres à passer en partant vers la gauche.

 

« Les Mekalarmiens sont des êtres très intelligents ... Avec l’utilisation de l’électricité, ils sont capables de choses merveilleuses. Dommage qu’ils aient un caractère vraiment pourri. »

 

« Tiens, pour une fois, nous sommes parfaitement d’accord, Clari. Qu’est-ce que tu recherches en fait ? Car je ne pense pas que tu puisses chercher médaillons dans ce système de lecture non ? Enfin non ...Tu m’as compris, j’espère. »

 

« Juste sur la mythologie concernant les deux dieux. Contrairement à ce que je pensais, il n’y en a pas tant que ça. Visiblement, croire aux deux dieux n’est pas une chose qui les intéresse grandement. Hum ... Ils ont par contre bon nombre de livres d’histoire sur leur peuple. »

 

« Tu veux que l’on se sépare dans la lecture ? Par contre, je n’ai pas de niveau très élevé pour la lecture ... Enfin ... Y aura pas mal de mots que je ne comprendrai pas. »

 

Elle rigola très légèrement, lui passant une main dans les cheveux pour lui caresser ces derniers. Devant ce geste, il ne put s’empêcher d’avoir un peu de rouge aux joues, la regardant d’un certain air pour lui dire qu’il ne comprenait pas pourquoi elle faisait cela.

 

« J’es ... J’espère que tu as une bonne explication ! »

 

« Tu n’avais vraiment pas menti quand tu disais que tu n’étais encore qu’un enfant hein ? »

 

« Hein ? Qu’est-ce que tu racontes par là maintenant ? »

 

« Si tu as un problème avec un mot, tu peux venir voir ta grande sœur. »

 

Elle lui faisait un grand sourire qu’il ne comprit pas le moins du monde. Sa grande sœur ?! HEY ! Il n’était pas un gamin ! Il fit pourtant une petite mine boudeuse alors qu’elle prenait déjà plusieurs livres, lui en tendant quelques uns. D’accord ... Ils s’installèrent à une table, côte à côte, le jeune homme regardant furtivement et quelques fois la jeune femme. Après plusieurs minutes, elle se tourna vers lui :

 

« Et bien ... Tu m’observes depuis déjà cinq minutes. Un souci, Tery ? »

 

« Non rien ... Rien du tout ... Rien de rien ... Je vais tenter de comprendre. »

 

« Roh ... Si tu as un problème, je t’ai dit que tu pouvais venir. » répondit la jeune femme aux cheveux blonds avant de prendre sa chaise pour venir s’asseoir à côté de lui, à quelques centimètres. Elle avait bien entendu récupérer ses propres livres avant de dire : « Bon, alors ... Tu vas me dire ce que tu ne comprends pas ? »

 

« Et bien ... Je ne sais pas si ils utilisent une autre écriture que la nôtre ... mais ce mot ... Exaltation ... Qu’est-ce que ça veut dire ? »

 

« C’est quand on est vraiment très excité ... Mais où est-ce que tu as vu ça ? »

 

Il désigna une portion de texte qu’elle commença à lire tout en chuchotant :

 

« Le pouvoir d’Alzar emmène l’exaltation des corps qui le possèdent. Tu t’inquiètes au sujet de tes lignes, Tery ? C’est bien ça ? »

 

« ... Un petit peu ... Il paraît que l’on devient fou et un peu incontrôlable ... Donc bon ... Voilà quoi ... C’était juste pour me renseigner. »

 

« Ne t’en fait pas ... C’est ce que les gens veulent faire croire à ceux qui possèdent des lignes d’Alzar. Même si il est vrai qu’ils deviennent vraiment des êtres sanglants, capables de tout tuer, ils ne sont pas plus fous qu’un autre. Est-ce que tu te considères comme fou ? »

 

« ... ... Je ne crois pas, mais tu sais, Elen, elle a essayé de me tuer à cause de cela. »

 

« Hahaha ... Et maintenant, elle t’envoie une image d’elle sans son masque. Comme quoi, le fait de dire que souvent femme varie, ce ne sont pas des paroles en l’air. »

 

« J’aime bien cette image quand même ... Enfin, ça prouve que nos relations sont un peu meilleures que celles d’auparavant. Même si dans le fond, ça fait plusieurs mois que je ne l’ai pas revue. Je me demande ce qu’elle devient réellement. »

 

Hum ... Elle l’observa pendant quelques instants, le regard légèrement froncé avant de l’embrasser sur la joue, lui disant avec amusement :

 

« Comment est-ce que tu oses parler d’une autre femme alors que tu en as une superbe à côté de toi ? Fais quand même attention à ce que tu dis, Tery. »

 

« Mais ne m’embrasse pas en public, Clari ! Ca ne se fait pas ! »

 

Il était devenu un peu rouge, comme à chaque fois qu’elle faisait d’un geste d’affection envers lui. Puis sans rien dire, il retourna à la lecture de son livre, Clari le regardant pendant quelques secondes avant de lui faire un petit sourire. Elle aussi retournait à la recherche d’informations au sujet de ces fameux médaillons.

jan 20

Chapitre 31 : Porteuse de troubles

Troisième partie : L’évolution du monde

 

Chapitre 31 : Porteuse de troubles

 

« Ahhhhhh ! » prononça le jeune homme en mettant sa main devant sa bouche, se retenant de trop bailler. La jeune femme aux couettes blondes lui fit un léger sourire alors qu’ils étaient adossés et assis contre un mur dans une ruelle.

 

« Fais attention quand même à ne pas trop te décrocher la mâchoire, Tery. Ca serait bête que tu te fasses mal maintenant, n’est-ce pas ? »

 

« Ca le serait, oui … Ah … On n’avance pas … Et je me dis que la maréchale risque de ne pas réellement apprécier tout ça. » répondit-il à Clari alors que celle-ci hochait la tête d’un air positif. Ce n’était pas du tout une bonne chose mais de l’autre côté …

 

« Il n’y a pas à s’inquiéter à ce sujet, personnellement. La maréchale sait parfaitement que c’est encore plus difficile d’espérer avoir les médaillons de Mekalarma qu’ailleurs. »

 

« Il faut dire que … Vue tout ce qui nous entoure, je veux bien la comprendre. » dit-il tandis qu’elle se relevait ainsi que lui-même. Ils s’emmitouflèrent dans leurs deux capes, retournant dans la rue à partir de laquelle ils avaient trouvé un coin pour se reposer.

 

Spécial … C’est comme ça qu’il désignait Mekalarma. Spécial car il voyait différentes machines qui crachaient de la vapeur ou des flammes … tout en avançant dans les ruelles, portant des personnes sans avoir besoin de créatures pour les tirer.


Au départ, il avait été impressionné mais maintenant … Ce n’était plus le cas. Bien que cela n’avait pas été dit sur un ton courtois, on lui avait dit que c’était tout simplement une question d’électricité dans un moteur et toutes ces choses auxquelles il avouait complètement qu’il n’y comprenait rien du tout.

 

« Essayons de trouver une auberge qui veuille bien de nous aujourd’hui. »

 

« … … Ce n’est pas comme si on avait déjà essayé depuis pas mal de journées. Dormir dehors à la belle étoile, je commence à m’y faire sérieusement à cette idée de toute façon. »

 

« Roh… Arrête de te plaindre un petit peu, d’accord ? AH ! Essayons celle-là ! »

 

Coup de chance ? Il n’y croyait plus réellement alors qu’ils se dirigeaient vers un bâtiment fait de bois, plus petit que les sortes de tour de marbre et de métal autour de lui. Ils pénétrèrent à l’intérieur, Tery laissant faire Clari au sujet des places. Elle revint quelques minutes plus tard, un grand sourire aux lèvres.

 

« Alors ? Qu’est-ce que cela donne ? On prépare de quoi dormir sous la tente ? »

 

« Et non ! J’ai réservé une chambre pour nous deux ! » vint dire la jeune femme en le serrant dans ses bras. Il comprit aussitôt ce que cela voulait dire.

 

« Ne me dit pas que tu as encore balancé le truc du cou… Et zut … Suffit de te regarder pour savoir que tu as utilisé cette tactique. Pfff ! Qu’est-ce que j’avais dit, Clari ? »

 

« Qu’on ne devait pas utiliser ça … même en dernier recours ! Ce qui est fait est fait ! En plus, c’est l’une des rares auberges dans Mekalarma à accepter les voyageurs. »

 

Oui … Ca, ils ne pouvaient pas le nier … Ca avait été de sacrées semaines … Enfin, ça faisait combien de temps ? Sept jours ? Quinze ? Il ne savait même pas lui-même. Ca devait quand même faire plus de deux semaines, voir même proche des trois. Dire qu’il avait reçu quelques lettres d’Elen … Ils pouvaient encore communiquer même si cela était difficile.

 

« Encore en train de penser à elle, hein ? Fais attention, je risque d’être jalouse, Tery. »

 

« Je ne sais même pas de qui tu parles. » répondit-il à Clari alors que la jeune femme se couchait sur le lit pour observer le plafond, Tery observant la chambre.


Ce n’était pas le grand luxe mais déjà, ils n’avaient pas tellement d’argent, de l’autre côté, cela commençait à être … exténuant. Ils savaient où se trouver les médaillons ! Ils le savaient ! Mais … C’était une forteresse imprenable.

 

« Hum ? Tu ne veux pas te coucher sur le lit aussi, Tery ? La journée a été longue et épuisante … Comme d’habitude … Mais on ne peut rien y faire. »

 

« … … Oui, oui. Je vais venir, attends un peu. J’essaie de réfléchir mais je ne vois pas comment faire … Ces Mekalarmiens … sont des racistes de premier étage. »

 

« Tu en doutais ? Ils ne pensent qu’à eux et se considèrent comme au-dessus de toutes les races. Ce n’est pas faux puisque tu as très bien put voir que contrairement à Shunter, l’évolution de leur niveau scientifique et technologique est… surprenant. Surtout avec leurs capacités à créer de l’électricité sans utiliser la magie mais dans des armes … Enfin, si Shunter se faisait attaqué par eux, notre royaume serait détruit. »

 

« … … Ca n’arrivera pas. De toute façon, vu tout ce que l’on a voyagé … J’ai l’impression d’avoir parcouru le monde entier. »

 

« C’est un peu faux hein ? Il te reste Traslord et Claudiska à visiter ! »

 

« … … Je le sais très bien, Clari. Je le sais très … »

 

Il s’arrêta de parler, voyant une lettre qui tapait contre la fenêtre. AH ! Une lettre d’Elen ! Clari s’était relevée, une petite moue boudeuse au visage tandis qu’il ouvrait la fenêtre pour laisser passer la lettre ailée. Celle-ci vint atterrir dans sa main, arrêtant de battre des ailes alors qu’il refermait la fenêtre.

 

« C’est de sa part ! Je me demandais quand est-ce que j’allais recevoir une lettre. »

 

« Ouvre-là donc … Ecris et puis vient te coucher. »

 

Hého ! Elle n’avait pas besoin de lui dire quoi faire ! Il le savait parfaitement ! Il ouvrit l’enveloppe avec un peu d’anxiété, retirant … la lettre. Hein ? Il y en avait une seconde … mais aussi une troisième ? Ah non … Ce n’était pas une lettre la troisième. Il la sortit de l’enveloppe, le rouge montant à ses joues alors qu’il se mettait à trembler. La réaction de Tery ne passa pas inaperçue et Clari demanda :

 

« Qu’est-ce qui se passe ? Elle t’a envoyé une déclaration enflammée ? Je ne t’ai jamais vu dans cet état auparavant. Je suis sûre que ça doit être … »

 

« Ca … Ca … Ca ne te concerne pas ! » répliqua t-il en rangeant aussitôt les lettres. L’enveloppe quitta subitement sa main, un petit courant d’air venant de se produire alors que l’enveloppe arrivait dans la main droite de Clari. Celle-ci avait fait apparaître quelques lignes blanches alors que Tery s’écriait en se retournant vers elle :

 

« Mais qu’est-ce que tu fais ?! C’est mon courrier ! Rends-moi cette lettre ! »

 

« Je vais juste voir si tu oses me tromper ou non, fais attention à toi, Tery. »

 

Elle jouait son rôle au cas où mais elle était légèrement anxieuse quand même. Elle rouvrit l’enveloppe, prenant la lettre mais surtout la chose qui l’accompagnait avant de hausser un sourcil. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle tendait l’image représentant Elen.

 

« Et bien ? Qui est-ce donc ? Je ne crois pas l’avoir vue dans notre armée, n’est-ce pas ? »

 

« Ca ne te concerne pas ! Rends-moi ces lettres, Clari… Sinon … Je vais me fâcher. »

 

« Toi ? Te fâcher ? Tiens donc … Je serai vraiment surprise de voir … » commença t-elle avant de s’arrêter, les veines noires apparaissant sur les bras du jeune homme. Oh ! Il ne plaisantait pas … Et elle perdit son sourire aussitôt. Elle fit apparaître ses propres lignes blanches avant de reprendre aussitôt : « Tu te calmes direct, Tery sinon … Je déchire cette image … Je voulais te taquiner mais visiblement, tu n’aimes pas ça. Alors, je vais te poser tout simplement ma question directement : Qui est-ce ? Est-ce elle qui a des lignes blanches elle aussi ? C’est bien cela ? »

 

Il semblait s’arrêter aussitôt, ses yeux se refermant alors qu’il prenait une profonde respiration. Il ne devait pas s’emporter pour rien. Enfin non … C’était quand même important ! Mais qu’est-ce que tout cela voulait dire ?! Il n’avait aucune explication en tête, il devait se l’avouer ! Elle lui demanda de retourner s’asseoir sur le lit, le jeune homme s’exécutant sans un mot tandis qu’elle disait :

 

« Alors ? Tu veux bien me dire si c’est elle ? Elle porte d’habitude un masque blanc non ? »

 

« … … … … … C’est bien elle. Je ne pensais pas qu’elle ferait ça … Pas du tout. »

 

« Comment est-ce que qu’elle s’appelle ? Tu peux me le dire non ? »

 

« Neel … Elle s’appelle Neel. Son véritable prénom, je ne le dirai jamais. »

 

« … … … … … Hum … … … Elle est plutôt mignonne, non ? Tu ne trouves pas ? Encore que sa coiffure, ce n’est pas franchement la meilleure que j’ai vue mais le reste est plutôt très bien. Sa tenue aussi est assez spéciale, elle n’a pas froid à Traslord dans ce justaucorps ? »

 

« Tu… Tu crois que je lui pose ce genre de questions ou quoi ?! »

 

« Ne t’excite pas trop, Tery. Ah … Mais quand même, je pensais qu’il fallait que les personnes masquées ne montrent pas leurs visages, du moins sauf en de rares cas. »

 

« … … Normalement, c’est le cas. Et là, je n’arrive pas à savoir pourquoi elle a fait ça. Elle … Elle s’attendait à ce qu’il n’y ait que moi qui voit cette photo ? AH ! Si un jour, tu la rencontre, je t’interdis de parler de cette image ! D’accord ?! C’est bien compris ?! »

 

« Oh … Mais il est vraiment intimidé le jeune homme. On dirait que ça lui a fait un sacré choc, n’est-ce pas ? Ou alors, est-ce que je me trompe ? »

 

Oh qu’elle se taise ! Il prit l’enveloppe, l’ouvrant à nouveau pour commencer à lire la lettre. Au moins, il ne serait pas dérangé pendant sa lecture.

 

« Je sais que ce n’est pas dans mes habitudes mais comme je me trouvais à Traslord et comme on ne se voit que trop peu, je me disais que t’envoyer une image de moi-même serait une bonne idée. Enfin, une bonne idée, je n’en suis pas si sûre que ça, c’est vraiment la première fois que je me montre à quelqu’un de mon plein gré. Je ne savais pas comment bien me représenter ou me positionner alors j’ai décidé que ça serait quelque chose de naturel, enfin, je l’espère hein ? Je ne suis pas sûre en fin de compte que ça soit la meilleure chose à faire mais j’espère que tout cela te plaira. Enfin, j’en ai bientôt terminé avec Traslord, peut-être que l’on pourra tenter de se revoir ? Madame Liza m’a dit de me comporter de façon plus féminine et de penser un peu plus à moi-même, j’espère qu’avec ça, ça ressemble un peu plus à ce que je suis. Enfin, ce que je suis, je suis une femme mais je ne me comporte pas comme telle. Enfin bref ! J’espère que l’image te plaira quand même beaucoup et te portera chance à Mekalarma, fais vraiment très attention à toi, c’est dangereux là-bas. Si tu as besoin d’un conseil ou alors de m’écrire, fais-le ! C’est la moindre des choses que je peux tenter de faire pour me faire pardonner pour les nombreuses fois où j’ai été une parfaite imbécile. Elen. »

 

Il ne le remarquait que maintenant puisqu’il était plongé dans cette lettre depuis le début mais … Il avait entendu une voix lui dire à voix haute tout ce qu’il lisait. Il posa son regard en arrière, voyant le sourire grandissant de Clari alors qu’elle murmurait :

 

« C’est très vilain de ne pas avoir dit son véritable prénom. Surtout qu’il lui va bien … Neel, Elen. On ne dirait pas mais ça se ressemble presque. »

 

« CLARI ! Arrête de lire mon courrier ! BORDEL ! Ca ne se fait pas ! »

 

« Mais il est vraiment rouge aux joues, le petit Tery, n’est-ce pas ? » dit-elle avant de lui prendre l’image et la lettre des mains, les déposant sur la table de chevet. Elle le força à se coucher sur le lit, se mettant à quatre pattes au-dessus de lui avant de reprendre :

 

« Qui est-ce que tu préfères de nous deux ? Elle ou moi ? »

 

« Elle sans aucun doute ou réflexion ! » répondit-il bien qu’il était légèrement rouge, le sourire de Clari restant le même tandis qu’elle disait :

 

« Et bien … Quelle sincérité de ta part. J’ai même l’impression que c’est la première fois que tu l’es autant. Est-ce que je me trompe, Tery ? Peut-être que oui … Peut-être que non … Mais bon ... Il faudrait que tu lui répondes. C’est quand même important, n’est-ce pas ? »

 

… … … Elle avait totalement raison. Il observa les yeux verts de Clari pendant quelques secondes, celle-ci arrêtant de sourire avant de se rouler légèrement sur le côté pour le laisser se relever. Il récupéra la lettre et l’image, mettant la seconde dans une poche de son haut. Cette image était vraiment très importante, dorénavant … Bien plus qu’il n’en faut.

 

« Bon … Et bien … Je vais écrire la lettre à Elen. Clari, tu peux me faire la promesse de ne rien lui dire ? Et pareil envers la maréchale hein ? Car Elen … Enfin Neel … Enfin, cette personne … Elle est aussi à la recherche des médaillons. »

 

« Hum ? Tu ne m’en avais pas déjà parlé auparavant ? Au sujet de sa recherche de médaillons ? » demanda la jeune femme en faisant une petite moue dubitative.

 

« Je n’en suis plus du tout sûr, je dois te l’avouer … Mais bref, tu vois que moi et Elen, nous avons de gros problèmes … à ce niveau. Nous travaillons pour deux personnes différentes. Moi pour le roi de Shunter, elle pour un certain Oracle. »

 

Hein ? Lorsqu’il avait prononcé Oracle, elle avait tout de suite remarqué le changement de ton, comme irrité voir légèrement haineux. Elle prit la parole d’une voix calme :

 

« Qu’est-ce qu’il y a avec cet Oracle ? Tu n’as pas l’air de l’apprécier … »

 

« Tu peux le dire clairement : Si je vois cet homme, qu’importe son âge, je me ferais une joie de lui administrer une correction ! »

 

« Et pourquoi cela ? Que t’as t-il fait ? » demanda la jeune femme aux cheveux blonds une nouvelle fois alors qu’il reposait sa plume, n’ayant pas encore commencé à écrire.

 

« Car ce type manipule Elen contre son gré ! Je l’ai tout de suite remarqué le premier jour ! Elle … Elle n’a pas envie de faire tout ça ! »

 

« Et comment sais-tu cela ? » dit-elle avec suspicion.

 

« Je le sais, c’est tout ! Elle n’a pas envie de tuer ou de se battre ! Mais zut quoi ! Elle doit porter un masque depuis tellement d’années ! J’ai été la première personne qui a vu son visage à part l’Oracle et une madame Liza ! Or, pour moi, il n’y a aucun doute que cette madame Liza doit être la personne qui s’est occupée d’elle pendant des années ! »

 

« Tu t’imagines quand même beaucoup de choses en fin de compte non ? Peut-être qu’elle te ment depuis le début et toi … Tu tombes dans le panneau. »

 

« Elen n’est pas comme ça et je t’interdis de dire du mal d’elle ! C’est peut-être la personne la plus pure qui soit dans ce foutu monde ! »

 

« ... … … Oh … … … Je vois, tu es plutôt très attaché à elle, non ? »

 

« Je le suis et je ne vais pas le nier en rougissant comme un gamin. Si tu veux tout savoir, sans elle, je ne serais pas devant toi à ce jour. »

 

« Que veux-tu dire par là, Tery ? »

 

« … … Je serais sûrement déjà mort et dévoré par les créatures des forêts … Elle m’a sauvé la vie, elle m’a éduqué aux armes et à la magie et m’a redonné la motivation pour travailler. »

 

« Je ne savais pas du tout cela. Pourquoi est-ce que tu n’as jamais rien dit ? »

 

« Car … Ca ne se dit pas à tout le monde, voilà tout. Et puis bon … Même si elle a faillit me tuer à cause d’un ordre de l’Oracle, je veux pouvoir l’aider à mon tour… et réellement. J’ai une dette envers elle et je suis loin de l’avoir payée ! »

 

« Et bien, et bien … Si un jour, j’avais su cela de ta part, je ne t’aurai pas jugé aussi rapidement. Mais bon … Je le sais depuis le début que tu es un peu spécial comme garçon. »

 

« Me juger ? Comment ça ? Comment est-ce que tu m’imaginais depuis tout ce temps ? » demanda t-il alors qu’il la regardait d’un air étonné.

 

« Oh si tu savais … Tu risquerais de ne pas apprécier, Tery. »

 

« Non mais attends un peu ! Qu’est-ce qui ne te plaît pas chez moi ?! »

 

« Tu veux vraiment tout savoir ? Ca risquerait d’être assez violent … » répondit-elle tout en gardant son sourire, le jeune homme s’étant mis debout pour se retrouver en face d’elle.

 

« Alors ? J’aimerais bien voir où est le problème avec moi ! »

 

« Qui a dit qu’il y avait un problème ? J’ai dit que je t’avais mal jugé … Cela ne veut pas dire que j’avais une mauvaise opinion de toi à la base. »

 

« Je suis pas du tout convaincu … Enfin bon, je dois écrire à Elen maintenant ! »

 

« Vas-y, vas-y, écris donc à ta petite  Elen à qui tu tiens tant. » répondit la jeune femme aux tresses blondes en poussant un léger soupir.

 

Hum ? Qu’est-ce qui se passait avec elle ? Elle était un peu jalouse ? Bah … Elle comprenait qu’il pensait à une autre femme, il y avait de quoi hein ? Encore qu’elle n’avait pas à se faire d’illusions, il n’y avait rien entre lui et Elen. Comme il n’y avait pas de relations entre lui et Clari. Enfin bon …

 

« Qu’est-ce que je dois marquer selon toi, Clari ? »

 

« Au sujet de la lettre ? Tout ce qui te passe par la tête, ce n’est pas à moi de demander une telle chose ! T’as quand même un sacré culot hein ? »

 

« Pour ? Le fait que je te demande ce que je dois écrire envers une autre femme ? »

 

« Ne fait pas l’innocent … Puis bon, tu n’as qu’à la complimenter et la remercier. »

 

Hum ? C’était une bonne idée ! Il devait la remercier pour la photo et pour le reste … Et puis la complimenter et surtout aussi la féliciter pour le courage … Car oui, il en était vraiment sûr. C’était du courage pour réussir à se montrer en image ! Et ça, il devait le lui dire ! Mais bon, à côté, il ne devait pas omettre le fait que ce n’était pas parce qu’elle était laide que c’était du courage, non, non … Il ne voulait pas faire de bêtises. Il voulait tout simplement lui signaler que … Ben… Elle était très jolie non ? Sur cette image. Enfin, bon … Comment dire … C’était tout … Et il ne voyait pas vraiment quoi dire en fin de compte.

 

… … … … … Il se tritura les méninges pendant une bonne quinzaine de minutes, se tournant finalement vers Clari qui observait le plafond sans rien dire, ses deux mains posées sur son ventre. Il murmura d’une voix lente :

 

« Clari ? Est-ce que je peux … te demander un service, s’il te plaît ? »

 

« Allons bon … Que me veux-tu, Tery ? » dit la jeune femme en lui souriant tendrement.

 

« Et bien … Je … Je… Comment dire ? J’ai besoin de toi … pour écrire la lettre. »

 

« Ah bon ? C’est bien la première fois. » répondit-elle avant de se lever, venant se mettre derrière lui avant d’observer la lettre.

 

« J’aimerai savoir comment je peux complimenter une femme ? On va dire que je ne sais pas trop quoi dire à Elen. C’est la première fois qu’elle m’envoie une image enfin bon … Voilà quoi ! Tu sais parfaitement quoi dire à une femme puisque tu en es une. »

 

« Merci de l’avoir remarqué, Tery. Bientôt, tu comprendras même que je peux sortir avec des garçons. Je te le jure que c’est possible. Enfin bon … Première règle, si tu veux complimenter une femme, tout d’abord, il faut éviter de parler d’une chose. Même si généralement, c’est ce que les hommes regardent chez les femmes, évite de parler de sa poitrine. Surtout que l’on va dire que comme par hasard, il faut que ses épaulettes s’arrêtent justement à cet endroit pour la recouvrir. Alors, bon tu vois ce … »

 

« JE N’AI JAMAIS PENSER A LA COMPLIMENTER A CE NIVEAU ! »

 

Il venait d’hurler, rouge comme une pivoine alors qu’elle éclatait subitement de rire. Vraiment… Vraiment… C’était parfois si simple… Elle passa ses bras autour du cou du jeune homme, reprenant la parole :

 

« Et bien, si tu veux, je vais t’aider, mais simplement pour la complimenter, le reste, c’est toi qui va le faire, tu es d’accord ? »

 

« Bien entendu ! Dis-moi comment la faire rougir rien qu’avec des écrits ! »

 

« Alors, tout d’abord, on va commencer par les bases. Qu’est-ce que tu trouves beau chez elle ? De particulièrement attirant ? Et il ne faut pas que ça soit que physique hein ? Ne pas parler uniquement de ses hanches ou ses jambes. »

 

« J’aime particulièrement son regard … » dit-il avec une tentative de neutralité dans sa voix.

 

« D’accord, alors nous allons parler de ses yeux. »

 

Il se sentait un peu ridicule mais bon … Avec Clari, ils allaient écrire une lettre superbe pour Elen. Ils pouvaient bien oublier la mission pour quelques heures … n’est-ce pas ?

jan 13

Chapitre 30 : Différences de personnalité

Chapitre 30 : Différences de personnalité

 

« Il fallait s’y attendre … »

 

Elle disait cela en observant le ciel sans nuage. Il fallait dire qu’elle se trouvait dans les nuages déjà à la base … Ah … Aucune réponse de la part de Tery, ce n’était pas étonnant en un sens puisque la lettre avait sûrement été à peine reçue aujourd’hui … voir pas encore … Il devait être très difficile à trouver avec les soucis actuels, n’est-ce pas ?

 

« … … Ca fait déjà trois jours, n’est-ce pas ? J’ai déjà visité une partie de cette ville … Et je ne peux qu’attendre que le prince ait terminé … »

 

Ah … Elle pensait s’être débarrassée de lui mais visiblement, c’était son destin de continuer son aventure avec lui. Enfin bon … L’Oracle serait bien plus heureux si elle lui rapportait plus de médaillons que prévu. Déjà qu’elle n’avait pensé qu’à environ un ou deux médaillons … mais là, elle avait une chance d’en avoir cinq !

 

« L’Oracle sera sûrement très content de ce que j’ai fait. »

 

Oui ! Elle en était même certaine ! Mais bon … Elle aurait quand même préféré passer ses journées avec Tery. Tiens, elle se demandait s’il continuait à s’entraîner à la magie avec ses livres ? Et puis les golems … Elle n’était pas sûre qu’il faisait cela mais bon … Elle lui poserait la question lorsqu’elle recevrait sa lettre.

 

« Hum ? Que se passe t-il en bas ? »

 

Elle regardait par la fenêtre, voyant s’afférer plusieurs personnes. Hum ? C’était qui cette personne couronnée ? Le prince ? HEY !  C’est vrai qu’elle ne l’avait pas vraiment vu et cela avait été même assez étonnant mais quand même … Qu’est-ce qu’il faisait ?! Elle quitta la chambre à toute allure, se mettant à courir avant d’arrêter une servante.

 

« Qu’est-ce que le prince Royan est en train de faire ? »

 

« Hein ? Et bien … Il va faire son discours au peuple. Nombreuses sont les personnes qui sont présentes pour cet évènement. Je me demande quand même ce qu’il va dire … Le pauvre … Perdre d’abord ses parents et maintenant ses deux frères … Ca doit être dur. »

 

« Hum ? Oui … Bien entendu. Je vais aller les rejoindre avant qu’ils ne partent. »

 

Elle s’était mise à courir à toute allure pour quitter le château, les gardes ne l’arrêtant pas. Mais qu’est-ce qui prenait au prince de partir sans elle ?! Il devait rester sous sa surveillance ! Surtout s’il se mettait devant le grand public. Et puis, si tout le royaume de Traslord était prévenu, il y avait de fortes chances qu’un attentat se produise !


Mais quel idiot aussi ! Il ne comprenait pas ce qui se passait ?! Il voulait mourir ?! Elle percuta sans le faire exprès un garde, tombant au sol tout en poussant un petit gémissement. Aïe ! Ca faisait mal ! Elle se releva aussitôt, le garde semblant l’avoir arrêtée dans sa course alors qu’elle avait quitté le château. Il ne voulait pas la laisser passer ? Pourquoi ? Quel était le problème maintenant ? Elle ne comprenait pas du tout.

 

« Je suis désolé mais le prince nous a annoncé qu’il ne voulait pas que vous sortiez du château. Vous êtes consignée dans votre chambre. »

 

« … … …. Quoi ? Je dois quand même avoir mal entendu, non ? Pourquoi est-ce que je serai consignée ? Et pourquoi est-ce que je ne peux pas sortir du château ? »

 

« … … … Je ne peux pas vous le dire, j’en suis vraiment désolé, mademoiselle. »

 

«  … … … D’accord, je vais retourner dans ma chambre alors. » dit-elle avec nonchalance tout en poussant un soupir exaspéré.


Elle ne savait pas ce qu’il magouillait mais il était hors de question de rester ici ! Elle était bien retournée dans sa chambre … mais pour s’en enfuir ! Le problème serait quand même de passer la surveillance … Mais heureusement pour elle, elle était loin d’être stupide ! Quelques minutes plus tard, elle était hors du château, un grand sourire aux lèvres. Elle avait l’impression de recommencer ses petites missions où elle devait se cacher … C’était quand même bizarre non ? D’apprécier ce genre de choses …

 

« Enfin bon … Où est-ce qu’il se trouve maintenant ? Peut-être qu’en interrogeant … »

 

Oui, c’était la meilleure idée à faire ! Elle s’approcha d’un jeune garçon, celui-ci se retournant vers elle. Il avait des petites ailes comme ceux de son espèce et la regardait avec interrogation. C’est vrai qu’elle portait son masque …

 

« Jeune enfant, pardon de te déranger mais tu ne saurais pas où se trouve le prince Royan, s’il te plaît ? J’ai besoin de le retrouver … »

 

« Ben … Ben … Ben euh … C’est pas dur. Le prince, il se trouve sur ce vaisseau volant ! »

 

Le jeune garçon lui désigna un imposant vaisseau ailé alors qu’elle levait la tête pour le voir. Mais qu’est-ce que… Qu’est-ce qu’il comptait faire ?! Partir sans elle ?! Est-ce qu’il se foutait de sa gueule ?! Sur le coup, elle commençait légèrement à être énervée.

 

Elle remercia le jeune garçon avant de courir en direction du vaisseau volant, se demandant comment est-ce qu’elle pourrait l’atteindre. Et puis … C’était quoi tout ça ?! Il y avait plusieurs vaisseaux volants dans les airs ! Comment est-ce qu’elle avait fait pour ne pas les voir ? Et puis zut … Elle oubliait que les murs du palais royal empêchaient tout vaisseau de se présenter aux alentours. Une simple question de sécurité en soi !

Mais là, elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Attendez … un peu … Elle s’arrêta aussitôt de courir. Le prince allait sûrement faire un discours non ? Et les vaisseaux devaient sûrement être des bateaux de transport pour les nombreuses personnes qui venaient ici pour entendre le discours du prince ! AH ! C’était tout simplement … ça.

 

« Oui mais pourquoi m’empêcher de l’entendre ? »

 

C’était la seule chose illogique qu’elle ne comprenait pas chez le prince. Il avait quelque chose à cacher, n’est-ce pas ? Quelque chose de gênant ? Pour une fois, elle n’allait pas se priver de le voir ainsi ! Il ne s’était justement pas gêné pour lui en faire baver avec ces fournitures et ce bateau ! Ce moment-là, elle ne l’oublierait pas ! Maintenant, il fallait qu’elle trouve une bonne place pour le discours du prince ! Elle ne l’avait presque pas vu depuis trois jours et elle ne savait même pas ce qu’il allait dire très exactement. Prévenir son peuple qu’il partait pendant quelques temps, cela, elle s’en doutait mais qu’est-ce qu’il allait dire autour ? Elle voulait l’entendre ! Elle bouscula quelques personnes sur son passage, s’excusant à maintes reprises tandis qu’elle se rapprochait du vaisseau volant.

 

Il y avait quand même une sacrée foule … et bon nombre de soldats … Mais elle n’était pas forcément très convaincue par la sécurité. Enfin bon, ce n’était pas ça le plus important, du moins, pas à ses yeux. EUH SI ! Ca l’était ! Voilà qu’elle était légèrement perturbée … Enfin bon … Plusieurs personnes autour d’elle poussèrent des cris, certaines disant :

 

« Le prince ! C’est le prince Royan ! Il est présent ! »

 

« Ah ! Mais cette couronne … C’est celle … du prince Marco. »

 

« Et le sceptre qu’il a dans la main gauche ! C’est celui du prince Sammy ! C’était donc vrai ?! » vint dire une autre personne à côté d’elle.

 

« Mais où est-ce que le symbole du prince Royan au final ? »

 

« Sur son cœur ! Regardez ! Il se trouve sur son cœur ! Cette Balsamine glacée ! »

 

Hein ? Ils avaient plutôt une bonne vue … Elle fronça légèrement les sourcils, remarquant la fleur bleue sur le torse de l’adolescent. C’était une belle fleur, semblant être faite parfaitement de glace … Mais incapable de fondre … Elle semblait si froide … et insultante … comme l’était le prince Royan.

Mais à côté, le sceptre qu’il avait dans sa main gauche était assez beau. Un bâton doré plutôt simple avec un Albatros fait en saphir au bout du bâton ? Il était plutôt basique mais elle sentait que cela correspondait très bien au prince Sammy. Mais à côté … La rose aussi était très simple, et la couronne ? Celle-ci était de douleur argentée et avait six pointes. Enfin, à quelques centimètres au-dessous de la base des pointes, des saphirs se trouvaient présents. Enfin, au milieu de la couronne, juste entre les deux saphirs qui étaient visibles si on regardait l’adolescent en face, une sorte de jet d’eau avait été gravé … Comme celui sortant d’un évent d’une baleine.


Enfin au niveau du reste, il ne portait simplement qu’une cape de fourrure bleue avec des contours blancs … Et à part ça … Rien de bien important. Enfin, la chose qui le préoccupait le plus n’était pas son apparat mais plutôt ses yeux bleus. Elle ne savait pas pourquoi … mais elle avait l’impression que l’adolescent était complètement perdu … Plusieurs personnes s’affairaient autour de lui, semblant créer une sorte de … sphère aqueuse tout autour du vaisseau ? Et de nombreux tentacules en sortaient pour se déplacer de vaisseau en vaisseau et aller s’enfoncer juste à côté de quelques citoyens.

Hein ? Ils n’étaient même pas effrayés par cela … Pourtant, elle se demandait combien de magiciens avaient été réunis pour faire une telle chose. Et surtout … Pourquoi une telle chose ? Car là, elle ne voyait pas à quoi cela allait servir très exactement. Enfin bon … Tous et toutes semblaient le savoir visiblement. Elle n’aimait pas quand elle était la seule à ne pas tout saisir à ce sujet ! Bon … Elle allait rester tout simplement calme et attendre non ? Qu’est-ce qu’il avait de bizarre à attendre ? Rien du tout.

 

« … … … Ceci est un test. Ceci est un test. »

 

Elle sursauta subitement entendant la voix d’une femme sortir du tentacule le plus proche d’elle. Plusieurs têtes se tournèrent vers elle, un sourire aux lèvres.

 

« Qu’est-ce que … que c’est que tout ça ? »

 

« Impressionné ? Ne vous en faites pas, c’est le moyen de communication utilisé pour diffuser des paroles dans l’ensemble de la cité. C’est sûr qu’au départ, ça étonne un peu mais ce n’est rien de bien méchant, vous n’avez pas à vous en faire. »

 

« D’accord … Si vous le dites mais bon … C’est quand même assez important. »

 

« C’est exact mais c’est le prince qui va parler, non pas n’importe qui. Le système déployé n’est pas à la portée de n’importe qui. Rien que les personnes à l’origine de cette sphère que vous voyez ne sont pas des débutantes. Enfin, vous n’avez pas à vous en faire, ceci est juste une sphère d’eau mais vide à l’intérieur. Aucun risque de se noyer dedans. Il ne manquerait plus que ça ! Une sphère complètement remplie ! Je ne veux même pas imaginer ce qu’il faudrait comme lettre et combien il en faudrait pour arriver à ça ! »

 

« Oui, c’est sûr. C’est même très normal. »

 

« CHUT ! Taisez-vous, le prince Royan va commencer à parler ! » répondit l’un des citoyens à côté d’eux. Celui qui s’était adressé à elle devint muet comme les autres tandis qu’elle faisait de même. Alors bon … Le prince Royan allait prendre la parole.

 

« Mes concitoyens, mes concitoyennes, je suis le prince Royan, fils d’Aglaé et Sébastien Magista et jeune frère des princes Marco et Sammy Magista. Si aujourd’hui, je me retrouve en face de vous, c’est pour vous faire part d’une nouvelle bien horrible qui nous affecte tous. Bien que les rumeurs s’amplifient dans les trois parties du royaume de Traslord, il est de mon devoir de vous confirmer tout ceci : les princes Marco et Sammy sont morts. Comme il y a plusieurs années de cela, les responsables de ces agissements sont au service du roi de Shunter et ces crimes ne resteront pas impunis. »

 

Plusieurs murmures se firent entendre, le prince s’étant arrêté de parler alors qu’elle l’observait. Il y avait quelque chose de bizarre … dans la voix du prince … Elle ne savait pas comment l’expliquer mais le ton utilisé n’était pas vraiment naturel … En fait, c’était plutôt parce qu’elle entendait ce ton … assez triste … que ça l’étonnait.

 

« C’est quand même … étonnant. Il est capable de modifier son ton comme ça ? »

 

« Hum ? De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda le citoyen qui s’était adressé à elle il y a déjà quelques minutes auparavant.

 

« Non, non ! Ce n’est rien de grave. Rien de bien important … »

 

« D’accord alors … Ah ! Attendez, il reprend la parole ! »

 

La personne venait de s’écrier légèrement tandis qu’Elen se mettait à réécouter ce que l’adolescent aux cheveux bleus avait à dire. Hum… De toute façon … Non … Il ne fallait rien prononcer ou rien penser … D’abord l’adolescent, ensuite le reste.

 

« Mais je ne vais pas tergiverser sur les morts que nous tous regrettons amèrement. Nos armées conjuguées à celles de Claudiska iront venger ceux qui sont tombés au combat … ou ceux qui n’ont rien fait pour cela. Après mon discours, une cérémonie se déroulera au palais de cristal, endroit où tous les rois et reines de notre peuple s’y trouvent. Comme vous pouvez vous en douter, cela sera une cérémonie d’adieu envers mes deux frères. Mais maintenant, je vais passer au sujet le plus important qui est mon départ. »

 

A nouveau, des murmures et des regards interloqués. Son départ ? Contrairement aux autres, elle n’était pas surprise. Il fallait dire que c’était avec elle qu’il partait alors bon … Elle attendit qu’il reprenne la parole, chose qui ne tarda pas :

 

« Ne vous inquiétez donc pas à mon sujet. Je ne fais que quitter le royaume pour quelques temps bien que je ne connaisse pas la durée de ce voyage. Je vais aller dans le royaume de Claudiska pour me renforcer mentalement et me préparer à l’épreuve qui m’attendra puisque je suis le dernier membre de la royauté encore en vie actuellement. Néanmoins, je n’ai que quatorze ans et cela est beaucoup trop jeune pour réellement régner sur un royaume aussi grand, vaste et diversifié que Traslord, c’est pourquoi en attendant ma majorité à mes dix-huit ans, ce seront les trois conseils de Traslord qui règneront sur le royaume en attendant que je mûrisse. Mais cela ne devrait pas être plus surprenant que cela puisque nos trois conseils ont souvent montrés qu’ils étaient aptes à prendre de bonnes décisions et à régner sur Traslord. Dois-je rappeler que le premier roi fut tout simplement élu par le peuple de Traslord, il y a de cela des siècles voir millénaires ? Le titre de roi n’a rien à voir avec celui du royaume de Shunter et il était de mon devoir de le rappeler à tous et à toutes. Nous n’avons pas un sang meilleur, plus pur, plus noble que les autres, nous ne sommes pas au-dessus des autres et nous régnons simplement car le peuple nous fait confiance. Maintenant que mon discours est terminé, nous pouvons nous rendre au palais de cristal. Veuillez ne pas vous bousculer. »

 

… … … Elle ne savait pas vraiment quoi dire en écoutant les paroles de l’adolescent. Oh, bien entendu, il avait donné un discours qui le caractérisait très bien mais là … Hum … Elle ne savait pas dire au sujet du royaume de Traslord. Elle fit comme les citoyens, suivant les vaisseaux volants qui se déplaçaient dans les airs … Enfin, eux, ils marchaient en direction du bord du nuage, plusieurs bateaux attendant les citoyens qui voulaient suivre le vaisseau royal. Elle eut quelques difficultés à se trouver une place mais elle arriva quand même à s’infiltrer discrètement entre plusieurs citoyens.

 

Une quinzaine de minutes plus tard, certains poussèrent des cris émerveillés alors qu’elle écarquillait les yeux. Le palais de cristal … portait bien son nom … Puisqu’il était entièrement fait de glace … ou réellement de cristal ? Enfin, elle ne savait pas mais les vaisseaux vinrent se déposer les uns à côté des autres sur le bord du nuage … Il n’y avait que ce palais en fait … Rien d’autre …

 

« Veuillez ne pas pousser, je tiens à répéter les dires du prince Royan ! Plus, tout le monde sera calmé, mieux ce sera et la cérémonie se passera tranquillement ! »

 

Elle n’était pas très pressée mais elle obéissait, comme la majorité voir totalité des personnes présentes ici. Oh … C’était vraiment très bien ordonné … Le prince était déjà dans le palais de cristal puisqu’elle voyait son vaisseau mais non pas lui-même et son petit groupe de soldats. Enfin bon … Elle allait bien le trouver à l’intérieur.


Ce fut le cas alors qu’ils marchaient dans de nombreux couloirs. Elle évitait d’être horrifiée mais il fallait reconnaître une petite chose : le fait de mettre dans des cristaux de glace les différents monarques de Traslord, ce n’était pas du tout de son goût.

 

Mais bon … Les autres personnes semblaient émerveillées et étonnées … Et elle entendit même plusieurs fois des paroles comme quoi, c’était la première fois qu’ils venaient ici. Hum… C’est sûr que la mort d’un roi était quand même un évènement rare, aussi rare que la mort chez un homme ou une femme. Enfin, elle n’allait pas être de mauvaise foi et elle savait parfaitement que le palais de cristal était superbe.

 

Mais bon … Ah ! Elle s’arrêta de marcher alors que tous et toutes faisaient de même. Ils étaient arrivés dans une pièce circulaire … Où se trouvait le prince Royan, ses soldats ainsi que différentes personnes dans des robes blanches et bleues.

 

« Je pense que nous pouvons … commencer la cérémonie. Où se trouvent-ils ? »


Le prince s’était adressé à l’une des personnes parées dans une robe, celle-ci désignant du doigt deux cristaux. L’adolescent vint s’approcher des deux cristaux tandis que les nombreuses personnes se turent. … … … Les cristaux … Elle ne rêvait pas ou alors … Dedans, il y avait … Deux adultes ? Ils devaient avoir une trentaine d’années voir proche de la quarantaine d’années … Il n’y avait aucun doute sur leurs origines … Les parents du prince Royan ? L’homme avait une fine moustache bleue ainsi que des cheveux qui lui allaient jusqu’au cou. Du côté de la femme, celle-ci avait des cheveux assez courts de même couleur que ceux de son mari. Ils étaient sous forme de boucles et elle remarqua que les deux personnes semblaient très sereines. Le prince Royan s’agenouilla devant les deux cristaux, murmurant des paroles que seuls ceux au premier rang purent entendre. Heureusement ou… malheureusement pour elle, ce fut son cas.

 

« Vous voilà réunis, père et mère … Je vous apporte vos deux fils … Je vous rejoindrai en temps et en heure … mais pas maintenant. »

 

Maintenant, il était temps de passer réellement au but de la cérémonie. L’adolescent aux cheveux bleus se releva, plusieurs soldats tirant deux cristaux dans lesquels… se trouvaient les princes Sammy et Marco. Eux aussi semblaient apaisés et calmes, correspondants très bien à ce qu’elle avait put se faire comme images d’eux.


L’adolescent s’approcha d’eux, posant ses doigts sur ses lèvres alors que des veines bleues apparaissaient sur sa main. Avec lenteur, il traça deux symboles sur les cristaux au niveau du cœur de chaque prince. Sur l’un, celui de Marco, était représenté une baleine tandis que sur celui de Sammy était représenté un albatros. Les symboles des doubles portes qu’elle avait vus ? C’était plutôt… spécial. Mais… AH ! Elle resta muette mais ce qu’elle venait de voir du prince l’avait en quelque sorte choquée. Elle s’éloigna sans un mot du palais de cristal, se dirigeant vers le bateau sur lequel elle s’était trouvée auparavant. Elle en avait eut largement assez actuellement … Beaucoup plus que ce qu’elle avait … désiré pendant un bref instant. Ah … Elle avait encore un peu de mal à croire ce qu’elle avait vu mais bon … Tout était possible dans le fond, n’est-ce pas ? Ce n’était pas impossible. Mais après tout … Ce n’était pas complètement anormal … Pas du tout … Hum … Elle ne savait pas trop quoi penser.

 

Deux heures … Non … Trois s’étaient écoulées … Et elle se retrouvait à nouveau dans le palais. Oh … Les gardes avaient été plutôt étonnés … Mais bon … Ce n’était pas le plus important à ses yeux. Ce qui l’était … était justement autre chose. Une servante avait toqué à sa porte, lui annonçant que le prince était prêt à partir…

 

Aussi rapidement ? Dans la même journée ? Il avait envie de partir plus rapidement que prévu … Enfin bon … En un sens … Elle le comprenait … Le comprendre, c’était une chose bien plus difficile que prévu. Voilà qu’une heure après, ils étaient sortis du palais, le prince portant des habits bien moins royaux que ceux de la cérémonie alors qu’elle souriait sous son masque blanc Oh, ce n’était pas un sourire tendre, mais ni ironique … Plutôt amusé.

 

« Nous pouvons donc y aller ? Je tiens à vous prévenir que c’est la dernière chose que je fais pour vous. Est-ce que le message est bien transmis ? »

 

« Il l’est … Vous n’avez pas à vous inquiéter à ce sujet. »

 

Alors ils pouvaient y aller. La jeune femme masquée de blanc et l’adolescent aux cheveux bleus se dirigèrent vers un bateau qui avait été affrété pour eux. C’était la dernière chose qu’ils allaient utiliser pour se rendre dans le royaume de Claudiska.  Sur le vaisseau, la jeune femme se tourna vers le prince, celui-ci observant les nuages au-dessus et au-dessous d’eux.

 

« … … … … Un problème, mademoiselle Neel ? »

 

« Aucun pour ma part … Disons que j’ai été assez surprise de voir que vous étiez capable d’avoir des émotions, très surprise même je dois l’avouer. »

 

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? »

 

« Oh … Je ne sais pas vraiment … J’ai crut voir une unique larme sur votre joue pendant la cérémonie. J’avoue avoir été très étonnée de savoir que vous étiez capable de sentiments. »

 

« Vous étiez donc présente … Je pensais que les gardes vous arrêteraient plus facilement. Mais visiblement, je me suis complètement trompé à ce sujet. Ce que vous avez remarqué était quelque chose de très rare, voir unique. »

 

« Bien entendu, bien entendu… Je n’en doute pas autrement. Disons que c’est étonnant que vous puissiez pleurer, j’ai cru que tout cela était impossible. »

 

«  … … Je ne vois pas ce qu’il y a de si extraordinaire mais cela semble être presque la première fois que vous vous adressez amicalement envers moi. »

 

« … … Hum ? Surement … Voir peut-être … Et est-ce que cela vous dérange ? » demanda t-elle sur un ton qui se voulait neutre.

 

« Non … Ca ne me dérange pas du tout … Il vaut mieux avoir une relation stable si nous devons encore voyager ensembles. »

 

Ah … Elle sentait qu’au final, ça n’allait pas être une partie de plaisir… Pas du tout même … Enfin bon, ce n’était pas comme si c’était étonnant… En route vers Claudiska maintenant !

jan 6

Chapitre 29 : Prise de décision

Chapitre 29 : Prise de décision

 

« Aïe ! Aïe, aïe… Ca fait… mal. »

 

« Désolée, mademoiselle… Mais le prince nous a forcé à vous soigner, que vous le désiriez ou non. Vous avez quand même sauvé la vie de notre prince à deux reprises. »

 

Elle gémissait de douleur alors qu’elle se trouvait dans sa chambre allouée. Ce qu’elle faisait ? Rien du tout justement. Elle était assise de côté alors qu’on lui avait demandé de retirer ses deux capes. Elle… Elle n’avait pas osé, les mettant simplement sur elle et devant son visage pour qu’on ne puisse pas réellement la voir. Oh, elle ne savait pas que cela ne servait strictement à rien mais… bon… Elle avait toujours autant de gêne. Et là, deux femmes dans des robes aux nombreuses teintes bleutées utilisaient des filets d’eau verts sur elle. L’eau s’écoulait sur une vilaine entaille dans le dos de la jeune femme aux cheveux blonds.

 

« Pourquoi ne voulez vous pas montrer votre visage, mademoiselle ? »

 

« Je trouve que depuis que je suis dans ce royaume, on me pose cette question… » murmura t-elle avant de pousser un profond soupir. Pourquoi ? Pourquoi ? Elle reprit avec lenteur : « Mais bon… C’est tout simplement que c’est comme ça depuis des années, voilà tout. Je porte ce masque blanc depuis environ… dix années ? Voir plus ? »

 

« Dix ans ?! Mais c’est vraiment long ! Pourquoi est-ce que vous le portez ? Vous nous avez dit depuis quand… Mais la raison… Même si cela est pour autrui… Vous faites partie d’une caste ? Ou quelque chose de ce genre ? »

 

« Non non… Enfin non… C’est juste que depuis … Enfin… Je ne sais pas trop… »

 

« Avoir des lignes blanches ou noires, ce n’est donc pas forcément une bonne chose. Qu’est-ce que vous ne pouvez pas faire d’autre à part ne pas montrer votre visage ? »

 

« Et bien, normalement, je n’ai pas le droit de montrer mon visage, je dois obéir aux règles de l’Oracle, je n’ai pas vraiment le droit de me rapprocher des autres. Je dois éviter de trop parler de ce que je dois faire, je… »

 

« Mais c’est tout simplement affreux ! » s’écria l’une des deux femmes alors qu’Elen se retournait, sa blessure ne lui faisant plus aucun mal.

 

« Pour… Pourquoi est-ce que vous dites cela ? » demanda Elen sur un ton légèrement inquiet, remettant correctement ses deux capes autour de son corps, se disant qu’elle ira les recoudre un peu plus tard. Elle attendit la réponse des deux femmes avec une légère impatience.

 

« Et bien, vous ne trouvez pas ça… étouffant ? »

 

« Etouffant ? Pour… Pourquoi ? Comment ça ? Je n’ai pas de problèmes pour respirer avec ce masque ! » dit-elle avec une légère appréhension sans réellement comprendre pourquoi.

 

« C’est une image ! Une façon de voir ! Vous êtes comme un oiseau mis en cage ! Vous ne pouvez pas sortir sans votre masque et vous ne pouvez pas vivre sans. Est-ce que je me trompe ? » vint dire l’une des deux femmes alors que l’autre acquiesçait d’un hochement de tête, Elen ne sachant pas du tout où elle devait se mettre.


Ce… Ce n’était pas forcément la vérité… non plus hein ? Enfin… Peut-être que si… Un peu. Mais ça ne les concernait pas ! En plus, elle… Elle…

 

« Peut-être un tout petit peu… Mais j’ai déjà montré mon visage ! » dit-elle avec un peu d’appréhension, espérant qu’elles allaient la croire bien qu’elle ne voyait pas l’importance que cela aurait dans sa vie. Les deux femmes la regardèrent avec un peu de suspicion.

 

« Ah oui ? Vous l’avez déjà montré ? Ou alors, c’était un accident ? » demanda l’une d’entre elles alors qu’elle bafouillait en murmurant :

 

« C’était... un accident. Je n’ai jamais voulut réellement… montrer mon visage à quelqu’un. »

 

« Hum ? C’est vraiment dommage alors. Je veux dire, les femmes sont faites pour être montrées ! Non pas comme des objets, hein ? Mais plutôt pour exprimer leur beauté. »

 

« Je ne suis pas belle… sous ce masque… Je n’ai donc pas à le retirer. »

 

« Est-ce c’est cela qu’ont dit les personnes qui ont vu votre visage ? »

 

« … … … Il n’y a qu’une personne qui a vu mon visage et c’était un accident. » murmura t-elle en baissant la tête, légèrement honteuse sans pour autant en savoir la raison.

 

« Hum ? Et cette personne alors ? Qu’est-ce qu’elle a dit ? »

 

Mais pourquoi est-ce qu’elles lui posaient cette question ?! Elles ne se connaissaient pas ! Elles voulaient discuter avec elle parce qu’elle avait sauvé le prince Royan ?! Parce qu’elle l’avait encore sauvé ?! Ils n’avaient pas besoin de la remercier pour ça !

 

« … … … Il m’a dit que c’était dommage que je cache mon visage, voilà tout. »

 

« Il ? C’est donc un garçon ? Est-ce qu’il a votre âge ? » demanda encore une fois l’une des deux femmes alors qu’elle ne savait plus du tout où se mettre, bafouillant :

 

« Il a mon âge… En fait, nous avons exactement le même âge, je crois… Nous sommes nés le même jour d’après ce que l’Oracle m’a dit. »

 

« Et bien, c’est le destin alors ! » s’écria l’une des femmes tout en reprenant : « Il ne faut pas lutter contre le destin ! Vous devriez montrer votre visage plus souvent à ce jeune homme. Où se trouve t-il ? Il n’est peut-être pas dans notre royaume ? »

 

« Il ne l’est pas … et puis … et puis … Je … … … Je lui ai envoyé une image de moi … sans mon masque … Il y a environ quelques heures avant l’agression. »

 

« Oh … D’accord. En fin de compte, vous voulez quand même vous montrer. Vous nous avez fait peur au départ … Nous pensions que vous ne vouliez faire aucun effort. »

 

« Mais je l’ai envoyé simplement à lui et à personne d’autre ! Personne d’autre ne doit voir mon visage ! » s’écria t-elle pour se redonner une contenance après ce qu’elle avait dit.

 

« Oui, oui, nous avons parfaitement compris. Nous allons devoir vous laisser. Normalement, un soldat ou un conseiller viendra vous chercher quand le prince voudra parler avec vous. Merci encore pour tout ce que vous avez fait, sans vous, notre royaume aurait été perdu. »

 

« De rien … De rien … Et d’accord pour le prince. »

 

Elle disait cela avec neutralité alors que les deux femmes s’éloignaient et quittaient la chambre en la laissant seule. … … … POURQUOI ?! Elle retira les deux capes qui camouflaient ses cheveux, se triturant ces derniers avec un léger énervement. Pourquoi fallait-il à chaque fois qu’on lui parle de ça ?! Pourquoi est-ce qu’ils étaient capables de savoir qu’elle était une femme ?! Est-ce que … Elle gardait son masque, se positionnant devant le miroir avant de prendre la parole :

 

« Bonjour. Bonjour. Bonjour. Bonjour. »

 

Elle n’arrêtait pas de répéter ce mot, remarquant une vérité dont elle ne s’était jamais doutée depuis tout ce temps. Elle entendait sa propre voix… Enfin… Sa voix véritable… Enfin, presque ! Sa voix était légèrement modifiée mais on entendait parfaitement qu’elle avait un ton féminin, que c’était une femme qui parlait. Pourtant, avant… Avec Tery, elle avait une voix complètement neutre… Est-ce que le masque ne marchait plus ?

 

« C’est quoi ce problème ? Est-ce que c’est le masque le problème ? »

 

Elle disait cela en le retirant, tapotant dessus comme pour voir s’il y avait un dysfonctionnement ou non. Non… Il semblait être normal… Il n’y avait aucun problème… Quand même, c’était vraiment bizarre, elle devait le reconnaître. Elle remit son masque, observant ses yeux bleus alors qu’elle murmurait :

 

« Peut-être que je prends un ton plus féminin quand je parle… sans m’en rendre compte. »

 

Est-ce qu’elle voulait vraiment que sa féminité ressorte ? Ce n’était pas … dérangeant… Enfin si ! Elle n’avait pas envie que tout le monde sache qu’elle était une femme ! C’était même pour cela qu’elle gardait toujours ses capes autour d’elle… parce qu’elle était une femme. Puis soudainement, elle s’était mise à réfléchir à une chose vraiment idiote… Une chose qui montrait à quel point elle avait tout fait pour se comporter comme une femme.

 

« Tery … Mais quelle idiote ! Mais quelle idiote ! »

 

C’était maintenant normal qu’on sache que c’était une femme ! Dès qu’elle parlait de Tery, elle s’emportait et vu à quel point elle en parlait, ça ne pouvait pas être un homme qui s’adressait de cette manière…  Ah… Mais quelle imbécile ! Elle n’avait jamais pensé à cela avant maintenant… Voilà pourquoi les princes et les autres personnes le savaient.

 

Et puis, il y avait aussi l’histoire de l’image… et du miroir. La servante avait facilement deviné que c’était une femme qui lui demandait ce renseignement quand elle avait demandé ce qui pourrait faire plaisir à un jeune homme… NONNNN ! Mais quelle idiote ! Mais quelle idiote ! Elle laissait trop facilement ses émotions paraître au grand jour !

 

Elle s’était mise assise sur un fauteuil, attendant que le conseiller ou le soldat arrive. Elle préférait cela que de penser à Tery, il valait vraiment mieux éviter une telle chose. Cinq … Dix … Quinze … Une demi-heure et voilà que ses pensées vagabondaient à nouveau. Cette histoire était terminée, n’est-ce pas ? Elle allait avoir les médaillons et elle pouvait ensuite revenir chez l’Oracle. C’était donc une bonne chose.

 

« Pardonnez-moi de vous déranger. » dit une voix alors que plusieurs coups furent donnés à la porte. Elle se leva aussitôt alors que la voix reprenait : « Je suis envoyé par le prince et les conseillers, ils aimeraient discuter avec vous. »

 

« J’arrive tout de suite. Je fais quelque chose et je suis disponible. »


En fait, c’était plus une sorte de phrase toute faite puisqu’elle se dirigea aussitôt vers la porte, l’ouvrant après avoir vérifié que tout était bien en place, que ça soit son masque ou ses capes.

 

« Nous pouvons y aller dès maintenant alors. Je vous accompagne. »

 

« Merci bien, ils semblent être assez nerveux et je préfère éviter tout retard. »

 

« Nerveux ? Pourquoi cela ? A cause de ce qui s’est passé ? »

 

« L’absence ou plutôt la faiblesse de la sécurité dans le palais, les soldats morts, les quelques conseillers aussi … Enfin, vous savez, ce n’est guère reluisant. »

 

« Je vois, je vois … Je comprends parfaitement. »

 

Elle avait juste un peu de mal à imaginer le prince assez stressé. Il avait toujours fait preuve d’un calme exemplaire, c’était bien là l’unique chose qu’elle pouvait lui reconnaître comme qualité. Il restait toujours calme et réfléchi … et ne s’emportait pas par rapport à ses sentiments. En plus, il ne s’était même pas énervé ou alors mis à pleurer devant la mort de ses deux frères, oui … Il était plutôt fort comme adolescent.

 

Mais bon, hors de question de le lui dire en face, il risquait de prendre la grosse tête. Enfin, de croire qu’elle l’appréciait, chose qui était tout le contraire actuellement. Enfin bon, elle allait bien voir ce qu’ils lui voulaient. Elle en avait fait beaucoup pour eux, beaucoup trop même à son goût ! Elle ne s’était pas attendue à autant de problèmes.

 

« Si vous voulez bien patienter, je vais signaler que vous êtes arrivée. »

 

« … … … C’est un peu suspect ce genre de choses. On me demande de me dépêcher car ils veulent me voir mais ensuite, je dois attendre devant les portes. »

 

« C’est ainsi que ça se passe. Merci. » répondit le soldat alors qu’il demandait aux quatre gardes devant la double porte de prévenir que l’être masqué était présent.

 

Hum… Elle avait le temps de remarquer maintenant que l’emblème sur la double porte représentait un albatros… Ces fameux oiseaux de mer. Toujours en relation avec l’eau, n’est-ce pas ? Mais cette fois-ci, en relation aussi avec l’air. Cela devait correspondre au défunt prince Sammy, n’est-ce pas ? Ah… Lui comme l’autre prince, elle aurait bien aimé en savoir un peu plus sur eux. Ils lui avaient fait une bonne impression pour le peu qu’elle connaissait d’eux. Mais bon… C’était la vie malheureusement… et elle pouvait être très laide.


Deux minutes s’écoulèrent, la jeune femme masquée patientant devant la double porte avant que le soldat n’en ressorte, annonçant d’une voix calme :

 

« Vous pouvez rentrer maintenant. Le prince vous attend. »

 

« Merci beaucoup. » répondit-elle sur le même ton que le soldat avant de pénétrer à l’intérieur de la salle du trône.

 

Le sang avait été rapidement nettoyé visiblement. A peine en quelques heures et voilà que tout était déjà propre et parfait, comme si rien ne s’était passé. Elle observa le jeune prince, celui-ci étant entouré par les deux conseillers qui étaient encore vivants.

 

« Vouliez-vous me voir, prince Royan ? » demanda t-elle bien qu’elle connaissait la réponse.

 

« Oui, les conseillers et moi-même, du moins, les deux conseillers de mon grand frère ici présents ont pensé à quelque chose vous concernant. »

 

« Si c’est au sujet de me faire devenir soldate de Traslord, je préfère décliner aussitôt la proposition. Je suis plutôt du genre à être libre comme l’air. »

 

« Non, non, voudriez-vous bien me laisser parler ? Cela est assez perturbant mais dans le fond, c’est la meilleure idée actuelle et je ne peux que l’approuver de la part de mes deux conseillers. Ils ont très bien réfléchit à tout cela visiblement. »

 

« De quoi est-ce que vous parlez ? Quand vous êtes aussi sérieux et que vous dites que c’est perturbant, ca l’est vraiment de votre part. »

 

Oui, elle était sûre qu’elle n’allait pas apprécier cette idée, elle ne savait pas comment l’expliquer. L’instinct féminin ? Ah ! Il était temps qu’il se réveille en fin de compte non ? Peut-être qu’un jour, elle pourrait être une véritable femme… Enfin, ce n’était pas pour maintenant non plus visiblement.

 

« … … … … … Hum, comment dire … Mes conseillers pensent que vous confiez mes deux médaillons est une bonne solution mais à une seule condition. »

 

« Ah ? Vous êtes sûr de cela, prince Royan ? Vous voulez enfin me confier les médaillons ? A voir votre tête, vous ne semblez guère réellement ravi, je tiens à le signaler. »

 

« Disons que la condition risque de ne pas forcément vous plaire d’un autre côté. »

 

« … … Ne tournez plus autour du pot, vous me faites vraiment peur, maintenant. »

 

« Et bien, tout est très simple en fin de compte. » dit l’un des deux conseillers alors qu’il reprenait aussitôt la parole : « Comme la vie du prince Royan n’est plus très sûre actuellement, nous aimerions que vous vous rendiez avec lui dans le royaume qui est allié avec nous depuis la nuit des temps. Là-bas, il sera en sécurité avec vous, nous l’avons très bien vu. » termina le conseiller alors qu’elle s’écriait aussitôt :

 

« Encore ?! Mais vous pensez vraiment que je suis faite pour ça ? Je n’ai pas pour habitude d’avoir une personne pour m’accompagner ! »


Elle mentait légèrement, s’imaginant souvent refaire ses aventures avec Tery mais bon… Elle n’avait pas vraiment envie d’avoir à nouveau le prince dans les pattes.

 

« Les médaillons de nos alliés ont une chance d’être pour vous en vue de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Nous pensons que vous êtes la plus à même de pouvoir gérer tout ceci. »

 

« Mais mais mais … Et le prince dans cette histoire ? Et votre peuple ? »

 

« Nous ne signalerons pas la disparition du prince mais plutôt ses intentions. Cela sera assez dangereux mais nous ne pouvons pas laisser le peuple sans nouvelles. »

 

« Ce que je veux dire, c’est comment le peuple va être dirigé sans le prince ? »

 

… … … Elle avait l’impression d’avoir mis un froid à la discussion, ce qui n’était pas pour lui déplaire car elle n’avait pas réellement envie d’avoir le prince avec elle. Pourtant, l’adolescent comme les deux conseillers ne semblaient pas perturbés par tout ceci.

 

« Ne vous en faites pas pour cela, il n’y aura aucun problème. Notre royaume n’est pas une monarchie réellement à la base. »

 

Pas une monarchie réellement ? Le prince n’était pas réellement le prince ? Elle regarda l’adolescent avec ses yeux bleus comme les siens. Le prince ne semblait avoir aucun problème avec les paroles des conseillers. D’accord… C’était vraiment perturbant.

 

« Et ce royaume allié ? C’est celui de … Enfin de ces hommes-oiseaux qui vivent dans cette ville dans les nuages ? C’est bien cela ? »

 

« C’est exact, le royaume de Claudiska est notre allié et est celui qui domine les airs depuis des millénaires. Le corps des habitants leur permet de voler de nuages en nuages. Il y a même de nombreux nuages qui servent d’aire de repos pour les longues distances. Enfin, ce n’est pas à nous de vous faire un cours sur ce royaume. »

 

« J’aurais bien aimé dire que je dois réfléchir à la situation mais dans le fond, je n’ai pas vraiment le choix … Soit, j’accepte et je peux donc avoir ces médaillons avec moi. Soit, je refuse et ces médaillons ne viendront jamais dans mes mains alors. » dit-elle sur un ton neutre bien qu’on sentait bien qu’elle était assez mécontente de la tournure des évènements.

 

« Pardonnez-moi mademoiselle Neel, c’est moi-même qui ait proposé cette idée à nos conseillers et ils sont déjà deux à avoir accepté. Les conseillers des autres parties du royaume de Traslord ne tarderont pas à accepter cette proposition, je le pense. » répondit le prince alors qu’elle le regardait avec un petit air effaré.

 

Co… Comment ? C’était vraiment le prince qui avait fait cela ? Mais pourquoi ? Il se sentait plus en sécurité auprès d’elle qu’avec des dizaines voir des centaines de gardes ? C’était une blague, n’est-ce pas ? Non, le regard du prince était sérieux, terriblement sérieux… Et zut !

 

« Et quand est-ce que l’on doit partir vers Claudiska ? »

 

« Dans deux à trois jours normalement. Nous devons préparer quand même son départ et lui permettre de communiquer avec son peuple. De même, il nous faut prévenir Claudiska de l’arrivée du prince sur leurs terres. »

 

« D’accord … D’accord … J’ai compris. Je vais me préparer pour les prochains jours alors. »

 

Elle disait cela avec une certaine monotonie avant de demander si elle pouvait quitter la salle du trône. Le prince accepta, la jeune femme partant sans un autre mot. Lorsqu’elle ne fut plus là, l’adolescent aux cheveux bleus se tourna vers ses deux conseillers :

 

« Cela ne pose véritablement pas de problèmes, n’est-ce pas ? »

 

« Au sujet de votre départ ? Non, ceci est la meilleure solution à l’heure actuelle. Nous ne pouvons pas vous garder plus longtemps en sécurité et plus vous aurez de distance avec Shunter, plus vous serez protégé. Quand à cette personne masquée, elle a montré plusieurs fois que ce n’était pas qu’une question de médaillons au sujet de ses agissements. »

 

« J’ai donc fait le bon choix, n’est-ce pas ? … Pour l’enterrement de mes deux frères, je vous laisse faire des célébrations royales… Si vous le pouvez, envisager des cercueils de glace éternelle pour eux. Il ne faut pas que leurs corps soient altérés par le temps… Comme pour mes deux parents. Je vous en remercie. »

 

« Nous le ferons dans les plus brefs délais. Pensez-vous avoir le temps d’assister à la cérémonie pour vos deux frères ? »

 

« Je ne sais pas … Il faut tout préparer en … Non. C’est bon. J’y serais. »

 

Il disait cela avec une étrange monotonie, le regard légèrement baissé vers le sol tandis que les deux conseillers se jugeaient du regard. Il valait peut-être mieux arrêter maintenant…

 

« Nous allons vous laisser seul si cela ne vous dérange pas, prince Royan. »

 

« Faites donc … Je me dois de … réfléchir à ce que je vais prononcer dans les prochains jours. Merci pour tout ce que vous avez fait. »

 

Les deux conseillers s’éloignèrent et quittèrent la salle, Royan s’adressant maintenant aux gardes sur le même ton qu’auparavant :

 

« Vous pouvez vous retirer aussi… Restez près de la double porte si vous avez peur au sujet de ma sécurité … bien que cela ne soit plus autant nécessaire. »

 

« Comme vous le désirez, prince Royan. » annoncèrent les gardes.

 

Voilà … Quelques minutes plus tard, il était seul, complètement seul dans cette salle gigantesque où plus un bruit ne se faisait entendre à part sa propre respiration. Accoudé sur l’un des bords du trône de son frère, il avait une main posée sur son front et ses cheveux, ses yeux semblant complètement vides d’émotion. Il n’avait plus rien …

dec 30

Chapitre 28 : Idées opposées

Chapitre 28 : Idées opposées

 

« Comment est-ce que vous avez su que le prince Royan se trouvait ici ? »

 

« Hum ? C’était pourtant si simple… Il n’y avait que de rares endroits où il pouvait se cacher. Il était hors de question qu’il revienne dans son palais, complètement vidé et surtout près du royaume de Shunter. De l’autre côté, il ne pouvait pas rester dans cette partie du royaume et surtout sur l’île principale puisqu’il n’aurait aucune issue. Il ne restait plus que la voie des airs et le palais de son grand frère Sammy. De même, cette partie est très proche de leurs alliés… Ah, les hommes-oiseaux, des êtres très intelligents en fin de compte. »

 

Qu’est… L’un des conseillers avait fait apparaître des lignes bleues sur sa main, une sorte de rapière entièrement faite de glace arrivant dans sa main gauche. Sans même crier, il s’était mis à courir vers l’être masqué de blanc et armé de son canon. Avant que le coup ne vienne l’atteindre, celui-ci se retourna, pointant son arme en direction de la tête du conseiller. L’homme tenta tant bien que mal de parer avec son épée bien que pris par surprise mais son épée se brisa alors que sa tête fut tout simplement retirée du reste du corps du conseiller qui tomba au sol, mort sur le coup.

 

« Hum… C’est bizarre. Je pensais que mes arcs électriques vous maintiendraient un peu au sol mais visiblement, ce n’est pas le cas. Vous semblez ne pas vous en soucier. Changement de plan alors. » répondit l’être encapuchonné et masqué de blanc comme elle.


Il tendit sa main libre en direction des conseillers, du prince et des soldats, les arcs électriques disparaissant pour laisser place… à rien ? Cela sentait le piège à plein nez et pourtant… Un soldat s’approchait avec lenteur pour venir aider avec Elen avant de pousser des cris de douleur. Son bras droit avait été soudainement tailladé de partout mais il souriait tout en gémissant de douleur après quelques secondes. Il revenait de reculer, la conseillère s’approchant de lui avant de faire apparaître un filet d’eau verte entre ses mains. L’eau vint s’écouler le long du bras du soldat, refermant ses blessures bien que des marques étaient toujours présentes sur celui-ci. Il le souleva, serrant les dents mais remercia la conseillère avant de dire d’une voix lente :

 

« Des murs de vent… Enfin… De quoi nous empêcher de partir… »

 

« Bonne tactique, bonne tactique ! Mais ça ne sera pas suffisant ! Par contre, qui est responsable de la mort de mes deux compagnons ? Toi ? L’être travaillant pour l’Oracle ? Ou alors tout simplement ce foutu prince. »

 

« Comment osez-vous l’appe… »

 

« Pas de chance malheureusement. » dit le prince sans pour autant émettre une émotion. Il reprit : « Nous avons fait la moitié du travail chacun. Celui qui est mort dans les jardins est de moi-même tandis que celui qui a tenté de me tuer est de la part de cette personne. »

 

« Oh ! Je vois, je vois ! Merci de m’avoir prévenu… Ca sera donc la peine capitale pour vous deux : C'est-à-dire… La mort. » répondit l’être masqué alors qu’elle avait commencé à faire apparaître son arc entre ses deux mains.


Elle allait lui coller une flèche entre les deux yeux… Enfin… Elle espérait… Car il devait cacher encore sa magie réelle… n’est-ce pas ?

 

Hum… Elle était capable de faire apparaître son arme de base ? Car oui, il était impossible de cacher une telle chose aussi facilement… Et c’était donc une très bonne surprise qu’elle venait de lui offrir même si il y avait une chance qu’elle ne comprenne pas ce qu’elle venait de faire… Héhéhé…

Il pointa son canon en direction du sol entre eux deux, visant celui-ci alors qu’un nouveau boulet sortait de son arme. Le boulet frappa le sol, créant une vague de terre qui se souleva pour aller s’abattre sur Elen. La jeune femme n’avait pas la possibilité de s’enfuir, seulement de subir puisqu’importe le chemin qu’elle aurait pris, la vague l’aurait quand même touchée.

 

Quand la vague de terre disparue du sol, la jeune femme aux cheveux blonds était recouverte de terre, un peu chancelante alors que l’être masqué en face d’elle semblait amusé par la situation. Très amusé même d’après le regard qu’il lui portait à travers son masque.

 

« C’est donc cela un émissaire de l’Oracle ? Je ne pensais pas que ça tiendrait aussi peu. »

 

Pour toute réponse, elle venait bander son arc, faisant apparaître une flèche alors que des lignes blanches parcouraient ses deux mains pour insuffler sa magie dans son arme. Quelques instants plus tard, la flèche partit en direction de l’homme encapuchonné, celui-ci posant une main au sol pour faire apparaître un mur de terre d’un mètre de longueur sur deux mètres de hauteur. La flèche vint se planter dans le mur alors que l’homme marchait tranquillement à côté comme si de rien n’était.

« J’avoue être assez déçu au final… Je m’attendais à beaucoup mieux en fin de compte. »

 

« … … … … … »


Elle ne devait pas lui répondre, ça ne servait à rien de s’énerver ou de s’emporter contre une telle personne. Le souci, c’est qu’elle était déjà en train d’utiliser son arme alors que lui-même semblait simplement s’amuser avec son canon. Canon, qu’il recommença à utiliser en direction de la jeune femme masquée de blanc.

 

Cette fois-ci, il était hors de question de se laisser faire ! Elle pointa son arc vers le boulet, faisant apparaître une flèche qui s’enflamma aussitôt avant d’aller percuter le boulet. Une forte explosion se produisit tandis que trois flèches partirent en même temps, toutes chargées d’électricité, des arcs virevoltant autour des projectiles.

Elle entendit un cri de douleur à travers la fumée qui s’était crée après l’explosion du boulet, signe qu’elle venait de correctement toucher l’homme masqué. Lorsque la fumée disparue, une petite flaque de sang s’était formée alors qu’elle voyait que l’une de ses flèches s’était plantée au niveau de la hanche gauche de l’homme… Car oui, elle en était certain maintenant, c’était bien un homme puisqu’il avait fait tombé sa cape. Celle-ci était même trouée alors que deux des flèches s’étaient plantées dedans. Il ne semblait pourtant pas furieux à cause des blessures qu’elle venait de lui causer. Non, il semblait même trouver cela assez drôle… Pourtant, elle n’arrivait pas à voir ce qu’il y avait de très drôle dedans. Elle allait devoir se méfier encore plus de lui… Ah… Et les soldats ainsi que les deux conseillers et le prince ? Ils allaient bien… heureusement pour elle.

 

« Tu préfères ne pas parler pour rester concentré ? Libre à toi. »

 

Elle s’apprêtait déjà à tirer une nouvelle flèche parcourue d’électricité mais l’être masqué de blanc fit apparaître un cimeterre dans sa main droite, ayant laissé tomber son canon. Déjà, des lignes blanches se présentaient le long du bras de l’homme qui tenait le cimeterre avant qu’il ne fasse un petit mouvement avec sa lame. Des flammes se présentèrent, traçant une ligne sur le sol en direction d’Elen qui l’esquiva d’un air légèrement anxieux.

 

« Pourquoi voulez-vous ces médaillons ? » demanda t-elle d’un ton neutre.

 

« Et pourquoi veux-tu ces médaillons, personnellement ? » répliqua t-il aussitôt.

 

« Car l’Oracle me les as demandés. » murmura la jeune femme aux cheveux blonds.

 

« Car le roi de Shunter me les as demandés. » dit-il à nouveau sur un ton monocorde.

 

« Et pourquoi est-ce que vous voulez ces médaillons ?! Pourquoi est-ce que le roi a besoin de ces médaillons ? » dit-elle sur un ton qui se voulait calme et serein.

 

« Sûrement pour la même raison que l’Oracle. Il te l’a sûrement expliqué non ? »

 

Non… il ne lui avait jamais expliqué pourquoi elle devait récupérer ces médaillons. Elle savait tout simplement qu’elle devait le faire. Elle n’avait rien… comme idée en tête… Ah… Non… Comment dire… Elle ne devait pas montrer qu’elle n’en savait rien.

« Visiblement, certaines personnes omettent de prévenir leurs larbins de leurs réels objectifs. » vint dire l’homme alors qu’elle reprenait aussitôt :

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

 

« Oh ! Tu n’auras qu’à lui poser la question personnellement… si tu restes en vie d’ici là. » répondit-il avant de courir vers elle, tenant son cimeterre entre ses deux mains.


Il n’avait plus mal à la hanche ? AH ! ZUT ! Elle devait se défendre ! Son arc disparu alors qu’elle reprenait ses deux dagues, parant le coup de cimeterre en croisant ses deux armes.

 

« … … … … … Dommage que cela soit une mauvaise qualité, n’est-ce pas ? »

 

Hein ? AH ! Elle entendit plusieurs craquements alors qu’elle faisait aussitôt un saut en arrière. Ses dagues ! Elles s’étaient fissurées ! Pourtant, depuis le début, elle les utilisait… Comment cela se faisait-il que ses armes soient aussi fragiles ?!


Cela devenait vraiment problématique ! L’homme masqué de blanc semblait réellement jouer avec elle. D’habitude, elle n’était pas aussi faible que cela non ?! Ou alors la différence de puissance habituelle… était seulement à cause de son masque blanc ? Est-ce qu’elle était… toujours aussi faible en fin de compte ? Sans son masque ? Et maintenant, c’était l’expérience du combat qui jouait sur ce dernier ? Et il était de loin… plus fort qu’elle ?

 

Hors… Hors de question ! Tery avait réussi à la battre mais c’était simplement car il avait de la volonté ! Il avait désiré la battre et c’était pour cela que son masque… s’était brisé. La jeune femme s’était mise à courir vers l’homme au masque blanc, murmurant :

 

« Dès l’instant où ton masque éclatera, cela sera considéré comme une défaite ! »

 

« L’inverse est tout aussi crédible et réalisable, n’est-ce pas ? Si ton masque blanc tombe, tu peux considérer que le combat est terminé… »

 

« Il ne tombera pas ! JAMAIS ! » hurla t-elle avec une légère colère.

 

Une personne avait vu son visage, c’était déjà largement assez ! Et contrairement aux autres, cette personne lui était quand même importante ! Mais… Mais… Il était hors de question que quelqu’un d’autre ne voit son visage… HORS DE QUESTION ! Sa dague droite rencontra à nouveau le cimeterre de l’homme alors qu’elle poussait un petit cri de surprise

Sa… Sa dague venait de tomber en morceaux alors que l’homme semblait sourire sous son masque blanc. D’un geste ample, le cimeterre vint tracer une diagonale sur le corps d’Elen, celle-ci ne bougeant que trop tard. Une ligne déchirée apparue sur ses deux capes, une ligne qui se tacha de sang alors qu’elle posait un genou au sol. Son… Son propre sang… Ah… Ah… A force de parcourir et avec son masque… Ah non…

 

« On dirait qu’une certaine personne n’est pas habituée à recevoir des blessures. »

 

Un petit pic de glace se planta dans le dos de l’homme, le faisant se pencher en avant sur la surprise. Qu’est-ce que… Il se retourna pour apercevoir la main veinée de bleu du prince Royan. Il avait réussi à créer un pic assez résistant pour passer outre le barrage électrique qu’il avait crée ? Tsss !

 

« Vous ne perdrez rien pour attendre, cher prince ! Soyez un peu patient, ce n’est pas encore l’heure pour vous de disparaître malheureusement ! »

 

« … … … … Peut-être que ce n’était pas pour vous blesser que j’ai fait cela ? Je pensais avoir affaire à plus d’intelligence de la part d’un assassin envoyé contre ma personne. »

 

« Encore en train de parler sur ce ton des plus irritants hein ? »

 

« Je… Je… Je confirme… Moi-même, il me fatigue ! »

 

Hein ? La jeune femme masquée s’était redressée aussitôt, l’homme se retournant avec deux secondes de retard. Deux secondes qui allaient causer sa perte ! La seconde dague fissurée pénétra dans la peau de l’homme au niveau du ventre tandis qu’elle restait complètement de marbre émotionnellement. Avec ça, elle venait de remporter la victoire ! Du sang s’écoula du masque blanc de l’adversaire, celui-ci murmurant :

 

« Bien… Une tactique de diversion… Il fallait s’en douter. Je ne suis pas vraiment à mon avantage quand je suis seul face à plusieurs adversaires…  Mais bon… Ce n’est pas vraiment dramatique non plus hein ? Dommage, mais tu as fait l’erreur de te rapprocher de moi ! »

 

Il venait subitement serrer la jeune femme contre lui de sa main libre, la dague s’enfonçant encore plus dans son ventre  sans que cela ne semble lui poser un problème.

 

… … … … … C’en était terminé ? Elle n’osait pas relever son regard, elle tournoyait juste sa dague à l’intérieur, des hurlements de souffrance se faisant entendre. OUI ! Elle savait qu’elle venait de gagner ! Elle en était sûre et certaine ! Elle allait juste le faire souffrir encore un peu avant de lui donner le coup de grâce !

 

« Qu’est-ce que… »

 

Elle… Elle… Sans même le remarquer la lame du cimeterre venait de se planter le long de son dos, lui faisant cracher du sang à travers son masque alors qu’elle arrêtait de tenir son arme. Elle recula en chancelant, ne sachant pas quoi dire tandis qu’elle apercevait l’homme masqué en face d’elle. Ah… Ah… Ah… Qu’est-ce…

 

« Saleté… Ca ne devient plus vraiment amusant sur ce coup ! Me faire utiliser mes lignes de Zélisia dans un combat aussi pathétique… Et pour une mission aussi banale que l’assassinat d’un prince… Je vais te le faire regretter ! »

 

Aussi banale… Une mission aussi banale ? C’était juste banal pour lui de tuer des personnes ?! Il n’avait aucun remord à faire ça ?! Elle ne pouvait pas observer sa blessure dans le dos, tout ce qu’elle savait, c’est qu’en vue du sang sur le cimeterre, c’était loin d’être une bonne chose. AIE… Elle serra les dents avant de dire :

 

« Tu trouverais ça amusant de tuer des personnes qui n’ont rien fait ?! »

 

« Allons, ne me fait pas la morale, tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas comme si ce n’était pas… normal vu ce que l’on est… Toi et moi, nous avons les lignes de Zélisia, des lignes qui nous mettent au-dessus des autres. Nous sommes faits pour régner sur les autres mais cela, tu n’arrives pas à le comprendre. »

 

« Je n’ai jamais eut de telles idées ! Elles sont complètement absurdes ! »

 

« Et qu’est-ce que tu penses que l’Oracle veut faire avec ces médaillons ? Peut-être qu’en fin de compte, tu te trompes lourdement sur lui. »

Elle ne laisserait pas le doute s’immiscer dans son esprit ! Il en était hors de question ! Maintenant, elle était haletante tandis qu’elle voyait l’homme retirer sa dague de son corps. Du sang s’écoula en quantité de la plaie crée avant qu’il ne pose sa main sur sa blessure, celle-ci se refermant bien qu’il ne semblait pas aller mieux.

 

« Vois-tu le problème ? C’est que contrairement à toi, je réfléchis à mes attaques. Refermer une blessure dorsale, ce n’est pas possible au niveau que tu es… Il faut bien plus d’entraînement… Si je t’avais attaqué de face, cela aurait été assez facile… comme pour moi héhéhé… mais malheureusement, ce n’est pas le cas… Je vais en terminer avec toi car tu es vraiment dérangeant comme adversaire. »


Dérangeant ? Elle était dérangeante, c’est ça ? Et l’Oracle ne pouvait pas… Elle écarquilla les yeux de surprise alors qu’un pieu de glace bien plus grand pénétra dans le dos de l’homme masqué de blanc, rentrant à l’intérieur bien plus profondément qu’auparavant.

 

… … … … Les soldats encore vivants ainsi que les deux conseillers… et le prince ? Ils venaient de l’aider ? L’homme serra les dents, se retournant avec furie avant de s’écrier :

 

« Je crois que je ne vais pas attendre ! »

 

« La prochaine fois, essayez de ne pas dévoiler vos faiblesses devant les autres. » répondit le prince avec neutralité sans réellement se soucier de l’énervement de l’homme.

 

« C’est moi que tu dois combattre ! » hurla Elen tout en envoyant une simple boule de feu en direction de l’homme masqué, celui-ci se retournant pour la stopper d’un geste de la main. Quelques instants plus tard, des arcs électriques furent projetés en direction d’Elen, celle-ci ne pouvant guère les éviter.

Elle poussa un cri de douleur, s’écroulant sur le dos alors que le prince avait les yeux grands ouverts. Elle… Elle s’était faite… électrocutée aussi… facilement que ça ? Co… Comment ? L’homme au masque blanc tourna son visage vers le prince, les soldats et les deux conseillers, souriant sous son masque.

 

« Dommage… Mais maintenant, il n’y aura plus personne pour vous sauver. La destruction ne tardera plus trop. Il ne reste plus que de rares médaillons qui ne sont pas encore à notre disposition. » dit-il alors qu’il s’approchait d’Elen, reprenant la parole : « Je vais lui retirer son masque… Il semblait être plus puissant que le mien, cela m’a étonné. Je pensais qu’ils étaient tous fait dans le même matériau… mais visiblement… »

 

Ce n’était pas le cas. Il était à la hauteur d’Elen, prêt à lui prendre son masque alors que la jeune femme aux cheveux blonds ne bougeait plus. Puis subitement, lorsqu’il fut à sa portée, sa main tendue vers son masque, un pieu fait de terre sorti du sol pour venir percuter le masque blanc de l’homme. Il hurla de douleur et de surprise tout en reculant, Elen se relevant avec un peu de difficultés, haletante mais véritablement heureuse :

 

« La prochaine fois, tu éviteras de t’approcher d’une personne sans vérifier qu’elle est morte au préalable ! Surtout pendant un combat ! »

 

« PETITE GARCE ! Je vais t’exploser ! Je vais… »

 

L’homme s’arrêta, un bruit de fissure se faisant entendre alors qu’Elen exultait de joie intérieurement. Elle n’était pas peu fière de la technique utilisée contre cet homme… Pour une personne qui ne la connaissait pas du tout, l’effet de surprise avait joué. Mais surtout, la technique utilisée… n’était nulle autre que celle de Tery.

 

« Merci pour tout… Tery… Sans toi… Je… »

 

« Je vais… Je vais… Je vais te tuer ! Qu’importe la mission ! Je vous élimine tous et je ramènerai vos corps ainsi que les médaillons ! »

 

Sauf que son masque blanc venait de tomber en morceaux, dévoilant le visage d’un homme d’une trentaine d’années aux yeux bruns. Il avait un léger bouc qui allait avec sa moustache, le faisant vieillir plus qu’il ne l’était. De même, ses cheveux noirs lui donnaient une allure plus guerrière, partant un peu partout alors qu’il saignait légèrement du front.

 

« Tu ne peux plus rien faire maintenant que ton masque est détruit. »

 

« C’est ce que l’on va voir ! »

 

Mais il savait parfaitement qu’elle avait raison. Il ne ressentait plus du tout son énergie habituelle… Ses capacités à utiliser sa magie… Oh il avait de l’expérience mais cette femme avec son masque blanc était au-dessus de lui à l’heure actuelle.

 

« … … … Hum. Il est l’heure pour moi de disparaître mais je te promets que je te le ferais payer un jour ! » reprit-il sur un air convaincu.

 

« Si tu restes en vie d’ici là… Je ne suis pas du genre à laisser mon adversaire partir. »

 

Elle avait fait apparaître son arc, sachant parfaitement que maintenant, son adversaire n’était plus aussi impressionnant qu’auparavant. L’homme ne semblait même pas surpris, simplement amusé… encore une fois ? Malgré sa défaite ?

 

« Je vois … Je vois … L’Oracle n’est vraiment pas si différent du roi en fin de compte. Il choisit très bien ses envoyés. »

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

 

« Oh… Tu verras très bien en temps et en heure ! Tues-toi si tu en es capable ! »

 

Elle n’aurait aucun problème à cela. Elle banda son arc, une flèche apparaissant avant qu’elle ne détende l’arme. La flèche fonça en direction de l’homme, celui-ci faisant un petit mouvement tardif sur le côté, la flèche se plantant dans son épaule droite. Il poussa un cri de douleur, semblant presque s’évanouir bien que du sang sortait de sa bouche. Il… Il continuait à sourire ?! Ca l’amusait tant que ça ?! Elle bandait à nouveau son arc, prête à tirer une nouvelle fois alors que l’homme reprenait :

 

« C’est tout ce que je voulais savoir, héhéhé… Bien…Dommage pour toi mais ce n’est pas maintenant que tu pourras me tuer ! »

 

Dans sa main droite, il venait de faire apparaître une boule de feu. Dans l’autre, une sphère aqueuse. Qu’est-ce qu’il allait faire ?! Elle restait sur ses gardes mais elle vit les deux mains se rejoindre, provoquant un imposant nuage de fumée au moment où les sphères se rejoignirent, la forçant à fermer les yeux tout en surveillant les alentours.

 

Pourtant, lorsque la fumée disparue, plus aucune trace… Sauf celle du sang sur le sol. Dommage pour lui, il n’allait pas pouvoir lui échapper ! Pourtant, elle ne vint pas à sa poursuite, se disant que l’homme avait sûrement déjà pris la poudre d’escampette et cela à une vitesse bien plus grande que la sienne malgré son état. Et puis…

Elle était blessée dans le dos et maintenant que le combat était terminé, elle sentait sa blessure lui faire atrocement mal. Elle posa un genou au sol, gémissante de douleur tandis qu’elle apercevait le prince et les autres. Ils allaient bien… n’est-ce pas ? Alors tant mieux… Un jour… Si elle pouvait revoir Tery, elle allait devoir sérieusement le remercier… Car sans lui encore une fois… Elle n’aurait pas survécu.

dec 23

Chapitre 26 : Dans les nuages

Chapitre 26 : Dans les nuages

 

«  … … … … … »

 

Elle n’avait pas décroché un mot depuis le début du voyage. Malgré le fait que le prince ou le pêcheur tentaient de communiquer avec elle, elle restait complètement muette. Elle ne pouvait pas oublier ce que l’adolescent aux cheveux bleus avait fait. C’était peut-être puérile comme réaction et sûrement exagérée mais elle avait toujours vécu avec son masque alors…

… … … … … Et même si le prince semblait faire un effort surhumain pour tenter de se montrer agréable, elle ne marcherait plus dans ses combines. Il en était hors de question ! Il avait fait une chose abominable et sa confiance ne sera jamais rétablie !

 

« Votre ami est quand même très bizarre, ça fait plus d’une journée… »

 

« Ne vous en faites pas, il parlera lorsqu’il le désirera, ce n’est pas un souci. Mais dans combien de temps est-ce que nous arriverons ? »

 

« Hum… Ma foi, je dirais que nous arriverons d’ici demain en pleine soirée. Suffit juste de dormir une journée ou de rester éveillé si vous le désirez, prince Royan. »

 

« Si cela concerne les tours de garde pour éviter que les poissons ne viennent attaquer le bateau, je m’en occupe. » répondit Elen en se tenant derrière eux, un arc dans les mains.

 

« Ah ! Ca serait bien sympathique de votre part, mon petit gars ! » dit le pêcheur avec un léger sourire, un peu soulagé de savoir que l’être encapuchonné et masqué venait de parler.

 

« Et bien alors… Si tout est décidé, ce voyage se déroulera sans problèmes. »


Elle ne répondit pas aux propos du prince, décidant de l’ignorer totalement alors qu’elle se plaçait près du bord du bateau, se mettant assise contre ce dernier. Elle allait rester là et surveiller le tout…

 

Des heures s’écoulèrent, la nuit arrivant alors qu’elle observait le ciel puis la mer en se redressant sur le bateau. Elle avait été tellement choquée et énervée par le comportement du prince que son léger mal s’en était retrouvé complètement inexistant.

 

« Est-ce que je peux vous parler, mademoiselle Neel ? »

 

Elle ne répondit pas au prince, celui-ci étant debout sur le pont tandis que le pêcheur était à l’autre bout du bateau pour le manœuvrer, l’empêchant d’entendre la conversation. Elle ne voulait pas lui adresser la parole, pas le moins du monde.

 

« Je comprends que vous m’en vouliez… Mais je voulais vous montrer à quel point ce n’était pas important de porter un masque sur son visage… qu’importent les pouvoirs qu’il donne. »

 

Pas important ?! Pas important ?! Elle se retenait… Elle se retenait pour ne pas utiliser l’arc contre lui… Mais… Mais… Mais… Elle devait se calmer… Et puis, ça ne servait à rien de s’énerver, à rien du tout… Elle… Elle… Ne pas… Pas réagir comme ça… Elle voulait simplement se trouver en face de Tery à ce moment précis, c’était tout ce qu’elle voulait.

 

« Voulez-vous bien m’adresser la parole ? Je n’aimerais pas vous l’ordonner. »

 

« Me l’ordonner ? Vous n’êtes pas mon prince, je ne suis attachée à aucun royaume alors je n’ai pas à vous obéir. Je l’ai fait simplement car je ne voulais pas en arriver à un cas extrême alors vous me faites bien rire ! Vous saviez parfaitement que je ne voulais pas faire cela ! »

 

« Je le savais parfaitement… et je le reconnais… Mais je n’ai jamais voulu vous faire souffrir. Ca vous fait autant de mal que ça de retirer votre masque ? »

 

« Je ne veux plus vous adresser la parole… Même si… C’est malpoli… Vous ne pouvez pas comprendre ce que représente ce masque pour moi. »

 

« Je veux bien essayer de comprendre si vous me l’expliquez. »

 

Pffff ! Non. Elle n’avait pas envie de s’expliquer, pas avec lui. Pas avec son caractère froid et manipulateur. Elle ne lui répondit pas, restant sur ses gardes au cas où un poisson plus gros que les autres apparaitrait.

 

… … … Cela faisait déjà deux heures et le prince n’avait pas bougé. Persévérant non ? Il voulait vraiment savoir ce que ce masque représentait pour elle ? Pfff… Seul Tery avait vu son visage mais lui, il n’avait pas cherché à comprendre car il s’en fichait pas mal.

 

« … … … … … Ca fait presque neuf à dix ans que je porte ce masque en permanence sur mon visage quand je me déplace. »

 

« Neuf à dix ans ? Vous semblez assez… jeune donc vous le portez depuis que vous êtes enfant, c’est cela ? C’est vraiment… surprenant. »

 

« C’est ainsi et ça ne changera jamais. Ce masque est comme une seconde peau… Comme l’est ma cape… C’est pourquoi je ne me présente jamais sans mon masque et sans ma cape… Car j’y suis habituée et puis… »

 

« Vous avez peur du regard des autres, que les autres voient ce que vous êtes réellement. »

 

« Ce n’est pas ça du tout ! N’essayez pas de comprendre avec votre psychologie ! »

 

« Je ne cherche pas à vous comprendre, je ne fais qu’une remarque. Est-ce que… Tery a déjà vu votre visage ? Je vous pose cette question car vous semblez lui accorder une importance toute relative et cela ne m’étonnerait pas que vous ayez accepté pour lui. »

 

« Je n’ai jamais accepté ! Mon masque est tombé en morceaux parce que nous nous sommes combattus ! Ne faites pas semblant de savoir alors que vous ne savez rien du tout ! »

 

« Combattus ? » demanda t-il sur un ton neutre bien qu’il haussait légèrement un sourcil.

 

« Taisez-vous ! Je vais ailleurs !  Je ne veux plus vous parler ! »

 

Elle s’éloigna avec un peu de colère dans la voix, le prince Royan haussant les épaules tout en murmurant qu’elle était vraiment bizarre comme femme… Plus que bizarre même…

 

Lorsque une nouvelle journée s’écoula et qu’ils étaient aux abords d’un port assez peu imposant, le pêcheur signala au prince et à l’être encapuchonné qu’ils étaient bientôt arrivés et qu’il allait devoir les abandonner ici.

 

Lorsqu’ils descendirent du bateau, le prince se cacha dans la même cape qu’auparavant, demandant à Neel de bien vouloir le suivre alors qu’ils saluaient le pêcheur. Sans rien répondre, la jeune femme s’était mise à le rejoindre alors qu’elle observait les environs.

 

« Ils ne sont pas encore au courant visiblement… Bon… Maintenant que vous êtes en sécurité, est-ce que vous pouvez me confier vos deux médaillons ? Je crois que j’en ai assez fait pour vous et j’aimerais continuer ma route si ça ne vous dérange pas. »

 

« Cela me dérange légèrement car je ne suis pas encore à l’abri. »

 

« Ah oui ? Et pourquoi ça ? Il n’y a personne ici et je dois vous avouer qu’avec votre caractère, je n’ai VRAIMENT pas envie de rester avec vous plus longtemps. »

 

« … … … Soit, je vois ce que vous voulez dire mais j’ai encore besoin de vous. »

 

« Donnez-moi une véritable raison qui soit d’ordre personnelle pour que je vous suive. »

 

Elle s’était placée en face de lui, le regardant longuement à travers son masque blanc. Elle en avait plus qu’assez de l’adolescent et elle le lui disait clairement. Celui-ci semblait réfléchir, semblant vouloir dire quelque chose avant de se rétracter.

 

« … … … … … Vous me détestez, n’est-ce pas ? » dit-il d’une voix lente alors qu’elle poussait un profond soupir. Il n’allait pas jouer sur cette carte n’est-ce pas ?

 

« Désolée mais la pitié ne marche pas avec moi. Je ne veux pas de ça et il fallait y réfléchir avant. Ce n’est pas en me parlant ainsi, en faisant vos coups dans le dos et en essayant de vouloir me connaître après vos manipulations, que vous allez me faire venir de votre côté. »

 

« J’ai vraiment besoin de vous … Je dois me rendre dans le palais de mon frère mais je ne peux pas y accéder aussi facilement que ça. »

 

« Et pourquoi cela ? » dit-elle d’une voix lente alors qu’il désignait un point dans le ciel.

 

« Car il faut que nous aillons dans les nuages… »

 

Dans les nuages ? Elle observa le point… avant de rester bouche bée. Comment c’était possible ? Elle voyait plusieurs bateaux en train de voler… Oui… Oui… Les bateaux étaient bien en train de voler comme si de rien n’était… Et cela au-dessus des bâtiments fait de pierre, chose bien différente par rapport aux autres.

 

« Il y a une explication raisonnable à tout ceci… ou… ou… Alors, je… »

 

« Nous sommes dans la troisième partie du royaume de Traslord… Celle qui donne une forme gazeuse à l’eau qui nous entoure. C’est aussi la partie du royaume en relation avec nos alliés millénaires, c’est pourquoi ce que vous voyez est quotidien chez cette partie du royaume. »

 

« … … … … D’accord, c’est tout ce dont j’avais besoin de savoir. »

 

« Vous voulez bien m’accompagner alors ? Je ne vais pas pouvoir me cacher très longtemps et donc, je compte me montrer aux gardes pour être emmené le plus rapidement. »

 

« Et qu’est-ce que vous comptez faire chez le palais de votre frère ? »

 

« Prendre quelques objets assez précieux et contacter nos alliés. »

 

Alors qu’est-ce qu’ils attendaient ? Elle l’emmenait au palais et ensuite, elle partait d’ici, comme ça, elle ne le voyait plus. Elle en avait assez. Ils marchèrent pendant plusieurs minutes, cherchant à trouver un bâtiment de l’armée de Traslord. Cela ne dura pas longtemps et dès le moment où ils pénétrèrent à l’intérieur, l’adolescent retira sa capuche, se montrant.

 

« Mais qu’est-ce… Prince Royan ?! Qu’est-ce vous faites ici ?! Nous avons appris par lettre que vous étiez tous morts et que… Ah ! Le peuple et les conseillers seront soulagés ! Vite ! Entourez moi cette personne masquée ! Il ne faut pas la lai… »

 

« Elle est avec moi ! Ne la touchez pas et ne lui faites rien de mal ! »

 

Il avait tout de suite haussé la voix, son ton impérial résonnant dans la pièce dans laquelle ils se trouvaient tous. Tout de suite, les trois soldats s’arrêtèrent dans leurs mouvements.

 

« Cette personne m’a sauvé la vie. Elle ne fait pas partie de ces êtres masqués qui ont essayé d’attenter à ma vie et qui ont réussi à retirer celles de mes deux frères. »

 

« Prince Royan, nous devons vous mettre en sécurité le plus rapidement possible. Nous… Nous sommes désolés pour vos frères, si seulement nous avions su plus tôt… »

 

« Ce n’est pas de votre faute, personne n’est réellement coupable de ce qui s’est passé sauf celles qui ont tué mes frères. Néanmoins, j’ai besoin que l’on m’emmène dans le palais de mon frère Sammy. Est-ce qu’il est possible de m’affréter un bateau ? »

 

« Cela sera fait dans l’heure qui suis, prince Royan ! »

 

« Tant mieux alors… Avez-vous un endroit où nous pouvons nous reposer ? »

 

Bien entendu ! Le soldat qui commandait aux autres leur signala de guider le prince et son ami dans la salle de repos. Oh, bien entendu, ils étaient plus que désolés de ne pas pouvoir donner mieux que cela mais il signala que ce n’était pas un souci. Assis l’un en face de l’autre, le prince et Elen ne disaient rien du tout, la jeune femme restant plongée dans son mutisme envers Royan

 

« Merci d’avoir accepté de bien vouloir m’aider et m’accompagner, Neel. »

 

« Je ne le fais pas de bonté de cœur contrairement à mes précédentes actions. Je n’oublierai pas ce que vous avez fait et ceci sera ancré dans ma mémoire à votre grand désespoir… si vous accordiez seulement un peu d’importance aux sentiments des autres personnes. » répondit-elle sur un ton neutre, sans quitter son visage des yeux alors que le prince soupirait.

 

« … Je n’ai jamais dit que je ne pensais pas aux autres personnes. Simplement, je considère qu’il y a des priorités dans mon existence et malheureusement, elles passent avant ma survie. Si je devais mourir pour une priorité, je le ferai. »

 

« … … … Vous êtes stupide. » dit-elle sur un ton neutre.

 

« Comment osez-vous vous adresser au prince de cette manière ?! »

 

Un des soldats, un peu trop zélé, s’était déjà approché d’Elen pour tenter de la soulever tandis que le prince se mettait debout en se positionnant entre elle et le soldat.

 

« Laissez cette personne tranquille, merci bien. Elle a quelques absences comportementales mais ce n’est pas de sa faute. »

 

… … … Elle n’allait pas lui répondre car elle n’avait pas envie de se disputer. Pourtant, elle avait terriblement… envie d’un autre côté, de lui mettre son poing dans la figure pour le faire taire. Et seuls les dieux savaient à quel point ça la démangeait.

 

« … … … … … Combien de temps allons-nous devoir attendre ? »

 

« Une à deux heures, prince Royan, j’en suis désolé. »

 

Et qu’est-ce qu’ils allaient faire pendant ces deux heures ? Rien du tout. Elle n’allait rien faire du tout et elle croisait les bras. Elle observait le prince, celui-ci ne bougeant pas d’un poil en face d’elle. Il essayait bien d’ouvrir la bouche pour lui parler mais à cause du regard qu’elle lui lançait, il semblait ne pas vouloir risquer quelque chose. Est-ce qu’elle était effrayante en fin de compte ? Déployait-elle un certain effroi ? Elle ne le savait pas du tout et s’en fichait pas mal sur le moment.

 

Les deux heures s’écoulèrent et tout de suite, une vingtaine de soldats entourait l’adolescent et la jeune femme encapuchonnée et masquée. Ils furent emmenés à ce qui ressemblait à une gigantesque galère, celle-ci ayant deux paires d’ailes… faites de plumes pour l’une et de tissu pour l’autre…  Mais elles étaient vraiment énormes ! Autant que la galère !

 

« Au moins… Pour la discrétion, c’est complètement loupée si vous voulez mon avis. »

 

« Nous préférons que le prince soit en sécurité pour sa venue dans le palais de son défunt frère. Les conseillers nous ont signalé de tout mettre en place. »

 

« Hum… Au moins, ils sont prévoyants. » dit-elle avec un peu d’ironie non-cachée tandis que le prince reprenait aussitôt d’une voix calme et lente :

 

« Nous pouvons y aller dès maintenant… Nous allons vous suivre. »

 

« Soit… Vous aurez votre propre cabine bien entendu, prince Royan. » répondit celui qui dirigeait les soldats alors que tous marchaient en direction de la galère.

 

Avec un peu de réticence, elle grimpa dessus, ayant suivi le prince et les soldats avant que le pont ne soit retiré. Le bateau s’envola peu à peu en même temps que les ailes battaient. Une seule interrogation parvenait dans sa tête à ce moment : Qu’est-ce que c’était que ce bateau ? Enfin plutôt… Comment il pouvait voler malgré ses ailes ?

 

« C’est la première fois que vous volez ? » demanda l’un des soldats.

 

« On va dire que dans le royaume de Traslord, j’ai eu beaucoup de premières fois visiblement… La première fois que j’ai prit un bateau… La première fois que je vole… La première fois que je vois un prince… Ca fait énormément de premières fois. »

 

« Hahahaha ! Je vois, je vois ! Ben profitez du voyage ! De toute façon, nous allons nous rendre au palais du prince Sammy. »

 

Tout de suite après cette phrase, le soldat arrêta de rire, le visage triste. Ah… Rien que l’idée même de penser au prince Sammy le mettait dans cet état. Pour éviter de rendre ce moment encore plus lourd, elle murmura :

 

« Vous voulez dire qu’il y a un château dans le ciel ? Sur les nuages ? »

 

« Exactement ! Sur les nuages ! Dans les nuages aussi ! Tout cela grâce à l’aide de notre allié qui nous a aidés avec sa technologie avancée grâce au soutien de quelques personnes de Mekalarma. »  répondit le soldat, un peu plus motivé.

 

« Cela doit être vraiment impressionnant… Enfin, je le pense… car je n’ai jamais été dedans… Mais comment tout cela fonctionne ? »

 

« Ah moi, j’en sais pas trop mais c’est tout un système de moteur ou je ne sais quoi… Y aussi une histoire de grande condensation avec des cristaux ou des choses du genre. »

 

« Vous n’en savez rien du tout même, c’est plutôt ça, n’est-ce pas ? » dit-elle en souriant bien que cela n’était pas réellement visible sous son masque blanc.

 

« J’avoue que j’y connais rien… Moi, je suis un militaire, pas un scientifique. »

 

« Il ne faut pas dire ça. Ce n’est pas parce que l’on est un soldat que l’on est forcément stupide. Vous avez sûrement des qualités insoupçonnées. Je donne un exemple : Peut-être que vous aimez écrire de la poésie ou des contes ? Ou alors, vous êtes doués dans la fabrication de pains ? Regardez-moi, personnellement, je suis capable d’utiliser le sort du pain et de l’eau. »

 

« Hein ?! C’est vrai ? Alors vous ne devez jamais mourir de faim, non ?! » dit le soldat avec un peu de surprise dans la voix, Elen reprenant aussitôt :

 

« Ce sort n’est pas si simple que ça ! Il demande déjà une grande concentration et complexité pour réussir à le formuler et à l’apprendre mais ensuite pour l’utiliser. Beaucoup essayent de l’utiliser mais n’y arrivent pas et n’obtiennent que de l’eau salée ou du pain rassis, voir de l’eau capable de vous donner des nausées. De même, le pain et l’eau créés de la sorte n’ont vraiment aucun goût même si cela vous permet de vous sustenter pour quelques jours. Enfin, je parle, je parle, mais voilà, c’était comme ça que je pensais… que ça devait se passer. »

 

« Je vois… Merci beaucoup ! Vous savez… Moi, à part m’occuper d’une tour pendant que je suis en vacances dans ma famille, je n’ai pas grand-chose d’autre. »

 

« Vous occuper d’une tour… Ne me dites pas que vous êtes de la même famille ? »

 

« De la même famille ? Vous connaissez quelqu’un travaillant dans les tours ? »

 

« Oui, oui… Un vieil homme… Il travaille dans la partie glacée de Traslord aux abords du royaume de Shunter. Il m’a raconté un petit peu que toute sa famille travaillait dans les tours.  Je pense que maintenant, c’est vrai. »

 

« Vous avez rencontré mon grand-père alors ! Je ne vois que lui pour raconter ce genre de choses aux inconnus. Il est assez spécial non ? Mais pas méchant… Enfin, il n’a pas dit vraiment la vérité mais on n’en est pas loin. La majorité de notre famille, que ça soit proches, cousins, cousins éloignés, travaillent dans les tours mais d’autres comme moi font cela pendant leur temps libre. On pense qu’il vaut mieux considérer cela comme un passe-temps et un honneur plutôt que comme une contrainte. »

 

« Je vois, je vois… Enfin, ça doit être une bonne chose d’avoir une sorte… d’entreprise familiale dira t-on. » répondit-elle avec un peu d’amertume.

 

« C’est selon les points de vue mais disons que c’est vraiment une bonne occupation. Et ce genre d’entreprise familiale vaut mieux que celles assez… stupéfiantes comme une famille de bourreaux ou autres. Qu’est-ce que vos parents font ? »

 

« … … … Hein ? Ah … Je n’ai pas de parents, je suis orpheline depuis ma naissance et je ne me pose jamais réellement la question au sujet de mes parents. S’ils m’ont abandonnée, c’est qu’ils avaient une bonne raison non ? »

 

« Ah… Euh… Je suis vraiment désolé. Je n’aurais vraiment pas dût poser cette question. »

 

« Ca ne fait rien… Vous n’étiez pas au courant de toute façon. Comment est-ce que je pourrais vous en vouloir ? »

 

C’est vrai… Il n’était pas responsable de son abandon. Et en fin de compte, elle ne pensait jamais réellement à ses parents. Elle ne savait pas à quoi ils ressemblaient, pourquoi ils l’avaient abandonnée mais… Elle ne s’en préoccupait pas. C’est juste qu’avec le soldat qui venait de lui parler de tout ça… Et puis aussi, elle se rappelait de la mère de Tery. Une brave femme, très gentille et agréable.


Ah… Elle aurait bien aimé avoir une mère comme ça… Et puis, elle avait une certaine stature et prestance quand on y réfléchissait bien. Elle ne l’avait pas remarqué tout de suite mais c’était bizarre de la part d’une femme du peuple… Et elle ne savait pas du tout de quoi elle vivait… Elle ne s’était jamais posé la question.

 

« Ah ! Voilà ! Regardez ! Vous allez apercevoir les premières fondations ! »

 

Les premières fondations ? De quoi est-ce que le soldat parlait ? Elle leva la tête pour… voir une sorte de petit phare de dix mètres de hauteur… mais positionné au beau milieu d’un nuage… Comme si de rien n’était. Et puis… Il y avait une lumière qui en sortait, signe qu’il était en activité. Mais le plus étonnant restait quand même que le phare était installé sur un nuage et cela, sans aucun problème ! C’était plus que stupéfiant !

Chapitre 27 : Attaque surprise

Chapitre 27 : Attaque surprise

 

« AH ! » dit-elle alors qu’elle observait les personnes descendre du bateau, les unes après les autres. Elle était vraiment très surprise mais… Mais… Mais…

 

Ils étaient bien en train de marcher sur les nuages. Mais elle n’était franchement pas très convaincue… Elle devait se l’avouer. Avec une extrême lenteur, elle descendit du bateau, restant néanmoins à moitié dessus avant de poser un pied sur le nuage. Il était… Vraiment solide… Enfin non… Il était mou…

 

« Laissez cette personne faire ses premiers pas sur les nuages. C’est toujours … spécial à regarder. » répondit le prince avec neutralité bien qu’elle aurait presque été sûre qu’il était en train de sourire intérieurement devant le spectacle affligeant qu’elle donnait.

 

Puis ses deux pieds se posèrent sur le nuage avant qu’elle ne fasse quelques pas, observant le sol… Tout était blanc… Tout était nuageux… Mais elle marchait réellement sur ce nuage ! Elle fit un petit saut pour tester la… solidité de la chose avant de voir que tout était parfait.

« Hahaha ! Je ne devrais pas me moquer mais on dirait un enfant qui découvre un nouveau jouet ! » vint dire un soldat avec amusement alors qu’elle faisait une petite mine en prenant la parole à son tour tout en le regardant :

 

« Ce n’est pas sympathique de votre part ! C’est la première fois que je vais sur un nuage… solide… J’ai jamais été dans les airs personnellement ! »

 

« Nous savons, nous savons… C’est juste que lorsque l’on s’imagine que quelqu’un porte un masque blanc, il connait tout des cinq royaumes… Alors lorsqu’on vous voit… »

 

Pfff… Elle fit une petite mine boudeuse sans répondre. Au moins, l’ambiance était un peu plus joyeuse qu’au départ. Il fallait dire qu’ils se trouvaient dans les nuages et qu’elle était une véritable néophyte de son côté. Oui, elle l’avouait, elle n’y connaissait rien. A part sa petite zone et les environs, elle n’avait jamais quitté l’orphelinat avant… quelques jours avant ses dix-huit ans. En y réfléchissant bien, elle et Tery avaient le même âge non ?

 

« Alors bon… Si vous voulez nous suivre, nous allons vous emmener à l’endroit où se trouve le palais du prince Sammy. » répondit le chef des soldats alors que le prince était déjà bien entouré par ces derniers.

 

« Je suis obligée de vous suivre ? Ou alors, je peux essayer de visiter un peu ? »

 

« Hum… Attendez un peu alors, je vais simplement faire une mesure de précaution lorsque vous irez en direction du palais… pour que l’on vous laisse passer. »

 

Le chef des soldats s’était approché d’elle, retirant une sorte d’étoile argentée avec une pierre bleue en son milieu. Il déposa l’objet dans les mains gantées de la jeune femme.

 

« Avec ceci, vous le présenterez aux gardes, ils vous laisseront passer. Ceci est une marque des officiers du royaume de Traslord. Et non, je n’ai pas peur de vous le confier. Si le prince vous fait confiance, c’est qu’il doit avoir une bonne raison. A la base, il fut le premier à suspecter ces personnes au masque blanc comme vous. Enfin, vous êtes différent. »

 

« Oui… Merci beaucoup pour ce petit badge. Je vais y aller maintenant. »

 

Elle disait cela avec une certaine nonchalance avant de quitter le groupe. Le prince allait lui demander quelque chose mais se retint de parler, la laissant partir sans un mot. Il ne devait pas l’embêter cette fois… Elle avait besoin d’être seule un peu, n’est-ce pas ?

 

Voilà qu’elle découvrait un nouveau paysage… Et il fallait dire que celui-ci était plus que singulier. Elle avait un peu froid à cause de la hauteur mais elle remarquait qu’il était quasiment voir totalement impossible de repérer les villes dans le ciel si on regardait à partir du sol. Elle ne savait pas comment l’expliquer mais elle le pressentait… Par contre, et heureusement pour elle, des sortes de barrières étaient mises en place de chaque côté où le nuage se terminait bien qu’au final, il semblait vraiment immense… C’était véritablement une cité sur un gigantesque nuage. Elle n’arriverait surement pas à tomber et elle n’avait pas envie d’essayer ! SURTOUT PAS !

 

Pendant une bonne trentaine de minutes, elle vagabondait, remarquant des autres humanoïdes… Enfin… Ils étaient assez différents d’une humaine comme elle ou alors ceux de Traslord… Là, ils avaient bel et bien des ailes de plumes… ou un patagium… Ces parties chez les chiroptères. Ah… C’était assez spécial et leurs chevelures semblaient souvent capables de s’envoler… Mais à part ça, ils n’étaient pas différents. Ah… Peut-être seulement aussi les serres qui se trouvaient à la place des pieds ? Bah ! Ce n’était pas si bizarre que ça… Et puis, elle avait déjà vu des êtres avec des branchies, hein ? Elle eut un petit rire avant de s’arrêter, remarquant qu’une petite lettre tournait tout autour d’elle. Elle l’agrippa, avant de se diriger vers une taverne où elle commanda tout simplement un pichet d’eau tout en sortant de son petit sac de quoi écrire mais avant… Elle devait lire la lettre.

 

« … … … … … Tery. »

 

Elle ne pouvait dire que cela alors qu’elle avait la lettre du jeune homme dans ses mains. Le jeune homme… Qu’est-ce qu’il faisait ? Elle se retenait d’être morose mais… Là… Vraiment… Il lui annonçait qu’il avait beaucoup de mal à écrire car il n’avait que peu de temps, que les recherches périclitaient comme pas possible et qu’il se sentait terriblement fatigué. Il fallait dire que de l’autre côté… Ils étaient à Mekalarma…. Et ce n’était donc pas le meilleur endroit pour des vacances, loin de là même.

 

« … … … … … Et moi, je me plains du prince. Je devrais avoir honte de moi-même. »

 

Oui, elle devait vraiment avoir honte de ce qu’elle pensait. Comment osait-elle se plaindre alors que le jeune homme risquait sa vie à l’heure actuelle ? Enfin, elle aussi mais ce n’était pas du même niveau. Et puis bon… AH ! Il racontait qu’heureusement que Clari était là car la jeune femme aux cheveux blonds était bien plus expérimentée que lui et qu’au final, il n’avait rien à craindre avec elle. Pfff… Elle ne devait rien dire et penser mais justement, elle n’en pensait pas moins. Il était parfois un peu stupide quand il s’y mettait hein ?

 

« Maintenant, qu’est-ce que je vais lui écrire ? Ah. Merci beaucoup. »

 

Elle disait cela avec neutralité alors que son eau était arrivée. Elle n’avait pas spécialement soif mais il était vraiment déplacé de ne rien payer quand on venait dans une taverne. Oui, elle n’était pas mal éduquée… Enfin, ce n’était pas la question… Mais elle avait envie de lui écrire… Mais lui écrire quoi ? Qu’est-ce qu’elle pouvait écrire au jeune homme ? Elle commença à réfléchir pendant de longues minutes.

 

« Pourquoi est-ce les hommes sont aussi stupides ? »

 

Elle avait commencé tout de suite par cette phrase, faisant référence au prince alors qu’elle écrivait peu à peu ce qui lui passait par la tête. Elle lui expliquait à quel point le prince était énervant, rien à voir avec Tery. Enfin, elle lui disait que comparé à lui, le prince avait une attitude bien plus exaspérante que le jeune homme aux cheveux bruns. Pfff… Tery lui manquait quand même énormément… Elle avait envie de lui parler ou de voir ce que le jeune homme était devenu. Même si ce n’était que quelques minutes !

 

« Combien de temps est-ce que je vais devoir attendre avant de … »

 

Elle ne devait pas penser ainsi. Le jeune homme ne la détestait pas, ce n’était pas pour ça qu’il devait avoir envie de la voir hein ? En y réfléchissant bien, elle avait essayé de le tuer et c’était déjà une chose vraiment plus qu’affreuse. Elle devait vraiment un jour se faire pardonner au jeune homme.

 

« Est-ce que tu as une idée de comment me faire pardonner, Tery ? »

 

Elle lui écrivait cela tout en expliquant ce qu’elle voulait dire par là. Elle avait envie de se faire pardonner d’une manière ou d’une autre par rapport au jeune homme. Elle s’arrêta dans sa lettre, décidant d’effacer ça. Elle avait peut-être une méthode… Mais bon… Enfin… Elle n’en était pas sûre du tout que ça lui plairait. Mais pourquoi ne pas essayer ? Mais comment faire ? Peut-être qu’en demandant… à une serveuse ?

Elle s’était tournée vers l’une d’entre elles, la questionnant avant que celle-ci ne lui fasse un grand sourire. Par cette question, elle venait clairement de… dévoiler son identité féminine… Elle était en train de rougir sous son masque blanc alors qu’elle quittait la taverne en remerciant la serveuse. Oui… Il y avait bien une chose assez… spéciale mais mais mais… Tery n’était pas ce genre d’amis !

 

Elle commença fouiller dans les rues marchandes, espérant trouver ce que la serveuse lui avait dit. Les rues étaient assez bondées par des habitants de Traslord et ces humanoïdes ailés, il y avait peu d’autres personnes d’autres races. Enfin, le sol nuageux était quand même dallé de blanc… Un peu comme les bâtiments biens qu’ils n’étaient pas tous de cette couleur.

 

AH ! Elle venait de trouver ce qu’elle recherchait ! En fin… Ca y ressemblait n’est-ce pas… On aurait dit un miroir liquide… L’eau qui était à l’intérieur de la petite pièce de métal semblait tourbillonner mais elle n’était pas sûre que ça soit ça.

 

« Je peux vous aider ? » vint lui dire le marchand.

 

« Pardonnez-moi mais… Mais je recherche un miroir de capture d’images… Est-ce que c’est bien ce que je tiens en main ou… »

 

« Oui ! C’est bien le cas ! Ce miroir permet de capturer l’image de la personne qu’il a en face de lui. Il faut réciter une petite formule et le miroir s’illuminera avant de créer l’image qu’il a en face de lui. Il est quand même possible d’essayer de réussir parfaitement à capturer ce que l’on désire. Au départ, il était utilisé d’une autre manière pour permettre aux soldats de Traslord de mettre des avis de recherche sur les criminels mais depuis le temps, il est passé à la mode et est très prisé par les jeunes femmes pour envoyer des images d’elle à leurs petits amis qui sont partis en guerre ou qui habitent très loin pour une raison ou une autre. Vous voyez cette eau ? Elle ne tombera pas mais par contre, vous avez plusieurs modèles selon le nombre d’utilisations, c’est à vous de décider ce que vous voulez en faire. »

 

Elle avait un peu honte de ça… Enfin, il n’y avait pas de quoi hein ? C’est juste que… Ca lui était venue à l’idée… comme ça… Ah… Elle acheta un miroir pour une cinquantaine d’utilisations, un prix un peu important mais comme elle était loin d’être sûre de réussir…

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’elle devait faire ? Se rendre à l’auberge ? Ah… Ou alors, se rendre au palais… Elle aurait surement une chambre pour elle pour une journée ou deux… Avant qu’elle ne puisse repartir. Elle se dirigea vers le palais royal, l’observant sous toutes les coutures. Il ressemblait vraiment au prince Sammy. Tout de blanc, il n’était pas très très grand, peut-être même un peu moins que celui du prince Royan. En fait, c’était à peine si on le voyait réellement tellement il semblait vouloir se montrer discret.

 

« ALERTE ! ALERTE ! Il y a une personne masquée qui tente de pénétrer dans le château ! » s’écria un soldat alors qu’elle était en train de rêvasser.


Tout de suite, elle présenta son badge, enfin, plutôt celui du chef des soldats. Ces derniers s’arrêtèrent aussitôt, bafouillant quelques excuses alors qu’elle poussait un petit soupir apaisé. Elle ne voulait vraiment pas de problèmes là… Elle avait autre chose à faire… De vraiment gênant… Vraiment très gênant… Elle avait récupéré son enveloppe ailée et la lettre qu’elle avait commencée mais là…

 

« Le prince est occupé dans la salle du trône. Bon nombre de conseillers sont avec lui pour parler des récents évènements. Il nous a prévenus de votre arrivée, c’est pour cela qu’il nous a conseillé de vous emmener dans une chambre où vous pourrez vous reposer en l’attendant. » vint dire une servante alors qu’elle hochait la tête, se faisant emmener dans une chambre un peu plus modeste que celle du palais du prince Marco mais néanmoins princière.


Dès que la servante fut partie, elle ferma la porte à clé derrière elle, posant le miroir sur la petite table de chevet où elle pouvait justement se coiffer car il y avait un miroir et un peigne… Enfin comme dans la précédente chambre où elle dormait. Elle s’était mise à légèrement trembler, cherchant à contrôler ses deux mains alors qu’elle retirait son masque blanc et le haut de ses deux capes, laissant paraître son visage et son corps dans son intégralité. Un visage légèrement rougit par la gêne.

 

« Bon… Je ferais mieux… de… De… De faire quoi ? »

 

Elle prit le miroir qu’elle avait acheté entre ses deux mains, l’étudiant sur toutes les coutures avant de voir quelques gravures sur son dos ? Hein ? Grand ? Petit ? Moyen ? Elle passa un doigt sur le mot Moyen, le miroir s’agrandissant, prenant une taille de soixante-quinze centimètres alors qu’elle se retenait de pousser un cri. Déjà, une sorte de monture était apparue dans le dos du miroir comme pour qu’il puisse tenir sur lui-même. Elle déposa le miroir au sol, passant son doigt sur grand avant de reculer… Un mètre… Un mètre cinquante… Puis deux. Deux mètres. Le miroir faisait maintenant deux mètres de hauteur alors qu’elle voyait le liquide se mouvoir à l’intérieur comme bloqué par quelque chose.

 

« … … … … … C’est vraiment moi ? »

 

Elle disait comme si elle était étonnée par la personne qu’elle voyait en face d’elle. C’était… vraiment elle ? Avec ses cheveux blonds partant un peu dans tout les sens, ses yeux bleus brillant comme deux saphirs, ses épaulettes rouges comme son justaucorps de même couleur… Elle avait sa poitrine camouflée par les épaulettes, la petite armure de cuir rouge qu’elle avait sur le corps, s’arrêtant juste à ce niveau. Elle n’avait pas vraiment des grosses cuisses, non, elle était même plutôt assez fine quand on la regardait bien.

 

… … … … … Est-ce qu’elle avait une idée de ce qu’elle était en train de faite ? Elle tournait un peu sur elle-même s’observant sous toutes les coutures, se demandant ce qu’elle devait faire. Peut-être un essai d’abord ? Elle se positionna devant le miroir, assez près pour se voir en entière et sous tous les détails. Puis elle commença à murmurer quelques paroles, le miroir s’illuminant légèrement, la surprenant assez pour lui faire arracher un petit cri de surprise en reculant. Lorsque le miroir arrêta de briller, elle remarqua qu’une sorte de papier… était tombé au sol. Elle récupéra le morceau avant de le déchirer subitement, rouge aux joues.

 

« Ce n’est pas ça ! Ce n’est pas du tout comme ça que je veux me montrer ! »

 

Si elle avait envoyé cette image sur papier à Tery, il y avait d’énormes chances qu’il se moque d’elle ! Car là, elle avait vraiment exagéré !  Elle était complètement ridicule ! Et puis au passage, pourquoi est-ce qu’elle faisait cela hein ? Pourquoi est-ce qu’elle… Elle savait parfaitement que Tery n’était pas ce genre d’amis mais comme ils ne pouvaient pas savoir, il pouvait voir au moins… ce qu’elle était devenue. Peut-être que le jeune homme ferait de même de son côté si il avait le temps ?

 

… … … Mais à quoi est-ce qu’elle pensait hein ?! Mais qu’est-ce qui lui passait par la tête ?! Elle tournait sur elle-même, recommençant à s’observer. Devait-elle se maintenir droite et immobile pour cette image ? Tenir ses deux armes pour avoir l’air menaçant ? Sourire ? Rire ? Elle n’en savait trop rien ! Elle n’avait jamais fait ça de toute son existence ! Bon… Elle allait essayer plusieurs images… Et elle verrait bien… Du genre en posant ses mains sur son ventre, le regard neutre… Ou alors en se mettant en trois quarts par rapport au miroir ?

 

Elle avait presque passé une heure voir deux à trouver une bonne position, jusqu’à même se mettre assise sur un fauteuil, les jambes croisées, les mains posées dessus. Non ! Là, ça faisait trop prétentieux et noble ! Ce n’était pas du tout son genre ! Finalement, elle avait opté pour une image de sa personne qui véhiculait le mieux ses sentiments sur le moment.

 

Le visage à moitié à moitié baissé vers le sol, une main dans ses cheveux blonds d’un air gêné alors qu’elle avait un peu de rouge aux joues, elle avait un petit sourire aux lèvres. Son autre main était posée sur sa hanche. Elle pensait que c’était la meilleure image d’elle à l’heure actuelle et avait donc décidé de la lui envoyer.

 

« Je pense que c’est la meilleure chose à faire… Enfin, j’espère. »

 

Elle continua et termina sa lettre, mettant bien cette image avec elle ainsi que la description de Tery avant de laisser l’enveloppe partir. Au lieu de la voir monter, elle descendit comme une flèche, signe que Tery se trouvait au sol. Soudainement, elle pensa à la moindre idée qu’une autre personne reçoive la lettre… AH ! AH ! Si ça devait arriver, elle aurait honte pour le restant de sa vie… Elle n’oserait même plus se montrer ou retirer son masque à jamais ! Sur le moment, elle n’espérait qu’une chose :

 

« Tery… Reçois cette lettre, je t’en prie ! Ne la montre pas à cette Clari, s’il te plaît ! Je t’en supplie ! Je veux que tu sois le seul pour ça ! »

 

Elle était complètement stupide de penser à ça mais c’était la seule chose qui lui traversait l’esprit à ce moment. C’était l’unique pensée dans son cerveau… Elle ne voulait rien d’autre ! Elle espérait vraiment que le jeune homme reçoive sa lettre ! Et personne d’autre ! Ah non ! AH ! Maintenant, elle avait honte de ce qu’elle venait de faire ! Elle n’aurait jamais dût envoyer la lettre ! AH ! Déesse Zélisia, pardonnez son erreur !

 

« … … … Et maintenant ? Qu’est-ce que je suis sensé faire ? »

 

Elle s’était perturbée toute seule comme une idiote ! Elle allait devoir se rendre dans la salle du trône où siégeait le prince Royan pour lui dire qu’elle allait partir dès maintenant. Elle devait mettre rapidement le maximum de distance entre elle et ce royaume… Mais aussi les deux médaillons ! Elle ne devait pas oublier les deux médaillons !

 

« Bon… Préparons nous… et rangeons un peu tout ça avant. »

 

Elle avait déjà remit le miroir sous sa petite forme, le rangeant dans son sac tout en faisant attention à ne pas laisser d’évidences de sa part. De l’autre côté, elle n’oubliait pas de remettre son masque blanc et ses capes, surtout après ce qu’elle venait de faire. Ah… Ah… Elle quitta la pièce très rapidement après avoir tout rangé, cherchant à se repérer dans le château. Du moins, c’est ce qu’elle aurait aimé faire.

 

Car dès l’instant où elle était sortie, elle remarqua aussitôt que l’ambiance était différente, bien plus pesante… Elle s’attendait quand même à plus de vie dans le château… Et il en était rien ? Ce fut lorsqu’elle remarqua une flaque de sang dans un coin qu’elle comprit aussitôt que quelque chose s’était passé.

Tout de suite, elle sortit ses deux dagues, se disant que pour réagir, c’était bien mieux au cas où il y aurait des soucis. Elle découvrit le corps d’un garde, de nombreux coups dans le dos ayant eut raison… de son armure et de sa vie. C’était plus préoccupant que prévu… Il n’y avait aucune chance qu’ils soient déjà sur leurs traces non ?

 

« Et si c’était le cas… Comment est-ce qu’ils seraient au courant ? »

 

Oui… Enfin, elle devait arrêter de parler à voix haute tout d’abord. C’était une mesure de précaution si elle ne voulait pas mourir trop rapidement. Elle continua son chemin, marchant à pas de loup tout en suivant les indices lugubres devant elle. Les cadavres apparaissaient les uns après les autres et elle comprenait pourquoi personne n’avait crié… Il y avait tellement de morts… Ceux qui pensaient crier en voyant les corps avaient tout simplement subit le même destin que ces derniers.

Enfin, elle arriva à ce qui semblait être la salle du trône… puisque quatre cadavres étaient positionnés devant une double porte, baignant dans leurs sangs conjugués. Très… spécial tout ceci… Mais elle n’était pas là pour parler de la décoration… Pas du tout même. Avec une extrême lenteur et se rappelant une certaine scène d’il y a quelques jours, elle pénétra à l’intérieur de la salle du trône, ses deux dagues dans ses mains.

 

Cela ressemblait à un véritable carnage. Elle voyait plusieurs soldats morts sur le sol tandis que d’autres hommes et femmes étaient présents parmi les cadavres. Ils semblaient habillés avec une parure plus que noble et elle s’était aussitôt dit que cela devait être les fameux conseillers. Pourtant, il restait environ quatre à six soldats qui tentaient de protéger… le prince Royan ?! Et aussi environ trois conseillers, deux hommes et une femme.


Pourtant, en face d’eux, il n’y avait qu’une seule personne… Une personne encapuchonnée qu’elle ne voyait de dos. Pourtant, elle était sûre d’une chose : Cette personne avait un masque blanc… Mais ils avaient été capables de les rattraper aussi vite ?! Ils étaient franchement très doués contrairement à ce qu’elle aurait cru ! 

 

« Tsss… Elle arrive toujours au mauvais moment visiblement. Il y a eut une petite erreur d’appréciation, il faut l’avouer… Mais ça ne se reproduira plus. »

 

La voix était légèrement irritée tandis qu’elle pointait une main vers le prince et les autres personnes. Rapidement, plusieurs arcs électriques se présentèrent tout autour d’eux alors que la personne se retournait vers  Elen.

 

« Je ne pensais pas que l’Oracle aurait envoyé une personne pour nous mettre quelques bâtons dans les roues. Enfin, visiblement, il devait être au courant que Shunter n’allait pas se cloîtrer à son petit royaume pour les médaillons. »

 

« … … … D’accord. » dit-elle d’une voix lente alors que ses lignes blanches apparaissaient sous sa cape sur ses deux bras. L’autre personne utilisait des arcs électriques, n’est-ce pas ? C’était peut-être sa spécialité parmi les cinq éléments…

 

« Ne vous préoccupez pas de nous ! » s’écria un conseiller, rapidement suivit par un autre :

 

« Sauvez le prince ! C’est la seule chose qui nous importe ! Nous sommes remplaçables ! »

 

Elle préférait ne rien dire. Pourquoi est-ce que ces personnes voulaient se sacrifier pour ce prince ? Si encore, cela avait été le prince Sammy ou le prince Marco, elle aurait put comprendre en partie mais lui… Non… Elle ne voyait pas ce que le prince Royan avait de si spécial… AH ! Elle roula sur le côté, évitant ce qui ressemblait à un boulet fait entièrement de pierre. Le boulet percuta un mur, explosant en morceaux alors qu’elle s’abaissait aussitôt, évitant la majeure partie de ceux-ci.

 

« En plus quelqu’un avec un peu d’expérience. Cela serait presque intéressant. »

 

Presque intéressant ? C’était une voix masculine d’après ce qu’elle entendait… Après, il ne fallait pas se fier aux voix, elle le savait parfaitement… Mais bon… De toute façon, elle n’était pas là pour savoir ce qu’était la personne en face mais pour l’éliminer. Bon… Il venait d’utiliser une sorte de canon portable alors ? Elle ne connaissait pas réellement ces armes à feu mais elle en avait déjà entendu parler. La vitesse des projectiles émanant de ces armes était capable de transpercer un homme ou un monstre avec une telle facilité et puissance que cela en était effarant. Elle allait devoir sérieusement se méfier de cet être masqué. C’était aussi… la première fois qu’elle allait affronter un semblable.

dec 16

Chapitre 25 : En pleine discrétion

Chapitre 25 : En toute discrétion

 

« … … … Et maintenant, est-ce que ça vous satisfait ? Sachant que nous ne pouvons pas prendre de bateau tout de suite et qu’il m’est interdit de me rendre dans une auberge avec tout ce qui se prépare… On est dans de beaux draps au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. »

 

« Je l’ai très bien remarqué, mademoiselle… Mais ce n’est pas pour cela qu’il y a lieu de s’inquiéter. Nous ne risquons rien actuellement… Cela va se passer dans les prochaines heures. Rendons-nous en direction d’un bateau le plus rapidement possible. »

 

« Et est-ce que ça vous arrive d’écouter les autres personnes ou alors de ne penser qu’à la vôtre ? » demanda t-elle d’une voix calme bien qu’elle était énervée intérieurement.

 

« Je ne vois pas la raison d’une telle parole de votre part. Voulez-vous bien vous exprimer pourquoi je vous prie ? » dit-il sur le même ton calme qui le caractérisait.

 

«  Car vous me fatiguez, prince Royan ! Et pourtant, je ne suis pas du genre à le dire mais… Depuis que je vous vois, vous faites l’insensible complètement ! Vous n’avez pas envie de pleurer parce que vos frères sont morts ? »

 

« Je ne vois pas de raison de pleurer pour eux… Ils savaient qu’ils risquaient de mourir. Moi-même je le savais… Je ne vois même pas pourquoi je me soucierais de ma vie… Ne croyez pas que mes paroles sont celles d’une personne suicidaire, je ne le suis pas. Si je dois mourir, alors je meurs… Si j’ai un laps de temps supplémentaires… Alors je le prends. »

 

« Vous êtes vraiment… stupide… Bon… Restez dans cette ruelle et attendez-moi… Vous avez surement faim en cette heure… Ca fait déjà plus de huit heures que nous sommes partis du château, bientôt, ça sera l’ébullition. Et il ne faut absolument pas que vous vous fassiez voir, n’est-ce pas ? »

 

« C’est exactement cela… Mademoiselle… Mais je vais vous écouter, vous voyez ? »

 

Tsss ! Elle se demandait s’il se moquait d’elle ou non. Enfin bon… S’il l’écoutait, c’était amplement suffisant. Elle observa les alentours pour être sûre qu’aucun garde ne se trouvait dans les environs avant de se faufiler dans la rue principale.

 

Quelques minutes plus tard, elle revint avec de quoi se manger, ce n’était pas grand-chose comme une baguette et un morceau de viande mais au moins, ils allaient avoir quelque chose dans l’estomac, et ça, c’était mieux que rien.

 

« Je n’ai pas l’habitude de manger des choses non-réchauffées quand il s’agit de nourriture. »

 

« Il y a un début à tout. Mangez et ensuite, on essaie de quitter cette ville avant qu’il ne soit trop tard… Enfin, votre capitale… Et dire que je voulais voir cette tour… »

 

« Notre tour ? Pourquoi donc ? En quoi est-ce qu’elle pourrait vous intéresser ? » demanda t-i tout en mangeant tranquillement alors qu’elle reprenait :

 

« Simplement pour visiter… Et laisser un petit message aux enfants ou petits-enfants du vieil homme d’une autre tour que j’ai vue il y a quelques jours. » dit-elle calmement.

 

« Pourquoi faites vous cela ? Je suis sûr et certain que vous ne connaissiez pas cet homme auparavant… Alors pourquoi cela ? »

 

« Car c’est ainsi que je vois les choses, est-ce que cela vous dérange, prince Royan ? » demanda t-elle d’une voix neutre alors qu’elle l’observait, l’adolescent ne lui répondant pas.


Ils mangèrent tranquillement, ne disant pas un seul mot pendant plusieurs minutes. Elle l’observait et inversement… Ah… Ils avaient l’air de deux mendiants. Elle, ça ne la dérangeait pas plus que cela. En fin de compte, elle ne vivait pas une vie de luxe mais l’adolescent aux cheveux bleus semblait s’y habituer bien plus rapidement que prévu.

 

« A quoi ressemble le jeune homme dont vous parliez à moi-même et à mes frères ? »

 

« Tery ? Pourquoi est-ce que vous voulez que je vous en parle ? Et je ne vois pas du tout à quoi cela va vous servir que je vous dise à quoi il ressemble… »

 

« Simplement pour me renseigner à ce sujet… Vous semblez être très proche de lui. »

 

« Je suis simplement sa maîtresse… C’est tout. » murmura t-elle d’une voix lente.

 

« Sa… maîtresse ? Je ne vous… imaginais pas ainsi, mademoiselle. » dit-il en haussant un sourcil d’étonnement, signe que pour une fois, il semblait vraiment surpris.

 

« Je lui ai appris comment utiliser sa magie, comment se débrouiller un peu au combat. C’était plutôt amusant… Pendant toutes ces années, je ne me suis jamais réellement amusée mais avec lui, c’était bien plus simple. Il était toujours en train de se plaindre, de ne pas vouloir m’écouter… Un peu comme un animal sauvage. Il ne connaissait pas le monde extérieur et puis enfin bon… Je n’aime pas trop en parler… »

 

« Ah… Ce genre de maîtresse… Un professeur donc ou un maître d’armes. »

 

« Vous pensiez à quoi comme… MAIS NON ! Nous n’avons pas ce genre de relations lui et moi ! Qu’est-ce que vous vous êtes imaginez ?! » dit-elle en bafouillant légèrement, son visage rougissant sous le masque blanc et impossible à voir.

 

« Vous aviez dit maîtresse. Cela portait à confusion malheureusement. »

 

« Je n’ai jamais envisagé CE côté maîtresse ! Vous êtes plutôt tordu en fin de compte. »

 

« Dans la royauté et la noblesse, c’est ainsi que l’on s’exprime. Je ne vous pensais pas aussi candide mais visiblement, je me suis trompé à votre sujet. »

 

« Et moi donc ! Je ne pensais pas que ce genre de choses décadentes était votre style ! »

 

« Hum… Vous pouvez vous imaginer ce que vous voulez, il n’y a pas à se voiler la face à ce sujet. C’est ainsi que se passe la royauté et la noblesse : Mensonges, richesses, luxure, trahisons, complots… Tout ceci est ce qui se passe habituellement dans les hautes sphères. »

 

Tsss… Elle n’aimait vraiment pas ce prince ! Surtout qu’il se comportait et parlait ainsi alors qu’il n’avait que quatorze ans ! Il voulait se prendre pour un adulte alors qu’il n’était qu’un petit adolescent ! Enfin… Un adolescent avec un A bleu sur le dos de la main… mais bon…

 

« Enfin bon, en fin de compte, vous appréciez sa compagnie, n’est-ce pas ? Pourtant, d’après ce que je crois comprendre, il n’avait pas un comportement des plus exemplaires. »

 

« Pas du tout même ! Il m’a même envoyé une porte en pleine figure un jour. J’avoue que ça m’a fait sacrément mal sur le coup… Il m’a même… manipulée pour que je l’entraîne et pour qu’il rentre dans l’armée de Shunter… »

 

« Ah… Je suis déso… Attendez un peu ? Vous l’appréciez alors qu’il vous plante une dague dans le dos ? N’êtes-vous pas un peu masochiste sur les bords, mademoiselle ? »

 

« Et vous, vous ne vous prenez pas pour un adulte un peu trop tôt ? » rétorqua t-elle aussitôt en le regardant, l’adolescent aux cheveux bleus poussant un léger soupir. Elle reprit d’une voix calme et lente : « Comme je l’ai dit, il était un peu trop grognon mais je m’y suis habituée et puis, au fur et à mesure, il a changé et alors qu’il voulait s’entraîner pour rentrer dans l’armée de Shunter, il a changé d’avis et voulait continuer à s’aventurer avec moi. C’est simplement que j’ai tout gâché à cause d’une chose… »

 

« Est-ce qu’il a déjà vu votre visage sous ce masque ? » demanda l’adolescent d’une voix calme alors qu’elle s’interrogeait sur les raisons de ces questions.

 

« Sincèrement, en quoi est-ce que tout cela vous concerne, prince Royan ? »

 

« Je m’instruis simplement sur la personne qui va devoir m’accompagner pendant quelques jours voir plus longtemps que cela. Si nous ne nous connaissons pas, comment pouvons-nous alors communiquer ensembles ? »

 

« Comment ça ? M’accompagner ? Je n’ai pas envie de vous voir à mes côtés ! Je suis désolée mais c’est beaucoup trop dangereux de m’accompagner ! Je suis à la recherche des médai… »

 

« Médaillons ? Et j’en ai deux… Si vous ne me permettez pas de vous accompagner, alors je serais contraint sûrement de retourner dans le palais de mon second grand frère lourdement gardé mais surtout sans aucune réelle protection. Ainsi, je vais sûrement mourir des mains de ces autres personnes masquées et ils auront alors les trois médaillons de mon royaume. »

 

« Qu’est-ce que vous essayez de faire en fin de compte ? »

 

« Une simple garantie… Voilà tout… » murmura t-il d’une voix lente.


Une garantie de quoi ?! Quelle garantie ?! Elle ne comprenait pas à quel jeu stupide il était en train de jouer avec elle ! Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il la prenait pour une imbécile ! Elle ne le supportait pas ! Son caractère toujours aussi froid et calme, calculateur et…

 

« Je pourrais tout simplement vous tuer et récupérer les deux médaillons. Ne me dites pas que je n’en suis pas capable. Vous risqueriez de le regretter toute votre vie… ou plutôt dans la mort. J’ai déjà tué des enfants qui avaient à peine la moitié de votre âge… Car ils avaient des lignes d’Alzar… Alors ne m’y forcez pas. » dit-elle d’une voix lente et un peu troublée.

 

« Vous ne semblez même pas convaincue vous-même par vos propres paroles… »

 

« Pourtant, c’est la vérité alors ne me forcez pas à faire une chose que je regretterai… »

 

« On passe du fait que c’est moi qui doit regretter à votre personne qui doit regretter. »

 

« Taisez-vous un peu, d’accord ?! Trouvons ce bateau et… »

 

« Est-ce que vous l’appréciez ? Je veux parler bien entendu de Tery. » dit-il sur le même ton calme qui le caractérisait.

 

La claque partit très rapidement, du moins, elle aurait aimé car elle s’arrêta à quelques centimètres de la joue du prince Royan, celui-ci écarquillant les yeux de surprise.

 

« Taisez-vous ! C’est bon ! En quoi est-ce que ça vous concerne ?! Ne vous mêlez pas de ma vie sentimentale ! C’est tout ! Pour qui est-ce que vous vous prenez ?! »

 

« Je vous rappelle que je suis le prince de ce royaume… voir l’unique membre de la royauté dorénavant… Et vous avez osé lever la main sur moi. »

 

« Je suis désolée mais tout cela est très personnel ! Vous n’avez pas à poser ce genre de questions ! En quoi est-ce que cela vous concerne ?! »

 

En rien… En rien… Mais il était sûr d’une chose, c’est que la femme masquée semblait apprécier ce fameux Tery… Pourtant, d’après le portrait qu’elle faisait, il semblait être bien loin d’être parfait… Voir même tout le contraire.

 

« Enfin bon… Veuillez pardonner mes questions déplacées, je ne recommencerais pas, je vous le promets, mademoiselle. Pourriez-vous me donner votre nom néanmoins ? »

 

« … … Neel … … Vous pouvez m’appeler comme ça. C’est largement suffisant. »

 

Un pseudonyme ? D’accord, comme elle le désirait. C’était assez spécial comme nom. Mais bon… Au moins, il allait arrêter de la questionner à ce sujet.

 

« Vous voulez bien m’accompagner dans la troisième partie du royaume je vous prie ? J’ai besoin d’une garde du corps et vous êtes la plus qualifiée à ce sujet. Je ne peux pas faire confiance aux gardes qui ne sont au final que des gardes contrairement à des personnes masquées comme vous, Neel. »

 

« Ca ne sert à rien d’essayer de me complimenter après ce que vous avez dit et essayer de faire, je tiens à vous prévenir. De même, je veux bien vous accompagner car vous avez deux médaillons… et que je n’ai vraiment pas envie… de vous tuer. »

 

« Vous m’accompagnerez dans la partie Est de notre royaume… Merci beaucoup alors. »

 

Hum… Avoir des remerciements de la part du prince Royan n’était pas vraiment ce qui l’intéressait. En fait, elle ne s’y intéressait pas du tout pour être claire dans sa tête. Elle voulait simplement partir de cet endroit et mettre un peu de distance avec ce prince vraiment bizarre. C’était tout ce qu’elle désirait à l’heure actuelle quand elle y pensait sérieusement.

 

Maintenant qu’ils avaient fini de manger, ils devaient se rendre au port. Actuellement, il n’y avait pas encore trop de gardes et la mort des deux frères du prince Royan n’étaient pas encore parvenues aux oreilles de la cité… Ils n’avaient que peu de temps…

 

« Dépêchez-vous… Et est-ce que vous avez une idée de comment prendre le bateau ? »

 

« J’en ai une mais cela nécessite que les gardes ne soient pas alertés. Et aussi, si cela ne fonctionne pas, vous allez au-delà de gros problèmes. Est-ce que vous voulez prendre le risque ? Ou non ? Si vous ne le désirez pas, je n’ai pas d’autres plans. »

 

« Donc en clair, je n’ai pas le choix… » soupira t-elle avec amertume.

 

« Je n’aime pas forcer les personnes… Mais simplement, nous devons unir nos forces plutôt que de nous combattre l’un par rapport à l’autre. »

 

Facile à dire… Elle préféra ne pas lui répondre, le regardant brièvement du coin de l’œil avant de se mettre en route. Ils allaient se diriger vers le port… Et pour eux, cela semblait être plus facile que prévu. Aucun garde ne posa de questions lorsqu’ils se déplaçaient, il fallait dire qu’ils évitaient de foncer vers les soldats.

 

Après une bonne heure de marche où ni l’un, ni l’autre ne s’adressa la parole, ils arrivèrent au port où de nombreux bateaux étaient affrétés. Ils observèrent ces derniers, le prince Royan en désignant un qui ne semblait pas payer de mine. Ils s’en approchèrent, un homme d’une quarantaine d’années avec un filet de pêche rempli de poissons leur demandant :

 

« Qu’est-ce que je peux vous faire pour vous, messires ? »

 

« Nous aimerions savoir si vous vous dirigiez vers le royaume du prince Sammy dans la journée ou non. » questionna le prince d’une voix calme sans se montrer.

 

« Faut voir… La pêche était moyenne ce matin… Donc je pensais me rendre vers ces environs même si ça va me prendre deux ou trois jours. Là-bas, les poissons volants portent bien leurs noms héhéhé ! »

 

« Est-ce qu’il est possible de monter sur votre bateau pour que vous nous nous déposiez sur une île lors de votre séance de pêche ? »

 

« Euh… Vous savez, je veux pas paraître méchant mais acheter des vivres pour trois personnes, faire du tourisme et toutes ces choses, c’est pas mon style. Je suis plus habitué à pêcher seul alors je suis vraiment… »

 

« Même si c’est le prince qui vous le demande ? » murmura l’adolescent aux cheveux bleus avant de retirer le haut de sa cape pour laisser voir son visage.

 

« Le… Le… Prince Royan ? Co… Com… Comment ? »

 

Pour une surprise, c’en était une et l’homme ne savait pas du tout quoi dire ou faire, relâchant subitement son filet de poissons pour se demander si il venait de rêver ou non. Qu’est-ce que le prince faisait ici ? Pourquoi est-ce qu’il était là ? Pourquoi… lui ?

 

« Calmez-vous s’il vous plaît. Ne faites pas un bruit. Nous ne voulons pas rameuter toute la population. Il faut que vous gardiez le silence… Je vous prie. »

 

« Tout… Tout ce que vous voudrez, prince Royan ! Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

 

« Nous voudrions traverser la mer pour nous rendre dans la partie du royaume dirigée par mon frère, et cela le plus vite possible si vous le pouvez. »

 

« Je veux bien mais… C’est quand même un ordre royal, c’est juste que… J’ai pas assez de vivres pour nous trois… Donc bon… Il faudrait que j’aille faire quelques achats pour… »

 

« Cette personne va les faire à votre place. Vous allez rester avec moi pendant ce temps. Vous comprendrez, une simple mesure de précaution. Nous ne voulons pas que notre apparition s’ébruite tout autour de nous. »

 

Hein ?! Elle ?! Et pourquoi cela ?! L’idée de l’adolescent n’était pas mauvaise ! C’était même bien loin de cela ! Il avait tout à fait raison, c’était juste que… Que…

 

« Ce n’est pas possible, prince Royan. Vous savez très bien que si je me présente… »

 

« Vous pourrez retirer votre masque et votre cape pour quelques minutes pour faire les achats, ce n’est pas un souci, non ? »

 

Il disait cela avec une telle neutralité qu’elle avait un tic nerveux. Retirer son masque ? Même pour quelques minutes ? Montrer son visage ? Il en était… Il en était hors de question… Elle… Elle pouvait tuer le prince et ce pêcheur… Et prendre les deux médaillons… Car là, il franchissait une certaine limite plus que déplaisante.

 

« S’il vous plaît… Est-ce que vous pouvez le faire ? Plus vite, nous serons partis et… »

 

« C’est bon ! J’ai parfaitement compris ! Je vais me débrouiller ! Attendez-moi ici ! »

 

Elle ne devait pas perdre son calme mais elle était presque en sanglots rien qu’à cette idée… Comment… Comment est-ce qu’il osait lui demander une telle chose ? Elle ne voulait pas retirer son masque ! Elle ne voulait pas ! Si… Peut-être qu’en se dépêchant, elle n’aurait pas besoin de retire son masque ! Elle… Elle ne voulait absolument pas…

 

Pourtant… Pourtant… Lorsqu’elle remarqua les gardes, elle s’était dit qu’elle n’avait pas le choix… Qu’elle n’avait pas du tout le choix. Peut-être que… Peut-être qu’en le retirant mais en gardant son visage caché par la cape, elle pouvait éviter de le montrer ? Avec une extrême lenteur et de trop nombreux tremblements, elle posa sa main sur son masque blanc alors qu’elle se cachait dans une ruelle, le retirant peu à peu. Sa première pensée fut pour le seul homme qui l’avait vue sans ce masque : Tery. Elle espérait qu’au fond d’elle, il ne lui en voudrait pas… C’était une mesure d’urgence… Elle rangea son masque blanc dans son sac, s’emmitouflant dans ses deux capes tout en se dirigeant maintenant vers la ruelle marchande. Elle devait faire des courses et vite… Très vite… Car elle ne voulait pas être vue…

 

… … … … … … … … … … Elle déposa le sac de victuailles qu’elle avait réussi à réunir sur le pont du bateau avant de s’enfoncer dans une cabine. Heureusement pour elle, le bateau était assez grand pour avoir deux cabines voir trois, bien qu’une horrible odeur de poisson en émanait de l’une d’entre elles. Heureusement, elle n’avait pas été dans celle-ci.

 

« Prince Royan, sauf votre respect, votre compagnon de route est assez… surprenant. »

 

« Cela est en partie ma faute. Pouvons-nous y aller maintenant ? »

 

« Je lève l’ancre tout de suite ! Nous allons nous rendre dans la ville de Wilan. »

 

« Merci beaucoup, je vais aller voir comment va mon compagnon. »

 

Maintenant qu’ils étaient partis, il n’avait plus à s’inquiéter que les gardes se mêlent de ceci. De même, les bateaux n’étaient jamais attaqués par des pirates, simplement par des créatures sous-marines et encore… C’était très rare.

 

« Neel ? Neel ? Vous êtes bien dans cette cabine. »

 

« Par… Partez d’ici… ou … ou… ou… Je crois que je vais vous tuer. »

 

« Ne dites pas de telles paroles alors que vous savez… »

 

« Non ! Je le ferais sérieusement cette fois ! »

 

« Et pourquoi cela ? Avez-vous une explication rationnelle, Neel ? »

 

« DEVINEZ UN PEU POURQUOI ! » hurla t-elle de toutes ses forces alors que le pêcheur tournait la tête vers le prince Royan.

 

« Un problème, prince ? » demanda t-il d’une voix inquiète alors qu’il hochait la tête d’un air négatif. Sans un mot, l’adolescent aux cheveux bleus s’éloigna de la porte, allant se positionner près du bord du bateau pour prendre un peu d’air marin.

 

Cet… Ce prince était un imbécile ! Un imbécile fini ! Il n’avait pas compris à quel point cela avait été choquant de lui faire retirer son masque ?! C’était tout simplement horrible ! Elle… Elle avait l’impression que les gens se moquaient d’elle alors qu’elle savait pertinemment que personne n’avait réussi à voir son visage… Mais… Mais… Elle n’avait pas réussi à s’empêcher de ne pas pleurer rien qu’à l’idée que quelqu’un découvre son visage.

 

« Tery… Snif… Tery… Snif… »

 

Tery … Il n’avait jamais cherché à voir sous son masque. JAMAIS ! Et il avait passé plusieurs mois avec elle ! Et pourquoi est-ce qu’elle avait écouté ce prince ?! Car elle ne voulait pas le tuer ?! Car elle ne voulait pas utiliser cette méthode pour avoir les médaillons ! Car elle avait déjà commis trop… de crimes pour elle. Elle… Elle voulait revoir Tery. Lui… Il s’en fichait de ce qu’elle était réellement… Lui, il ne se préoccupait pas de tout ça… Elle voulait juste recevoir une réponse à sa lettre… Et lui en envoyer une aussitôt… Lui raconter tous ses malheurs… Et voir sa réponse à cette lettre… C’était tout ce dont elle avait envie.

dec 9

Chapitre 24 : N'avoir plus de temps

Chapitre 24 : N’avoir plus de temps

 

« Ah… C’est plutôt difficile de ne rien faire et de ne pas essayer de se faire repérée. Je ne sais même pas si je peux faire un geste ou non pour sortir… On dirait que je suis un paria. »

 

Elle disait cela alors qu’elle faisait attention à ne pas qu’on la remarque. C’était vraiment dur mais bon… Elle entendait pourtant des bruits de pas…et alors qu’elle avait quitté la chambre, elle se demandait ce qu’elle devait faire.

 

« Je n’ai pas réfléchit à l’endroit où je devais aller… Ce n’était franchement pas malin sur ce coup ! » se dit-elle une nouvelle fois en murmurant alors qu’ils étaient au beau milieu de la nuit. Oui… Elle avait décidé de se balader en pleine nuit…

 

« Ah… Le jardin… Pourquoi pas ? Maintenant que je sais que je devrais faire attention… »

 

Attention aux créatures dans leurs tubes gigantesques… Enfin, oui, elle savait de quoi elle parlait ou plutôt pensait… Mais bon… C’était quand même assez dangereux d’un autre côté. Elle vint s’asseoir sur un banc, observant le ciel étoilé à travers son masque blanc. Dire qu’il ne faisait même pas froid, elle en avait de la chance.

 

« Faites tout simplement que Tery aille bien. Quelle idée d’être partie à Mekalarma… »

 

Oui, ce n’était franchement pas très malin de sa part mais bon, il n’était sûrement pas au courant et elle était quand même inquiète de la tournure des évènements. Surtout que de son propre côté, ce n’était guère mieux. Les paroles du prince Royan étaient assez suspectes et elle s’était demandé si les conseillers n’étaient pas un problème… Peut-être voulaient-ils faire un coup d’état ? Mais non… Malgré leur énervement, elle était certaine que les conseillers appréciaient les trois princes…

 

« Donc ce n’est pas de leur côté… Et je vois mal les personnes masquées et blanches causer des problèmes. Ils sont comme moi ! Ils ont les lignes de Zélisia donc je ne vois pas pourquoi ils causeraient des problèmes. Ce n’est pas ce que nous désirons… »

 

Mais au final… Ou plutôt… En y réfléchissant bien… Elle ne devait pas oublier que l’Oracle lui avait déjà demandé plusieurs fois de tuer des personnes… voir même des enfants… Non… Non ! Il était hors de question de penser comme ça !

 

« L’Oracle n’était pas obligé… et moi non plus… Mais c’était nécessaire ! Si je ne le faisais pas, personne ne l’aurait fait à ma place. »

 

Oui, c’était quelque chose qui était nécessaire et non pas obligatoire ! Car le jeune garçon aurait souffert de ses lignes d’Alzar… De l’autre côté, Tery semblait très bien s’en accommoder… Ou alors… Il était spécial. AH ! Peut-être qu’il était très spécial. Elle poussa un petit soupir qui semblait légèrement amusé.

 

« Il a quand même réussi à revenir en arrière… Enfin non…  Pas vraiment… Mais bon… Il a quand même tué ce scorpion et puis, il m’a aidé bien que j’étais son ennemie. »

Est-ce qu’elle le considérait encore comme son ennemi ? Pas le moins du monde… Et à part ce qui s’était passé auparavant, lui aussi, n’est-ce pas ? Hihihi, c’était tout à fait Tery. Il n’était pas rancunier pour un sou ! Enfin… Avec elle.

 

« Il fait vraiment beau ce soir… J’aime beaucoup… Ah… C’est vraiment très bon… »

 

Ah ! Elle aurait bien aimé voir les étoiles avec Tery, ça aurait été une bonne chose. Enfin… Elle n’avait pas le temps malheureusement. Est-ce qu’un jour, elle allait pouvoir se reposer… réellement ? Encore que les moments avec Tery étaient assez reposants, du moins, elle ne voyait pas cela comme une contrainte lorsqu’elle avait décidé de l’entraîner.

 

« Au lieu de rester en plan, je devrais retourner me coucher et tenter de trouver le sommeil. »

 

Maintenant qu’elle avait pris l’air, elle allait pouvoir souffler convenablement. AHHHH ! Cela lui avait fait du bien de prendre un peu l’air, elle le reconnaissait vraiment. Elle se leva du banc, un sourire aux lèvres tandis qu’elle se dirigeait à nouveau à travers les couloirs. Heureusement pour elle, elle avait réussi à mémoriser le chemin pris pour aller aux jardins depuis sa chambre et inversement.

 

Lorsqu’elle se dirigea vers sa chambre, elle entendit de nombreux bruits de pas, se callant contre un mur avant de remarquer qu’une ombre camouflée par une imposante cape marchait avec rapidité dans les couloirs. Qu’est-ce… Etait-ce une personne masquée ? Ou alors… AH ! C’était ce qu’elle pensait ! Les conseillers, ils avaient décidé de se mettre en action ! Elle devait les suivre et les arrêter avant qu’il ne soit trop…

 

Tard ? L’être venait de jeter une dague au sol, une dague recouverte de sang. Il n’avait pas peur de laisser une évidence ? Mais la jeune femme aux cheveux blonds ne semblait pas s’intéresser au geste mais plutôt à l’arme. Ensanglantée… C’était déjà trop tard ? Elle n’espérait pas ! Le problème, c’est qu’elle ne connaissait pas les chambres des princes !

 

Partir à gauche ? Ou à droite ? Où est-ce qu’elle devait aller ?! Elle ne le savait pas et cela l’exaspérait légèrement ! ZUT ! Elle allait suivre cette personne et voir ce qu’elle allait faire. Si elle pouvait l’arrêter alors… Elle le ferait. Elle commença à suivre l’autre personne, évitant de la perdre de vue alors qu’elle n’entendait rien. Il ne parlait même pas ?

 

Elle n’osait pas prendre la parole elle aussi… Il valait mieux rester sur ses gardes mais quand même, cette personne venait surement d’en tuer une autre mais elle ne savait pas quoi penser. Est-ce que c’était bien un membre du conseil… Enfin, non… Un conseiller ou alors ? Une personne au masque blanc ? Plus les secondes passaient, plus elle était embrouillée. Elle ne savait pas du tout quoi penser à ce sujet.

 

« Cette histoire est vraiment bizarre. Qu’est-ce qu’ils me cachent tous ? »

 

Elle était un peu lasse de ce petit jeu. Elle aurait bien aimé qu’on évite de lui cacher la vérité. BON ! L’autre personne semblait arrêter d’accélérer le pas. Elle remarqua qu’elle sortait une nouvelle dague, la lame brillant légèrement tout en entendant une faible voix masculine :

 

« Après lui, ça sera terminé… Nous aurons les trois. »


Les trois ? Après lui ? Qu’est-ce… Les médaillons ! Ils étaient là pour les médaillons ! Elle n’avait plus aucun doute sur l’identité de cette personne ! Comment c’était… possible ?

 

Elle n’arrivait pas à le croire mais l’évidence était là : cette personne était l’une des cinq personnes masquées dont elle avait entendu parler ! AH ! Elle devait l’arrêter ! Mais pas maintenant… Elle-même préparait son arc, ne le bandant pas. Non… Ca ne servait à rien de se dépêcher. Elle continua de la suivre, le voyant pénétrer dans une chambre alors qu’elle sortait une flèche maintenant. Elle devait… se dépêcher.

 

A pas de loup, elle avança en direction de la chambre, rentrant à son tour avant de prendre une profonde respiration. L’être masqué de blanc… était près d’un lit… dans lequel dormait le prince Royan. Ah… Il en était hors de question ! Elle devait l’arrêter avant de …

 

« Qu’est-… » murmura l’être masqué de blanc avant de s’écrouler au sol, une flèche s’étant plantée dans le dos de son crâne, le tuant sur le coup.

 

Les yeux bleus du prince s’ouvrirent subitement alors qu’il se redressait dans son lit, un pendentif visible autour de son cou. Il observa l’être masqué de blanc au sol puis celui qui se tenait devant lui avec un arc à la main.

 

« Hum… Ils se sont mis en action plus tôt que prévu. » souffla le prince Royan en se relevant de son lit, donnant un petit coup de pied dans le corps mort au sol.

 

« Vous pourriez être un peu plus surpris non ? Je ne sais pas… J’ai l’impression que je n’étais pas nécessaire, prince Royan. » dit-elle avec un peu d’agacement.

 

« Sans vous, je serais sûrement mort à l’heure actuelle, c’est pourquoi je tiens à vous remercier… Mais… Je ne pense pas que cela soit bon signe. »

 

« Et si vous me racontiez plutôt ce qui se passe ici ? Car je ne voudrais pas m’énerver pour rien. » dit-elle sur un ton sec alors que le prince désignait son pendentif.

 

« Vous êtes venus pour cela, n’est-ce pas ? Comme les cinq autres… Mais vous n’êtes pas avec eux…  Et vous ne voulez pas forcément les récupérer à tout prix. »

 

« Disons qu’actuellement, je préfère… définir mes priorités… malgré ce que l’on me demande. Mais ce n’est pas ça le problème ! Vous avez faillit vous faire tuer et c’est à peine si vous réagissez ! Vous n’êtes pas inquiets pour… »

 

« Il y a de fortes chances qu’ils soient morts. »

 

Et alors ?! Pourquoi est-ce qu’il ne réagissait pas ?! Il n’avait aucune émotion ou quoi ? Ca l’énervait plus que tout ! Elle avait un peu l’impression de se voir lorsqu’elle devait tuer les cibles que l’Oracle lui donnait ! Avant… de terminer avec un malaise. Le prince se dirigea vers son placard, l’ouvrant avant d’en retirer ce qui ressemblait à une imposante cape de fourrure bleue… Emmitouflé dans celle-ci, il reprit :

 

« Nous ferions mieux de nous éloigner du palais pendant quelques temps. »

 

« Si ça ne tenait qu’à moi, je crois que… Je crois que… »

 

Elle croyait qu’elle allait le baffer… Mais elle s’en savait parfaitement incapable. Elle n’était pas assez féminine à ce point pour réagir ainsi. Enfin bon… Elle passa devant le prince, celui-ci lui demandant de se rendre dans le jardin car il avait une petite idée au sujet de ce qu’ils devaient faire. Elle l’écouta, se dirigeant vers l’endroit où elle s’était assise il y a peu de temps alors qu’il murmurait :

 

« Ils vont sûrement être au courant que je n’ai pas été tué… »

 

« Et vous ne semblez même pas apeuré par cette idée, vous êtes insensible ou quoi ? »

 

« Je ne suis pas insensible mais je relativise les choses autour de moi. »

 

« Relativiser… Est-ce que vous vous moquez de moi ? »

 

Est-ce qu’il avait l’air de se moquer d’elle ? Elle le regardait en face à face, l’adolescent aux  yeux bleus ne bronchant pas d’un poil. Pfff… C’était compliqué toute cette histoire.

 

« Et je peux savoir ce que vous voulez que je fasse ? Car je ne suis pas habituée à ce qu’un coup d’état se fasse devant… »

 

« Un coup d’état ? Vous pensez que tout cela est à cause de nos conseillers ? »

 

« Ce n’est pas le cas ? Ils semblaient vraiment en désaccord avec vos propos. »

 

« Non… Ils étaient en désaccord avec la venue de ces personnes masquées comme vous, c’est là toute la différence. Depuis des décennies voir des siècles, notre royaume n’est pas seulement géré par un roi mais aussi par ses conseillers. Le roi a donc une obligation d’écouter ses conseillers et c’est cela que nous n’avons pas fait. »

 

« Pourtant vous étiez convaincu que les… êtres masqués poseraient un problème non ? »

 

« Même si nous ne l’avions pas dit, nous nous méfions de vos semblables. Heureusement pour ma personne, vous êtes différente des autres. »

 

Elle ne savait pas si elle devait prendre cela comme un compliment ou non mais dans le cas échéant, il valait mieux ne pas lui répondre. L’adolescent aux cheveux bleus se redressa subitement, annonçant d’une voix un peu hésitante :

 

« Ils vont arriver d’une minute à l’autre. Ils savent que je ne suis pas mort. Nous devons quitter le palais… J’ai bien un petit passage où je sais que les gardes ne passent pas mais… »

 

« Mais quoi ? Qu’est-ce qu’il y a comme problème ? La première chose à faire est votre sécurité, peut-être qu’en vous rendant auprès des gardes, vous serez… »

 

« En sécurité ? Non… Je ne le serais pas… Vous êtes bien trop puissants pour cela. »

 

Puissants ? De la part d’une personne qui avait une lettre A sur le dos de la main ? C’était assez… amusant… Enfin non… Le prince n’était pas là pour s’amuser et elle non plus d’ailleurs ! Elle devait trouver une solution et vite… Sauf que le prince semblait en avoir une de son côté. Une… assez violente… Il s’approchait des nombreuses cuves dans lesquelles baignaient les différentes créatures dont son frère s’occupait avant de poser la main dessus. Quelques secondes plus tard, un petit coin se gelait tandis qu’il retirait sa main, faisant de même avec chaque cuve avant de revenir auprès d’Elen.

 

« Nous pouvons nous en aller… Ils ne nous gêneront pas pour quelques minutes. »

 

« AH ! Il est là ! Eliminez-le avant que les gardes ne se réveillent ! »

 

Hum ? Elle tournait son visage vers plusieurs personnes. Ah… Ils étaient trois… Et la voix qui s’était adressé à eux montrait l’âge et l’expérience de la personne… qui était sûrement un homme d’après ce qu’elle avait compris. Du moins, c’était pas le moment de se préoccuper du sexe de l’adversaire, la jeune femme au masque blanc se mettant devant le prince.

 

« C’était donc toi… Cette personne dont parlait… »

 

« Désolée mais on n’a pas le temps, on doit se retirer d’ici. Prince Royan, suivez-moi ! »

 

Oui ! Il valait mieux pour eux qu’ils partent tout de suite ! Des lignes bleues apparurent sur le bras droit du prince, celui-ci ressortant un petit pic de glace avant de le projet en direction des trois personnes masquées de blanc. Ils l’évitèrent avec facilité, l’un d’entre s’eux se mettant à rire tandis qu’un autre disait d’une voix qui se retenait de rigoler :

 

« Dommage mais tu as raté ta cible ! »

 

« Pas vraiment… Il faut simplement voir quelle était la cible. »

 

« Hein ? Qu’est-ce que tu racontes encore… »

 

Ils se retournèrent pour voir où s’était figé le pic de glace, arrêtant aussitôt de sourire alors qu’un petit craquement se faisait entendre. Le… Le… Le…

 

« Espèce de petit enfoiré ! »

 

« Ce n’est pas très délicat de votre part. » répondit le prince alors qu’il faisait apparaître d’autres pieux de glace, les envoyant un peu partout autour de lui.

Saleté ! Les cuves se brisaient les unes après les autres, l’adolescent aux cheveux bleus, faisant apparaître son A tatoué sur le dos de la main avant de reprendre d’une voix calme :

 

« Ca ne sera qu’un cadeau d’adieu de ma part… Et une simple vengeance. »

 

« Au sujet de tes deux frères ? Tu ne veux pas plutôt les… »

 

« AIDE-NOUS AU LIEU DE PARLER ! On lui fera la peau après ! »

 

« Qu’est-ce qui se passe ici ?! »

 

Maintenant, les gardes allaient s’en mêler ! Il ordonna à Elen de le suivre rapidement alors qu’il se mettait à courir, la jeune femme étant derrière lui tout en surveillant les environs. Que ça soit les gardes ou ces êtres masqués, ils allaient avoir des soucis avec les créatures qu’avaient élevé le défunt prince Marco. Pourtant, ils couraient, couraient, couraient, à travers les couloirs alors qu’elle suivait le prince.

 

« Vous savez où vous aller, j’espère ? »

 

« Bien entendu… Je connais parfaitement ce château et je sais exactement où me rendre. Vous le verrez par vous-même d’ici quelques minutes mais taisez-vous… Nous ne devons pas nous faire repérer. » dit-il d’une voix lente alors qu’elle reprenait aussitôt :

 

« Mais pourquoi est-ce que vous vous enfuyez ? Les gardes sont bien plus nombreux que ces personnes masquées et s’il faut, je peux les aider et alors, ça sera ter… »

 

« Et quand ça sera terminé, qu’est-ce que les gardes et les conseillers feront ? Vous serez sûrement emprisonnée et mise à mort … Surtout que… Maintenant que mes deux frères sont décédés, les conseillers ne se gêneront pas pour laisser éclater cette colère. »

 

« Je disais cela pour vous aider mais bon… Je ne m’y connais pas vraiment en politique. »

 

« Et niveau relationnel aussi. » rétorqua t-il sur un ton sec alors qu’elle voulait balbutier quelques paroles pour le contredire.

 

C’était quoi ce prince ! Il se moquait d’elle ou quoi ?! Elle voulait tout simplement l’aider et lui, il l’insultait copieusement sans qu’elle ne puisse se défendre ! Pffff ! Ils se dirigeaient vers une porte, l’adolescent aux cheveux bleus signalant que dorénavant, il fallait être encore plus discret qu’auparavant alors qu’ils pénétraient à l’intérieur.

 

Les cuisines… Ils se trouvaient dans les cuisines ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Pourtant, elle comprit rapidement ce qu’il voulait dire par discret… Il y avait quelques servants qui nettoyaient les couverts ou préparaient des repas tardifs pour certaines personnes. Encore qu’ils étaient peu nombreux et que devant l’amoncellement de couverts et autres objets, ils étaient plus occupés à gérer tout cela qu’à voir les deux personnes qui passaient à quelques mètres d’eux en s’accroupissant à moitié.

 

« Est-ce que je peux savoir pourquoi… nous… »

 

« Taisez-vous un peu, ça ne serait pas trop vous demander ? »

 

D’accord ! D’accord ! Elle ne dirait plus rien ! C’était bon ! Elle resterait muette comme une tombe et l’interrogerait après à ce sujet car elle trouvait cette histoire vraiment plus que louche ! Et ça commençait sérieusement à l’embêter, elle le reconnaissait. Ils continuèrent jusqu’à arriver à une sorte de conduit d’évacuation autour duquel se trouvaient plusieurs tas d’ordures dans de nombreuses poubelles.

 

« Je sais très bien ce que vous comptez faire, prince Royan mais… Bon… Allons-y. »

 

Tiens ? Elle prenait les devants ? Et aussi sa main par ailleurs. Il eut à peine le de temps de prendre sa respiration qu’elle posait une main devant sa bouche, se jetant dans le conduit avec lui. Heureusement pour eux, le conduit était plus grand à l’intérieur qu’il n’y paraissait pour éviter que le tout soit bouché. Néanmoins, après plusieurs secondes, ils retombèrent dans une sorte de dépotoir assez imposant dans lequel régnait une douce odeur putride.

 

Toussant tout en se redressant pour sortir de cet endroit, elle aida le prince à se retirer des déchets tandis qu’elle observait ses deux capes. Pffff ! Voilà maintenant qu’elle était vraiment sale, c’était dommage… Vraiment dommage oui… Elle poussa un léger soupir exaspéré :

 

« Et maintenant, que faisons-nous ? Vous semblez vouloir prendre les commandes. »

 

« Nous allons continuer notre chemin et prendre le premier bateau en partance vers la partie Est de mon royaume, tout simplement. »

 

« Et vous ne voulez pas soulever le peuple pour essayer de tuer ces personnes ? Je vous rappelle quand même au cas où qu’ils sont responsables de… »

 

« La mort de mes deux frères, merci bien. Est-ce que vous voulez me suivre ou non ? De toute façon, j’ai deux des trois médaillons qu’ils désirent… Donc ils seront à notre poursuite et s’ils meurent, alors ils enverront encore plus d’assassins derrière moi. »

 

« Deux médaillons ? Mais vous n’en aviez qu’un comme vos frères non ? »

 

« Et donc… ? Vous ne comprenez pas que l’un de mes frères aurait pût me donner son médaillon ? Cela n’est pourtant pas difficile à imaginer. »

 

« Oui mais… » commença t-elle alors que le prince Royan lui disait de se taire, se mettant à courir à toute allure. HEY ! Qu’est-ce qu’il faisait ?!

 

Elle se mit rapidement à sa poursuite alors que des cris se firent entendre derrière eux. Soit c’étaient les soldats, soit c’étaient ces types masqués comme elle ! Mais tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle ne voulait pas les rencontrer, ni l’un, ni l’autre !

 

Plusieurs minutes passèrent et il semblait impossible à arrêter. Où est-ce qu’il trouvait la force de courir et la volonté alors que ses deux frères étaient morts et qu’il s’était réveillé il y a moins d’une heure ? Elle ne savait pas mais elle continuait de courir avec lui.

 

« Vous avez un endroit où vous rendre ? Car prendre un bateau alors que vous êtes le prince, ça ne sera pas très discret… »

 

« Est-ce que vous avez un second masque à me prêter ? »

 

« Je tiens à vous le signaler… Prendre un bateau devra être fait dans les heures qui suivent car sinon, on va considérer que tout ceux portant un masque blanc seront des meurtriers de la famille royale… Donc je serais surement ciblée… et vous aussi si vous aviez un masque blanc… Et je n’ai pas de second masque bien heureusement. »

 

« Hum… Soit… Nous allons nous débrouiller d’une autre manière alors. »

 

« Bien entendu… Vous aviez aussi prévu cela, j’en suis certaine. »

 

Elle disait cela avec un peu d’ironie dans la voix. Elle détestait déjà le prince Royan pour un point : son comportement complètement froid. Elle sentait que voyager avec lui le temps qu’il soit en sécurité n’allait pas être une partie de plaisir, loin de là même.

dec 2

Chapitre 23 : De quel côté se mettre

Chapitre 23 : De quel côté se mettre

 

« Provenir du centre ? C’est complètement stupide… complètement… »

 

Elle ne s’était jamais posé la question alors pourquoi est-ce qu’elle arrivait maintenant ? Le centre… Elle ne s’y était jamais rendue… Et il fallait dire que le centre ne s’intéressait guère aux autres pays en l’occurrence. Mais Tery ? Venir de là ? Ce n’était pas possible…

 

« Je ne le vois pas du tout comme ça… Ni lui, ni sa mère… »

 

Encore que d’un autre côté, le fait d’avoir des lignes noires montrait qu’il était assez spécial. Mais là… Le plus préoccupant était cette lettre… Il avait signalé… qu’il était assez contraint de ne pas pouvoir lui écrire fréquemment… parce qu’il était recherché dans Mekalarma, comme Clari. Clari, elle ne s’y intéressait pas réellement mais Tery, c’était autre chose.

 

« Dans quel pétrin est-ce que tu t’es mis ? Et moi qui reste dans ces chambres royales… Je me demande si on me prend réellement au sérieux en tant qu’adepte de Zélisia. »

 

AH ! C’est sûr qu’avec son caractère, ses petits moments où elle était apeurée de tout et de rien, ceux où elle ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait… Elle ne méritait pas de porter ce masque blanc. Elle le retira, le jetant sur le lit alors qu’elle s’asseyait sur le pouf qui lui permettait de se retrouver en face d’un miroir.

 

« Je ne sais pas ce que Tery aurait fait à ma place… Qu’est-ce que tu aurais fait Tery ? Et puis… Surtout qu’est-ce que tu fais en ce moment ? Tu es dans les ennuis jusqu’au cou. »

 

Elle émit un petit rire amusé et triste, se disant qu’elle n’était guère mieux réellement. Oui… Elle aussi plongeait dans les ennuis dès qu’elle le pouvait… La preuve était le fait qu’elle ne connaissait pas du tout les princes du royaume de Traslord et que pourtant, elle était encore dans une chambre royale.

 

« Marco le Tranquille… est vraiment quelqu’un de bien sympathique. »

 

Oui… Elle le reconnaissait complètement : Contrairement à son petit frère, Marco incarnait la douceur et le calme de l’eau sous sa forme liquide… Ah… Elle se demandait comment était le dernier prince ? Le second dans la famille d’après ce qu’elle avait compris ? S’il était aussi spécial que ses deux frères, cela allait donner. Elle prit le peigne, commençant à coiffer ses pointes blondes tout en se demandant si cela servait à quelque chose.

 

« Ce n’est pas comme si quelqu’un allait me voir… sans mon casque et mes capes. »

 

Ah ! C’était une idiotie de penser une telle chose… mais bon… Elle en avait envie… Ca lui permettait de se rappeler qu’elle était une femme… ceci… Et quelques autres désagréments qui ne pouvaient concerner que son sexe bien entendu. Elle soupira un peu de dépit, se demandant si elle devait essayer de se montrer plus forte.


Se montrer plus forte… Bien voir qu’elle était une adepte des lignes de Zélisia… Et ne pas avoir peur des autres personnes avec un masque blanc… Elle devait se montrer courageuse… même si ce n’était que pour quelques instants… quelques minutes… Ensuite, elle pourrait redevenir ce qu’elle était habituellement. Ah… Elle écrirait à Tery après cette petite entrevue.

 

« Hein ? Qu’est-ce que… Un nouveau membre de leur confrérie ? » demanda un homme habillé de telle façon que toute sa noblesse transparait sur lui.

 

« Non… Elle vient de ma part. » annonça le prince Royan en regardant Elen.

 

« Et j’ai déjà eut l’agréable surprise de pouvoir lui parler. Ma foi, cette personne est vraiment très intéressante. » dit le second prince alors qu’elle pouvait apercevoir le troisième.

 

Celui-ci avait des cheveux bleus comme ses frères, une mèche cachant son œil gauche tandis qu’il était plus petit que l’aîné mais plus grand que le cadet… Oui… On voyait bien qu’il était le second dans la famille… Mais son regard était assez vague et évasif :

 

« Il fait beau aujourd’hui… » murmura-il avec douceur en observant le ciel à travers l’une des fenêtres de l’imposante salle dans laquelle ils se trouvaient.

 

« Mademoiselle… Je vous présente donc Sammy l’Insaisissable, mon grand frère. » dit le prince Royan alors qu’elle s’inclinait respectueusement devant l’homme.

 

« Toutes mes sincères salutations, messire le prince Sammy. »

 

Elle ne voulait pas paraître trop brusque… et elle entendit quand même quelques grognements de la part de l’un des conseillers. C’est vrai… Elle avait décidé de se présenter à tout le monde… Mais bizarrement, aucun masque blanc n’était présent. C’était une bonne chose en un sens car elle n’était pas sûre de pouvoir se présenter à eux.

 

« Elle vient donc de quel endroit ? Puisqu’elle n’est pas avec ces… »

 

« Je ne le sais pas moi-même mais il s’avère que contrairement aux autres, elle semble plus vraie… que ces derniers. »

 

« Tsss ! Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, prince Royan, vous manquez clairement d’expérience dans ce domaine ! Nous ne sommes plus du genre à se faire berner ! Vous allez au-delà de graves ennuis, vos regrettés parents eux-aussi étaient du genre à faire beaucoup trop confiance aux autres ! Je vous rappelle comment sont-ils morts ?! »

 

« Arrêtez ! Comment osez-vous hausser le ton devant l’un des trois princes ? Calmez-vous ! Pardonnez son impudence, prince Royan… Il ne voulait pas… C’est simplement… que vous comprenez qu’avec ces évènements… puis leurs apparitions… » dit un autre conseiller.

 

« Cela ne fait rien… Vous pouvez vous retirer dans vos quartiers. » répondit le prince Royan sans pour autant être gêné par les paroles de l’un des conseillers, Elen l’étudiant en détails. Il devait avoir une cinquantaine d’années, une barbe et une moustache grise… allant de pair avec les favoris… mais son crâne n’avait aucun cheveu…

 

Le regard haineux qu’il venait de lui lancer la fit légèrement trembler, les conseillers se retirant un par un alors qu’elle s’apprêtait à partir elle aussi. Ah… Elle n’aimait clairement pas l’ambiance qu’il y avait dans cette salle. Elle restait muette, attendant qu’ils soient partis avant de saluer les trois princes pour se diriger vers la sortie. Néanmoins, les gardes lui bloquèrent l’issue, lui demandant de se retourner car le prince Marco voulait lui parler.

 

« De… De quoi est-ce que vous voulez me parler ? »

 

« Au sujet du jeune homme de votre lettre… Vous êtes différente n’est-ce pas ? »

 

« Hein ? De… De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda t-elle une nouvelle fois sans réellement comprendre où il voulait en venir dans ses paroles.

 

« Vous êtes venue aussi pour nos médaillons… Cela se voit parfaitement. »

 

Gloups… Là… Ca devenait vraiment compliqué… Elle n’avait vraiment pas de chance… Elle regarda les trois princes avec un  peu d’appréhension. Elle ne devait pas les tuer… Elle ne devait pas ! Ils n’étaient pas des ennemis ! Peut-être qu’en leur parlant… comme Tery… Elle pouvait espérer… qu’ils accèdent… à sa requête ?

 

« Je… C’est vrai que… Que… Je suis là pour vos médaillons… Mais je ne suis pas avec les autres masques blancs ! Je n’étais même pas au courant qu’ils étaient là ! »

 

« Ne vous emportez donc pas… Cela est parfaitement inutile. Nous ne vous considérons pas comme une ennemie. Vous n’avez pas à vous en faire. » répondit Marco en la regardant.

 

« De même… Vous êtes celle dont les conseillers se méfient le moins… Peut-être parce que vous n’êtes pas du même groupe que ces personnes ? »

 

Elle… Elle ne voyait pas où ils voulaient en venir. Surtout qu’elle se trouvait en face des trois princes… bien que Sammy, le second des trois frères restait toujours aussi… évasif.

 

« D’après ce que j’ai pu comprendre… Un ami qui vous est cher a quelques problèmes… Surtout qu’il se trouve à Mekalaarma… Ce royaume est en conflit permanent avec les autres royaumes bien qu’il n’y a jamais eut réellement de guerre… Néanmoins, savoir que votre… »

 

« Il n’est pas cher à mes yeux ! Je n’ai jamais dit cela ! » s’écria t-il subitement alors qu’elle reprenait aussitôt : « Je… Je… Je ne voulais pas vous offenser mais bon… C’est simplement que… Je veux aller le sauver… Et je ne peux pas car j’ai autre chose à faire. »

 

« Si vous deviez choisir entre nos médaillons et ce jeune homme en priorité, lequel de… »

 

« Tery ! Je ne dois plus penser aux médaillons avant lui ! Pas après ce qu’il a fait ! Il en est hors de question ! Quitte à ce que je me fasse lynchée après ! »

 

« Oh… Nous voyons… Nous voyons… Pouvez-vous nous laisser seuls maintenant ? Nous aimerions dialoguer entre frères au sujet d’un point assez important. »

 

« Hein ? Oui… Bien sûr… Pardonnez encore une fois mon excès de zèle… Je ne sais pas ce qui m’a pris… C’est simplement que… »

 

Le prince Marco fit un petit geste de la main pour dire que ce n’était pas grand-chose alors qu’elle quittait la salle en tremblant. Ah… Quelle idiote ! Mais quelle idiote ! Elle avait crié aussitôt ce qu’elle pensait… Et elle s’était mis dans de beaux draps… Si les princes étaient au courant… ou en communication avec l’Oracle… Elle allait avoir de gros problèmes.

 

« On ne peut rien y changer en fin de compte… Je vais aller écrire ma lettre à Tery. »

 

Oui… Mais elle n’était plus vraiment motivée. Elle était assez lunatique comme fille quand elle y pensait bien… Elle pouvait s’emporter et être folle de joie tandis que cinq minutes plus tard, elle était presque désespérée… Ah… Elle passa dans les couloirs, ne remarquant pas un groupe de cinq personnes qui passaient à côté d’elle, aussi encapuchonnées et masquées  de blanc qu’elle. Elle retourna dans sa chambre, commençant à écrire, son imagination l’emportant plus facilement qu’elle n’y pensait dans les écrits qu’elle voulait donner à Tery.

 

« Ah… Tery… S’il te plaît, essaies juste de t’en sortir. »

 

Elle voulait le voir… le revoir…  Une dernière fois… Si ce n’était pas trop demandé… Car elle ne savait pas ce que le destin pouvait lui réserver dans le futur… Et c’était pour cela qu’elle était inquiète. De même… Elle ne voulait pas que les princes viennent l’aider, c’était son problème personnel et non pas celui d’une autre personne.

 

« C’est mon problème… Car c’est à moi de le sauver une seconde fois… »

 

Mais sa relation avec Tery ? Elle consistait en quoi plus exactement ? Se sauver mutuellement ? Elle la première fois… Lorsqu’ils s’étaient rencontrés… Puis une seconde fois… C’était lui… n’est-ce pas ? Avec ses lignes d’Alzar… C’était là… à ce moment… qu’elle… Qu’elle avait fait la plus effroyable erreur de son existence à ses yeux. Et une troisième fois… C’était encore lui… Ah… C’était même à ce moment là que son masque blanc… était tombé en morceaux… pour lui montrer son vrai visage.

 

« Je me demande comment il réagirait… si je me comportais comme une vraie fille. »

 

Pourquoi est-ce qu’elle se posait toutes ces questions ?! Elle ne devait pas oublier les médaillons ! C’était le plus important à l’heure actuelle ! NON ! C’était d’abord Tery ! Elle recommença à lire la lettre qu’il lui avait envoyé, la parcourant du regard tandis qu’elle soupirait. Oui… Il lui disait clairement qu’il devait se cacher avec Clari car à Mekalarma, ils n’étaient clairement pas les bienvenus. De l’autre côté, ils ne savaient pas du tout par où commencer… Et cela faisait déjà plus d’une semaine… Enfin… On ne découvrait pas des médaillons en une semaine, n’est-ce pas ? Sauf quand… On était attiré par eux… Et encore, c’était purement subjectif… Elle murmura :

 

« Je vais lui donner des conseils pour être discret… »

 

Oui… C’était la meilleure chose à faire. Elle savait comment se rendre discrète… Et la première règle était tout d’abord : Se camoufler complètement… Parfois, on se posait des questions mais généralement, on ne venait pas lui trouver des ennuis car elle avait un aspect un peu effrayant… AH ! Elle était effrayante ?

 

« Je n’y avais… jamais pensé… Mais peut-être que Tery a un peu peur… de moi ? Mais non ! Qu’est-ce que je raconte comme bêtises ? Et il faut que j’arrête de me parler seule. »

 

Oui… Mais bon… Là… Elle était déjà un peu plus motivée maintenant ! Et elle n’était pas effrayante comme femme ! Elle était même bien loin de tout ça ! Enfin bon… Cela se verra par la suite. Elle était pressée de revoir Tery… s’il s’en sortait… Gloups…

 

« Bonjour messires les princes ! » alla dire d’une voix amusée l’une des personnes avec un masque blanc, une voix féminine et fluette se faisant entendre.

 

« Bonjour Léa… Comment allez-vous en cette belle journée ? » demanda Marco d’une voix calme alors qu’il regardait les cinq personnes en face de lui.

 

« Très bien ! Et vous alors ? Comment est-ce que vous vous débrouillez ? C’est rare de voir les trois princes réunis au même endroit ! »

 

« Oh… Nous allons très bien, merci de vous inquiéter à ce sujet. » répondit Marco à nouveau tandis que le prince Sammy continuait de penser sans rien s’intéresser à ce qui l’entoure.

 

« Oh ! Nous ne sommes pas inquiets du tout ! Mais est-ce qu’il est possible de revoir le médaillon que vous avez autour du cou s’il vous plaît ? Ah ! Attendez ! »

 

L’une des personnes venait de murmurer quelque chose à l’oreille à celle qui s’adressait aux trois princes puis soudainement, elles commencèrent à parler entre elles, semblant presque ignorer le reste des personnes dans la salle.

 

« J’ai pas fait attention, je te dis. T’es sûr de ça ? Tu ne racontes pas de bêtises ? »

 

« Sûr et certain… Mais je ne sais pas ce qu’elle faisait là. »

 

« Dites ! Prince Marco, j’ai une question à vous poser. Est-ce que vous pensez pouvoir y répondre ? Ou je peux demander au prince Sammy qui a la science infuse ? »

 

Hum ? Elle manquait un peu de tact et quelques gardes bougeaient déjà légèrement. Néanmoins, le prince Marco fit un petit mouvement de la main pour dire que c’était bon. Au final, n’étaient-ils pas déjà habitués à ces cinq personnes ? Il fit un nouveau geste de la main pour dire à la personne masquée de prendre la parole :

 

« C’est vrai ce que mon ami vient de me raconter ? Il y a une autre personne masquée parmi vous ? Où est-ce qu’elle se trouve ? Si ça ne vous dérange pas trop bien… »

 

« Cela me dérange et cette personne est mon invitée. » répondit aussitôt Royan en les regardant avec attention, disant aussitôt : « C’est pourquoi, malheureusement, vous ne saurez pas où cette personne se trouve. Frères, je dois me retirer maintenant. »


« Fais donc comme tu le dois, Royan. »  dit l’aîné des trois frères.

 

« Je viens avec toi, je dois me rendre dans le jardin pour étudier. » répondit finalement Sammy alors qu’il était resté muet depuis le début, marchant à côté du plus jeune des trois princes tandis qu’ils quittaient la pièce à leur tour.

 

« Je suis désolé du comportement un peu brusque de la part de mon petit frère. Veuillez m’en pardonner bien que vous soyez nos invités. »

 

« Oh ! Ce n’est rien ! Ne vous en faites pas ! On commence à avoir l’habitude ! Il est assez froid comme son titre ! Quand au prince Sammy, on a aussi l’habitude. »

 

« Sinon, est-ce que je peux vous poser une question ? Au sujet de cet Oracle dont vous me parlez tant, à quoi ressemble t-il ? »

 

« Oh… C’est un vieil homme avec des cheveux gris plutôt longs. Sa barbe aussi est imposante et sa moustache de même ! Assez spécial, on ne dirait pas mais il nous confie quelques missions bizarres des fois. »

 

« Ah… Je vois, je vois… Et cet Oracle… Est-ce par rapport à la déesse Zélisia qu’il s’appelle ainsi ? Ou alors, est-ce autre chose ? »

 

« Parce qu’il s’occupe de nombreux orphelins ayant des lignes de Zélisia. »

 

Ah… C’était donc cela ? Dans les paroles de la femme masquée, il ne décelait aucun mensonge. C’était donc la stricte vérité ? Du moins, elle était convaincue que c’était la vérité… Mais l’était-ce réellement ? Il n’en savait trop rien.

 

« Par contre, est-ce que vous pouvez nous dire où se trouve la personne qui nous ressemble ? Car l’Oracle nous a envoyé nous cinq et nous ne sommes pas au courant d’une nouvelle personne, c’est pour vous protéger. Il y a des chances que cette personne soit avec vos conseillers… Enfin, on vous a déjà tout expliqué à ce sujet. »

 

Il hocha la tête d’un air positif pour dire qu’il voyait parfaitement de quoi est-ce qu’ils parlaient… Oui… Selon eux, les conseillers tentaient un coup d’état pour prendre la place et mettre fin à une monarchie trop laxiste…

nov 25

Chapitre 22 : L'héritage de la famille

Chapitre 22 : L’héritage de la famille

 

« Comment est-ce possible ? Ces loups ne devraient même pas… »

 

« Être contrôlés ? Ce n’est pas un souci. Ils le sont pourtant bel et bien. Il suffit juste d’un peu de volonté et d’entraînement. Le plus gros problème dans ces loups reste leurs invocations lorsqu’on décide de les invoquer. »

 

« Invo… Comment ça ? Comme des golems ou autres ?! » demanda t-elle, intéressée alors qu’elle se retrouvait dans un carrosse qui se faisait tirée par des loups deux à trois plus gros que ceux qu’elle avait dût combattre il y a de cela bientôt une semaine.

 

« C’est exact. Il existe aussi des loups qui sont invoqués par la magie ambiante ou alors de véritables loups des neiges dans la partie de mon royaume. Néanmoins, ceux invoqués par la magie ont la particularité d’être faits de glace et leurs yeux sont une véritable rareté. Enfin bon… Certains fous voulant être riches essayent d’en invoquer un maximum pour leurs yeux. Des fois, la magie est tellement forte que les loups se rebellent. »

 

« Mais il n’y a que cela comme créatures environnantes ? Vous devez bien vous nourrir en viande non ? Ou alors, ce n’est pas le cas et je raconte des sottises ? »

 

« Nous nous nourrissons principalement en plantes et autres produits issus de la mer comme des poissons. Néanmoins, il existe bien certaines créatures comme les Ourosars. Cela ressemble à de grosses peluches de poils de deux à trois mètres de hauteur. Ils ont généralement des crocs acérés et un pelage blanc. Il est plutôt difficile de les remarquer, néanmoins certains sont très faciles à voir dans la pénombre mais ce n’est guère une bonne chose…  Surtout avec eux… Dès que tu aperçois un Ourosar noir, il vaut mieux s’enfuir avant qu’il ne t’agrippe avec ses six pattes. »

 

« Je crois que c’est préférable que je ne demande pas ce que cela veut dire. » murmura la jeune femme au masque blanc alors que le carrosse continuait sa route.

 

« A vous de voir. Je pense que vous pourrez en regarder un ou deux dans une cage. Mon frère Marco, le prince du centre de Traslord, aime beaucoup collectionner les animaux vivants. Avec ses lignes bleues, il arrive à calmer même les pires créatures qui existent dans nos mers ou sur nos terres. Les Ourosars sont connus pour être particulièrement violents mais avec lui, tout cela semble aller si calme… et si doux… Son surnom vient de là : Il est particulièrement calme et patient et cela se reflète dans ses gestes ou ses actions. »

 

« Imp… ressionnant… Un peu comme vous, prince Royan… Votre attitude froide et éloignée fait que l’on vous appelle le Verglaçant non ? »

 

« C’est exact… Mais cela n’a aucun rapport avec mes lignes bleutées ou mes pouvoirs. Comme vous le dites si bien, cela est à cause de mon comportement. »

 

Ah… Les dernières paroles de l’adolescent aux cheveux bleus avaient été assez… dures à entendre. Elle avait touché un point sensible visiblement. Elle n’aurait jamais dû parler de tout cela, elle avait été vraiment stupide sur ce coup. Elle resta muette, observant les environs alors qu’ils se rapprochaient de la ville mais surtout de cette tour. Si elle avait le temps, elle aimerait bien y jeter un œil mais bon… Visiblement, le prince avait d’autres projets pour elle.

 

« Prince Royan, nous serons chez votre frère dans l’heure qui suit. »

 

« D’accord, merci beaucoup pour cette information. » répondit l’adolescent alors qu’il était en train de lire un livre à la couverture dorée et bleue.

 

« Qu’est-ce que c’est comme livre ? Si ce n’est pas… dérangeant d’en parler ? » demanda t-elle sur un ton poli tout en observant les alentours du carrosse.

 

« Au sujet des lettres et des éléments qui les composent… Vous avez une lettre blanche non ?  Du moins, cela est assez logique mais il vaut mieux confirmer. »

 

« J’avoue que… Je ne me préoccupe pas souvent de ça… Mais je crois oui… »

 

« Et bien… Comme vous vous en doutez, lorsque la lettre est noire, cela est généralement dût au fait que l’élément n’a pas encore été décidé ou que les lignes d’Alzar sont présentes en cette personne. Enfin… C’est ce que les gens croient… Cela ressemble à une coloration noire… Mais tout cela n’est pas réel… Notre perception du noir et du blanc font qu’ils sont souvent opposés… mais en fin de compte, ne commence t-on pas avec une couleur blanche pour notre lettre ? Car sinon, cela voudrait dire que nous sommes tous issus du dieu Alzar… »

 

« Je suis assez perdue, je dois l’avouer. »

 

« Ca ne fait rien… Dites-vous que passer du noir au blanc est une chose assez facile en fin de compte. Quand aux lettres, saviez-vous que la lettre E définit le commencement de toute chose ? Normalement, une personne qui apprend à utiliser ses lignes passera en moins de quelques mois à la lettre D… C’est pour cela qu’avoir un E de nos jours est si rare… Bien plus rare qu’avoir une lettre D… »

 

Une lettre E… D’après les dires de Tery… ou ses souvenirs… Ce n’était pas ce qu’il avait comme lettre ? Elle parut bien plus intéressée, demandant aussitôt :

 

« Est-ce qu’il y a une chance qu’une telle lettre soit sur le corps d’un adulte ? »

 

« Quelle lettre ? La lettre E ? Il y a des chances mais disons que cela est tout de même assez rare… Presque autant qu’avoir des lignes d’Alzar ou de Zélisia… Généralement, un adulte durant son enfance et son adolescence a fait assez de magie pour pouvoir passer à la lettre  D… même inconsciemment… »

 

« Et si ce n’est pas le cas ? Si cela… existe vraiment… qu’un nouvel adulte… »

 

« Hum… Alors, il sera complètement inoffensif et sans défense, il ne fera même pas de mal à un enfant de dix ans qui a déjà commencé à apprendre à utiliser ses lignes. »

 

« Ah. D’accord… Pardon de vous avoir dérangé avec ça. »


Ce n’était rien… Il observa son livre pendant quelques instants puis la jeune femme au masque blanc. Il semblait y avoir un petit souci… de ce côté, n’est-ce pas ? Hum… Elle connaissait quelqu’un avec une lettre E… Et cela la perturbait. Sans rien dire, il referma son livre, le déposant à côté de la jeune femme avant d’observer le ciel à travers la fenêtre.

 

Elle observa le livre quelques instants avant de fermer les yeux, se laissant emporter dans un semi-sommeil tandis que le carrosse arrivait au bout d’une bonne heure à destination. L’un des soldats vint la réveiller, lui signalant qu’ils allaient l’emmener par un autre chemin que celui que le prince allait prendre.

 

« Pourquoi cela ? Il y a un problème avec moi ? »

 

« Disons que d’après ce que le prince a voulut nous dire, il vaut mieux que vous soyez discrète actuellement… Mais vous verrez les trois princes dans la journée, vous n’avez pas à vous en faire à ce sujet, nous vous le promettons. »

 

D’accord… Mais elle était quand même moyennement confiante. Elle regarda le prince qui était déjà assez éloigné tandis qu’elle allait dans l’autre sens… Mais bon… Ils se reverraient à l’intérieur de la capitale non ?


Suivant les gardes, elle pénétra à l’intérieur de la ville pour voir qu’ici, il ne fallait pas s’attendre à des bâtiments fait en glace… Non… Mais plutôt… C’était quoi comme matériau ? Elle s’approcha de l’un d’entre eux, le touchant de ses doigts :

 

« Ceci est un mélange de corail, de pierre sous-marine et de divers morceaux issus de la mer. Ainsi, même sous les plus violentes tempêtes, nos bâtiments ne risquent rien car ils ont déjà subit la pression sous-marine. »

 

« Je vois… Je vois… C’est assez impressionnant… Comme les bâtiments de glace ou plutôt les murs en glace qui se trouvent sur les bâtiments de la partie ouest de Traslord. »

 

« Vous les avez vus aussi ? C’est assez imposant, n’est-ce pas ? »

 

« Oui… Oui… Est-ce que je peux visiter les environs ? »

 

« Vous le pouvez mais tâchez de vous présenter devant le palais royal dans deux à trois heures au grand maximum. » répondit le soldat alors qu’elle hochait la tête.

 

Si elle pouvait s’éloigner un peu, elle ne se ferait pas priée ! Elle n’avait pas vraiment envie de se balader mais elle se sentait oppressée avec tous ses soldats autour d’elle. Cela avait quelque chose d’assez exaspérant quand on y réfléchissait bien.

 

Elle commença à vagabonder à travers les ruelles, observant les hommes et les femmes avec leurs branchies et leurs écailles. C’était quand même bizarre non ? On pourrait presque croire… AH ! Elle ne s’était pas posée la question auparavant mais est-ce que ces branchies leur permettaient de vivre naturellement dans l’eau ? Si ça ne tenait qu’à elle, elle n’aurait pas hésité à poser la question mais bon… Ca ne se faisait pas ? Elle réfléchissait à ce que Tery aurait fait avec elle… Hum… Elle était sûre de ça… Oui…

 

Elle n’aurait pas hésité à poser la question juste pour voir l’exaspération sur le visage du jeune homme. Cela aurait été quelque chose de vraiment très drôle et amusant. Héhéhé… Mais… Tery ne lui avait pas écrit depuis plusieurs jours… Elle devenait presque dépendante de ses écrits… Ah… Héhéhé… Tery… lui manquait… Elle poussa un profond soupir, se disant qu’elle devait se diriger vers le château… même si… Au final, ça ne faisait que vingt minutes.

 

« Pardonnez-moi mais le prince Royan m’a signalé que je pouvais rentrer dans le palais. »

 

Elle disait cela, pensant intérieurement que c’était un peu… stupide de parler ainsi devant les nombreux gardes qui se trouvaient devant une immense double porte avec un emblème représentant une baleine gravé sur celle-ci.

 

« Ah… C’est donc vous… Nous avons déjà reçu les consignes. Vous pouvez rentrer. »

 

Les gardes haussaient les épaules comme pour signaler que visiblement, ça ne les dérangeait pas plus que ça. Ah… C’était donc une bonne chose… Elle n’aurait pas à se prendre la tête avec ça. Bon… Maintenant qu’elle allait être à l’intérieur… Elle poussa un profond soupir, alors que la double porte s’ouvrait. Et elle allait se guider comment ?

 

Dès qu’elle commença à marcher en essayant de se repérer, elle n’était clairement pas aidée. Ce genre de bâtiment gigantesque lui donnait le tournis. Elle préférait vraiment les petites maisons comme chez la mère de Tery. Encore qu’en y réfléchissant bien, la maison des parents de Tery n’était pas si petite que ça… Mais elle n’était pas si gigantesque que ça non plus ! Enfin bon… C’était pas le problème actuellement.

 

« Je ne sais pas où me rendre… Peut-être qu’à partir du jardin… »

 

C’était la meilleure chose à faire actuellement. Elle ferma les yeux, prenant une profonde respiration avant de chercher une sortie. Oui… Dans chaque palais, il y avait bien un coin où il y avait un jardin non ? Enfin, un endroit où se reposer et se détendre.

 

Elle le trouva rapidement, arrivant dans ce qui ressemblait plus à un parc avec de nombreuses haies… de couleur bleue ? Elle ne connaissait pas de végétal ayant la possibilité de devenir bleu… C’était vraiment bizarre… Ou alors, cela avait été fait exprès de telle sorte que cela paraisse ainsi. Elle vagabonda sur les chemins, se disant que cet endroit ressemblait un peu à un labyrinthe miniature.

 

« Heureusement que les haies ne sont pas très grandes mais bon… Hein ?! »

 

C’était quoi ?! Elle voyait plusieurs bocaux de plusieurs mètres de hauteur à certains endroits dans ce labyrinthe. A l’intérieur, baignant dans une eau bleue et pure, différentes créatures semblaient endormies. Elle se rapprocha de l’un d’entre eux, le regardant longuement tout en murmurant :

 

« On dirait presque des expériences bizarres… Plutôt que des créatures sous-marines. »

 

Pourtant, elle savait parfaitement que ce n’était pas le cas. Devant elle dans le bocal, la créature restait parfaitement immobile et silencieuse. Munie d’une bonne centaine de tentacules verts miniatures, elle n’avait pas réellement de visage bien qu’une bosse se trouvait au milieu des tentacules. Enfin, les tentacules se retrouvaient dans une petite poche de chair rouge tout autour d’eux… Plus elle le regardait, plus elle se disait que cela ressemblait à une anémone de mer… Oui… Rien de bien transcendant. Elle émit un petit rire alors que soudainement, la bosse s’ouvrait, laissant voir un œil. Elle poussa rapidement un cri, reculant tandis que les tentacules semblaient se réunir pour prendre la forme d’une mâchoire aux crocs acérés. Les dents claquèrent avec violence alors qu’elle était tombée sur ses fesses, impressionnée par ce qu’elle voyait.

 

« C’est vraiment… sécurisé ce bocal ? »

 

C’était la seule chose stupide qu’elle pensait en voyant cette créature bien qu’elle se relevait. Il valait mieux pour elle qu’elle s’éloigne. Elle s’apprêtait à partir alors qu’une voix douce ne se fasse entendre derrière elle :

 

« Et bien ? Que se passe t-il ici ? Je pensais que tout serait bien calme. »

 

Elle se retourna pour voir un homme d’une vingtaine d’années, habillé comme un… AH ! Elle s’arrêta tout de suite au niveau du cou de l’homme pour y voir un objet plus qu’intéressant… Un médaillon d’une couleur bleue ? Enfin non, il y avait une pierre bleue… à l’intérieur… Ah ! C’était l’un des médaillons qu’elle recherchait !

 

« Et bien ? Je vois que vous avez excité cette pauvre énalphase. »

 

« Enalphase ? C’est quoi ? Le nom de cette créature ? » demanda t-elle bien qu’elle gardait les yeux fixés sur le médaillon, clairement peu préoccupée par l’homme aux cheveux bleus qui se tenait en face d’elle.

 

« C’est exact… Allez… Tout doux… Tout doux… »

 

L’homme venait de poser une main sur le bocal, ne semblant même pas apeuré par la créature, celle-ci continuant de claquer ses mâchoires avant de s’arrêter peu à peu. Les mâchoires se déformèrent avant de reprendre leur forme de tentacules… Oui… La créature se calmait… toute seule ? Grâce aux paroles de l’homme ?

 

« Comment est-ce que vous arrivez à faire ça ? Elle s’est tout de suite calmée… »

 

« Oh… Ceci est un don que j’ai depuis plusieurs années. J’ai la possibilité de calmer les créatures issues de la mer ou vivant dans des milieux aqueux. »

 

« Vous ne seriez pas… le prince… Marco le Tranquille ? »

 

L’homme émit un léger sourire tout en la regardant, hochant d’un air positif la tête alors qu’elle se mettait correctement en face de lui. Elle reprit aussitôt :

 

« Je… Je suis venue avec votre petit frère, le prince Royan et… »

 

« Il nous a déjà prévenu, ne vous en faites donc pas, mademoiselle. De même, je suis au courant qu’il vaut mieux ne rien dire aux autres membres de votre fratrie. Vous êtes venue en toute discrétion dans ce royaume contrairement à eux. Le second de mes frères ne tardera pas à se présenter. Voulez-vous bien me suivre ? »

 

… … … Qu’est-ce que cet homme était réellement ? Elle n’arrivait pas à l’expliquer mais le calme et la sérénité… qui l’envahissaient étaient si… bizarres. Rien qu’en le regardant, il était possible de se demander si rien qu’une fois, il s’était déjà énervé dans son existence. Là… Elle était loin d’en être sûre… Oh que oui… Complètement loin…

 

« Euh… Je veux bien… Enfin… J’aimerai simplement que vous me promettiez que je ne vais pas me retrouver en face des autres personnes portant des masques blancs. »

 

« Encore une fois, mon jeune frère m’a prévenu de votre peur d’autrui. Ne vous en faites donc pas, je vais simplement vous faire visiter les lieux. »

 

« Est-ce qu’au lieu, auparavant… Vous pourriez m’expliquer ce que sont ces créatures ? »

 

Elle désigna les autres bocaux, le jeune homme hochant la tête en souriant tendrement. Ah… Il était vraiment spécial comme homme… non ? Il y avait une telle impression de tranquillité avec lui… Marchant à côté du prince comme si de rien n’était, la jeune femme au masque blanc l’écoutait avec attention bien qu’elle regardait parfois la pierre autour du cou du jeune homme. C’était pour ça qu’elle était venue… Oui…

 

« Je voulais vous demander… au sujet de votre pendentif… »

 

« Vous êtes venue pour celui-là aussi, n’est-ce pas ? Ne vous en faites pas… Nous savions que dès l’instant où quelqu’un se présenterait avec un masque blanc, nos pendentifs seront nécessaires pour la sécurité de ce monde. »

 

« Si vous le saviez… Est-ce que vous… »

 

« Nous verrons cela en temps et en heure. Voulez-vous bien me suivre, mademoiselle ? »

 

Ah… Quelle idiote ! Mais quelle idiote ! Elle avait l’impression de tout faire échouer à cette allure ! Elle observa le prince, remarquant qu’il avait de longs cheveux bleus bien qu’on remarquait aux traits de son visage qu’il était bien le grand frère de Royan.

 

« D’accord… Allons-y alors… AH ! »


Dans les airs, une petite lettre ailée était en train de voler tout en se dirigeant vers elle. La jeune femme réceptionna la lettre, la regardant longuement. Tery ? Tery venait de lui redonner de ces nouvelles ? C’était ENFIN une bonne chose ! Elle avait assez attendu ! Mais pourquoi seulement maintenant ? Il avait eut des problèmes ?

 

« Et bien… On dirait que vous avez une lettre. » vint dire le prince bien que cela était facile à remarquer, un petit sourire aux lèvres.

 

« Cela provient d’une personne très importante. Elle m’a déjà sauvée la vie deux fois et je lui suis redevable. Heureusement que ces lettres existent car je n’aurais jamais pu lui reparler un jour. J’ai cru… que la dernière fois, il était mort et puis… Lorsqu’il m’a envoyé cette… »

 

Mais qu’est-ce qui lui prenait de parler de ça ? Elle regarda le prince Marco avec un peu d’étonnement. Elle venait de se confesser ou presque aussi facilement… Alors qu’elle était souvent du genre à garder le sceau du secret.

 

« C’est donc une bonne chose… Cela fait plaisir de voir que certaines personnes n’hésitent pas à rester en contact malgré la distance qui les sépare. Souvent, il est dit : Loin des yeux, loin du cœur… Mais ce n’est pas totalement vrai, vous le verrez bien assez tôt. »

 

Ah ? Elle ne voyait pas quoi dire… Mais si… Tery lui écrivait, elle était donc heureuse. Elle se demandait si elle devait lire la lettre ici… ou non. Ah… Le prince ne semblait pas du genre curieux, comme son petit frère.

 

Elle commença à ouvrir la lettre, la parcourant du regard avant de s’arrêter. Tery… Dans quelle zone était-il ?! Pourquoi est-ce qu’il était comme ça ?! Elle comprenait son retard ! Elle… Elle… Elle devait aller l’aider maintenant !

 

« Des mauvaises nouvelles ? Vous semblez assez inquiète. »

 

« Le jeune homme… qui m’a sauvé la vie… est en danger. Il m’explique qu’il a mis du temps à m’écrire car il n’avait justement pas de temps pour… cela… Ah… Je dois aller l’aider ! »

 

« Cela ne sert à rien de se presser inutilement. Calmez-vous… Nous vous aiderons si cela s’avère nécessaire. » répondit le prince alors qu’elle le regardait avec étonnement.

 

« Vouloir m’aider ? Mais… Mais… Mais pourquoi ? Cela ne vous concerne pas ! »

 

Maintenant, ce fut le prince qui la regardait longuement comme pour réfléchir à la question que venait de lui poser Elen. Il murmura avec un petit sourire amusé :

 

« Car j’en ai décidé ainsi. Cela ne me sied guère de rester de marbre devant la détresse des personnes. Pouvez-vous m’en dire plus au sujet de ce jeune homme qui me semble très important à vos yeux d’après ce que je crois voir dans vos réactions. »

 

Im… Important… Elle… Elle ne le pensait pas comme ça ! C’est sûr que… Non… Il valait mieux ne rien dire, elle risquerait de prononcer des bêtises.

 

« Il est à Mekalarma… pour une mission… Mais très dangereuse d’après ce que j’ai compris. » murmura t-elle avec lenteur.

 

Hum… Mekalarma… C’était certain que ce genre de royaumes était très dangereux et non pas seulement pour une mission… mais rien que pour y vivre si on était un étranger.

 

« Vous  devriez me suivre… et réfléchir à tout cela à tête reposée. Si cela s’avère nécessaire, nous vous aiderons à aider ce jeune homme. Quel est son nom ? »

 

« Tery Vanian… prince Marco. » dit-elle une nouvelle fois avec lenteur.

 

« Hum… Je ne crois pas connaître ce nom… Encore que… En faisant des recherches, ce nom Vanian semble me dire quelque chose… Mais je n’en suis pas sûr. »

 

« Hein ? Vous dit quelque chose ? Comment ça ? »

 

« Oh… Je ne sais pas… Mais il sonne bizarrement… Comme si il provenait du centre. »

 

Du centre ? Il voulait dire… Du centre du monde ? Qu’est-ce que Tery lui avait caché depuis tout ce temps ? Elle observa le prince avec un peu d’étonnement alors qu’elle commençait à le suivre. Elle allait peut-être en savoir un peu plus à son sujet… mais ça l’étonnait.

nov 18

Chapitre 21 : Frères royaux

Chapitre 21 : Frères royaux

 

« Vous-même… Vous avez une lettre n’est-ce pas ? Saviez vous qu’il est possible de faire disparaître cette lettre si on le désire ? Cela est souvent fait inconsciemment mais généralement, lorsque nous sommes en position de faiblesse, cette lettre tend à se présenter à nouveau devant nous. »

 

« Mais elle est sans importance en fin de compte, n’est-ce pas ? »

 

« Les personnes provenant de Shunter pensent que montrer cette lettre est une marque de faiblesse. Il est vrai que si tu n’as qu’un simple E ou D et que tu te trouves en face d’un adversaire ayant un B ou un A… Cela va jouer sur le moral de la personne et lui montrer qu’elle a toutes les chances de te tuer. »

 

Ah… Ca paraissait logique… De l’autre côté, elle-même n’avait jamais réellement pris conscience de sa lettre… qui était placée à un certain endroit… Hum… Ce n’était pas le moment d’y penser en y réfléchissant bien. Le prince reprit :

 

« Mais avoir une lettre A ne fait pas de moi une personne démentielle. Il n’y a pas que la lettre qui joue dedans. Cela est une indication de la puissance que l’on peut posséder… Encore faut-il ensuite réussir à l’utiliser correctement. Cela demande de l’expérience. »

 

« Je veux bien vous croire… Je n’y connais pas grand-chose d’un autre côté, je dois vous l’avouer sincèrement. » dit-elle alors que le prince restait imperturbable.

 

« Hum… Ne vous en faites donc pas pour cela… Cela ne m’étonne même plus venant de votre part. Je crois que l’idée que je me forge de votre côté est très bonne. »

 

Hein ? Cela ressemblait à un compliment mais elle était loin d’en être sûre maintenant. Elle observait le prince, un peu gênée par ses paroles sans savoir réellement où se mettre dans toute cette histoire. Tout bien réfléchit, elle était assez perturbée par tout ça… Et elle en oubliait presque sa première mission.

 

« Euh… Prince… Royan… Qu’allez-vous faire de moi maintenant ? Je ne sais toujours pas pourquoi je suis ici et pourquoi vous m’avez même… demandée de rester ici. »

 

« Nous allons nous rendre au centre de Traslord, là où l’aîné de ma famille gère la partie aqueuse de notre royaume. »

 

« Hein ? Mais pourquoi ? Quel est le rapport avec moi ? Je… Je vous préviens… Je ne veux pas voir ces autres personnes masquées ! Je n’ai aucun lien avec elles et je préfère ne pas les rencontrer ! Elles ne me connaissent pas et inversement ! »

 

« Hum ? Ce n’est pas un problème… Vous serez bien obligée de me suivre. »

 

Hein ?! Elle n’aimait pas du tout les paroles du prince ! Obligée ?! Elle allait tout simplement partir et tout de suite si c’était ainsi ! Elle n’aimait pas qu’on la retienne ! De l’autre côté, maintenant… Elle avait besoin de faire une recherche… Oui… Maintenant, sa mission revenait dans sa mémoire… Elle devait récupérer les trois médaillons… Sauf qu’elle n’avait aucun indice… Sauf qu’ils étaient entre les mains de plusieurs humains.

 

« Vraiment… J’oublie même la raison qui m’a fait venir ici. »

 

« Vous disiez ? » demanda le prince en se tournant vers elle alors qu’elle répondait aussitôt :

 

« Non, non… Ce n’est pas grave… Quand au fait de venir avec nous… J’y suis contrainte et forcée… Mais ne m’obligez pas à voir les autres personnes. »

 

Hum… Il allait y réfléchir sérieusement… Car là, il n’avait pas la motivation pour réellement lui ordonner toutes ces choses. Pour l’instant, elle pouvait se retirer de la salle. Il fit un petit geste évasif alors qu’elle quittait la salle du trône, la jeune femme murmurant aux deux gardes peu à peu :

 

« Est-ce que vous avez ce qui lui passe par la tête au prince Royan ? J’ai du mal à le cerner. »

 

« Il a toujours été ainsi… Depuis la mort de ses parents et avec le poids des responsabilités sur ses épaules, il est devenu bien plus froid que son titre. »

 

« Hum… Je n’ai jamais eu de parents… donc je ne sais pas réellement ce que cela veut dire… Mais je veux bien essayer de le comprendre… Car il doit souffrir intérieurement. »

 

« Ne répétez jamais ses paroles devant lui… C’est un conseil au cas où… »

 

Elle en tiendrait compte. De toute façon, elle n’allait pas épiloguer sur le comportement et la philosophie des personnes autour d’elle. Ce n’était pas du tout son genre à la base. Elle reprit d’une voix calme et lente :

 

« Je vais éviter oui… Ne vous en faites pas… Est-ce que je serai prévenue lorsque le prince décidera de partir vers le centre de Traslord ? »

 

« Un serviteur viendra vous chercher. Pendant ce temps, vous êtes congédiée dans votre chambre avec interdiction de sortir du château. »

 

« Alors je pense que je vais aller me balader un peu. Il doit y avoir pas mal de choses à visiter je pense dans ce palais. » murmura t-elle avant de se diriger à travers les couloirs.


Bon… Où est-ce qu’elle pouvait aller ? Elle passait une main sur son masque blanc, le trouvant maintenant légèrement oppressant. Depuis le jour où Tery lui avait brisé son masque, elle s’était toujours posé la question de la raison qui la forçait à mettre ce masque. Est-ce qu’elle devait le garder ?

 

« C’est dur de réfléchir pour des choses aussi basiques… Qu’est-ce que Tery me dirait en fin de compte ? Que je dois penser par moi-même ? Que je dois montrer mon visage à tous ? Ah… Je préfère attendre… Je n’ai pas le courage… de le montrer… maintenant. »


Le courage… Elle en manquait souvent… Même pour les petites choses basiques et légèrement futiles… Mais bon… Elle retourna vers sa chambre, pénétrant à l’intérieur avant de se diriger vers le balcon. Maintenant… Elle pouvait observer les environs à partir de cette vue… Le château était quand même imposant… malgré ses dires… Quand on le regardait de l’extérieur, il semblait si petit mais là… C’était maintenant bien différent. Ahhhh…

 

« Hum… C’est vraiment beau comme endroit. »

 

Oui… Elle le reconnaissait mais bon… Elle allait patienter jusqu’à ce qu’on vienne la chercher. Est-ce qu’elle devait se peigner ou non ? Elle pouvait tenter de se faire belle… Encore qu’avec ses cheveux blonds partant dans tous les sens. Enfin bon… C’était un combat perdu d’avance malheureusement.

 

« Bon… Qu’est-ce que je fais alors ? Je ne sais pas du tout… Pfff… Pourquoi est-ce que je n’ai personne pour me tenir compagnie ? »

 

Celle de Tery lui manquait… Il arrivait à l’énerver et à la faire rire quand il le désirait. C’était une compagnie loin d’être désagréable et elle voulait le revoir. Pfff… Ca en devenait vraiment problématique de penser un peu trop à lui. Elle était quand même capable de faire sa vie sans lui non ? Elle avait bien réussi auparavant !

 

« Si seulement je pouvais lui parler… en face à face au lieu d’attendre ses lettres. C’est vraiment embêtant mais… sans ces lettres… Je ne lui parlerais même pas. »

 

Oui… C’était comme ça et elle devait y penser sérieusement. Bon… Elle se recoucha sur le lit, observant le sommet de tissu puisqu’il était à baldaquins. Elle allait tout simplement attendre que les soldats reviennent la chercher. Elle ne devait pas avoir peur… de voir d’autres personnes au masque blanc. Ce qui la préoccupait le plus était cette personne… Cet homme qui semblait relativement énervé contre elle et les autres personnes au masque blanc. L’une d’entre elles avait surement fait quelque chose pour le mettre dans cet état. Elle en était presque sûre et certaine… Maintenant, il fallait voir quoi.

 

Plusieurs coups sourds se firent entendre après environ une heure. Elle se redressa du lit, se dit qu’elle s’était endormie un peu trop facilement à son goût. Bon… Qu’est-ce qu’ils voulaient en fin de compte ? Elle se dirigea vers la porte, l’ouvrant alors que plusieurs soldats se trouvaient devant elle. Bon… C’était donc ça…

 

« Nous sommes venus vous chercher pour le départ du prince. »

 

« Ah oui… Je pense que je dois vous suivre, c’est cela ? » demanda t-elle avec une très légère pointe d’ironie, se disant que ce n’était pas du tout son genre.

 

« Oui… C’est exact. Le prince est déjà parti sur le bateau avec sa garde. »

 

Hum… Tant mieux pour lui. Elle n’aimait pas l’idée même de voir d’autres personnes masquées, elle le pensait tellement fort qu’elle espérait que cela se transparait sur son visage. Dommage que celui-ci était recouvert… Pfff…

 

« Bon… Nous pouvons y aller au lieu de rester plantés là ! » dit-elle avec un peu d’entrain. Peut-être qu’en aidant le prince, elle saurait où se trouvent les autres médaillons même si elle commençait un peu à se poser une petite question.

 

Bon… Maintenant, ils quittaient le palais, elle-même étant accompagnée d’une dizaine de soldats. C’était presque sa propre garde royale… Ah… Comme si elle était une princesse… Autant arrêter d’y croire… Il valait mieux ne pas se faire d’illusions à ce sujet. Elle était tout simplement… importante ou du moins avait un rôle à venir. Elle le sentait… Personne n’était gentil sans arrière-pensée. Elle le savait parfaitement !

 

Lorsqu’elle fut emmenée devant ce qui ressemblait à un navire de guerre en vue de la taille de ce dernier, elle se disait que celui qu’elle avait pris pour arriver au palais était un simple petit bateau de rien du tout. Il y avait plus canons, de nombreux harpons et deux à trois cents personnes sur le bateau ? C’était tout simplement énorme !

 

« Si vous voulez bien monter, nous allons vous montrer votre cabine. »

 

« J’ai une petite question : Qui nous accompagne pendant le voyage ? Est-ce que les conseillers seront du voyage aussi ou non ? »

 

« Le prince ne se déplace jamais sans ses conseillers donc oui, ils seront là. »

 

« Est-ce que vous ne pensez pas qu’il y aura quelques problèmes ? Puisque je suis présent sur le bateau ? » demanda une seconde fois la jeune femme aux cheveux blonds.

 

« Hum… Je pense qu’il va y avoir quelques disputes mais rien de bien grave ou dramatique. De toute façon, nous sommes là pour assurer la sécurité du prince Royan. »

 

« Tant mieux alors… Car j’avoue que je n’ai pas envie de passer pour le vilain de l’histoire surtout que je viens à peine d’arriver. » termina t-elle alors que le soldat avec qui elle venait de parler lui souriait. Maintenant, il pouvait la guider vers sa cabine.

 

Lorsqu’elle pénétra à l’intérieur, elle poussa un petit soupir amusé. A quoi s’attendait-elle ? C’était parfaitement normal de voir ce genre de cabine. C’était bien différent du luxe du château mais c’était largement mieux que sa petite masure. Ah ! Elle se coucha sur le lit, testant ce dernier alors qu’elle avait une lampe à huile et un bureau. OH ! Et même en ouvrant la fenêtre, elle avait une vue sur la mer.

 

« Si vous avez quelque chose à nous dire, vous pourrez appeler le commandant. »

 

« Merci bien… Je vais rester ici… Est-ce qu’il est possible d’envoyer des lettres ? Combien de temps est-ce que prendra le voyage ? »

 

« Environ cinq jours à une semaine. Nous nous rendons sur l’île centrale de Traslord. Néanmoins, vous aurez largement le temps d’apercevoir la tour d’ici là. Quand aux lettres, il n’y a aucun problème. Nous n’allons pas vous restreindre et vous empêcher d’écrire. Vous avez même du papier. Des fois, certains soldats aiment écrire leurs journées donc tout le monde a le droit à ces petites choses. »

 

« Je demandais au cas où… On ne sait jamais… Enfin merci de votre réponse. »

 

« Si vous n’avez plus besoin de moi, je retourne dans mes quartiers. »

 

Et bien… Au moins, les soldats de Traslord semblaient plutôt polis tout compte fait. Elle se rappelait de ceux de Midès… Assez bourrus en fin de compte. Le soldat referma la porte, la laissant seule dans la cabine. Elle fit tourner la clé, retournant sur le lit avant de remarquer quelque chose de bizarre. Elle… ne se sentait plus si mal sur le bateau ?

 

« Peut-être que je sens moins les vagues… sur un gros bateau. »

 

Bon… Maintenant… Elle allait pouvoir encore… ne rien faire. Ca en devenait vraiment affligeant ! Elle avait besoin de bouger un peu ! Elle quitta sa chambre, un peu agacée par son absence de réaction avant de se diriger sur le pont. Là-bas, plusieurs hommes et femmes s’affairaient à ce que tout fonctionne parfaitement tandis qu’elle s’approchait du bord pour prendre un bol d’air marin.

 

« Faites attention à ne pas tomber ! Y a quand même de sacrées créatures qui vivent dans la mer et je vous promets que c’est pas joli à voir ce qu’ils font de nous. »

 

Une femme venait de s’adresser à elle, une corde à la main alors que d’autres personnes lui criaient de continuer à tirer. Ah… Il y avait des monstres dans la mer ? Un peu comme partout non ? Peut-être qu’en se penchant un peu, elle pourrait en voir ? Ses yeux bleus posés sur l’océan, elle observa l’eau bien qu’elle ne pouvait pas apercevoir son reflet.

 

« Hum… Je me demande quand même si la lettre arrivera à venir jusqu’à moi ou non… Peut-être qu’elle se fera happée par ces monstrueuses choses ? »

 

Oui… Enfin, ce n’était pas une bonne chose de penser à ça. Tant qu’elle avait des nouvelles de Tery, ça lui suffisait amplement ! Elle resta sur le pont pendant une bonne demi-heure avant de retourner dans sa chambre et de s’y enfermer.

 

Une journée passa, puis une seconde… Et aucune nouvelle de Tery n’était apparue. Elle n’était pas inquiète… Enfin… Si… Un petit peu… Car c’était bizarre… D’un autre point de vue… Elle se retrouvait maintenant face à cette gigantesque tour… Ca n’avait pas été une plaisanterie… hein ? Hein ? C’était… impossible… Mais pourtant… Cette magnifique tour blanche… qui traversait les cieux… et semblait atteindre les étoiles…

 

« C’est impressionnant n’est-ce pas ? » vint dire un soldat en s’approchant d’elle.

 

« Euh… Je… C’est vrai… que comparé aux autres… Elle est immensément… grande… »

 

« Et ce n’est pas tout. Peut-être que ça impressionne mais chez notre allié, ces tours sont presque communes. Nous, nous n’en avons qu’une cinquantaine voir centaine… Mais à côté, eux, ils vivent même à l’intérieur de ces tours. »

 

« Mais cette tour… Elle ne sert pas à la décoration non ? On m’a déjà raconté que les tours étaient utilisées pour surveiller les horizons. Mais celle-là… »

 

« Elle permet de surveiller les mers comme les airs… Au cas où nous subirions une attaque de la part de Shunter, nous serions rapidement mis au courant et nous pourrions alors réagir en conséquence. Comme vous le remarquerez, on peut apercevoir plusieurs îles ! AH ! Non, que je suis bête ! Prenez donc cette longue-vue ! »

 

Hum ? Cette longue-vue ? Le soldat lui tendit l’objet alors qu’elle se demandait ce qu’elle devait en faire. Elle prit l’objet, le mettant devant son œil droit avant de commencer à regarder à l’intérieur. Ah… C’est vrai… Il y avait plusieurs îles… Avec des petites tours… Et celle avec la gigantesque tour ? AH ! Cette île était colossale !

 

« Cette île est un peu le centre du royaume de Traslord. C’est là que vit l’aîné des trois princes et celui qui dirige la partie centrale de Traslord : Marco le Tranquille. »

 

« Et le troisième frère doit surement habiter dans la partie Est du royaume, c’est cela ? »

 

« La partie… nuageuse dira t-on. » murmura le soldat alors qu’elle continuait d’observer les environs avec la longue-vue. Elle reprit la parole :

 

« Je me demandais : Il y a une partie glacée… Une partie liquide… Et une partie vaporeuse, c’est ça ? Mais comment est-ce que vous faites pour vivre dans les nuages ? »

 

« Ce n’est pas exactement cela… Nous ne vivons pas réellement dans les nuages mais en hauteur… La technologie de notre allié nous permet de créer des véhicules volants et capables de nous transporter dans les airs. »

 

« Vivre dans les airs… Cela doit être assez dangereux quand même non ? »

 

« Pas spécialement si on a pris l’habitude. Mais ne vous en faites pas, je ne pense pas que vous aurez à aller là-bas. Déjà que vous avez un peu le mal de mer… »

 

« Ca, c’était auparavant ! Et comment est-ce que vous savez ça au passage ?! » dit-elle avec surprise alors que le soldat rigolait, annonçant aussitôt :

 

« Disons que vous vous êtes déjà faite repérée par rapport aux autres personnes masquées. Celles-ci semblaient n’avoir aucun mal à faire tout ce qu’elle désirait, leur donnant une impression de toute-puissance et d’être au-dessus de nous. De votre côté, vous semblez plus… humaine que les autres et donc, on se dit que c’est pas si impressionnant que ça. »

 

« Je ne sais pas si je le dois prendre comme un compliment ou non… » murmura t-elle alors que le soldat se faisait rappeler à l’ordre par un autre.

 

« Je suis désolé mais je dois m’en aller sinon, ça risque de chauffer pour moi ! »

 

« Faites donc… Je vais réfléchir à ce que vous m’avez dit, je ne pense pas que ça soit si grave ou important mais bon… C’est assez préoccupant en fin de compte. »

 

Assez préoccupant ? Ah… Bon… Il ne voyait pas où mais il s’éloignait, la laissant seule alors qu’elle se mettait à réfléchir à son rôle. Son masque blanc… C’était une plaisanterie aux yeux des autres ? Elle n’était pas digne de porter ce masque ? Elle ne savait pas pourquoi mais… Elle avait l’impression d’être blessée par les paroles du soldat. Pourtant, elle était sûre que ce n’était pas ce que voulait l’homme.

 

« Des fois, les gens blessent sans le remarquer… Pfff… Je ne sais même plus si ce masque est une bénédiction ou une malédiction en fin de compte. »

 

Bénédiction à cause des pouvoirs qu’il lui offrait ? Non… Ce n’était pas ça… Elle se fichait royalement des pouvoirs du masque… Peut-être parce qu’elle cachait son visage ? Et qu’elle était timide ? Enfin… Sa timidité ne se faisait pas réellement voir quand elle était avec Tery… Ah… En y pensant… Cela faisait pas mal de temps qu’elle le connaissait… Bientôt un an ? Voir plus ? Elle ne le savait pas… Mais c’est sûr qu’elle n’avait pas fêté son anniversaire s’il était déjà passé… Et Tery ? Son anniversaire à lui ? Ah ! Elle pouvait peut-être lui poser la question en fin de compte ? Dans la prochaine lettre, c’était une bonne idée !

 

Voilà que la troisième puis la quatrième journée se terminait. Ce fut lorsqu’un soldat toquait à sa porte qu’elle comprit aussitôt ce que cela voulait dire. Se redressant dans son lit, elle se dirigea vers l’entrée de sa chambre, l’ouvrant pour se retrouver en face d’un soldat :

 

« Nous sommes arrivés sur l’île principale : Sonark. Nous sommes dans le port dans une trentaine de minutes, mademoiselle. »

 

« Merci bien. Je vais me préparer alors. »

 

Le soldat s’éloigna après avoir fait passer le message, la jeune femme aux cheveux blonds le regardant partir avant de refermer la porte de sa chambre. Quotidiennement, c’était ce genre de choses. Elle ne parlait que très peu aux autres au bout du compte. Elle se dirigea vers la petite fenêtre de sa chambre pour l’ouvrir et regarder cette fameuse île.

 

Plus les journées s’étaient écoulées, plus la tour était devenue grande et imposante… Et maintenant… Elle semblait si proche… Si atteignable… Mais si gigantesque… Elle pouvait parfaitement voir le bâtiment traverser le ciel… Mais jusqu’à où ? Et cette île… Elle était vraiment imposante… Si elle devait comparer l’île par rapport à celle du prince Royan, l’île était cinq à dix fois plus grande. Encore qu’il y avait énormément de végétation tout autour…

 

« Ce n’est peut-être même pas terminé… On a encore un long chemin à faire. »

 

Ou alors, tout simplement, le port était sur l’un des côtés de l’île et à partir de là, le voyage serait bien plus rapide ? Ses pensées furent confirmées lorsqu’ils arrivèrent à ce dernier. C’est vrai… Contrairement à la ville glacée, celle-ci semblait bien plus normale… Puisque les murs, les bateaux afférés au port, enfin, tout était construit en pierres, en bois… Enfin, en matériaux autres que de la simple glace.

 

« Et Tery ? Qu’est-ce qu’il fait ça ? Ca fait quand même quatre jours… »

 

Est-ce qu’il avait des problèmes pour mettre autant de temps à écrire ? Ou alors… Ah non ! Elle ne voulait surtout pas penser à cette idée stupide ! Le savoir en danger ne donnerait rien de bon ! Elle quitta la cabine dans laquelle elle dormait depuis le début du voyage, ayant pris du papier et de quoi écrire avec elle.

 

« Vous êtes donc là ? » vint dire le prince alors qu’elle se retrouvait en face de lui après s’être dirigée sur le pont, la jeune femme au masque blanc hochant la tête.

 

« Je penses que je dois vous suivre encore ? Nous ne sommes pas arrivés à l’endroit où vous voulez que l’on se rende, je suis sûre de ça. »

 

« C’est exact. Vous commencez à bien cerner ce qui se passe. »

 

Pourtant, il ne laissait filtrer aucune émotion sur son visage, restant parfaitement de marbre alors que la jeune femme s’approchait de lui et des gardes. Maintenant, ils devaient se diriger vers l’intérieur de cette île pour qu’elle puisse enfin voir les deux autres princes.

nov 11

Chapitre 20 : Corruption

Chapitre 20 : Corruption

 

« Hum… Hum… Qu’est-ce que… Qu’est-ce que… »

 

Elle n’arrivait pas à croire… Elle dormait si bien dans ce lit… Elle était si… bien… Elle était toujours dans son justaucorps alors qu’elle ouvrait faiblement les yeux. Hum… Elle entendait des petits bruits… comme si quelque chose frappait à la fenêtre. Elle passa une main devant sa bouche, bâillant légèrement avant de se relever. Elle s’étira longuement, se disant que cela avait été une nuit de plus merveilleuses. Ah… Elle pourrait presque rester pour toujours dans cet endroit… C’était vraiment un lieu parfait ! AH !

 

« C’est une lettre ?! C’est une lettre ! »

 

Elle s’était mise à courir, s’empêtrant dans les draps au sol, tombant sur ce dernier. Elle poussa un gémissement de douleur, un petit sourire aux lèvres alors que sur l’une des gigantesques fenêtres de la chambre, une petite lettre ailée tapait contre celle-ci. Elle se releva, prenant le drap pour s’entourer avec alors qu’elle ouvrait la fenêtre. La lettre vint s’échouer contre sa poitrine alors qu’elle la prenait avec douceur.

 

« Est-ce que ces lettres sont vivantes ? »


C’était la question qui venait lui traverser l’esprit alors que la lettre s’arrêtait de battre des ailes. Elle l’ouvrit avec lenteur, un grand sourire aux lèvres avant de retourner s’asseoir sur le lit. C’était bien Tery… Ah… C’était vraiment lui… BIEN SÛR QUE C’ETAIT LUI ! Qu’elle était bête ! C’était obligatoirement Tery et personne d’autre ! Elle commença à lire la lettre, s’arrêtant de sourire alors qu’elle apprenait les nouveaux évènements :

 

« Partir pour Mekalarma ? Il est complètement dingue ! C’est très dangereux par ici ! Je dois lui dire de faire demi-tour ! Je… Je… Je… Hein ? »

 

Qu’est-ce que c’était que ça ? Il n’était pas seul ? Il travaillait pour la maréchale Nali… D’accord… Ca… Elle commençait à bien le comprendre mais… Là… Il était partit vers Mekalarma… mais accompagné ?! Elle murmura avec lenteur :

 

« Clari… C’est qui cette fille ? Et pourquoi est-ce qu’il me la décrit ? Je ne vois pas pourquoi… cela m’intéresse de savoir qu’elle a de longs cheveux blonds… en deux tresses… et qu’elle fait plus de vingt centimètres… que lui ? »

 

Brrr ! Elle ne savait pas ce qui se passait avec elle subitement… Mais ce n’était pas comme si elle portait un intérêt à tout ça ? Non ? Personne n’était d’accord avec elle ? Ah zut… Elle était seule… C’est vrai… Pfff… Sincèrement, en y réfléchissant bien… Et lui, de son côté, il était avec une blonde ! HEY ! Elle était aussi blonde en y pensant ? Elle rigola toute seule, se disant que c’était stupide de penser ainsi avant de continuer la lecture.

 

« … … … … … Et moi, je suis quoi dans cette histoire au final ?! »

 

Elle ne voulait pas se mettre en colère mais là, c’était vraiment très difficile ! Il venait lui dire clairement que Clari avait des lignes de Zélisia ! Elle s’en fichait complètement au final ! Elle ne voulait pas savoir que la femme qui voyageait avec lui avait des lignes blanches comme elle, des cheveux blonds comme elle et surement de plus gros seins, TIENS !

 

« Idiot ! Espèce d’idiot, Tery ! T’es complètement idiot ! »

 

Elle… Elle ne savait pas ce qui lui prenait de s’énerver comme ça… C’était bête et stupide ! Mais il n’avait pas perdu de temps à lui trouver une remplaçante ! Comme elle, elle était adepte des lignes de Zélisia… AH ! Il ne disait pas si elle portait un masque ou non ? Et puis… En y réfléchissant bien… Il n’avait pas dit… ça… Elle se calmait, poussant un profond soupir avant de s’écrouler sur le lit :

 

« C’est qu’un idiot… Il m’oublie vite… finalement… Il ne se soucie même pas de moi en fin de compte… Il ne pense qu’à voyager avec d’autres filles. Je ne sais même pas pourquoi je suis comme ça… moi… »

 

Elle s’emmitoufla dans les couvertures, continuant de lire et surtout de terminer la lettre. Il espérait… qu’elle aille bien ? Il ne l’abandonnait pas ? C’était ça ? Et surtout… Clari était embêtante ? Ah ! Il disait qu’elle était chiante ! Très chiante même ! C’était une certaine victoire quand on y pensait clairement. Elle s’arrêta sur quelques mots avant de s’écrier :

 

« Comment ça ?! Je lui ressemble ! Mais ce n’est même pas vrai ! Je ne la connais pas ! Je… Pffff ! C’est même pas vrai ce mensonge ! »

 

Ah… Elle ne savait plus où donner de la tête ! Bon… Elle devait lui dire elle-même qu’elle était chez un prince ! Oui… Chez le prince Royan… Ca lui apprendra. Comme ça, de son propre côté, il allait l’envier et vouloir la voir… Ah… Il disait dans la lettre qu’il voulait la revoir… Maintenant qu’il savait qu’elle allait bien… Et qu’il était très heureux de pouvoir lui reparler… Pfff… Il avait peut-être parlé de Clari mais…

« Il pense quand même un peu à moi aussi… … … … C’est tant mieux. »

 

Oui… Tant mieux… Elle ne savait pas quoi dire d’autre. Elle observa si elle avait de quoi écrire…Ah… Cette pièce avait de tout de toute façon… Même un petit bureau pour écrire… Toujours dans les couvertures, la jeune femme s’approcha du bureau, prenant deux lettres. Elle commença à griffonner sur la première, décrivant à nouveau le jeune homme bien qu’elle se demandait s’il n’y avait pas une meilleure façon pour éviter que ça soit trop rébarbatif de toujours le décrire…

 

« Bon… De toute façon, je ne suis pas là pour me compliquer la vie. »

 

Dès qu’elle eut terminé, elle s’attarda maintenant sur la seconde lettre. Qu’est-ce qu’elle pouvait lui dire ? Qu’il lui manquait ? Non quand même pas… C’était un peu… trop… sentimental ? Non… Elle ne savait pas quoi écrire… Peut-être tout simplement ce qui lui passait par la tête ? C’était sûrement une bonne idée… oui… Hihi !

 

« Tu vas voir, Tery… Après cette lettre, tu ne pourras plus te passer de moi ! »

 

Oui ! Cela allait être une lettre où elle lui dirait tout sur elle ! Après ça, il allait presque l’implorer de la revoir !  C’était ainsi qu’elle voyait les choses ! Avec frénésie, elle se remettait à écrire à toute allure, observant les environs pour être sûre de ne pas être vue. Hihihi… Ecrire une lettre… C’était pourtant une chose banale… Mais à ses yeux… C’était vraiment si bon et merveilleux ! Elle adorait complètement cette idée d’écrire à Tery !

 

Trente minutes après, la lettre s’envolait à nouveau hors de la chambre alors qu’elle n’était pas peu fière de ce qu’elle avait écrit. Ou… pas… AH ! Quelle idiote ! Elle venait presque de l’implorer… ou de lui faire du charme ?! Glups…

 

« Je suis bête ! Je dois arrêter cette lettre avant qu’il… »

 

Ne soit trop tard… La lettre était déjà partie depuis bien longtemps… Ah… Mais quelle idiote… Elle était vraiment idiote des fois… Pfff ! Maintenant, elle rougissait comme une enfant, se grattant la joue en détournant la tête. Elle… Pfff… Elle avait juste dit qu’il n’avait pas besoin de Clari s’il voulait une femme avec des lignes de Zélisia à côté de lui. Elle était là depuis bien plus longtemps… Elle lui disait aussi de faire attention à Mékalarma… D’après ses connaissances, cette région était de loin la plus dangereuse… Gloups…

 

Bon… Elle était prête finalement… Ses deux capes autour d’elle, son masque blanc sur son visage pour ne laisser filtrer que ses yeux bleus, elle quitta la chambre après avoir refait son lit. Elle poussa un petit soupir presque ému, se disant que cette pièce était vraiment trop bien pour elle alors qu’elle s’éloignait peu à peu.

 

« Ah ? Vous êtes réveillée ? Voulez-vous déjeuner ? »

 

« Hein ? Euh… Bien entendu ! J’en serais vraiment ravie ! » dit-elle à la servante, ne l’ayant même pas remarquée sauf lorsqu’elle s’était adressée à elle.

La servante lui demanda de bien vouloir la suivre, chose qu’elle fit avec un peu d’entrain. Elle était toujours gênée par ce qu’elle avait fait… Ecrire autant de choses à Tery… Pfff… C’était vraiment stupide de sa part ! Elle se retrouva en face d’une gigantesque table, personne n’étant assis… Il n’y avait personne ?

 

« Tout le monde a déjà déjeuné, nous sommes désolés mais vous dormiez… si profondément… alors nous n’avons pas voulu vous déranger. »

 

« Ah… Ah… Non ! Non ! C’est bon ! Je ne demandais pas de la compagnie de toute façon ! »

 

« Alors… Je vous souhaite un bon appétit. Si vous avez besoin de quelque chose, je serais de l’autre côté de la porte. Il vous suffira de toquer ou de m’héler. »

 

« Oui… D’accord… Et merci beaucoup pour ce déjeuner… » dit-elle alors qu’elle paraissait plus que surprise… voir même un peu suspicieuse…

 

Autant de nourriture pour elle… C’était quand même étonnant non ? Hier encore, elle avait été… obligée de suivre les gardes… Maintenant, elle se retrouvait en train de manger dans un palais somptueux, chose qui ne lui était jamais arrivée de toute sa vie en y réfléchissant bien. Et puis surtout… Pourquoi est-ce que le prince était aussi sympathique avec elle ?

 

« C’est quand même louche toute cette histoire… J’irai lui demander après manger ! »

 

Oui… Elle n’allait pas se priver pour une fois ! Tenant son masque sur le côté  pour que seule sa bouche soit visible, elle commença à manger avec appétit, ne se souciant plus de ses premiers tracas concernant Tery. Ah… Pour l’instant, elle avait autre chose en tête !

 

« Ah… C’est bon… J’ai ma dose ! »


Elle n’avait pas du tout mangé tout ce qu’il y avait sur la table mais elle était complètement rassasiée ! Elle se leva avec un peu de difficultés, ayant bien remis son masque avant de se diriger vers la sortie de la pièce. Un servant l’attendait là, un peu surpris :

 

« Ah ? Vous avez fini de manger ? Est-ce que le repas vous a satisfait ou non ? »

 

« Bien sûr ! Par contre… J’avoue que je n’ai pas réussi à terminer tout ce qu’il y avait. »

 

« Ne vous en faites pas, c’est l’habitude… Rares sont les personnes à réussir à manger tout ce qui se trouve sur cette table. Si le repas vous a satisfait, nous sommes donc heureux de l’apprendre. Le prince vous attend dans la salle du trône. »

 

« Merci pour le message. Je vais y aller tout de suite avant qu’il ne soit trop tard ! »

 

Le servant s’inclina respectueusement devant elle, Elen n’étant guère habituée à ce genre de choses. Enfin bon… Elle s’éloigna rapidement dans les couloirs, cherchant à se repérer. C’était quand même un palais sacrément gigantesque… Il fallait se l’avouer !

 

« Ne pas se perdre, ne pas se perdre… Ne pas se perdre… »

 

« Prince Royan ! Pourquoi avoir accepté une telle personne dans votre palais ?! »

 

« Ah… Je crois que je viens de trouver l’endroit où je devais me rendre. » dit-elle en émettant un petit sourire après l’écoute de cette voix.


Enfin… Sourire, sourire… Il n’y avait pas de quoi d’après les cris. Qu’est-ce qui se passait ? Elle se retrouva devant la double porte avec l’emblème d’un ours blanc gravé dessus. Deux gardes étaient positionnés, l’un d’eux prenant la parole :

 

« Si vous voulez bien attendre quelques instants… »

 

« Il y a un problème ? J’ai entendu quelques cris… »

 

« Le prince Royan est en réunion avec ses conseillers et ses généraux. »

 

« A cause de la guerre avec Shunter ? D’après ce que j’ai compris, cette partie de Traslord est celle qui rejoint Shunter alors… »

 

« C’est exact… Mais aussi à cause de vous… Rien qu’au fait que vous portiez un masque blanc… Enfin… Je pense que le prince Royan vous expliquera plus la situation. »

 

« D’accord… Visiblement, ma présence n’est pas toujours forcément très appréciée. »


Elle disait cela en haussant les épaules, patientant devant la porte alors que de nouveaux cris fusaient de l’autre côté. Ah… C’était quoi cette embrouille au final ? Elle était appréciée ou non ? Si ce n’était pas le cas… Elle devait repartir ? C’était quand même assez compliqué au final… Mais bon… Qu’importe… Ce n’était pas ça le problème. Elle demanderait au prince.

 

« Cela suffit ! Prince Royan, je pensais que vous étiez différent de vos deux frères ! Je vois que je me suis parfaitement trompé ! »

 

La voix continuait de crier alors que la double porte s’ouvrait avec violence pour laisser place à un homme d’une quarantaine d’années. Moustaches grise en guidon, cheveux assez courts allant de pair avec cette dernière, l’homme était élégamment habillé, signe qu’il venait de la haute société. Il s’arrêta devant Elen, la regardant longuement avant de dire avec énervement à la jeune femme au masque blanc :

 

« Quel est votre nom ?! Ne me faites pas perdre mon temps ! »

 

« Je… Euh… Euh… Euh… Je ne peux pas vous le dire ! J’en suis vraiment désolée ! » répondit-elle avec un peu de tremblement alors que l’homme serrait les dents.

 

 « Tssss ! En plus, c’était vrai ! Vous êtes différente des autres ! Mais ce n’est pas pour ça que vous pourrez prendre le pouvoir dans Traslord ! Il en est hors de question ! »

 

« Mais… Mais de quoi est-ce que vous parlez ?! » dit-elle sans réellement comprendre ce qui se passait alors que l’homme répondit avec véhémence :

 

« Cela ne vous concerne pas ! Et ne faites pas l’innocente ! Je déteste encore plus cela ! »


Mais mais mais mais… Elle ne faisait pas l’innocente ! Elle n’avait vraiment aucune idée de ce qui se passait ! Pourtant, l’homme s’éloignait en poussant quelques grommellements tandis qu’elle se demandait ce qu’elle devait faire.

 

« Vous pouvez rentrer dans la salle du trône. » dit l’un des soldats alors qu’elle s’exécutait aussitôt, pénétrant dans la même imposante salle que la dernière fois.

 

« Vous voilà donc… Avez- vous bien dormi ? »

 

« Je… Oui… Merci beaucoup pour votre accueil bien que cela me gêne énormément… Je… On va dire… Que je n’ai pas l’habitude de dormir dans des endroits aussi somptueux. »

 

« Hum… Vous me flattez mais j’accepte ces compliments. »

 

« Prince… Royan ? Est-ce que je peux vous poser une question ? Si cela ne vous dérange pas trop… J’aimerais savoir ce qui se passe ici… »

 

« Vous avez déjà posé votre question mais qu’importe, je vais y répondre. Je vais tout vous expliquer : Nos conseillers, que cela soit ceux travaillant sous mes ordres ou alors ceux travaillant sous mes frères… Vous suivez ? »

 

« Oui, oui ! Je suis parfaitement ! Continuez donc, je sens que c’est intéressant ! »

 

« Et bien… En fait… Non… Je ne dois pas vous l’expliquer. J’en suis désolé mais cela sera à vous-même de vous forger votre propre opinion sur ce qui se passe autour de vous. » dit-il alors qu’elle le regardait, éberluée. Hein ? Mais ça avait servit à quoi alors de commencer à lui répondre ?! Pffff ! Elle ne comprenait pas le prince sur le coup !

 

Il ne disait plus rien, observant la jeune femme encapuchonnée alors que celle-ci s’était immobilisée. Elle devait vraiment réfléchir à tout ça ? Bon… Qu’est-ce que ça voulait dire… Pour que cet homme se mette en colère envers elle et d’après ce qu’elle avait cru comprendre… Hum… Sincèrement…

 

« Rien du tout… Rien de rien… Ah ! Est-ce que cela est en rapport avec mon masque ? »

 

Le prince hocha la tête, restant imperturbable alors qu’il attendait qu’Elen réfléchisse de plus en plus à la question. Elle semblait vraiment plongée dans ses mots… Ah… Oui… Vraiment… Elle avait un peu de mal à tout mettre en ordre non ? Pourtant, c’était assez simple quand on y réfléchissait. Elle s’exprima soudainement :

 

« Est-ce que cela voudrait dire que vos conseillers voient d’un mauvais œil ma venue ? Ou plutôt la venue de tous les masques blancs ? »

 

« C’est exact… Voilà tout… Visiblement, vous êtes capable de bien réfléchir, mademoiselle. Mes conseillers comme ceux de mes frères n’aiment guère votre présence… Surtout que nous n’avons pas l’habitude de recevoir des masques blancs surtout après des évènements assez… troublants… Il y a de cela quelques années. »

 

« Où est-ce que vous voulez en venir ? » demanda t-elle, intriguée par les paroles du prince alors que celui-ci se levait de son trône, faisant quelques pas en sa direction.

 

« N’étiez-vous pas au courant ? Il est vrai que c’est un secret de polichinelle mais au final, peu de gens le savent en-dehors de Traslord. Mon père et ma mère, l’ancien roi et l’ancienne reine ont été tués il y a de cela plusieurs années… »

 

« Ah ! J’en suis vraiment désolée… Je ne voulais pas raviver de mauvais souvenirs… »

 

« Ce n’est pas de votre faute mademoiselle… J’en ai fait mon deuil… »

 

« Attendez… Vous avez dit tués… et non morts… Vous savez donc qui est responsable de tout ça ? »<