Fantasy Tery

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juil 28

Chapitre 58 : Sa véritable apparence

Chapitre 58 : Sa véritable apparence

 

... ... ... Il aurait aimé se redresser dans son lit, se demandant où il était en regardant tout autour de lui. Néanmoins, il ne fit qu’ouvrir ses deux yeux verts, observant le plafond. Première chose qu’il remarquait, il était dans une salle ... ou plutôt une chambre puisqu’il était couché dans un lit. Seconde chose ? C’est quand il tourna sa tête vers la gauche qu’il vit le masque fissuré de l’Ombre et le sourire qui parcourait ce dernier au niveau des lèvres.

 

« Bonjour Tery. Ne bouge pas trop ... Je ne sait pas si tu auras mal donc il vaut mieux éviter de trop fatiguer ton bras droit, d’accord ? Tu as faim ? Soif ? »

 

« ... ... ... Je suis dans une auberge ? » dit-il en la questionnant bien qu’il connaissait déjà la réponse. Il tourna son visage vers son bras droit. Qu’est-ce ... Il était bandé et attaché ... Ah oui. Il se l’était brisé. Ca lui faisait rappeler. La dernière chose avant qu’il ne s’évanouisse, ce fut son golem qui brisait la nuque de la vouivre.

 

« C’est le cas. Tu as dormi pendant quatre jours entiers. Tu sais que j’étais vraiment très inquiète ? Et je ne te parle pas de Clari ou de Manelena. Encore que Manelena s’est montrée un peu distante par rapport à toi. »

 

« Quatre jours ?! » s’écria t-il avec une voix pourtant assez faible alors qu’elle reprenait :

 

« C’est terminé ... Tery ... On a fini ... On a tout fini ... Est-ce que ... quand tu iras mieux ... »

 

« Quand j’irai mieux ? Ah ... Euh ... Bien sûr. »

 

Il n’avait pas tout de suite compris mais il entendit un petit soupir de joie de la part de la jeune femme masquée. Oui ... La petite promesse, n’est-ce pas ? Enfin, avec son bras cassé, il n’était pas vraiment en état mais bon ... Elle semblait le vouloir plus que nécessaire. C’était assez étonnant de la part de la jeune femme mais elle voulait visiblement changer. Maintenant, elle attendait qu’il lui pose des questions et il était vrai qu’il en avait plusieurs en tête.

Qu’est-ce qui s’était passé après qu’il se soit évanoui ? C’était l’unique question réellement importante. Le reste était simplement des questions mineures qui ne nécessitaient pas forcément de réponse. Elle commença à lui expliquer tandis qu’elle lui coupait une pomme. Un geste qui le fit grandement sourire ainsi que l’Ombre. Ce n’était pas ... la première fois qu’elle faisait cela pour lui hein ?

 

« Alors ... Tu veux que je commence par où ? Par ce que tu nous as montré ? Ce golem ... C’était la première fois que j’en voyais un aussi grand ... Mais tu sais ... Il n’a pas duré très longtemps ... Après que tu te sois évanoui, il s’est brisé en morceaux dans les minutes qui suivaient. Je pense que cela doit être un rapport avec le fait d’être conscient ou non. Mais bref ... Ton golem a tout simplement cassé la nuque de la vouivre en l’arrêtant juste au bon moment. Tu nous as tous sauvés ... encore une fois, Tery. » murmura t-elle avec douceur.

 

« Ce n’était pas ... si impressionnant que ça quand même non ? » marmonne le jeune homme en détournant le regard.

 

 « Et pourtant, ça l’était ... C’était vraiment impressionnant. Tery, tu devrais quand même avoir plus confiance en toi. Tu as une puissance remarquable mais tu n’as pas l’air de l’admettre, c’est vraiment dommage car tu mérites bien plus que ça. Tu n’arrêtes pas de me sauver ... Je ne suis pas une demoiselle en détresse ! »

 

Elle avait crié cela avec une voix chevrotante, lui tendant un quartier de pomme. Il  y avait un souci avec le fait qu’il sauvait la jeune femme ? Enfin ... C’est surtout qu’auparavant, c’était souvent elle ... Enfin, depuis le temps ... Mais il avait changé non ?

 

« Ca fait combien de temps, l’Ombre ? Qu’on se connait ? Ca doit déjà faire plus d’un an non ? » murmura t-il soudainement comme pour changer de conversation.

 

« Sû ... Sûrement oui ... Mais pourquoi ? Enfin ... Manges au lieu ... Je  vais aller prévenir les autres que tu es réveillé. Clari va sûrement vouloir venir te voir. »

 

« Aie, aie, aie ... Je vais me préparer mentalement à cette épreuve. » répondit le jeune homme en émettant un petit rire qu’elle eut aussi.

 

Et il avait bien. Quelques minutes plus tard, il entendait des pas très rapides jusqu’à ce que la porte s’ouvre pour laisser place à la femme aux couettes blondes. Elle vint le serrer dans ses bras, lui annonçant que c’était un imbécile d’abuser de ses pouvoirs et qu’elle ne voulait surtout pas qu’il recommence une nouvelle fois sinon ... sinon ...

 

« Sinon quoi ? » osa t-il demander sur un ton gêné. Il n’avait vraiment pas pris l’habitude de voir Clari dans cet état. Elle ne lui répondit pas, restant ainsi pendant quelques instants avant de signaler qu’elle allait confirmer à Manelena et Royan qu’il allait bien. Pourquoi n’avait-elle pas voulu continuer sa phrase ? Enfin bon ... Ce n’était plus son souci.

 

Manelena et Royan arrivèrent quelques minutes plus tard, la femme lui faisant un grand sourire en lui signalant qu’il avait été parfait. Il reçut une petite caresse de cheveux de sa part tandis que l’adolescent lui disait :

 

« Je vais finir par croire que c’est une habitude ... »

 

« Hum ? Une habitude par rapport à quoi ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns, se laissant faire par Manelena alors que celle-ci récupérait un quartier de pomme.

« Une habitude de cacher ce que vous êtes réellement. Toi ... Cette femme masquée ... »

 

« Ce que je suis réellement ? Ce qui s’est passé, je tiens à le signaler, même moi, je le comprends pas hein ? Je ne m’attendais pas à faire apparaître un golem de cette taille. »

 

Hum ? L’adolescent haussa un sourcil pour voir si le jeune homme mentait. D’après ses dires, il semblait annoncer la vérité. Il n’était pas du tout au courant de la façon qu’il avait utilisée pour réussir à une telle chose ? Car créer un golem de cette taille ... Hum ... Ce n’était pas son problème dans le fond.

 

« Je pense que je vais vous laisser. Mademoiselle Manelena va sûrement faire de même. L’Ombre n’arrête pas de parler de quelque chose qui vous concerne tous les deux et uniquement vous deux. Je ne sais pas ce que c’est mais en vue de l’état d’excitation dans lequel elle se trouve, cela doit être important. »

 

Oh qu’il dégage et vite fait ! Manelena avait perdu son sourire pendant les paroles de l’adolescent, l’arborant une nouvelle fois en lui signalant qu’elle partait aussi. Pfff ... Voilà qu’il rougissait comme un gamin pris en faute alors qu’il se retrouvait seul. Pas très longtemps puisque la jeune femme masquée revint, lui demandant :

 

« Est-ce que tu te sens capable de marcher, Tery ? »

 

« Je pense que je vais avoir un peu de mal ... Mais après quelques minutes, ça devrait être bon. » dit-il en se redressant sur le lit, se rapprochant du bord.

 

« AH ! Attends un peu ! Je vais t’ai ... »

 

« Ne commence pas, c’est bon, je sais me débroui... AHHHH ! »

 

Il s’était levé en même temps qu’elle tentait de l’aider à se mettre debout. Résultat des courses ? Il s’était écroulé sur elle, serrant les dents violemment à cause de la douleur qui parcourut son bras droit.

 

« Tery ... C’est assez ... embarrassant ... » murmura lentement la jeune femme masquée de blanc alors qu’il pouvait la regarder droit dans les yeux. Son masque ... Comment faisait-il pour ne pas éclater en morceaux ? C’était pourtant si fragile ... Il avait rapproché sa main gauche vers le masque, la jeune femme ne bougeant pas. Pourtant, il retira aussitôt sa main, remarquant où il se trouvait avant de se redresser.

 

« Par ... Pardon, l’Ombre. Je ne voulais pas ... »

 

« Tu peux m’appeler ... Elen ? Enfin ... M’appeler par mon prénom ... Je vais t’attendre à la sortie de la ville. Il y a un petit bois non-loin de la sortie sud, je t’y attendrai. »

 

« Attends un  peu l’Ombre. C’est par rapport à ce que l’on s’est ... »

 

Elle ne lui avait pas laissé le temps de parler, quittant la chambre alors qu’il poussait un profond soupir. C’était bizarre de la voir aussi motivée ... Surtout après tout ce qui s’était passé. Bon ... Il devait se laver et se lever ... ou plutôt l’inverse. ALLEZ ! Un peu de motivation ! Il se dirigea vers la petite bassine contenant de l’eau, s’aspergeant le visage d’une main avant de se dire que ça allait être plus contraignant que prévu. Au bout de plusieurs minutes de bataille pour tenter d’être correct, il quitta la chambre. Hum ... Donc il pouvait jeter un coup d’œil à l’endroit où il était. Deuxième étage ... Lorsqu’il descendit, il remarqua Clari, Manelena et Royan assis à une table. La femme aux couettes blondes lui fit un geste de la main, l’invitant à venir. Néanmoins, lorsqu’il arriva à sa hauteur, il répondit :

 

« Je ne reste pas ... Je vais un peu me balader ... Il faut que j’aille m’aérer visiblement. Je ne pensais pas ... dormir aussi longtemps. J’étais vraiment dans un état pitoyable ? »

 

« On va dire ça ... Mais bon ... Ca ira beaucoup mieux. Normalement, tu devrais garder ton bandage pendant une semaine ou deux au grand maximum. La magie a déjà tout réparé mais c’est une simple mesure de précaution car ça ne veut pas dire que tout est en ordre. » répondit Manelena alors qu’il s’éloignait déjà peu à peu.

 

« Bon et bien ... Je vais me promener. Je reviens dans une heure ou deux. » termina t-il.

 

Un sourire se dessina sur les lèvres de Manelena tandis que Clari fit une petite mine boudeuse. Non ... Elle n’aimait pas ça du tout, loin de là même. Mais bon ... De l’autre côté, ça ferait du bien au jeune homme. L’adolescent ne semblait pas se préoccuper plus que cela de toute cette histoire.

 

« Bon ... Euh ... La sortie au sud ... de la ville ... »

 

Quelques têtes se tournaient vers lui alors qu’il avait quitté l’auberge et qu’il cherchait la sortie. Bon ... Heureusement pour lui, des indications lui permettaient de savoir qu’il ne se trompait pas de chemin. Il arriva à sortir de la ville, tournant la tête à gauche et à droite pour trouver le bois dont elle parlait. Comme ils se trouvaient sur un nuage, c’était toujours assez « impressionnant » de se dire qu’il y avait une telle chose à son bord. Il avait toujours eut plus l’idée que grimper sur un nuage, cela ressemblait à être sur des boules gigantesques de coton moelleux ... Mais bon ... Entre l’imagination et la réalité, c’était toujours bien différent. Il pénétra dans la forêt, commençant à parler à voix haute :

 

« L’Ombre ... L’Ombre ? Je suis là ... Tu te trouves où ? »

 

Aucune réponse ... Pourtant, il entendait des bruits de pas à une distance assez faible ... Elle se cachait ? Ce n’était pas vraiment l’heure de jouer à ça ... Il tourna sur lui-même pour tenter de la trouver mais impossible ... Il tenta même de la rappeler plusieurs fois mais aucune réponse ... Finalement, il soupira en souriant, murmurant :

 

« Elen ... Je suis là ... Tu peux sortir de ta cachette. »

 

Voilà qu’il entendait des bruits de pas qui se rapprochaient. Elle se trouvait derrière lui, n’est-ce pas ? Ah ... Il se retourna, arrêtant de sourire pour la contempler. Elle avait délaissé le masque blanc comme prévu mais aussi ... Son habituelle cape qui recouvrait la totalité de son corps ... Là, elle avait bien une cape mais attachée par rapport à ses épaulettes et qui recouvraient son dos d’un long manteau de tissu doré. Mais vraiment, il avait l’impression de la voir différemment sans son masque et sans tous ces tissus qui cachaient la majorité de son corps. Il se surprit à être gêné de la regarder ainsi, grattant sa joue droite en baissant un peu la tête. Elle balbutia :

 

« Je ... Enfin ... J’espère que ça te convient, Tery. Nous avons bien dit que je devais ... »

 

« C’est juste parfait. C’était un effort incroyable que tu as fait. »

 

« ... ... ... J’ai moins de gêne ... maintenant. Car tu m’as déjà vue plusieurs fois. » murmura t-elle en tentant de faire quelques pas vers lui.

 

« Mais ce n’est pas la même chose ... que maintenant. » répondit-il en relevant finalement son regard pour avoir la jeune femme aux cheveux blonds en face de lui. « Là ... C’est la réalité, ce n’est pas une image, ce n’est pas une erreur, un accident ou autre ... »

 

« Je le sais très bien mais je sais aussi que j’ai fait le bon choix. » dit-elle en tentant de lui faire un sourire bien qu’il remarquait qu’elle tremblait. Elle n’avait pas du tout confiance en ce qu’elle venait de faire. Elle était morte de peur car si quelqu’un la voyait ... Qu’est-ce qu’elle allait ... Elle avait décidé d’avancer sur ce plan et ...

 

«  Tiens ... Tes cheveux ... Je n’avais pas remarqué mais par rapport à la toute première fois, ils ne seraient pas un peu plus longs que d’habitude ? »

 

Hein ? Quoi ? Elle parut étonnée des paroles du jeune homme alors que celui-ci approchait sa main gauche, prenant une mèche de cheveux blonds tout en disant à nouveau :

 

« Avant ... Je crois qu’ils ne t’allaient pas jusqu’aux épaules non ? Mais là ... On dirait que si ... Enfin bon ... Ca te va plutôt bien. Surtout que j’aime bien ta coiffure, ça change un peu de celles que l’on peut voir habituellement. »

 

« Mer ... Merci, Tery. » chuchota t-elle, se triturant les doigts, embarrassée. Elle ferma les yeux, semblant prise par une vive émotion avant de subitement prendre la main gauche du jeune homme entre les siennes. Tery poussa un petit cri de douleur sous la force, un cri qu’il étouffa à moitié entre ses dents pour qu’elle ne puisse pas l’entendre. « A ... Allons-y, Tery. On ne va pas rester planté là à ne rien faire, hein ? »

 

Elle n’avait pas l’air convaincue par ses propres paroles tandis qu’il remarquait qu’elle avait même retiré ses gants. Ah ... Les doigts de la jeune femme étaient plus que doux, ça n’avait rien à voir avec ceux de Clari et Manelena. Cela devait sûrement dû au fait qu’Elen portait des gants habituellement quand elle utilisait ses armes. Ainsi, sa peau n’était pas abîmée contrairement à celles des deux autres femmes.

 

« Hum ... Où est-ce que nous allons, Elen ? » demanda t-il avant qu’elle ne tressaille. Il venait de l’appeler par son prénom une nouvelle fois. Elle ... Elle préférait vraiment cela par rapport à l’Ombre ... C’était beaucoup plus ... personnel et proche. C’était même ... assez intime non ? Enfin, le fait qu’il soit le seul à l’appeler ainsi car elle l’avait décidé.

 

« Je ne sais pas ... du tout. Je ne connais pas cet endroit. »

 

Et bien ... Ils n’étaient pas dans la mouise, n’est-ce pas ? Enfin bon, ce n’était pas un problème. Ils pouvaient très bien se promener normalement, sans même se poser trop de questions, n’est-ce pas ? Ils marchèrent dans le bois, suivant l’un des chemins gravés dans la terre qui permettait aux passants de ne pas se perdre.

 

Elle n’osait pas prendre la parole mais lui non plus ... Ils étaient comme deux idiots bien qu’ils n’étaient pas si gênés que cela, du moins en apparence. Elle-même jetait toujours des regards autour d’elle, apeurée à l’idée que quelqu’un la remarque. Ce n’était pas le fait qu’elle tienne la main de Tery le problème, non ... En fait ... Elle voulait même la garder la plus longtemps possible avec elle mais ...

 

« Elen ... Où est-ce que tu as mis ton masque et ta cape ? »

 

« Hein ? Quoi ? Ils sont déposés dans un coin que j’ai trouvé ... Je ne pouvais pas sortir de la ville sans eux donc j’ai cherché en t’attendant. Mais ... Pourquoi tu me demandes cela ? »

 

« Car visiblement, tu n’es pas encore prête, voilà tout. On ne va pas faire durer plus longtemps tout ça. Tu es trop craintive. »

 

« MAIS NON ! Ne raconte pas n’importe quoi ! Je n’ai pas peur ! » s’écria t-elle avec un peu de colère et de tremblement dans la voix.

 

« Alors pourquoi regardes-tu à gauche et à droite comme si tu avais peur d’être repérée ? Je pensais que tu comprenais ce que j’essayais de faire ... Je voulais juste que tu puisses sortir librement et sans ... »

 

« Mais je ne veux pas tout, tout de suite ! J’ai peur du regard des autres ! J’ai peur que l’on me dise des ... Je ... Pour l’instant, je ne sais pas pourquoi ... Mais tu es le seul que ... que j’accepte qui me voies comme cela. Je te fais vraiment confiance, Tery. Je veux que tu sois le seul à me voir sans mon masque ... pour l’instant. » murmura t-elle en baissant la tête, retirant sa main de celle du jeune homme.

 

« Et moi donc ... J’ai l’impression d’être un privilégié, d’avoir une chance unique mais à côté, je me dis que j’aimerai bien que tout le monde voit ta réelle délicatesse et puisse mettre un visage à ta voix. Que tu conjugues non seulement la beauté auditive grâce à ta voix, celle de l’esprit avec le sens de tes paroles mais aussi physique car tu es vraiment magnifique comme femme. Enfin, je perdrai mon rôle de favori mais bon ... Je pense que c’est un sacrifice nécessaire que je peux supporter. Encore que ... Je ne sais pas trop dans le fond. »

 

Le supporter ? Lui ? Hum ... Et si elle commençait à se faire draguer ? Car il n’était pas dupe. Il avait remarqué les nombreux regards que les hommes portaient sur Clari et Manelena. Il avait de la chance d’être entouré par deux femmes aussi puissantes mais très belles. Enfin, il se disait en même temps que c’était peut-être la raison de leurs regards en leur direction. Ils avaient peur d’elles ... Il y avait de fortes chances que ça soit cela. Mais c’était une chose normale ... Les deux femmes de Shunter étaient impressionnantes.

Mais elle ... Elen ... Comment pouvait-on imaginer un instant que si les personnes la regarderaient, cela soit à cause de l’effroi qu’elle arrive à leur donner. Non ... Elle n’était pas effrayante, loin de là ... Elle n’avait pas une carrure qui intimidait. C’était même tout le contraire. Il était sûr que si des hommes la regarderaient, ça ne serait que pour une unique chose ... Une seule ... Car elle était be ... Hein ? Il voyait la bouche de la jeune femme aux cheveux blonds qui tremblait, comme prise de spasmes.

 

« Ca ne va pas ? Elen ?! Elen ! » s’écria t-il alors qu’elle s’écroulait subitement à genoux devant lui comme si ses deux jambes ne la supportaient plus.

 

Elle se tenait le visage entre ses deux mains, celui-ci étant complètement rougit par l’émotion. On ... On ... On ne lui avait jamais parlé comme ça ! C’était la première fois de toute sa vie qu’on la complimentait de la sorte. Tery ... En plus, elle avait reconnut la sincérité dans ses paroles. Il le pensait vraiment ... Il pensait vraiment qu’elle était aussi jolie que ça ? Elle fut soulevée par le jeune homme avec sa main gauche alors qu’elle balbutiait :

 

« Je, je, je ... Euh ...Tery, je ... Je peux marcher, enfin, je crois. »

 

« Ne me fait plus peur comme ça, bon sang ! Je croyais que tu allais t’évanouir. »

 

« Je ... C’est juste à cause ... de ce que tu as dit ... Je ne pensais pas entendre ça ... »

 

« De ce que j’ai dit ? Qu’est-ce que j’ai put ... OUPS ! »

 

Elle eut un petit sourire intimidé alors qu’il rougissait violemment à son tour. Ce qu’il avait dit ?! Il venait à peine de remarquer qu’il avait quand même dit à la jeune femme qu’il la trouvait bien plus belle que les autres, qu’il serait peut-être un peu jaloux de ne plus être le seul à la voir sans son masque.

 

« Euh ... Sincèrement, Elen ... Comment dire ... Ne te mets par martel en tête. »

 

« Tu dis n’importe quoi, Tery. Ce n’est pas la bonne expression. » répondit-elle en émettant un petit rire tendre, reprenant : « Mais je vois ce que tu veux dire ... Tu me dis de ne pas prendre trop au sérieux tes paroles. Mais tu sais quoi ? C’est trop tard maintenant ! »

 

Elle rigola une nouvelle fois avant de lui prendre la main gauche. Cette fois-ci, elle serrait avec plus d’insistance pour être sûre de ne pas la lâcher, ne serait-ce qu’une seule seconde. Lui ? De son côté, il n’arrivait plus à prendre la parole, poussant simplement plusieurs soupirs bien que cela n’était pas de fatigue ... mais plus de gêne.

 

« Dis ... Tery ... Est-ce que tu voudras bien refaire ce genre de petites ... balades ensembles, hein ? Je te le demande car je ne sais pas ... »

 

« Je ne pense pas que ta peur de te dévoiler se guérisse en une fois, non ? » dit-il en espérant avoir plus de confiance en lui dans le ton de sa voix.

 

« Je ne pense pas ... » murmura la jeune femme, attendant la réponse de Tery.

 

« Alors, la réponse est plus que simple. C’est oui ... On fera ses petites sessions, autant de fois qu’il le faudra. Et ça n’a pas besoin d’être une promesse. »

 

« Tery ... Je serais ravie de refaire ces promenades avec toi ! » s’écria t-elle subitement avant de venir l’enlacer. Qu’est-ce que ... Qu’est-ce qu’elle faisait ?! Elle ... Elle ... Ah ... Elle était vraiment mignonne quand elle faisait ça mais là, c’était plus qu’embarrassant.

 

« Alors, c’est décidé ... On t’apprendra à devenir une jeune femme resplendissante. »

 

« Et tu seras alors mon maître, c’est bien ça ? J’ai l’impression que les rôles se sont inversés maintenant. » répondit-elle en émettant un léger sourire. « Par contre, je vais prendre une résolution personnelle. »

 

« Ah bon ? Laquelle Elen ? » demanda le jeune homme en la retirant de ses bras, se disant que ce n’était pas une si mauvaise chose dans le fond.

 

« Je vais tenter d’apprendre à me battre sans mon masque. Car un jour, si je ne le porte plus, il me faudra bien utiliser uniquement ma puissance personnelle pour ça. Or, je veux te montrer que je sais me battre sans mon masque. »

 

« ... ... ... Idiote. » marmonna t-il en lui donnant un petit coup de poing sur le sommet du crâne, la jeune femme gémissant de douleur : « Tu me voles mes paroles. C’est moi qui devrais dire une telle chose ... Que je veux être capable de te protéger en devenant plus fort ... pour te remercier. » termina le jeune homme alors qu’elle reprenait sa main. Leur balade ne faisait que commencer, ils avaient encore du temps à passer ensemble.

juil 21

Chapitre 57 : Les pouvoirs d'une alliance

Chapitre 57 : Les pouvoirs d’une alliance

 

« Tery, c’est la première fois que je le fais donc ce n’est sûrement pas parfait. »

 

« Combien ? » demanda t-il avec lenteur avant de rectifier: « Combien de temps je peux le garder au bras avant que ça ne soit trop dangereux. »

 

« Je dirai une trentaine de minutes au grand maximum. Ce n’est pas du tout efficace ... Enfin, ça l’est mais beaucoup trop. Je ne sais pas réguler la force de la glace contrairement à Royan. Je suis désolée, Tery. » dit-elle en baissant un peu le visage.

 

« Tu peux juste m’aider par contre ? » reprit-il en tendant sa main gauche, la jeune femme ne comprenant pas tout de suite. De son côté, la vouivre observait le bras droit glacé. Un moyen pour ne pas souffrir à cause du bras cassé ? Tsss ... Et si il lui brisait le reste, qu’est-ce qu’il allait faire ? Pleurer toutes les larmes de son corps ? « L’Ombre ... Ma griffe gauche ... Elle doit traîner quelque part ...  Tu peux me la mettre ? »

 

Hein ? Bien sûr mais ... Et la vouivre ? Elle pouvait attaquer  à n’importe quel moment, ce n’était pas du tout une bonne idée. Pourtant, la créature ne bougeait pas, semblant attendre patiemment ... Elle devait ravaler sa colère, n’est-ce pas ? Enfin bon ... Elle allait en profiter de son côté avant qu’il ne soit trop tard. Elle récupéra les deux griffes qu’elle trouva sur le sol, tendant celle de gauche au jeune homme avant que celui-ci ne murmure :

 

« Je ne peux pas la mettre ... Pardon l’Ombre. Je suis vraiment inutile pour l’instant. »

 

« Si c’est le cas, tu ferais mieux de reculer et de me laisser combattre plutôt, non ? »

 

« Même pas en rêve, ma grande. » reprit-il en souriant, la remerciant d’un hochement de tête lorsqu’elle avait terminé de mettre sa griffe.

 

Bon maintenant ... Il était temps de combattre, n’est-ce ... Il sauta en arrière, esquivant aussitôt la vouivre qui avait foncé sur lui. Ah ? Maintenant, elle décidait d’attaquer ? C’était difficile de comprendre à ce qu’elle pensait mais des flèches partirent en sa direction, venant s’arrêter à quelques centimètres de la créature avant d’être aussitôt repoussées. Des explosions se produisirent dans le ciel, l’Ombre marmonnant :

 

« Il fallait s’en douter ... Ca ne risque pas de marcher une nouvelle fois. J’aurais dû tout donner dès le départ. Pfff ... Et maintenant, on a plus de pro ... »

 

« Arrêtes donc de parler un peu, l’Ombre ! D’habitude, tu n’es pas aussi loquasse non ? »

 

Hum ? Hein ? Elle se tourna vers Tery, celui-ci s’étant mis à courir vers la vouivre. Il allait ... L’affronter de pleine face ?! Il était complètement fou ou ... alors ... AH ! Elle comprenait ! S’il n’était pas possible d’utiliser des projectiles contre elle à cause de sa barrière de vent, il suffisait alors simplement de la combattre au corps à corps. Mais bien sûr ! Elle fit disparaître son arc, prenant ses deux dagues avant de courir vers la vouivre à son tour.

 

« C’était une très bonne idée, Tery ! Je n’y aurai pas pensé tout de ... »

 

« Qu’est-ce que ... L’Ombre ?! Mets-toi à l’abri ! » s’écria le jeune homme en se tournant vers elle, la femme masquée ne comprenant pas  qu’est-ce qu’il voulait dire par là.

 

Ce fut lorsqu’il fut projeté sur elle qu’elle su que ce n’était pas une nouvelle tactique qu’il tentait d’employer mais tout simplement une tentative désespérée pour essayer d’atteindre la vouivre. Lorsqu’il se retrouva sur elle, le jeune homme lui demanda :

 

« Rien de cassé ? Je voulais voir si foncer tête baissée pouvait ... »

 

« Tu es un idiot ou tu le fais exprès, Tery ? Il n’y avait AUCUNE chance que ça marche comme ça. » répondit-elle aussitôt, le jeune homme poussant un léger soupir. Bien sûr ... Il devait s’en douter ... Mais il avait voulu essayer quand même.

 

Bon ... La vouivre ne lui laissa pas le temps de souffler, ses deux ailes commençant à battre fortement. L’Ombre le fit bouger sur le côté, une lame de vent venant trancher le rocher derrière la position sur laquelle ils se tenaient il y a quelques secondes. Quoi faire ... Mais quoi faire ?! C’était difficile à ... AH ! Il posa subitement une main sur le sol, un grand sourire aux lèvres adressé à la vouivre.

 

« On va voir ce que tu en penses de cette petite attaque. »

 

Bien sûr ! S’ils ne pouvaient pas l’attaquer en face à face, il suffisait de l’attaquer dans le dos. C’était bien joué de la part de Tery, surtout qu’il ne comptait pas l’attaquer dans le dos ... Mais par-dessous ! Comme avec l’inse ... Elle arrêta d’être heureuse, la vouivre faisant deux pas en arrière, le pieu de terre sortant du sol devant elle avant qu’elle ne le brise d’un coup de  queue.  Tery cligna des yeux, surpris de voir que son attaque était sans effet et inutile.

« Penses-tu que je n’ai pas observé comment a été attaqué et blessé ce ridicule insecte ? »


Bon sang ... Mais qu’est-ce qu’il pouvait faire pour contrer cette vouivre ?! Pour la blesser ?! C’était impossible ou quoi ?! Il n’y avait aucun moyen ?! NON ! Il y avait un moyen ! Il devait juste le trouver ... Et l’Ombre aussi semblait choquée que ça soit complètement inutile ... Rah ... Rah ... Il commençait à s’énerver pour rien ... AH ! Il posa le dos de sa main gauche sur son front. Il ne devait pas s’emporter ... sinon ... Il y avait des chances que sa haine ne soit plus fixée envers une seule et unique personne.

 

« Ca ne va pas, Tery ? Tu m’as l’air ... pâle. Ne me dit pas que c’est encore à cause de tes lignes noires ?! Je pensais que tu arrivais à les contrôler ! »

 

« Je les contrôle, je les contrôle ! Pas besoin de t’emporter, l’Ombre. Je contrôle parfaitement mon corps, t’inquiètes pas. Pfff ... »

 

« Alors pourquoi je ne me sens pas rassurée par tes paroles ? » répliqua t-elle, le jeune homme poussant un léger grognement en l’écoutant.

 

Il était quand même sûr de contrôler ses lignes ... Juste qu’il n’arrivait pas à savoir quoi faire avec elles, c’était différent. Qu’est-ce qu’il ... devait faire avec elles ? Il n’arrivait pas à atteindre la vouivre ... AH ! L’attaquer de côté peut-être ? Non ... Et cet endroit ... Non, il n’y avait qu’une chose à faire. Détruire sa barrière de vent avec un souffle encore plus puissant. Il tendit sa main gauche vers la vouivre, un léger souffle arrivant à quelques centimètres de la créature, celle-ci semblant légèrement étonnée.

 

« Que tentes-tu de faire, suppôt d’Alzar ? De me battre sur mon terrain ? Petit prétentieux ! »

 

« J’ai jamais prétendu une telle chose ... Mais c’est dans l’idée, je le conçois. » répondit-il tandis que la jeune femme masquée se positionnait à côté de lui. Utiliser le vent ? Pour briser le mur ? Pourquoi pas ? C’était une chose à tenter ... Elle positionna ses deux mains en avant, des lignes blanches apparaissant sous ses gants, bien plus fortement qu’auparavant. Elle allait tout donner cette fois ! Une violente bourrasque repoussa la vouivre, celle-ci tombant en arrière tandis que le jeune homme ouvrit la bouche en grand. Euh .... Euh ...

 

« Hahaha ... Je vois ... Je vois ... » annonça la vouivre, se redressant aussitôt, sa gueule grande ouverte pour laisser paraître ses crocs. Un sourire ... Cela ressemblait à un sourire ... carnassier ... Un sourire de prédateur. Une lumière orange apparut dans sa gueule avant qu’un souffle de feu n’en sorte, balayant tout ce qui se trouvait devant lui.

 

Elle ? Elle s’était remise à la hauteur de Tery, le regardant pour lui dire de faire attention. Elle ne savait pas comment elle avait réussi une telle chose mais ce qui était certain ... C’est que la barrière de vent n’avait pas été assez forte pour lui tenir tête. Donc ... Il était quand même possible de les ... Des cris fusèrent en leur direction, les trois têtes se tournant vers l’origine de tout ceci. Qu’est-ce que ... Manelena et Royan se tenaient chacun sur un bras de Clari, celle-ci les ayant tendus comme pour qu’ils ressemblent à des ailes ?

 

« Être capable de « voler » de la sorte ... Impressionnant de voir la maîtrise du vent mais lorsque je vois un oiseau, je lui arrache les ailes ! » hurla la vouivre, déployant ses ailes avant de se diriger en direction de Clari. Ses deux griffes tendues, elle arriva à la hauteur de la jeune femme aux couettes blondes, celle-ci disant :

 

« Manelena ... Si tu peux faire attention à Royan car je vais devoir vous lâcher. »

 

« Comment ça nous lâ... » s’écria la jeune femme aux yeux rubis avant de pousser un cri, à contrario de l’adolescent qui restait parfaitement muet malgré le sol qui se rapprocher de plus en plus. Il fut agrippé au bras gauche par Manelena, celle-ci le ramenant contre elle. Alors que le sol n’était plus qu’à un mètre, une imposante main constituée de pierre sortit de celui-ci, stoppant la chute des deux personnes.

 

« Ah ... Merci bien, Tery. Je ne pensais pas y arriver toute seule. » annonça Manelena en descendant de la main avec Royan. Elle jeta un regard en direction du ciel, poussant l’adolescent sur le côté avant de prendre appui sur ses deux jambes. Elle réceptionna avec violence Clari, les deux femmes étant projetées en arrière.

 

« MANELENA ! CLARI ! BOR ... » commença à dire Tery avant que la voix de Clari ne lui réponde quasiment aussitôt :

 

« C’est bon ... C’est bon ... Pas besoin de t’exciter non plus, Tery. »

 

Les deux femmes se relevèrent, légèrement blessées tandis qu’il poussait un petit soupir de soulagement. Tant mieux ... Il avait eut peur, il devait l’avouer ... Il fallait dire que sur ce coup, il avait cru que ça se passerait très mal de ce côté ... Mais bon ... Visiblement, il s’était trompé lourdement ... Tant mieux en un sens. La vouivre redescendit, battant des ailes avant de foncer en direction de Royan. Celui-ci posa une main sur le sol, faisant apparaître un mur de glace devant lui. La vouivre s’arrêta, lévitant au-dessus des ailes, ses ailes battant lourdement. Elle poussa un petit grognement de mécontentement, s’éloignant de lui pour se retrouver à nouveau face à l’Ombre et Tery.

Les dagues vinrent frapper dans le vide, la vouivre s’étant mise en hauteur dès l’instant où elle s’était retournée pour esquiver la double attaque. Un pieu de terre se dirigea vers elle, le mur de vent le bloquant avant même qu’il ne vienne l’atteindre. Hum ... Voilà pourquoi elle avait décidé de briser le sol... Pour les tuer voir les séparer. Et maintenant, ils étaient à nouveau tous réunis. Coup du sort ou malchance ? Il était juste hors de question de les laisser s’en sortir ! Qu’importe qu’ils soient cinq ... ou cinq cents ... Ils n’allaient pas réussir à l’abattre ! Il était plus fort qu’eux ! Plus fort qu’Alzar et Zélisia réunis !

 

Il n’allait pas se laisser battre par ces pitoyables humains ! Cela n’avait été qu’une légère surprise, rien de plus, rien de moins. Il pouvait facilement s’en contenter ... Et cette glace n’était pas si dangereuse ... Pourquoi avait-il reculé dans le fond hein ? Pourquoi ? Il allait briser ce mur ! Il ouvrit la gueule, des boules de feu partant dans tous les sens, plusieurs d’entre elles percutant le mur de glace, le faisant fondre à moitié. Le reste était évité par Tery et les femmes, le jeune homme disant :

 

« Il commence à perdre la tête ou quoi ?! »

 

« Je pense surtout qu’il sait que vouloir nous combattre tous les cinq relève de l’impossible. Surtout quatre d’entre nous ont des pouvoirs issus d’Alzar et Zélisia. » répondit Manelena avec neutralité, regardant les évènements qui se déroulaient devant elle.

 

Bon ... Il était temps d’y aller... La barrière de vent, d’après ce qu’elle avait cru remarqué, n’était pas si ... infranchissable que ça. Elle se tourna vers Clari, la jeune femme aux couettes blondes ayant déjà compris ce qu’elle voulait faire. Elle se plaça à côté de l’Ombre, disant :

 

« Bon ... Ma petite, ce n’est pas parce que je ne t’apprécie pas plus que ça qu’on va pas s’entraider. Je vais avoir besoin de toi car il va falloir qu’on conjugue nos forces en utilisant l’élément du vent. C’est ma spécialité et il semblerait que tu sois assez douée dedans. »

 

« C’est le cas ... Enfin ... J’ai réussi à repousser la vouivre avant que vous n’arriviez. »

 

« Alors à deux, ça devrait être bien plus simple. Montres-moi ce dont tu es capable ! »

 

Sa claymore se planta dans le sol tandis que des lignes blanches apparaissaient sur ses deux mains. Quelques secondes plus tard, la vouivre fut projetée en arrière sur plusieurs mètres avant de se stopper à mi-hauteur au-dessus du sol. La créature poussa un grognement de colère, s’avançant peu à peu malgré le vent en face de lui.

 

« Vous jouez contre une force bien supérieure à la vôtre. Ce que vous faites sera complètement inutile ! A quoi cela vous sert de me repousser ?! Ce n’est pas comme cela que vous pourrez me battre ! Idiots ... »

 

Ce n’était pas du tout ce qu’ils recherchaient. Tery s’était positionné à côté des deux femmes, Manelena et Royan faisant de même. Ils étaient tous alignés, l’un à côté de l’autre alors que l’Ombre projeta à son tour un souffle qui fusionna avec celui de Clari. Cette fois-ci, malgré tous ses efforts, la vouivre fut éjectée en arrière, percutant plusieurs rochers de taille assez imposante. La créature émit un hurlement de douleur, le pendentif ancré dans sa poitrine s’étant mis à briller de plus en plus fortement.

 

Puis peu à peu, l’objet semblait vouloir se retirer de sa poitrine, le médaillon semblant n’être tenu que par des lambeaux de chair attachés à lui. Néanmoins, il n’était pas temps de lambiner et avant que la créature ne retrouve ses esprits, il fallait aller mettre un terme à celle-ci. Il courut avec son unique bras valide, peut-être qu’il pouvait lui-même utiliser l’élément du vent ? En y réfléchissant bien, ce n’était pas une mauvaise idée bien que ...

Rien que le fait de regarder son bras droit lui en dissuada. Non ... La dernière fois qu’il avait voulu utiliser le vent ... Il en avait le résultat devant ses yeux. Le fait de s’être arrêté dans sa course surpris Manelena, celle-ci arrivant sa hauteur en lui criant dessus :

 

« Mais qu’est-ce que tu fais ?! On ne reste pas devant l’ennemi sans rien faire ! L’armée de Shunter ne t’apprend rien du tout ou quoi ?! »

 

« Dé ... Désolé, Manelena. Je voulais juste rajouter ma puissance à côté de la leur au lieu de rester là sans rien faire et ... »

 

« Elles n’ont pas besoin de toi ! Elles se débrouillent très bien toutes les deux ! Pendant ce temps, essayes plutôt de créer un golem. Je vais te protéger ... »

 

Sa voix était bien plus calme vers la fin de ses paroles tandis qu’il la regardait. Elle s’était positionnée devant lui, sa lame dans sa main droite. Elle lui fit un petit sourire tandis qu’il était étonné. Elle voulait ... qu’il fasse apparaître un golem ? Avec un bras uniquement valide ? La glace autour de son bras droit se brisa tandis qu’il sentait quelque chose lui piquer son membre.

 

« Ne bougez pas trop ... Je vais juste atténuer la douleur en engourdissant votre bras. Vous pourrez l’utiliser très faiblement mais au moins, cela sera mieux que rien, n’est-ce pas ? »

 

« ... Ah ... Ouille ... Oui ... Enfin, je crois. »

 

Il ne savait pas vraiment quoi répondre. Il ne s’était pas attendu à recevoir de l’aide de la part de l’adolescent. Son bras semblait se recouvrir d’une légère poudre blanche comme si il était en train de geler ... sans que ça soit un bloc de glace autour de lui. Il pouvait bouger très faiblement ses doigts et son bras mais la douleur n’était plus présente.

Se concentrer ... et créer un golem ... Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi en avoir besoin ? Il allait se faire éclater par la vouivre ... Mais bon ... Il devait les écouter. Il ferma les yeux, commençant à réunir de la terre et de la pierre avec sa main gauche. Il allait utiliser la main droite seulement quand cela allait se rendre nécessaire. Au bout de deux minutes, il lui semblait que le tas semblait être assez important pour lui permettre de créer la créature.

 

« Je ne vous laisserai pas faire ! »

 

La vouivre avait aussitôt remarqué le petit manège du jeune homme et des personnes qui l’entouraient, commençant à battre des ailes alors que des pointes apparaissaient à leur bout. Aussitôt, une pluie d’aiguilles aussi grosses qu’un bras fonça vers le jeune homme protégé par Royan et Manelena. L’adolescent avait crée un mur de glace, criant à la jeune femme aux cheveux argentés de reculer. Il fit lui-même un saut en arrière avant que les pointes ne transpercent à moitié le mur. Heureusement ... qu’ils s’étaient reculés ... Car sans ça, il y avait de fortes chances qu’ils se retrouvent au bout de ces objets.

 

« Combien de temps faut-il pour qu’un golem se crée ? » demanda l’adolescent en s’adressant à Tery. Hein ? C’était étrange ... Mais le jeune homme était en sueur ... Comme si il était extrêmement fatigué.

 

« Je ne sais pas ... Je n’arrive plus à vraiment ressentir ... mes lignes ... Je vais faire un effort. » murmura t-il avec lenteur alors que Clari et l’Ombre se positionnaient devant le mur de glace fissuré et troué de partout. Elles aussi devaient le protéger.

 

Le protéger ... Le protéger ... Il avait l’impression que le salut de cette mission était entre ses mains ... Qu’il était le seul capable de mettre un terme à tout ceci. Et pour cela ... Il devait faire de son mieux ... Beaucoup mieux ... Ah ... Ah ... Il fatiguait ou quoi ? C’était la première fois qu’il se sentait aussi vide. Peut-être était-ce parce qu’il arrivait à utiliser ses lignes ? Non ... Il ne savait pas quel était le problème mais il allait le résoudre. Les lignes noires parcouraient maintenant l’intégralité de son corps, le sol se fissurant autour de lui alors que la pierre et la terre semblaient fondre devant lui.

 

Qu’est-ce qui se passait avec Tery ? C’était la première fois qu’elle voyait une telle puissance de la part du jeune homme. Elle était surprise, ses yeux bleus derrière son masque clignant plusieurs fois de suite comme pour qu’elle soit sûre de bien voir ce qu’elle pensait voir. Elle était même un peu inquiète ... Si Tery était aussi puissant ... Pourquoi n’avait-il jamais utilisé toute sa puissance contre elle ? Auparavant ?

 

« Il cachait bien son jeu ... » murmura Manelena tandis que la vouivre avait sa gueule à moitié ouverte, respirant bruyamment. Elle aussi semblait étonnée par la prestation du jeune homme aux cheveux bruns.

 

Cet insecte ... Il commençait à comprendre pourquoi cet insecte avait montré de l’inquiétude et de la crainte ... Ces personnes ... Même les adeptes d’Alzar et de Zelisia n’étaient pas capables de les battre normalement ... Mais eux ... Eux ... Ils y arrivaient ... Un prince de Traslord, des hommes et des femmes liés aux deux dieux ... Si il n’y avait que ça ... Mais non ... Ce n’était pas uniquement cela ... C’était bien plus ... Ce jeune homme était au-dessus de tout.

 

« JE NE TE LAISSERAI PAS FAIRE ! »

 

Il avait crié cela sur un ton horrifié, déployant ses ailes. Qu’importe si le pendentif devait affaiblir gravement son corps, qu’importe si il devait mourir ensuite car il n’aurait plus la possibilité de se battre ! Il devait tuer ce jeune homme avant qu’il ne soit trop tard ! Un nouveau mur de glace se plaça devant lui mais il ne s’arrêtait pas. NON ! Il poussa un hurlement au moment même où des éclairs parcoururent le mur de glace en même temps qu’il plaçait ses griffes dessus pour le briser.

 

« Désole mais nous ne pouvons pas te laisser faire. L’eau est conductrice ... » répondit Manelena sans sourire devant l’étonnement de la vouivre. Le mur de glace était en fait à moitié fondu, ne semblant pas être aussi solide que le précédent. Pour cela ... que l’électricité passait aussi bien là-dessus. GRRRRR ! Quels imbéciles ! Ils ne comprenaient pas que le danger ne provenait pas de devant eux mais de derrière ?! Ce jeune homme allait être la source d’un grand nombre de problèmes dans le futur !

 

« JE VAIS BRISER CETTE ÎLE POUR QUE VOUS DISPARAISSIEZ ! »

 

Il devait en terminer maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! Puisqu’il ne pouvait pas le tuer directement, il pouvait alors l’empêcher de faire cela ! Un hurlement strident sortit de sa gueule alors qu’il s’envolait, prenant plusieurs dizaines de mètres d’altitude. Il allait percer l’île pour la faire exploser comme une partie de celle sur laquelle ils s’étaient trouvés auparavant.  Plus de hauteur ... Toujours plus ... Toujours ... PARFAIT ! Il descendit en piqué.

 

Il devait ... donner plus de puissance ... encore plus de puissance ... Ce n’était pas suffisant ce qu’il faisait ... Ce n’était pas assez ... Il devait en avoir encore plus ! PLUS ! TOUJOURS PLUS ! Ses yeux rubis s’étaient mis à luire, Elen et Clari restant à ses côtés. Il ne voulait pas ... les inquiéter ... Il n’était pas assez fort encore ... Toujours ... Il ne l’était jamais pour elles ... AH ... AH... AH !

 

« APPARAIS BON SANG ! »

 

Il criait de toutes ses forces avant de s’immobiliser complètement, les yeux perdus dans la vague. Une forme gigantesque, d’environ cinq mètres de hauteur apparaissait devant lui. Entièrement constituée de terre et de pierre, elle semblait pourtant être si réussie et brillante que l’on aurait cru qu’elle eut été faite en métal. Son golem ... Son golem ... C’était la première fois ... qu’il le voyait aussi grand ... aussi imposant ... Il leva la tête en direction de celle du golem, le monstre de pierre attendant ses ordres. Avec une extrême lenteur, il pointa du doigt la vouivre qui descendait vers eux à toute allure.

 

« Arrête-là ... Brise-lui le cou ... Fais tout ce que tu peux et ... Sauve-les. »

 

« Tery ? Ca ne va pas ? » demanda subitement l’Ombre en le regardant, voyant qu’il suait à forte goutte. « Tery ? Tery ? Tery ? »

 

Pourquoi est-ce qu’elle répétait son nom ? Le sol tremblait à chaque pas du golem alors que lui-même se penchait en avant. Il avait mal au crâne ... et il était aussi si vide ... Il semblait complètement creux ... comme si il n’avait plus aucune substance. Comme si tout son corps ne lui répondait plus. Il pouvait voir la vouivre qui fut arrêtée en plein vol par le golem, poussant un hurlement strident :

 

« POURQUOI ... POURQUOI TU NE TE BRISES PAS ?! »

 

« Tery ! TERY ! TERY ! Tu m’entends ?! »

 

La voix d’Elen ? Elle semblait si lointaine, si distante et pourtant, la femme masquée était juste à côté de lui. Tiens ? Clari aussi était à ses côtés ... Il ne l’avait pas remarqué ... mais pourquoi était-elle si inquiète ? Ah ... Il voyait un objet qui tombait du corps de la vouivre, le médaillon ... Ils avaient réussi à l’avoir ... Et la dernière chose qu’il entendit fut un craquement sonore, comme une chose qui se brisait par la force. Ses yeux se refermèrent avant qu’il ne s’écroule au sol, rattrapé juste à temps par l’Ombre. Celle-ci cria son nom bien qu’elle n’obtint aucune réponse de sa part.

juil 14

Chapitre 56 : Combattre à tout prix

Chapitre 56 : Combattre à tout prix

 

« Où suis-je ? »

 

Elle avait mal au crâne ... Vraiment très mal ... Sa tête la faisait souffrir douloureusement, de telle sorte qu’elle se demandait même si elle n’allait pas exploser. Elle était complètement sonnée par ce qui s’était passé mais au moins, sa mémoire ne lui jouait pas des tours. Elle était tombée ... dans les bras de Tery ... Mais elle était tombée ... Et le vent avait joué son rôle. Par contre, elle ne se rappelait pas ce qui s’était passé ... S’était-elle évanouie ?

 

« Mais qu’est-ce que ... Du sang ?! »


Elle avait posé ses mains sur le sol, sentant un liquide qui s’insinuait entre ses doigts. Elle observa son gant taché de sang, se relevant aussitôt. Où était-elle blessée ?! OUPS ! Parce qu’elle s’était levée trop rapidement, elle avait maintenant la tête qui tournait. Non ... Ce n’était pas d’elle ... Ce n’était pas son sang ... Elle n’était pas blessée. C’était étrange ... Elle regardait en haut ... Le ciel ... Elle voyait en partie ce dernier ... Car il était camouflé par un gigantesque morceau de terre. C’était donc ça ... Elle se trouvait sur une minuscule île surement inhabitée et surtout se trouvant au-dessous des autres. Ce n’était pas le genre d’endroit que tout le monde devait connaître.

 

« Mais après ... Il y a un gros souci ... Si ce n’est pas mon sang ... Alors de qui ... TERY ! »

 

MAIS BIEN SÛR ! Tery ! Tery était surement blessé ! Mais où est-ce qu’il se trouvait ?! Il était tombé avec elle ! Il ne pouvait pas être ... ailleurs hein ?! Elle observa les traces de sang sur la pierre, commençant à les suivre. Cette île était ridiculement petite ... et seulement rocailleuse. Il n’y avait que de la pierre, des petits monts de rochers de quatre à cinq mètres et puis rien d’autre. Mais ... où ? Le sang s’arrêtait finalement avant qu’elle ne pousse un cri. Elle voyait le jeune homme ! Et ce n’était pas joli !

 

« Tery ! Tu m’entends ?! Tery ?! Réponds-moi Tery ! »

 

Elle ne s’était pas privée pour le baffer. Le jeune homme était assis contre une pierre, une flaque de sang sous son corps tandis qu’il avait le visage terni par l’hémoglobine. Il semblait évanoui mais après plusieurs claques, il ouvrait faiblement ses yeux, murmurant :

 

« E ... le ... L’ombre ? L’Ombre ? C’est toi ?  Tu vas bien ? Je suis vraiment soulagé. »

 

Vraiment soulagé ? Et elle dans tout ça ?! Qu’il ne referme surtout pas les yeux ! Il tenta mais elle lui donna une seconde claque, le jeune homme poussant un petit cri de douleur en ouvrant complètement ses yeux. Cette fois-ci, ça faisait vraiment mal !

 

« Qu’est-ce qui te prend l’Ombre ?! Tu en as pas assez de me frapper ? »

 

« Ne t’endors surtout pas ! Et qu’est-ce qui s’est passé ? »

 

« Et bien ... J’ai utilisé la magie du vent ... Enfin je crois ... J’ai voulu te protéger donc je pensais faire un atterrissage en douceur sur la première île sur laquelle on atterrirait mais visiblement, je ne suis pas très doué. »

 

« Ca n’explique pas tout le chemin que tu as fait pour aller te mettre dans un coin sans que je te vois ! Le sang que j’ai trouvé, c’était le tien, n’est-ce pas ? Où est-ce que tu es blessé ?! »

 

« Ce n’est pas très ... AHHHHH ! »

 

Elle avait tout de suite posé sa main sur lui, lui arrachant un hurlement de douleur. C’était même plus fort que ça ?! Il semblait dans un triste état ! Pire ! Lorsqu’elle l’aida à se relever, ce fut pour l’entendre crier à nouveau ... Et elle de même. SON BRAS DROIT ! C’était juste horrible ! Il était complètement cassé ?! Non ... C’était encore plus horrible d’après ce qu’elle voyait ... L’os ... L’os du coude était à moitié sorti du bras droit !

 

« Qu’est-ce qui s’est passé réellement, TERY ?! JE VEUX TOUT SAVOIR ! »

 

« Rien de grave ! Juste que l’atterrissage forcé ne s’est pas passé comme prévu ! C’est tout ! Tu es tombée sur moi et tu as le résultat devant toi. Je ne voulais pas que tu crois que c’était de ta faute alors que ce n’est pas le cas ! C’est pour ça que je me suis éloigné ! »

 

« Et ensuite ? Tu pensais faire quoi ?! Que je m’en aille sans m’inquiéter pour toi ?! Tu as remarqué l’état de ton bras ?! Si on ne te le répare pas tout de suite, tu risques d’avoir de gros problèmes ! Je vais m’en occuper ! »

 

« Non merci ... Tu n’as pas besoin de t’en faire ... On doit surtout trouver une solution pour nous en aller d’ici. » répondit-il avant qu’il ne se fasse violemment poussé en arrière par l’Ombre, le forçant à s’asseoir. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ?!

 

« Mais arrêtes, je t’ai dit que ça allait, l’Ombre ! Tu n’as pas à t’en faire ! Je vais très bien ! »

 

« Et je te remercie comment alors ?! En te laissant te vider de ton sang, en regardant ton bras en charpie ? Tu n’en as pas marre de toujours tout faire pour moi et rien me demander en échange ?! » s’écria t-elle encore plus fort que lui.

 

Rien lui demander en échange ? Et tout faire pour elle ? Elle exagérait un peu quand même ... C’était pas jusqu’à ce point non ? Puis bon ... HEY ?! Qu’est-ce qu’elle faisait ?! Il pouffa subitement en sentant la jeune femme sur son ventre, celle-ci reprenant :

 

« Ne bouge pas, je m’occupe de ça ! Et demandes-moi quelque chose pour ce que je t’ai fait faire ... C’est la moindre des choses. »

 

« Tu pourrais ... peut-être te pousser de mon ventre ? » demanda t-il sans conviction.

 

« Ce n’est pas possible. Tu as une autre demande peut-être ? » dit-elle tandis qu’il poussait un profond soupir. Bon ... C’était comme ça ? Et bien, ça allait être simple. Il allait lui demander quelque chose d’impossible, ça serait vite réglé.

 

« Et bien alors, montres-moi ton visage. »

 

« Hein ? Quoi ? Pourquoi est-ce que ... D’accord ... Mais tu ne cries, tu me le promets ? »

 

« Ne pas crier ? Pourquoi ? Et comment ça, d’accord ? C’était une bla ... »

 

Il n’avait pas le temps de terminer sa phrase que déjà le masque blanc fissuré était posé sur le sol à côté d’eux. Elle ... l’avait vraiment fait ? Il voyait ses cheveux blonds en bataille, un peu plus longs que d’habitude tandis que son visage était rougit par la gêne. Malgré l’étrange facilité à retirer son masque, elle paraissait gênée ... C’était normal et lui non plus ne s’était pas attendu à ça de la part de l’Ombre. Ses yeux bleus posés sur les siens, elle murmura :

 

« Bon ... Euh ... Serres les dents, Tery. Ca risque de faire mal. »

 

« Hein ?! Risque de me faire mal ?! Qu’est-ce que tu vas me faire ?! »

 

Elle ne lui répondit pas, ne faisant qu’apparaître ses lignes blanches sur ses deux mains avant de s’approcher de son bras. Quinze secondes plus tard, ce fut un hurlement strident qui se fit entendre, le jeune homme roulant sur le sol alors que l’Ombre s’était levée.

 

« Par ... Pardon ... Mais il n’y avait ... pas d’autres solutions alors j’ai ... J’ai fait ça ... »

 

BORDEL ! CA FAISAIT HORRIBLEMENT MAL ! Il en avait les larmes aux yeux alors qu’il continuait de crier. Son bras ... L’os était remis correctement dedans et à part le fait qu’il y avait un ... trou dans la peau, tout semblait normal mais ... mais ...

 

« Tu aurais put me prévenir, ELEN ! Ca m’a détruit le bras ! Ah ... Ah ... Ah ... Serrer les dents ... Serrer les dents ... » dit-il en cherchant à se calmer, sanglotant de colère et de douleur. Elen vint s’accroupir près de lui, le forçant à arrêter de rouler sur le sol.

 

« Attends un peu ... Je vais calmer la douleur ... Tery. Pardon. »

 

... ... ... Il ... ... ... Elle pouvait lui planter un pieu dans le cœur qu’il ne pourrait pas lui en vouloir, surtout pas quand elle lui faisait ce regard triste. Ses deux yeux bleus brillaient d’une lueur si intense et douce ... Ah ... Il était faible face à elle !

 

« Quand même ... La prochaine fois, préviens-moi si tu fais un tel truc. Je ne savais pas que tu étais capable de réparer des bras. » marmonna t-il en détournant le regard, les lignes blanches continuant de parcourir les mains de la jeune femme.

 

« Moi non plus. » avoua t-elle alors que le visage de Tery se distordait par la surprise.

 

« Comment ?! Tu n’as jamais fait ça et tu ... Oh ... J’aurai pu avoir le bras complètement détruit ! » s’écria t-il une nouvelle fois

 

« Mais non ... J’ai quand même mes pouvoirs de Zélisia. » répondit la jeune femme, gardant quand même un air inquiet au visage. « Par contre, est-ce que tu peux bouger ton bras ? »

 

Il essaya ce qu’elle venait de lui dire, le faisant crier de douleur une nouvelle fois. Non ... Même si l’os était replacé, il ne pouvait pas bouger son bras droit sans avoir mal. La jeune femme aux cheveux blonds reprit son masque, le remettant sur son visage :

 

« Si j’avais gardé mon masque, peut-être que tu aurais moins souffert non ? Et puis bon ... Je ... Je voulais simplement t’aider, Tery. »

 

« Oh, ça fait rien dans le fond. Ce n’est pas dramatique ... Par contre, l’Ombre ? Je ... Enfin, maintenant que nous sommes seuls, enfin ... Je peux t’avouer quelque chose ? C’est au sujet de ce que je t’avais dit ... Tu sais ... Tu m’avais posé la question quand il n’y avait que Clari et moi hein ? Et bien ... Je ... Nous avons bien dormi ensemble ... »

 

« ... ... ... Tu m’as menti donc. Tu m’avais dit que tu n’avais dormi avec personne. »

 

Elle avait dit cela sur un ton neutre et distant, se retournant pour ne plus avoir à le regarder. Et voilà ... Ils se disputaient encore. Ah non ... Ce n’était pas le cas. Il poussa un petit gémissement, tentant de faire quelques pas avant de regarder au-dessus de lui.

 

« Enfin bon ... Il n’y a rien eut de spécial ... On ne pouvait prendre qu’un lit de toute façon pour paraître crédibles ... Mais il ne s’est jamais rien passé entre elle et moi. » annonça t-il d’un air détaché, espérant atteindre l’Ombre par ses paroles. « Par contre, je me demande comment va-t-on faire pour remonter ? Car avec mon bras cassé ... »

 

« Comment vas-tu sinon ? Car tu perdais beaucoup de sang ... »

 

« Hein ? Je vais bien. Pourquoi ça n’irait ... »

 

Il avait recommencé à marcher mais s’arrêta aussitôt, se penchant en avant. Qu’est-ce que ... Son corps ne semblait plus lui ... répondre ? Il fut rattrapé par la jeune femme masquée, celle-ci le faisant s’asseoir avant de se remettre debout. Elle était toujours distante, n’est-ce pas ? Il n’en attendait pas plus de toute façon ... Après ce qu’il venait de dire ... Ah ... Elle avait une drôle de façon de le remercier hein ? Mais bon ... C’était normal.

 

« Pardon ... Visiblement, tu avais parfaitement raison, l’Ombre. »

 

« Tu m’appelles à nouveau comme ça ... Tery. » dit-elle avec une petite pointe de tristesse.

 

« Désolé ... La force de l’habitude. Tu veux qu’on cherche une solution pour remonter à la ... surface si on peut dire ça ? Enfin, retourner là-haut. »

 

« D’accord. Tu veux te soutenir à moi ? Tu le peux ... »

 

Ca ne serait pas de refus mais il n’allait pas l’annoncer de vive voix. Il fut aidé par la jeune femme masquée alors qu’ils avançaient finalement. La perte de sang et son bras droit cassé avaient réussi à le fatiguer plus que nécessaire et maintenant, il sentait qu’il avait besoin de repos, beaucoup de repos même.

 

« Où est-ce qu’on se trouve en plus ? Tu as une idée, l’Ombre ? »

 

« Je ne suis pas certaine ... Mais en regardant les alentours, il semblerait que l’on a été projeté à l’est de notre position auparavant. Tu vois l’île gigantesque en face de nous ? Mais au-dessus en même temps ? » dit-elle en désignant un immense morceau de terre qui flottait.

 

« Oui ? C’était notre ancienne île ? Celle sur laquelle on se trouvait ? »

 

« Je n’en suis pas sûre mais oui ... Au final, nous avons été projetés pas aussi loin que nous ne le pensions. Par contre, je ne sais pas du tout où sont les autres. 

 

« Oui ... Enfin bon ... Premièrement, on va tenter de régler un problème, puis l’autre, d’accord ? » signala le jeune homme alors qu’elle hochait la tête positivement.

 

« Vous n’irez nulle part ! » hurla une voix au-dessus d’eux, l’Ombre le poussant rapidement sur le côté, roulant avec lui avant que deux griffes ne se plantent dans le sol. Aussitôt, la vouivre fit son apparition, grattant le sol, semblant furieuse pour une raison inconnue, du moins pendant quelques secondes : « Visiblement, même les cafards comme votre espèce ne sont pas capables de comprendre lorsqu’ils ne sont plus désirés ?! »

 

« Il n’a rien à voir avec le cygne pour le premier médaillon. » marmonna la jeune femme au masque blanc fissuré, se redressant. Elle remarqua le visage crispé du jeune homme, s’étant retrouvée sur lui. Ah ! MAIS QUELLE IDIOTE ! « Attends ! Tery ! Pardon, je ne voulais pas t’écraser le bras ! PARDON ! PAR ... »

 

« Fais attention au lieu ! » s’écria t-il, passant son bras gauche autour d’elle avant de rouler une nouvelle fois sur le côté. Voilà que le long corps de la vouivre s’abattait à l’emplacement où ils se trouvaient. Il se redressa aussitôt, poussant un cri de couleur, quelques larmes s’écoulant de ses yeux. La douleur ... Son bras était en miettes et ...

 

« Arrêtez donc de bouger un peu ! Laissez-vous tuer ! »

 

« Hors de question ! Je tiens à ma journée avec Tery ! » dit-elle avec entrain et ferveur.

 

« Hein ?! De quoi est-ce que tu parles, l’Ombre ?! » s’écria t-il avant de la voir sourire. Ah ... Elle parlait de cette petite promesse après qu’ils aient récupéré ce dernier médaillon ? Car oui ... Cette vouivre était la gardienne du dernier médaillon ... Tous les autres avaient été trouvés ... Ah ... Elle pensait encore à ça ... mais surtout à ce moment ?

 

« Et bien, tu sais au sujet de ... »

 

« Non, c’est bon, j’ai parfaitement compris. Bon ... Il faudrait déjà réussir à s’en sortir avant de penser à ça. » marmonna t-il, cherchant du regard si son sac contenant ses affaires se trouvait dans les environs ou non.

 

Pour l’instant, il ne voyait rien mais il n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps. La vouivre poussa un nouveau hurlement, sautant plusieurs fois sur les côtés alors que son long corps frappait le sol derrière lui.

 

Comment pouvait-elle aider le jeune homme ? Ah ... Sans avoir le choix ... Il n’y avait qu’une solution ... C’était de combattre la vouivre toute seule. Elle avait déjà sorti son arc, le bandant en la direction de la créature, celle-ci se mettant à battre des ailes.

 

« Tu ne me toucheras pas ...  Tu es trop faible pour ça ... adepte de Zélisia. »

 

« Tu me permets quand même d’essayer ? Tery ! Recules et mets-toi à l’abri ! Cette fois-ci, c’est moi qui vais te protéger ! » s’écria t-elle alors qu’il arrivait à sa hauteur, faisant apparaître un petit pieu de terre au-dessus de sa paume droite.

 

« Bien entendu ... Bien entendu ... Tu n’as pas l’impression qu’on se répète ? Toi tu veux me protéger et moi, je veux te protéger. Autant combattre ensembles non ? »

 

... ... Il marquait un point, elle devait l’avouer. Mais bon ! Comment est-ce qu’il allait se battre avec seulement une main ?! Quand même pas avec sa magie non ? Même si il était capable de créer ... un golem ... Il n’allait jamais pouvoir se rendre utile.

 

« C’est trop dangereux dans ton état, Tery. Je suis contre cette idée. » murmura t-elle, des lignes blanches commençant à parcourir la totalité de son corps et de son visage.

 

« Tu n’as pas vraiment ton avis à dire, l’Ombre. »

 

Et pour lui montrer qu’il ne comptait pas rester en retrait, il envoya son pieu en direction de la vouivre. Celle-ci resta parfaitement immobile, une barrière de vent l’entourant pour repousser le projectile et le faire tomber juste à côté de Tery.

ET ZUT ! Dans son état, c’était trop risqué ! Pourquoi est-ce qu’il ne voyait pas que ça ne servait à rien ?! Que c’était trop dangereux ?! PFFFF ! Elle se colla presque à lui, envoyant une unique flèche entourée d’une aura rougeoyante. Celle-ci fut stoppée au beau milieu des airs, à une cinquantaine de centimètres de la vouivre.

 

« Inutile ... Je pensais que cela avait été ... »

 

« TERY ! ATTENTION ! » s’écria t-elle en se mettant devant lui, le recouvrant de son corps avant que la flèche ne se mette à exploser, la vouivre poussant un hurlement, faisant quelques pas en reculant. Lui ? Il pouvait voir le sourire de la jeune femme derrière son masque. Elle était fière hein ? Elle venait de réussir à porter un coup à la vouivre.

 

« Aucune ... pitié ... pour vous ! Je vais vous lacérer, vous déchiqueter et vous dévorer vivants ! Ca sera un véritable plaisir que d’avoir comme repas des êtres aux lignes d’Alzar et de Zélisia ! »

 

Hum ? Ca n’avait pas l’air d’avoir fait grand effet. Malgré les quelques marques de brûlure sur son visage, la vouivre n’avait pas été blessée. Non ... Maintenant, elle semblait furieuse, ça n’annonçait rien de bon pour la suite des évènements.

 

« Je vais vous déchiqueter entre mes griffes ... Je vais vous écraser et vous réduire en en lambeaux ... en un amoncèlement de morceaux de chair ... Vous n’allez plus pouvoir vous reconnaître ... » murmura la vouivre, semblant très bien contrôler ses émotions après quelques secondes tandis que la jeune femme se présentait devant Tery.

Elle ne comprenait pas hein ? Il se déplaça, se mettant à côté d’elle mais aussitôt, elle se plaçait une nouvelle fois devant lui. Bon ... Ca commençait à devenir lassant par contre. Il posa sa main gauche sur le bras de l’Ombre, disant :

 

« Je pensais que j’avais été clair, l’Ombre ... Je viens t’aider. »

 

« Mais tu n’y arriveras pas. Je suis sûre que tu ne peux même pas concentrer tes pouvoirs hein ? Avoues que j’ai raison. »

 

« Tu as complètement tord et je vais te le montrer. Il suffit juste que je me concentre sur mon bras gauche et que j’ignore le bras droit. »

 

Comme pour lui montrer qu’il avait raison, il plaça sa main gauche en direction de la vouivre, ses yeux devenant rouge sang. Aussitôt une boule de feu se dirigea vers la créature avant que celle-ci ne la repousse en leur direction d’un coup de queue bien placé. Trop bien placé puisque la boule de feu fut renvoyée vers les deux humains. Le jeune homme tenta de faire apparaître une sphère aqueuse mais ce fut l’Ombre qui réagit la première, le prenant par le bras gauche pour le tirer sur le côté et éviter la boule.


C’est vrai que c’était plus rapide et efficace ... Mais bon ... C’était quand même dramatique. Il n’y avait aucun moyen de pouvoir battre cette créature ou quoi ?! Mais bon ... Il y avait quand même une solution hein ? Il en était sûr. L’Ombre relâcha son bras tandis qu’il s’était mis à réfléchir. Il n’aimait pas ça ... Ca faisait perdre trop de temps pendant un combat, beaucoup trop de temps même. La vouivre s’était envolée, ouvrant la gueule pour pousser un nouveau hurlement, encore plus puissant que les précédents. Il s’était aussitôt boucher les oreilles, fermant les yeux à moitié. Sauf que cela avait un inconvénient ... Il n’entendait pas le cri de la vouivre mais aussi les paroles de l’Ombre qui semblait vouloir lui dire quelque chose. Enfin ... Il aurait put lire sur ses lèvres ou son visage si il n’avait pas fermé les yeux.

 

Il fut violemment poussé en arrière, la jeune femme ayant foncé sur lui, tête en avant pour le projeter au loin. Voilà que la vouivre recommençait avec ses griffes acérée. Néanmoins, elle ne semblait pas vouloir exploser le sol une nouvelle fois pour les faire tomber. C’était une bonne chose ... Enfin, tout dépendait du point de vue que l’on utilisait. Et l’Ombre qui le gardait contre elle malgré le fait qu’elle soit plus petite que lui. Il devait sérieusement envisager la possibilité de se battre correctement.

 

« L’Ombre ? Il n’y a pas un moyen de pouvoir atténuer la douleur ? Ou l’endormir complètement ? Je ne sais pas ... Une herbe ou une magie ... »

 

« Je pense bien qu’il y a quelque chose pour ça ... Mais c’est juste un renseignement au cas où j’aurai une blessure assez importante ... Et je ne sais pas parfaitement le faire. Il faudrait demander à Royan si on le revoyait car lui doit surement y arriver. »

 

« Nous ne savons même pas où ils sont donc autant ne pas y penser. »

 

Oui ... Il s’en doutait ... Donc bon ... Autant ne pas y croire. Pfff ... Hein ? Qu’est-ce qu’elle faisait ? Elle tentait quand même de le faire ?! Après le coup de son bras droit brisé, il préfé ... AHHHHH ! Il poussa un cri, la vouivre arrêtant son attaque avant même de la commencer. Elle avait essayé de s’en prendre à eux dans leurs dos mais avec ce cri, elle préférait les surveiller.

 

« CA PIQUE, l’OMBRE ! Ca fait horriblement mal, ça ! »

 

« Je fais juste de mon mieux ... Tery ... » marmonna t-elle lentement.

 

Ah ... Ah ... Elle avait arrêté au bout de trente secondes ? Et il regardait le spectacle sur son bras droit. Celui-ci était emprisonné dans un bloc de glace grossier et il ne le ressentait plus du tout. Ah ... Il ne ressentait ni la douleur, ni la vie. Il ne pouvait même pas le bouger. Mais au moins, il allait pouvoir se battre sans se préoccuper de sa blessure.

juil 7

Chapitre 55 : L'apparition d'une vouivre

Chapitre 55 : L’apparition d’une vouivre

 

« Mais il ne s’arrête jamais ou quoi ?! » s’écria Manelena en poursuivant l’insecte qui continuait de voler, esquivant les dards de terre que Tery lui envoyait.

 

Impossible de l’atteindre ?! Et où est-ce qu’il les emmenait ?! Il aimerait bien le savoir. Un bref regard en arrière et il remarqua que l’Ombre, Clari et le prince étaient toujours derrière eux ... Tant mieux ... Il ne fallait pas qu’ils se séparent.

 

Une flèche fonça en direction de l’insecte, venant traverser l’une des ailes qui battait fortement puisque l’autre paire était morte depuis le temps. L’insecte s’écroula au sol, Tery disant à voix haute :

 

« Bravo, l’Ombre ! C’était parfait ! Comme d’habitude ! Maintenant, il ne pourra plus nous échapper ! Bon ... Fini de jouer ... »

 

Voilà que tout de suite, les trois femmes et le jeune homme vinrent se mettre en cercle autour de l’insecte pour l’empêcher de s’enfuir. Il n’allait pas pouvoir faire grand-chose maintenant. La créature se redressa, tentant de battre ses ailes, Clari faisant un simple geste de sa claymore. Aussitôt les ailes se déchirèrent, tombant en lambeaux.

 

« On a pourtant dit clairement qu’on arrêtait de s’amuser ... Donc tu veux nous donner le médaillon ou non ? Personnellement, en vue de l’horreur que tu es, je ne me gênerai pas pour te tuer, je tiens à te le signaler. »

 

« Clari ... Calmes-toi s’il te plaît ... Je pense qu’il sait qu’il n’a pas vraiment le choix. » répondit Tery en s’adressant à la jeune femme aux couettes blondes.

 

Pas vraiment le choix ? Ce sont eux qui ne semblaient pas comprendre dans quel guêpier ils venaient de tomber. Et pour ça ...  Il allait leur montrer comment il allait combattre. Il tourna rapidement sur lui-même pour avoir une vue d’ensemble de la situation. Le prince était en arrière, éloigné du combat. Devant lui se trouvait le jeune homme, à sa gauche il y avait Clari. A sa droite, il y avait Manelena et derrière lui se trouvait finalement Elen. Bref ... Ce n’était pas une bonne chose du tout ... Loin de là même. Mais qu’importe ...

 

« Alors ? Ta réponse ? » demanda Manelena avec lenteur, l’insecte tournant sa tête en sa direction. Sa réponse ? Elle était pourtant très simple. Il ouvrit la gueule, un crachat vert sortant aussitôt de celle-ci pour se diriger vers Manelena. Celle-ci l’évita facilement, faisant un pas sur le côté avant de voir l’herbe qui fumait.


De l’acide ?! Puisque l’insecte en avait décidé ainsi, cela ne leur laissait pas le choix. Ils allaient devoir se débarrasser de lui ! Tous foncèrent vers l’insecte alors que l’Ombre préparait déjà plusieurs flèches. Pourtant, ils s’arrêtèrent avant de commettre une bêtise, l’insecte creusant un tunnel dans le sol.

 

« Qu’est-ce que ... Faites attention à vous ! Reculez et mettez le maximum de distance ! » hurla Manelena avant de s’exécuter, observant le sol avec attention.

 

Par où est-ce qu’il allait sortir ? C’était impossible à savoir ! Elle pensait remarquer s’il y avait des fissures mais visiblement, l’insecte avait été plus profondément que prévu. Sur elle ? Clari ? Tery ou alors l’Ombre ? C’était juste ...

 

« LE PRINCE ! FAITES ATTENTION AU PRINCE ! »

 

Tery venait de crier de toutes ses forces alors que tous regardaient l’adolescent aux cheveux bleus. Celui-ci parut surpris par leurs réactions avant que le sol ne s’ouvre à ses pieds. L’insecte sortit, le prince faisant un saut en arrière avant de soupirer :

 

« Tout cela était vraiment très prévisible. Comme je ne combattais pas ... Il était normal que je sois visé. Maintenant ... Je vais me mêler de ce combat. »

 

D’un simple geste de la main, il fit apparaître un pieu de glace à partir de sa paume droite, le pieu venant frôler l’abdomen de l’insecte. La créature avait réussi à éviter juste à temps, surpris de remarquer que son plan avait échoué. Maintenant ... Ils étaient cinq autour de lui, n’est-ce pas ? Oui ... Il voyait qu’ils se réunissaient tous autour de lui.

 

« Ne perdez pas de temps ... TUEZ-LE MAINTENANT ! » hurla Tery en s’égosillant une seconde fois mais c’était déjà trop tard.


Il n’avait pas d’autres choix que de se réfugier dans le sol. Impossible pour eux de le repérer ... Oui ... Il était en sécurité ... Ils ne trouveraient jamais le moyen de pouvoir le retrouver ainsi. Et pourquoi cela ? Car ils n’étaient pas capables de creuser à même la terre. Sauf peut-être le jeune homme aux cheveux bruns mais il ne semblait pas si doué que ça.

 

« Bon ... Je pense qu’il reste dans les environs, n’est-ce pas ? » murmura Tery en regardant autour de lui, les autres personnes faisant de même.

 

« Il y a de fortes chances ... Il sait qu’il n’a pas d’autres issues ... Et il ne pourra pas rester indéfiniment sous terre. On va juste attendre qu’il ressorte et nous nous en occuperons aussitôt. » répondit Manelena aux paroles du jeune homme.

Les autres étaient plongés dans leur mutisme tandis qu’il se mettait à réfléchir. Bon ... Ca n’allait pas être si fameux que ça ... Mais il avait bien une solution. Un peu folle ... Mais pourquoi pas ? Il releva ses deux manches, des lignes noires apparaissant sur ses deux bras et ses deux mains tandis que l’Ombre demandait :

 

« Mais qu’est-ce que tu fais, Tery ? Tu as une idée en tête ? »

 

« Je crois ... Mais je ne suis pas sûr que cela va marcher ... Donc je préfère ne rien annoncer. Ce n’est qu’une supposition ... Mais bon ... Ca va me prendre quelques minutes. »

 

« Hum ? Qu’essaies-tu de faire ? » demanda Manelena avant de voir le jeune homme qui posait ses deux mains sur le sol. « Tu comptes invoquer un golem dans cette situation ?! »

 

« Ca ne sera pas pour le but que tu penses ... Manelena ... » annonça t-il alors que le prince l’observait avec attention. Un golem ? Il pouvait en créer un ? Cela était plutôt surprenant mais ça devait sûrement valoir le coup d’œil. Il allait peut-être voir ce que valait réellement le jeune homme vers qui la femme masquée semblait avoir quelques ... sentiments, n’est-ce pas ? Même si elle ne semblait pas les comprendre et les reconnaître.

 

Hum ? Que se passait-il ? Il restait au-dessous d’eux, prêt à bondir au cas où ... Au moment où ils baisseraient leur garde ... Mais ... Pourquoi sentait-il la terre qui bougeait autour de lui ? Comme si ils utilisaient celle-ci pour quelque chose ? Peut-être qu’en s’éloignant un peu ... De toute façon, après ... Il pouvait sortir la tête ... Non, c’était vraiment trop risqué, il ne pouvait pas prendre cela comme risque ... C’était beaucoup trop important. Et sa vie pouvait s’arrêter en un seul instant à cause d’une telle bêtise. Non ... Il devait attendre au cas où ... Rester sur ses gardes et ne pas commettre d’erreurs.

 

Pendant ce temps, tout le monde regardait le jeune homme qui semblait se concentrer sur un point précis en direction du sol. Au fur et à mesure des secondes qui s’écoulaient, une forme se dessinait peu à peu, une forme ressemblant à un humanoïde entièrement constitué de terre. Une terre plus dure qu’il n’y paraissait. Enfin, au bout de cinq minutes, un golem d’environ un mètre vingt se trouvait au milieu de la troupe, Manelena prenant la parole :

 

« Hum ... Il ne m’a pas l’air si différent du précédent, Tery. »

 

« Je n’ai pas encore eut le temps de me documenter sur les livres que j’ai récupéré. Je me demande comment cela se passe réellement mais bon ... Pour ce qu’il va servir, ce golem est bien plus qu’utile. Je vous fais une petite démonstration ? » demanda t-il avec un grand sourire, comme si il se savait déjà victorieux.

 

Le golem vint frapper le sol avec ses deux poings, celui-ci s’étant mis à trembler. Qu’est-ce qui se passait ?! C’était quoi cette puissance ?! Il se sentait secoué de toutes parts. Est-ce que ce foutu humain aux cheveux bruns était plus puissant que prévu ?! Ils cachaient tous leurs jeux ou quoi ?! Il devait sortir de là et vite !

 

« Et voilà ce que je vous disais ... C’était bien plus simple que prévu, n’est-ce pas ? »

 

Il était sûr d’être tombé dans ce piège ... Mais il n’avait pas eut le choix ! Il se retrouva une nouvelle fois à la surface, remarquant le golem ... Un golem ?! C’était le jeune homme qui venait de faire ça ?!  Il tenta de contrôler ses émotions, ne faisant que murmurer :

 

« Je ne vais plus pouvoir tenir très longtemps ... Il faudrait qu’il se dépêche ... »

 

« Qui donc ? » demanda le jeune homme, disant à son golem de rester sur ses gardes et de se préparer à attaquer une nouvelle fois. Il ne fallait surtout pas qu’il tente de s’échapper.

 

« ... ... Vous le découvrirez en temps et en heure. Pour l’instant, je me dois de vous retenir. »

 

« TUEZ-LE LE PLUS VITE POSSIBLE ! » s’écria Manelena de toutes ses forces, l’insecte se mettant finalement sous une forme ressemblant à une boule ou presque, sa carapace luisant au soleil. Il était impossible de toucher son ventre.

 

Un coup d’épée de la part de la jeune femme aux cheveux argentés et voilà que celui-ci fut tout simplement sans effet. L’insecte n’était pas capable de rire mais pourtant, à l’entendre, on pouvait bien penser qu’il semblait heureux.

 

« Vous ne pourrez pas récupérer ce médaillon tant que je ne serai dans cette position. »

 

« Assez ... Je vois ce que tu veux faire mais cette fois-ci, on en as terminé définitivement avec toi. Tu vas nous donner gentiment le médaillon. »

 

Tery s’était adressé à lui sur un ton des plus las avant de claquer des doigts. Le golem se détruisit tandis qu’il demandait aux quatre personnes de reculer. Il posa une main sur le sol, des lignes noires apparaissant sur celle-ci alors que les décombres du golem pénétraient dans la terre. Il reprit en murmurant :

 

« Autant continuer d’utiliser mon golem ... sous une autre forme ... Je commence à me douter de la raison qui fait que tu sois dans cette position. »

 

Le sol se remettait à trembler mais seulement sur une unique ligne qui se dirigeait vers l’insecte. Subitement, un pieu de terre souleva l’insecte, se logeant dans son ventre sans ressortir pour autant de l’autre côté. La bouche du monstre s’ouvrit, laissant tomber le médaillon avec une émeraude incrustée à l’intérieur.

 

Le jeune homme récupéra l’objet, le montrant aux autres avec un grand sourire avant de se faire percuter par l’Ombre qui semblait folle de joie. Ohla ! Qu’est-ce qui se passait avec elle ?! ll y avait de quoi être contente mais quand même ...

 

« Calme l’Ombre ... Euh ... C’est bon ... Je n’ai rien fait de spécial non plus. »

 

« Bien sûr que si ! Je n’avais jamais pensé un seul instant à imaginer une telle chose ! Tu es devenu vraiment remarquable, Tery ! VRAIMENT ! »

 

« Oui ... Enfin bon ... Tu pourrais peut-être me relâcher. » dit-il sur un ton un peu gêné tandis que Clari grognait. De l’autre côté, Royan et Manelena observaient l’insecte qui laissait s’écouler un liquide le long de sa gueule et du pieu enfoncé dans son corps.

 

« Plutôt impressionnant ... Il faut réellement le reconnaître, n’est-ce pas ? » murmura l’adolescent aux cheveux bleus.

 

« Comme quoi ... Le temps passe et certaines personnes grandissent sans même que l’on ne le remarque ... Je me suis trompée à son sujet ... » répondit Manalena.

 

« Mais bon ... Le médaillon est récupéré et nous n’avons plus de temps à perdre. Visiblement, cet insecte a été plus problématique l’on ne le pensait. »

 

Oui, il valait mieux partir avant qu’il ne soit ...

 

« Trop tard ... Il est finalement en route ... Je l’entends venir ... » marmonna l’insecte tout en crachant son sang en direction des deux personnes. Celles-ci l’esquivèrent avec facilité, ne voulant surtout pas retomber sur un jet d’acide.

 

« Tu as perdu ... Reconnais plutôt ta défaite. » annonça Royan, l’insecte ne semblant même plus se préoccuper des paroles d’autrui.

 

« Je ne suis qu’un insecte ...  à ses yeux ... Comme je ne suis qu’un insecte pour tous et toutes. » répondit-il sans même s’adresser réellement à quelqu’un.

 

L’Ombre serrait toujours Tery dans ses bras, un grand rire se faisant entendre de la part de la jeune femme masquée. Il n’avait jamais eut une telle réaction de sa part ... depuis fort longtemps ... Depuis l’époque de Midès même ...

 

« Calme, l’Ombre ... Calme ... M’enfin ... Ca me fait plaisir de savoir que ça marche aussi. »

 

« Mais tu sais utiliser tes lignes noires sans te mettre en colère ! C’est juste prodigieux ! Je ne savais pas que c’était vraiment possible ! Je suis désolée de ne pas avoir cru en ce que tu disais dans ta lettre ... Pardon, pardon ! »

 

Hum ... Il n’allait faire aucune remarque à ce sujet. Il savait pertinemment qu’il fallait plus que cela pour la mettre en confiance ... et c’était vraiment normal d’avoir douté. Lui-même n’arrivait pas à croire qu’il arrivait à contrôler ses lignes d’Alzar bien qu’elle avait quand même faux sur un point ... Un point précis ... Celui de la colère. Il était furieux ... Mais il le cachait complètement devant un masque neutre. Comme le faisait souvent Manelena.

 

L’insecte s’était arrêté de bouger ou presque, étant tout simplement pris de tremblements. Sa vie allait bientôt disparaître mais il ne semblait même pas inquiet ... plutôt résigné, n’est-ce pas ? Ils allaient avoir des soucis, c’est bien cela ? Et comment ça ? Ca n’allait pas tarder ... IL n’allait pas tarder à arriver.

 

« Le voilà ... Je sens qu’il est proche ... Il est bientôt là. »

 

Mais de qui ?! De quoi ?! Ce fut lorsqu’un puissant hurlement se fit entendre qu’ils comprirent que tout cela n’était que le début des ennuis. Aussi rapide que le vent, une ombre trancha en morceaux l’insecte planté sur le pieu de terre avant d’atterrir sur le sol, se retrouvant face à face avec le groupe de cinq personnes.

 

« Qu’est-ce que ... C’est que ça ? »

 

Ce fut le jeune homme qui avait pris la parole alors qu’à chaque pas qui se posait, le sol tremblait légèrement. Ce n’était pas un insecte ... Ca n’avait rien d’un insecte ... ou des créatures qu’il avait déjà vu dans le passé. C’était bien différent.

 

« En voilà donc ... un bon gardien visiblement. » murmura Manelena avec un sourire bien qu’elle semblait légèrement inquiète.


« Manelena ? Qu’est-ce que c’est ? Comme créature ? » demanda Clari, restant parfaitement sur ses gardes tandis que l’Ombre avait arrêté d’être heureuse dès l’instant où elle avait vu l’insecte en morceaux ... et l’une des griffes de la créature recouverte du sang de l’insecte.

 

« Cette créature ? Ce n’est pas une espèce si rare ... Mais disons que j’aurai aimé ne pas en rencontrer une avec aussi peu de personnes. Cette créature est une vouivre ... Tu peux considérer cela comme une sous-espèce de dragons. »

 

« Rien que ça ? Hahaha ... Un dragon ? Et pourquoi est-ce qu’il est venu ici ? Tu crois que c’est à cause de cet insecte ? » demanda Clari en tremblant légèrement.

 

« Normalement, les vouivres ne sont pas capables de communiquer contrairement aux dragons mais bon ... Je pense que dans ce cas précis, il va être capable de s’adresser à nous, n’est-ce pas ? » répondit Manelena en s’adressant maintenant à la créature en face d’eux.

 

« Impudente petite humaine ... »

 

C’était bien le monstre qui venait de prendre la parole. Recouvert d’écailles verdoyantes, il devait mesure entre quatre et cinq mètres de hauteur, avait une simple paire d’ailes d’environ deux mètres d’envergure tandis que ses yeux rubis fixaient avec ardeur les humains. Son corps semblait être celui d’un long serpent, faisant environ six à dix mètres de longueur tandis que le jeune homme murmurait :

 

« Euh ... Manelena ... Si ça, ce n’est qu’un petit dragon ... ou une vouivre comme tu l’appelles ... Les dragons ressemblent à quoi ? »

 

« Hum ... Tu te dis que ça peut être cinq fois plus grands, plus dangereux et plus méchants ? Les vouivres n’ont pas une once de charisme contrairement aux dragons ... Elles semblent impressionnantes comme cela mais quand tu les regardes plus précisément, tu vois que ce n’est pas du tout le cas. »

 

Pfiou ... C’était lui ou alors Manelena était clairement odieuse envers la créature en face d’eux ? Il valait mieux se taire dans ce genre de cas non ? Pourtant, la vouivre restait immobile, grattant le sol de ses deux pattes arrière.

 

Hum ? La provocation ne marchait pas ? C’était vraiment dommage ... Mais visiblement ... Cette vouivre a été appelée par l’insecte donc ... Elle avait sûrement de la ressource car l’insecte semblait avoir été complètement dominé par elle. Mais bon ... Au lieu de parler, il valait mieux se lancer dans le combat ... SANS MÊME PREVENIR ! Elle s’était rapprochée de la vouivre, son épée produisant des éclairs avant qu’elle ne l’abatte sur le reptile.

 

« Qu’est-ce que ... »

 

Elle semblait surprise, autant que les autres alors qu’elle remarquait que son épée s’était arrêtée au beau milieu de son geste. Non ... Elle était à environ une dizaine de centimètres de la patte de la vouivre, celle-ci rapprochant sa gueule de la jeune femme aux cheveux argentés.

 

« ... ... ... C’est tout ? » souffla la vouivre tandis qu’elle comprenait aussitôt ce qu’elle venait de faire ... Le vent ... Le vent ... Il utilisait le vent pour créer une barrière autour de son corps. « C’est donc cela qui a réussi à battre cet oiseau et cet insecte ? Pathétiques. »

 

Un simple coup d’aile et elle fut projetée en arrière. Néanmoins, le renvoi se fit sans violence, Clari utilisant ses propres capacités liées au vent pour ralentir la poussée. Manenela la remercia d’un hochement de tête avant de dire :

 

« Il utilise l’élément du vent ... Il fallait s’en douter mais contrairement à l’insecte qui semblait guère imposant ... Ca risque de ne pas être une partie de plaisir. »

 

« L’élément du vent ? C’est cela ? Si seulement ... Je ne suis pas aussi faible que les deux autres gardiens ... Loin de là ...  Non ... Je suis au-dessus d’eux ! »

 

Hein ? Sur le torse de la vouivre, quelque chose s’était mis à briller ... C’était ... C’était ... le troisième médaillon ?! Qu’est-ce qu’il faisait ancré dans la vouivre ?! Celle-ci remarqua parfaitement le regard surpris des cinq personnes, reprenant la parole :

 

« Je suis bien plus que ça ... Ils n’utilisaient pas les pouvoirs de leur médaillon ... Je ne suis pas stupide au point de confier un tel objet à de faibles êtres comme vous. »

 

« Bon ... Par contre, encore une fois ... Cela risque de devenir plus problématique que pré... » commença à dire Manelena avant d’être subitement coupée par la vouivre :

 

« Ca ne sert à rien de parler ! VOUS ALLEZ DISPARAÎTRE ! »

 

La patte droite de la vouivre se leva avant de s’abattre sur le sol, des fissures apparaissant, bien plus profondes que les précédentes, comme si ... L’île allait exploser en plusieurs morceaux ?! La vouivre était aussi forte que ça pour être capable d’une telle chose ?! Voilà que le sol s’était mis à trembler alors que la créature volait au-dessus d’eux.

 

« Et si vous vous en sortez ... Je terminerai le travail que je viens de commencer. »

 

ME... MERDE ! Ils devaient réagir et vite ! Déjà que le sol commençait à s’effondrer autour d’eux, signe qu’ils allaient tous tomber ... Son choix était déjà fait dès l’instant où il avait compris ce qui allait se passer. Il s’approcha de l’Ombre, lui prenant le bras pour la tirer vers lui alors que Clari et Manelena étaient près du prince Royan. Voilà ... Ils allaient sûrement avoir de gros problèmes ... mais ils n’avaient pas le choix.

 

« On se revoit en bas ! » s’écria Tery tandis qu’il serrait l’Ombre contre lui.

 

C’était quelque chose pour rassurer ... Des paroles réconfortantes alors que lui-même ne se sentait guère ... Non, il ne devait pas penser ainsi. Un faible murmure se fit entendre de la part de l’Ombre, celle-ci restant près de lui :

 

« Tery ... Je ... Je ne pensais pas que cela allait créer autant de problèmes. »

 

« Tu sais ... Cette vouivre est moins inquiétante que le golem gigantesque j’ai affronté. Tais-toi, serres les dents ... Car je ne sais pas si on va atterrir mais la chute sera violente ... »

 

Hein ? Il ... Il pensait vraiment s’en sortir vivant ? Pourtant avec le sol qui s’effondrait sous leurs pieds, elle n’espérait pas ... Mais lui ? Il semblait vraiment sûr d’y arriver ? Depuis quand est-ce qu’il était ... aussi confiant ? Même avec le ver, tout cela n’avait été ... Elle n’eut pas le temps de penser plus longtemps, leurs pieds n’ayant plus de contact avec le sol alors qu’ils tombaient comme les autres.

 

Elle n’avait pas poussé de cri, lui non plus, tout ce qu’ils savaient, c’est que cela pouvait prendre quelques secondes comme plusieurs minutes. Ce qu’ils ne s’attendaient pas par contre, ce fut que des vents violents soufflaient en même temps dans la chute, les faisant tomber non pas à la verticale mais sur plusieurs mètres à la diagonale. Quelques minutes plus tard, les deux personnes se retrouvaient dans l’herbe du sang s’écoulant d’un rocher mais aussi autour du corps de Tery. Les deux personnes semblaient évanouies, le transport dans les airs ayant été des plus rudes.

juin 30

Chapitre 54 : Une puissance dévastatrice

Chapitre 54 : Une puissance dévastatrice

 

« Si je vois que vous vous êtes moqué de moi ... Je vous promets que vous le regretterez ! » s’écria la jeune femme masquée en s’adressant à Royan.

 

« Je ne me moque de personnes ... Je ne fais que juger ces dernières. »

 

Mais il était temps d’arrêter de parler. D’un geste de la main qui tenait son pic de glace, il envoya ce dernier vers l’insecte géant. Le monstre à huit pattes s’affaissa sur le sol, le pic de glace se plantant dans le mur de la ruche derrière lui. Déjà, bon nombre de bourdonnements se firent entendre autour d’eux. Qu’est-ce que ... Le jeune homme aux cheveux bruns regardait, se demandant si il était en train de rêver ou non.

 

Qu’est-ce qu’ils faisaient là tous ses insectes ? Ils allaient essayer de les attaquer ? Il pensait que cela allait être seulement contre celui qui possède le médaillon ! Enfin ... D’après ce qu’il voyait, ils n’allaient pas attaquer et devant le regard du jeune homme, l’insecte à huit pattes prit la parole, comme pour lui répondre :

 

« Ils sont là en tant que spectateurs. Ils veulent voir si je suis capable de défendre la ruche ou non ... Et il est de mon devoir de leur montrer que c’est le cas. »

 

Hum ... C’était de bien belles paroles mais il fallait voir ce que ... Royan posa aussitôt une main sur le sol avant même qu’ils ne réagissent, un mur de glace apparaissant devant eux. Le mur se fissura, explosant en morceaux alors que l’insecte était maintenant à leur hauteur.

 

« Bonne perception et analyse du combat. Il est possible de remarquer que tu as eut une très bonne réaction mais malheureusement, ça ne sera pas suffisant. »

 

Pas suffisant ? Ah bon ... Et pourquoi cela ? Il n’avait pas encore terminé bien enten ... Une main se posa sur son épaule, Manelena ayant un petit sourire aux lèvres. Il n’oubliait pas une chose ? Ils étaient là, eux aussi. Ils n’allaient pas le regarder se battre pendant qu’ils se tourneraient les pouces non plus hein ?


Et puisqu’il était plus qu’à quelques centimètres d’eux, autant en profiter n’est-ce pas ? La jeune femme aux cheveux argentés fit apparaître ses lignes noires sur sa main tenant sa lame. Aussitôt l’insecte à huit pattes s’envola dans les airs, évitant en même temps les éclairs qui vinrent s’abattre à l’endroit où il se trouvait auparavant.

 

« ... ... Alzar ... ... Je me disais bien qu’une odeur bizarre émanait de ton corps. »

 

« Je ne suis pas la seule à les posséder, n’est-ce pas ? Tery ? Tu ne voulais pas montrer à la demoiselle masquée ce que tu sais faire maintenant ? » murmura Manelena en s’adressant au jeune homme, celui-ci tournant son visage vers l’Ombre.

 

Lui montrer ce dont il était capable ? Lui montrer qu’elle n’avait plus besoin d’avoir peur ? Pourquoi ... pas ? C’était une chose qu’il voulait vraiment lui montrer ! Alors autant le faire maintenant ! Des lignes noires apparurent sur son visage et ses deux bras alors que l’Ombre poussait un petit cri.

 

NON ! Il allait encore perdre le contrôle de son ... Hein ? Quoi ? C’était donc vrai ? Tery lui fit un grand sourire qui la décontenança. Il était vraiment ... en pleine possession de son corps. C’était vrai ? Vrai ! Mais comment c’était réellement possible ? Elle avait du mal à y croire mais maintenant, Clari fit apparaître ses lignes blanches. Ce fut l’insecte qui volait au-dessus d’eux, ses huit dards dirigés vers eux, qui parut le plus surpris.

« Zélisia ... Alzar ... Combien de personnes êtes-vous donc ? »

 

« Deux et deux. Tu penses pouvoir tenir tête face à quatre personnes de notre genre ? Ou alors tu préfères abandonner ce médaillon ? Cela est plus pour ta survie que pour nous éviter un combat inutile. » répondit Clari, plantant sa claymore dans le sol en attendant la réponse de l’insecte. Celui-ci créa tout simplement un violent bourdonnement qui leur fit mal au crâne.

 

« Abandonner ? Même pas dans mes rêves les plus fous ... Je me suis fourvoyé depuis le départ ... Et j’ai bien fait de m’éloigner de vous ... Mais ce médaillon ne peut pas être récupéré aussi facilement. Pour que vous vous unissiez ... C’est là que vous allez commettre une grande bêtise. De toute façon, il sera bientôt là. »

 

Il ? De qui est-ce qu’il parlait ? D’après le ton utilisé, il y avait de fortes chances que cela ne plaise pas à l’insecte aux huit dards mais bon ... Ce n’était pas le plus important. La chose à laquelle il fallait réfléchir à l’instant, c’était : Qui allait combattre quoi ? Les insectes sortaient de la ruche par de nombreux orifices, tombant les uns après les autres autour des cinq personnes. Ce fut Manelena qui prit la parole :

 

« Je m’occupe du bourdon géant avec ses multiples appendices. Je ne devrai pas avoir tellement de mal contre lui. Vous ... Vous vous occupez du reste. »

 

« Comme tu le veux, Manelena. Fais attention à toi quand même. » répondit Tery avant qu’elle ne se mette à courir en avant, fonçant vers l’ennemi.

 

Elen observa la jeune femme aux cheveux argentés, demandant à Tery si elle allait s’en sortir toute seule. Pour toute réponse, il vint lui sourire, annonçant que Manelena était bien plus forte qu’elle ne pouvait le penser. C’était quoi ce sourire benêt qu’il avait aux lèvres ? Elle n’aimait pas du tout le voir comme ça ... Son arc était maintenant là tandis que plusieurs flèches apparaissaient, prêtes à être plantées dans les insectes qui s’approchaient trop près d’eux. Ces insectes ... étaient bien moins effrayants que le scorpion géant.

 

Bon ... Finit de rigoler, n’est-ce pas ? Il fallait passer aux choses sérieuses. Elle ressortit sa claymore du sol, donnant un coup dans le vide derrière elle. Un puissant souffle vint balayer les insectes géants, les renvoyant en arrière. Ils n’avaient pas autant de dards que celui qui semblait posséder le médaillon mais ce n’était pas le plus important. Alors ... Il y avait des scorpions avec plusieurs dards, des fourmis aux mandibules qui semblaient trois fois trop grandes pour elles, des papillons dont les antennes étaient capables de s’allonger et bien d’autres types d’insectes.

 

Pourquoi est-ce qu’il combattait ? Il pouvait aussi juger la puissance des trois autres personnes. Il savait déjà au sujet de la femme masquée de blanc alors ... Sa lettre disparut de sa paume tandis qu’il se plaçait exactement entre l’Ombre, Tery et Clari. Il n’allait faire qu’observer tout cela au lieu de combattre. Il voyait les griffes du jeune homme ... C’était lui le plus intriguant ... Et de loin ... Qu’est-ce que la jeune femme masquée lui trouvait de bien ? Cela aiguisait son intérêt car il aimait reconnaître la puissance d’une personne ou non suivant ce dont elle était capable ... or à l’heure actuelle, Tery ressemblait plus à un boulet qu’autre chose d’après ses premiers constats.

 

Bon ... C’était bien beau de montrer qu’il savait contrôler ses lignes mais ce n’était clairement pas suffisant pour tout cela. Il devait faire bien mieux ! Le problème était que chacun semblait s’occuper des insectes avec une aisance et une désinvolture ... énervante. Lui-même n’avait aucune cible car elles mourraient les unes après les autres grâce à Clari et Elen. L’adolescent quand à lui ne combattait pas. C’était quoi son problème ?!

 

« Tu me dis si je te dérange ... Tu as l’air de pas trop te fatiguer. » grogna t-il entre ses dents alors que l’adolescent haussait les épaules.

 

« Je ne fais qu’observer le combat. Rien de plus, rien de moins. Vous devriez faire néanmoins très attention, on ne sait pas ce qui vous attends. »

 

Hum ? De quoi est-ce qu’il parlait ? AH ! Il voyait parfaitement ! Saleté ! Il y avait bien un insecte qui était passé à côté de l’Ombre et de Clari pour foncer vers eux deux. Il tentait de profiter qu’ils discutaient pour les attaquer hein ?! Même pas en rêve ! Il croisa ses deux griffes, arrêtant le dard d’une créature ressemblant à un simple ver de taille assez importante mais avec le dard au bout de sa queue.

Ce n’était pas suffisant ! Il devait faire bien mieux pour combattre ! Bien plus que ça même ! Il trancha le dard avec sa griffe droite, plantant celle de gauche dans ce qui servait de tête au ver. Néanmoins, celui-ci continuait de bouger comme si ça ne le dérangeait pas. RAHHHH ! Voilà pourquoi il n’aimait pas les insectes ! Les trois quart du temps, tu pouvais leur couper la tête, ils continuaient de vivre.

 

Et voilà face à quoi ils se retrouvaient ! Il savait que le prince ne souriait pas mais il avait surement un air railleur ! Il se prenait pour qui ?! OUPS ! Il devait se calmer ... Ca ne servait à rien de s’emporter ... Il devait fixer sa haine sur une seule personne ... Son père ... Et c’était ça qui lui donnait la force ! Il commença à trancher le ver sur toute la longueur, ne se privant pas un seul instant de ne pas vérifier si le prince allait bien. Sa seule préoccupation était de voir comment allaient les trois femmes.

 

L’Ombre se débrouillait parfaitement, ne semblant même pas avoir été touchée une unique fois. Néanmoins, ses capes étaient tachées de sang vert alors qu’elle ne se privait pas pour créer des flèches explosives. Et avec ces flèches, les morceaux d’insectes volaient un peu partout, arrosant le terrain de leur sang.

 

Du côté de Clari, autant dire qu’elle y allait d’une façon des plus violentes. Avec son épée, elle créait des lames d’air, tailladant tout ce qui se trouvait devant elle mais aussi sur les côtés. Pourquoi utiliser une aussi grosse arme alors qu’une simple épée lui conviendrait bien mieux ? Il ne comprenait pas du tout, il devait se l’avouer.


Ah ... Et pour Manelena ... Et bien ... Elle tenait tête voir même prenait un avantage assez déconcertant sur son adversaire. Celui-ci ne faisait que reculer, s’envoler puis foncer vers elle, les huit dards en avant alors qu’elle esquivait avec agilité. Elle savait se battre ... Non ... Elle était née pour se battre. Il l’avait déjà remarqué à Mekalarma mais elle était bien différente des autres. Qu’est-ce qu’elle était réellement ? Il aimerait bien le savoir.

 

« Intéressant ... Très intéressant même ... Visiblement, tu es des plus impressionnantes ... Et il semblerait que tout ne soit qu’une façade à ta réelle puissance ... »

 

« Ma réelle puissance ? Je ne vois pas de quoi tu voudrais parler ... Et il vaudrait mieux que tu te taises ... Cela pour que tu puisses tout simplement rester en vie, c’est un conseil que je te donne... Et j’en ai un autre à te donner : donnes-moi ce médaillon. »

 

Hum ? Elle voulait se montrer impressionnante ? Elle l’était ... Il le reconnaissait parfaitement ... Il n’avait pas encore réussi à la blesser et cela était étonnant quand on savait qu’il était l’un des meilleurs insectes de cette région. De l’autre côté, ses dards commençaient à lui faire mal ... Beaucoup trop même. A force de parer les coups de cette femme aux cheveux argentés, ses dards le faisaient souffrir.

Alors il était temps de s’en débarrasser ? Il s’envola, se mettant à une distance plus que respectable avant de pointer ses huit dards vers Manelena. Tout de suite, les dards quittèrent le reste de son corps, se dirigeant à toute allure vers la jeune femme aux cheveux argentés. Celle-ci ne semblait pas s’attendre à une telle utilisation de la part de l’insecte géant, parant et dérivant le premier dard avant de faire plusieurs sauts pour éviter les autres. Néanmoins, les deux derniers arrivèrent à blesser sa hanche et son épaule droite, lui faisant lâcher son épée. Elle poussa un petit cri de douleur, Tery hurlant :

 

« BON SANG ! Je vais aller aider Manelena ! Clari, l’Ombre ! Vous pouvez y arriver à deux non ?! Alors je pense que c’est suffisant ! »

 

Il courut à toute allure en direction de Manelena, s’approchant d’elle pour vérifier ses blessures. La jeune femme le repoussa légèrement, lui marmonnant que ce n’était pas bien grave bien qu’elle semblait relativement en colère. L’insecte géant ouvrit la gueule, laissant paraître un médaillon avec une belle émeraude à l’intérieur.

 

« C’est cela que tu recherchais, n’est-ce pas ? Tu ne pourras pas l’obtenir. »

 

L’insecte revint atterrir sur le sol après avoir parlé, arrivant à marcher normalement sur ses huit pattes malgré l’absence de dards à leur place. Visiblement, ses pattes n’étaient là que pour pouvoir placer les dards, ce n’était pas les dards qui étaient ses pattes. Le jeune homme aux cheveux bruns prit la parole, s’adressant à Manelena :

 

« Il vaut mieux que tu demandes à Clari ou l’Ombre de te soigner. Je vais le retenir pendant quelques temps ... Et puis, ces insectes sont de plus en plus nombreux. »

 

« Et te laisser les combattre ? De qui te moques-tu hein ? Je suis parfaitement capable de me défendre ... et d’attaquer. Tu devrais même te méfier de moi, Tery. » répliqua t-elle en serrant légèrement les dents, le jeune homme disant :

 

« Je n’arrive pas à croire que tu puisses te mettre en colère ... Bon ... Si c’est comme ça, alors autant y aller à deux, d’accord ? »

 

« ... ... ... D’accord ... ... ... Je n’ai pas d’autres choix de toute façon. Comme ça, au moins, les groupes sont faits. Les agents d’Alzar pour le médaillon, les agents de Zélisia pour la protection. » reprit-elle tandis qu’il lui souriait. C’était plutôt une bonne formulation.

 

Ils foncèrent vers la créature à huit pattes ensemble, Tery partant vers la droite tandis que Manelena allait vers la gauche. Elle avait déjà récupéré son arme, des éclairs entourant la lame de celle-ci. Elle devait s’occuper de la partie gauche de cet insecte ! Ce n’était pas possible autrement ! Mais ... Qu’est-ce qui lui prenait de perdre autant de temps ?

 

Cela devenait bien plus compliqué, n’est-ce pas ? Le jeune homme en renfort était-il assez fort et puissant pour venir épauler cette femme ? Et celle-ci n’était toujours pas assez sérieuse dans son combat ... Il sentait que cela risquait de devenir réellement problématique ... Mais avait-il vraiment le choix ? Il ne pouvait laisser le médaillon tomber entre les mains de ces personnes ... Surtout de celles ayant des lignes d’Alzar ... Surtout aux mains de cette femme aux cheveux argentés. Elle était beaucoup trop dangereuse.

 

« J’espère que Tery ne sera pas blessé ... » marmonna la jeune femme masquée de blanc avant de faire disparaître son arc, sortant ses deux dagues pour trancher les pattes d’un insecte qui fonçait vers elle. Clari ne sembla pas s’intéresser à ses paroles et pourtant, elle dit :

 

« Il se débrouille comme un chef quand il le veut ... C’est juste son manque de motivation ou de conviction qui pose problème la majeure partie du temps. Quand il veut réellement quelque chose, il peut l’obtenir ... Je le sais ... Car je l’ai déjà vu combattre. »

 

« Je ne l’ai vu qu’une ou deux fois ... Lors d’un combat contre un scorpion géant et ... »

 

« Ah ... Ce fameux combat où tu as essayé de le tuer dans le dos, n’est-ce pas ? Très bonne réaction de ta part. » ironisa Clari alors qu’Elen s’arrêtait aussitôt de combattre, surprise par les propos de la jeune femme aux couettes blondes. Elle esquiva un insecte, lui coupant une partie de la tête avant de le repousser d’un coup de pied.

 

« Qu’est-ce que cela veut dire ? On dirait que tu me reproches ... »

 

« Ca ? Oh ... Je vois que tu n’es pas si idiote que ça, hein ? Dis plutôt que tu manipules Tery avec ton air de petite sainte-nitouche. »

 

« ... Mon air de sainte-nitouche ? Pourquoi est-ce que tu dis ça ? » demanda la jeune femme masquée de blanc avant de faire un saut dans les airs, atterrissant sur un second insecte pour planter ses deux dagues dans sa carapace.

 

« Oh ... Arrêtes de faire l’innocente, ça commence sérieusement à me fatiguer. Je sais clairement que ton but est de vouloir profiter de Tery pour lui planter ton arme dans le dos. Ce n’est pas la première fois que tu essayes, ça ne sera pas la dernière fois non plus. Je ne comprends pas ce que Tery te trouve mais saches une chose ... Je ne te laisserai pas faire. »

 

« Hein ? MAIS NON ! Ce n’est pas du tout ça ! Je devais obéir aux ordres mais je n’ai pas pu ... Je ne peux pas le tuer ... Ca m’est impossible ... Car il ... Car il est vraiment ... important ... C’est la première personne à qui je me liais de l’extérieur. » marmonna l’Ombre tandis que Clari poussait un cri de rage :

 

« NE PARLES PAS COMME CA ! SURTOUT PAS ! »

 

Qu’est-ce qui lui prenait de parler ainsi ?! Elle s’emportait pour une raison qui dépassait complètement la jeune femme masquée. Une violente bourrasque renvoya les insectes en arrière, les faisant percuter la ruche et le reste du décor, leurs corps se brisant sous la puissance du coup alors que Clari s’était mise à haleter. Des lignes blanches parcouraient l’intégralité de son visage, ses yeux émeraude se posant sur ceux de l’Ombre.

 

« Je hais ... les filles comme toi ... Je les hais plus que tout ... Toujours à montrer deux faces ... Vous n’avez aucun remord à manipuler les hommes ... Et à leur en faire baver ... Ne t’approche plus de Tery sinon ... Je te réglerais ton compte. »

 

« MAIS JE NE VEUX PLUS LE FAIRE SOUFFRIR ! » hurla de toutes ses forces l’Ombre avant, un vent aussi violent que celui de Clari balayant le reste des insectes autour d’elles.

 

Qu’est- ... Qu’est-ce que ... Qu’est-ce que cela voulait dire ?! C’était la première fois qu’elle ressentait une telle chose ... De la part de l’Ombre ?! Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Ce n’était pas son masque qui lui procurait autant de pouvoirs normalement ! Tery s’était retourné brièvement vers les deux femmes, le combat semblant s’être calmé pendant quelques instants tandis que Manelena criait :

 

« Mais qu’est-ce qui se passe ici ?! CLARI ! »

 

« Ce n’est pas de ma faute, Manelena ! Ce n’est pas moi qui crée ça ! » hurla aussitôt la jeune femme aux couettes blondes, les quelques insectes survivants s’étant mis à reculer, semblant apeurés par ce qu’ils voyaient.

 

Les deux capes de la jeune femme masquée se levaient, laissant voir ses deux jambes à moitié nues, ses bottes lui allant jusqu’aux genoux. De même son justaucorps rouge était visible en même temps qu’une partie de ses bras. Son masque se fissura de plus en plus, étant presque sur le point de tomber en morceaux avant qu’une main ne se pose sur l’épaule de la jeune femme. Celle-ci sursauta en tendant la voix du jeune homme lui murmurer :

 

« Elen ... Calmes-toi ... C’est bon ... Tu n’as pas besoin de t’emporter ... Je ne sais pas ce qui s’est passé mais c’est bon ... Calmes-toi ... »

 

« Hein ? Hein ? Ter ... Tery ? » bafouilla l’Ombre, étonnée d’entendre son prénom.

 

« Hey ... Clari ?! Qu’est-ce que tu as fait encore ?! BON SANG ! Tu n’arrêtes pas un seul instant ! Même quand on risque nos vies hein ?! » s’écria le jeune homme aux cheveux bruns tandis que Clari fronçait les sourcils.

 

« Je dis et je fais ce que j’estime être bon, d’accord ? Si tu as un problème avec ça ... »

 

« Ca sert à rien de discuter avec toi à la base ... » répondit-il tandis que Manelena gardait ses yeux fixés sur l’insecte après avoir jeté un regard à la jeune femme masquée.

 

« Hum ... Visiblement ... Je vais de surprise en surprise ... On m’avait prévenu de me méfier de celle-ci ... Mais je ne pensais pas que cela irait jusqu’à ce point ... » murmura le seul insecte qui semblait capable de s’adresser aux humains.

 

Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? La femme aux cheveux argentés le fixait longuement, comme pour tenter de trouver la réponse. Il parlait souvent ... mais tout cela semblait revenir sur un même point ... L’étude ... Il semblait les étudier les uns après les autres. Donc ... Cela était assez surprenant ... Et inquiétant en un sens.

 

« Quel est ton but réellement avec nous ? » chuchota Manelena en s’adressant à lui.

 

« Hum ? Mon but ? Aucun ... Je n’ai aucun but malheureusement. »

 

« Arrête de mentir ... Je commence à me dire que tu n’as pas envie de nous combattre depuis le début. Tu es là simplement en tant qu’éclaireur ... Qui me dit que tu es réellement celui qui protège le médaillon ? » demanda t-elle, l’insecte arrêtant de lui répondre.

 

Il ne voulait pas parler ? Soit ... Ce n’était pas un problème. Elle allait l’attaquer et le forcer à lui répondre. Elle allait savoir ce qu’il manigançait depuis le début puisque visiblement, il ne voulait pas dire la vérité. Et puis ... Même si Tery n’était plus là, trop occupé à essayer de régler le problème de son amie, elle était suffisamment puissante pour gérer cela toute seule.

 

Elle devait accélérer le rythme, n’est-ce pas ? Alors autant le faire dès maintenant. Ses deux yeux rubis semblèrent s’assombrir légèrement en même temps que des veines noires faisaient leurs apparitions sur ses bras et ses jambes. Le tout s’accéléra à une vitesse folle, l’insecte géant au médaillon tentant de s’envoler sans en avoir le temps.

 

« Cela devient vraiment beaucoup trop ... compliqué ... Même pour nous ... »

 

Surtout pour eux ... Ce qui faisait leur force ... était leur nombre ... Or, celui-ci se réduisait de seconde en seconde, de minute en minute. Il n’avait pas pensé un instant que cela se passerait ainsi ... Du moins, qu’il découvrirait autant de choses par rapport à ses adversaires.

 

« Voilà le coup de grâce ! Détourner le regard emmène à la mort ! » s’écria la jeune femme aux cheveux d’argent tandis qu’elle planta sa lame en plein dans l’abdomen de l’insecte géant. Celui-ci extirpa aussi l’épée, des éclairs parcourant son corps avant qu’il ne se mette à voler avec difficulté. En fait, même l’une de ses paires d’ailes s’était même arrêtée de battre.

 

« Il vaut mieux pour moi que je parte ... La ruche est morte de toute façon. »

 

« CO ... COMMENT ?! RESTES-ICI ! »

 

Il s’était adressé à Manelena en même temps qu’il s’éloignait et s’envolait pour mettre le maximum de distance entre le groupe et lui. Manelena était déjà partie à sa poursuite, Tery se tournant vers elle tout en criant :

 

« ALLEZ ! On la suit avant qu’on la perde de vue ! »

 

« Hein quoi ? Où est-ce que Manelena va ?! » demanda Clari avant de se mettre à courir à son tour, suivant le jeune homme aux cheveux bruns.

Ensuite, Elen vint  à leur niveau, le prince faisant de même. Heureusement pour lui, ils n’utilisaient pas l’élément du vent pour aller bien plus vite ... Car sinon, il aurait eut de gros soucis pour les suivre. Bon ... La recherche allait se poursuivre visiblement.

juin 23

Chapitre 53 : Les dards de la connaissance

Chapitre 53 : Les dards de la connaissance

 

« Bon ... Nous sommes obligés de changer d’île ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns, un peu déconcerté alors que les cinq personnes se retrouvaient sur un bateau avec des ailes. Royan se tourna vers lui, surpris légèrement :

 

« Bien entendu ... Le second ne se trouve pas ici ... Il est sur une île un peu déserte où il n’y a qu’un unique village sur le bord de celle-ci. Le médaillon ne sera pas trop loin à partir de là. »

 

« D’acc ... ord ... » murmura Tery, comme l’air un peu gêné alors qu’il regardait à gauche et à droite autour de lui. Le bateau n’était pas encore parti alors qu’il semblait paniqué par quelque chose qui était impossible à exprimer. Manelena s’approcha de lui, lui disant :

 

« Ne t’en fais donc pas ... C’est juste un mauvais moment à passer, Tery. »

 

« C’est toi qui le dis ... Ce n’est pas toi qui est malade en bateau volant. Oh ... Je crois que je vais déjà me trouver un coin avant que l’on parte. Ca vaut mieux si je ne veux pas décorer le sol ... de quelque chose dont j’estime que tu n’as pas besoin de connaître les détails. »

 

« Hein ? Quoi ? Tery est malade en bateau ? » questionna l’Ombre alors que le jeune homme hochait la tête d’un air positif, détournant celle-ci. Elle n’avait pas besoin de le savoir ... Pfff ... Il était vraiment honteux d’être d’une nature aussi faible que ça. Et quand il entendit le rire de la jeune femme masquée, il ne put s’empêcher de reprendre :

 

« Oui ... Tu peux te moquer, je sais, c’est bien ... Mais ce n’est pas de ma faute non plus. »

 

« Mais non, grand bêta. Moi aussi, je suis malade en bateau. Enfin, ça va un peu mieux depuis le temps mais attends-moi ici, je vais te ramener quelque chose. »

 

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’elle allait ramener ? Il ne comprit pas mais elle s’éloigna, pénétrant à l’intérieur du bateau. Deux minutes plus tard, elle avait un verre d’eau à la main, l’eau étant légèrement blanchie par quelque chose qu’il ne reconnaissait pas. Elle s’approcha du jeune homme, lui tendant le verre :

 

« Bon ... Ouvres la bouche, bouches-toi le nez et avales d’un coup. »

 

« Hein ? Et pourquoi ça ? C’est quoi ce qu’il y a dans l’eau ? Tu ne m’auras pas comme ça ! »

 

« Fais pas l’enfant, Tery ! » répondit-elle aussitôt en pinçant subitement son nez, lui arrachant un cri de douleur. Le cri fut étouffé par le liquide qui s’infiltra dans sa bouche, la jeune femme le forçant à lever la tête pour l’avaler complètement. Il toussa violemment en disant avec un peu de colère :

 

« Mais qu’est-ce que c’était ?! C’est dégueulasse, l’Ombre ! »

 

« De l’eau salée ... Normalement, tu devrais aller bien mieux dorénavant. » répondit-elle avant de s’éloigner pour ramener le verre vide. Lorsqu’elle revint, il avait les bras croisés, l’air furieux tourné en sa direction.

 

« C’était vraiment pas sympathique de ta part ! Tu aurais pu me prévenir ! »

 

« Et est-ce que tu aurais quand même bu le verre avec tout ça ? C’est comme ça que ça m’a guérit au fur et à mesure ... A chaque fois que je prenais le bateau, un verre d’eau salée et ça passait mieux ... Là, je fais pareil ...  Tu m’en veux ? »

 

... ... ... Elle le regardait avec des petits yeux faussement larmoyants sous son masque blanc. Qu’elle n’utilise pas ça ! Il était vraiment très faible ... Surtout quand il s’imaginait le visage de la jeune femme derrière le masque.

 

« Bon sang ... Depuis que je sais à ton sujet, tu en profites, j’en suis sûr. » marmonna t-il alors qu’elle le regardait avec des yeux un peu étonnés.

 

« Je profite de quoi, Tery ? Je ne comprends pas du tout ... »

 

Oh, ça ne faisait rien, il s’imaginait des choses sûrement. C’en était même sûr. L’Ombre ne ferait jamais une telle chose, ce n’était pas du tout son genre. Il ne la voyait pas comme ça ... Pas du tout même ... Elle était beaucoup trop ... gentille pour ça ? Et elle n’était ... Oh et puis zut ... Il reprit d’une voix lente :

 

« Ne t’en fais pas le moins du monde, l’Ombre. Ca n’a rien d’important. »

 

« ... ... ... D’accord mais j’aimerai quand même savoir à quoi tu penses sincèrement. Si tu veux, on peut rester ensembles pour le voyage en bateau. Comme si tu te sens mal ou moi-même, on sera deux alors à souffrir et agoniser en silence. »

 

Il rigola aux propos de la jeune femme masquée. Il n’aurait pas vraiment utilisé ces termes mais bon ... C’était à peu près ce genre de sentiments qu’il avait quand il montait en bateau. Il la remercia en lui répondant :

 

« Pourquoi pas ? Je ne pense pas que l’adoles ... Enfin ... Royan soit malade en bateau non ? Il vit avec l’eau depuis sa naissance, je parie. »

 

« Lorsque je n’étais qu’un enfant, il m’est arrivé d’avoir le mal de bateau. Préférant la glace aux autres formes aqueuses, je n’ai pris qu’assez rarement le bateau avant l’âge de mes dix ans. » annonça l’adolescent aux cheveux bleus.

Depuis quand est-ce qu’il racontait son enfance ? La femme masquée le regardait avec une certaine interrogation tandis que les trois autres personnes semblaient un peu déconcertées. Néanmoins, ils se séparèrent en deux groupes cinq minutes plus tard, l’Ombre et Tery allant dans un coin tandis que les deux femmes et Royan faisait de même.

 

Et voilà que le jeune homme aux cheveux bruns se retrouvait assis contre le bord du bateau, une main posée sur son front alors que la jeune femme masquée lui souriait. Elle retira son gant droit, faisant de même avec la main du jeune homme sur son front avant de poser la sienne dessus. Il parut surpris d’une telle attention tandis qu’il apercevait de minuscules lignes blanches sur la paume de l’Ombre. Peu à peu, un léger souffle de vent vint caresser son visage tandis qu’elle murmurait :

 

« Ca te fera passer un peu l’envie de vomir, Tery. Que ça soit en bateau volant ou normal, je me sentais mal aussi ... Mais j’ai trouvé une moitié de solution. »

 

« Très ... Très bonne solution ... » marmonna le jeune homme tout en fermant ses yeux, se laissant apaiser par le souffle qu’il sentait en face de lui.

 

C’était une ... C’était une ... Ah ... Vraiment une très bonne chose ... Il sentit que l’Ombre s’installait à côté de lui, à sa gauche plus exactement alors qu’elle gardait sa main présentée devant son front. C’était vraiment ...

 

« Bon ... J’aime bien ... Tu veux que je te fasse pareil, l’Ombre ? » demanda t-il alors qu’il faisait déjà apparaître quelques lignes noires sur sa main gauche.

 

« Il faudrait que ... Je retire mon masque ... Et, je dois t’avouer quelque chose. A cause de ce prince, un moment ... Enfin, je vais te le dire .... »

 

Elle devait lui raconter un peu au sujet de la petite scène qui s’était déroulée avant qu’elle ne quitte Traslord. Lorsqu’elle ... avait dû chercher quelques fournitures pour la route. Elle vint déglutir, semblant maintenant violemment gênée à cette idée tout en murmurant :

 

« A cause de lui ... Un moment, j’ai dû retirer mon masque ... pendant une quinzaine de minutes ... Pour acheter quelques vivres. »

 

« Hein ? Mais ... Ce n’est pas normal ?! Pourquoi tu avais besoin de ça ? » demanda t-il avec une véritable interrogation, cherchant à se relever. Néanmoins, il resta aussitôt assis, se sentant mal tandis qu’elle balbutiait :

 

« Quiconque ... portait un masque blanc ... risquait d’être pris comme cibles des gardes puisque ... Puisque ... Les deux autres princes sont morts par des gens comme moi. »

 

« Ah ... Ca, tu me l’avais expliqué dans tes lettres, je crois. Oui, au moins, ça prouve une chose, l’Ombre. Tous les porteurs de Zélisia ne sont pas bons et ceux d’Alzar ne sont pas tous mauvais. Enfin ... Bref ... Tu vois comment je suis hein ? J’ai l’air d’être méchant ? »

 

« Bien sûr que non. Enfin ... Enfin ... Je me suis caché une partie du visage mais je ... Je t’avoue ... Je t’avoue que j’avais vraiment peur, Tery. Peur que l’on me voie sans mon masque, peur que l’on pense des choses à mon sujet. »

 

... ... ... Hum, il ne savait pas vraiment comment l’aider. Ce n’était pas aussi simple que ça et il ne connaissait pas réellement l’histoire de l’Ombre. C’était bête de ... ne pas pouvoir l’aider. Il avait peut-être une idée mais ...

 

« L’Ombre ! Je sais ce que l’on va faire dès que l’on aura les derniers médaillons. Enfin ... Ca, c’est si tu veux hein ? Je ne veux pas te forcer ... »

 

« Dis au lieu de tourner autour du pot. » chuchota t-elle avec appréhension.

 

« Pourquoi ne pas faire une petite promenade sans ton masque ? Dans une ville, dehors, dans la forêt, enfin bref ... Juste que tu retires cette cape et ce masque. Enfin, bref ... Si tu en as envie, on le fera simplement entre nous hein ? »

 

« ... ... ... ... ... Je ne sais pas du tout ! » s’écria t-elle soudainement, rougissant sous son masque. Elle vint retirer sa main du front du jeune homme, baissant la tête en se mettant à trembler de tout son corps.

 

Se ... Se promener sans son masque ?! C’était encore pire que de faire quelques achats car dans ce cas précis, elle... Elle ... Elle ne savait plus du tout où se mettre. Se promener sans son masque ... Cela voudrait dire que ... Qu’elle accepte que l’on voit son visage ?! Que tout le monde le voit ?! Elle posa son regard bleu sur le jeune homme. Si c’était lui ... Elle pouvait accepter mais ... mais ... Auparavant, n’avait-il pas demandé à l’appeler uniquement l’Ombre ? Donc que cela impliquait qu’ils restent quand même éloignés ? Et maintenant, il lui demandait une telle chose. Elle était perdue, véritablement perdue.

 

« Pardon ... Pardon ... L’Ombre ... Je ne voulais pas t’embêter avec tout ça. » balbutia le jeune homme en voyant la peur dans le regard de la jeune femme masquée de blanc.

 

« Je ... Je ... Il faut que j’y réfléchisse, Tery. Il faut vraiment que j’y réfléchisse ... Je ... Enfin ... C’est beaucoup trop me demander d’un coup. »

 

« Je ne te force pas ... Pas du tout. C’était juste une idée comme ça. Je suis un idiot de t’en avoir parlé. J’oubliais à quel point tu étais timide. Pardon. » répondit-il alors qu’elle se sentait maintenant légèrement vexée par les paroles du jeune homme.

 

Elle ? Timide ? C’est sûr ! Mais elle portait un masque depuis tellement ... d’années ... Qu’elle considérait ce dernier comme son vrai visage. Mais ... Sous celui-ci, il y avait ce qu’elle était réellement. Elle ne pouvait pas le cacher indéfiniment. Elle devait prendre une décision ... Mais c’était vraiment difficile ... Très difficile. Au bout d’une dizaine de minutes alors que le jeune homme restait muet, elle souffla :

 

« Je crois que je veux bien, Tery. J’accepte de me promener sans mon masque ... Mais seulement dans l’intimité ... Entre nous deux, d’accord ? »

 

« Bien ... Bien entendu ! » dit-il avec un peu de tremblement dans la voix, la jeune femme masquée se demandant ce qui se passait avec lui. Il avait l’air excité comme une puce. Enfin non ... Elle l’interrogea : 

 

« Est-ce que ... Tu es content que j’ai accepté ? »

 

« ... ... ... Enfin ... ... ... Je suis obligé de répondre, l’Ombre ? »

 

« Ben oui ! Pourquoi tu ne veux pas répondre ? C’est une question gênante ou embêtante ? » dit-elle en le regardant à ses travers ses deux yeux bleus.

 

« ... ... ... Oui, je suis content. Je veux dire ... Je vois souvent Clari et Manelena d’habitude mais toi, je ne te vois que trop rarement et encore moins sans ton masque. Alors, que tu acceptes, ça a quelque chose de vraiment exceptionnel. »

 

« Pas vraiment ... tant que ça. » bafouilla t-elle sur un ton gêné. C’est vrai qu’elle ne se montrait jamais ... Enfin, elle savait qu’il avait raison mais elle devait dire le contraire. Car même si ... Enfin ... NON ! OUI OU NON ?! C’était si gênant ... et si ... intimidant ... Elle ne dit plus rien dans cette situation, Tery faisant de même.

 

Le bateau s’arrêta après plusieurs heures de navigation, la petite troupe de cinq personnes descendant de celui-ci. Ah ... C’était donc là que se trouvait le second médaillon ? Tous se tournèrent vers l’adolescent aux cheveux bleus.

 

« Allons-y. Si vous voulez me suivre ... D’après ce que je sais, nous y serons dans moins d’une demi-heure. Cela ne devrait donc plus être très long. »

 

Soit ... S’il le disait. De toute façon, ils n’avaient pas vraiment le choix. L’adolescent prit les commandes de la petite troupe, celle-ci se mettant à le suivre. Ce nuage était différent de celui où ils avaient récupéré le premier médaillon de Claudiska. Complètement recouvert de verdure, il n’y avait aucune pierre apparente comme si tout le terrain n’était au final qu’un gigantesque jardin. Un jardin où ils purent voir que les insectes semblaient d’une taille anormalement grande mais heureusement, ils n’étaient pas belliqueux.

 

Regardant à gauche puis à droite, Tery remarqua que ces drôles d’insectes observaient en silence le groupe, sans pour autant réagir plus que cela. Non, ils vaguaient à leur occupation habituelles tandis qu’il pouvait se permettre de les étudier. Beaucoup d’insectes aux caractéristiques primaires : six pattes, deux paires d’ailes et deux antennes. Et bien entendu, ils possédaient aussi les trois parties principales : une tête, un thorax et un abdomen.

« Je ne me sens quand même pas vraiment rassurée ... » marmonna Clari.

 

« Tu as peur des insectes géants ? » demanda Tery en lui adressant un sourire, la jeune femme aux couettes blondes poussant un faux cri apeuré avant de lui prendre le bras entre les siens.

 

Hein ? Pourquoi est-ce que ... Oh bon sang ... Il préféra ne rien dire pour ne pas l’énerver. Néanmoins, c’était quand même assez gênant ... tout en n’étant pas forcément désagréable. Clari était quand même une jeune femme qu’il appréciait bien que des fois, elle se comportait comme une ... imbécile non ?

 

Il remarqua le léger regard accusateur de l’Ombre. HEY ! Il ne faisait rien de mal ... Et puis quand même ... Ce n’était pas si important que ça non ? Et puis par contre, ce qui l’étonnait, c’était l’absence de réaction de la part de Manelena depuis que l’Ombre était revenue. C’est vrai quoi ... Il ... Il appréciait énormément Manelena, tout autant que Clari alors que cela faisait bien moins de temps mais ... Voilà quoi ... Ca le peinait un peu de voir qu’elle en avait plus rien à faire de lui. Elle se montrait même très distante ...

 

« Nous sommes arrivés ... Voilà normalement où devrait se trouver notre propriétaire du second médaillon. Vous remarquerez que ... Nous sommes en présence d’une ruche gigantesque. » répondit Royan avant qu’un bourdonnement sonore ne résonne tout autour d’eux. Tery n’avait même pas eut le temps d’observer la gigantesque architecture de miel qu’une voix masculine se fit entendre, accompagnant les bourdonnements.

 

« Voilà donc ceux qui ont réussi à prendre le premier de nos trois médaillons. Mais il s’avère que vous êtes plus nombreux qu’auparavant. »

 

« Qui êtes-vous ? Où est-ce que vous vous trouvez ? Montrez-vous ! » s’écria le jeune homme aux cheveux bruns, sortant ses deux griffes avant de les positionner sur ses deux mains. Cette ruche ... Il n’y avait pas qu’une seule entrée, n’est-ce pas ?

A force de la regarder, il pouvait voir qu’elle faisait bien une dizaine voir quinzaine de mètres de hauteur et surement autour au niveau du rayon ... Hum ... C’était vraiment un bâtiment très imposant ... plus qu’imposant même ! Et c’est à mi-hauteur qu’une ombre sortit de la ruche, atterrissant subitement devant eux.

 

« Qu’est-ce que ... » commença à dire l’Ombre avant de s’arrêter aussitôt dans ses paroles.

 

Un insecte ... Ou alors quelque chose qui y ressemblait ? La créature avait la ... Non ... Ce n’était pas vraiment ça. C’était plutôt étonnant car elle ressemblait à une grande araignée, ayant cinq paires d’yeux émeraude mais aussi quatre paires de pattes. Le problème ? C’est que les pattes n’étaient pas réellement ce que l’on pouvait dire ... normales. Non ... L’araignée avait plutôt quatre paires de dards qui s’étaient tous plantés dans le sol. Enfin, rajoutons à cela trois paires d’ailes rouges, vertes et bleues ainsi qu’un corps d’une étrange couleur onyx. Voilà ce qu’ils avaient en face d’eux et ce n’était guère rassurant.

 

« Vous êtes venus ... pour le second médaillon, n’est-ce pas ? Je ne suis qu’un simple soldat ... chargé de protéger notre reine mais je suis aussi celui qui a été choisi pour s’occuper du médaillon depuis tellement de temps ... »

 

« Voulez-vous que l’on se combatte ou non ? » demanda aussitôt Royan alors que les quatre personnes se tournaient vers lui. Il allait directement au but ... mais là, pour un prince, il manquait clairement de diplomatie !

 

« Savez-vous à quoi servent ces médaillons ? Que sont-ils capables de faire ? Le savez-vous ou alors êtes-vous simplement des ignorants qui ne font qu’obéir aux ordres supérieurs. »

 

... ... ... Ahem ... ... Il toussa en même temps que l’Ombre. Même si c’était à l’unisson, il n’y avait pas vraiment de quoi rire hein ? Que cela soit elle, lui ou alors les trois autres, nul ne semblait savoir à quoi servait ces médaillons.

 

« C’est ce dont je me doutais ... Vous n’êtes donc que les pions d’autres personnes mais pas uniquement ... Pour que ayez réussi à la battre, cela veut dire que vous n’êtes pas à prendre à la légère. » annonça l’insecte géant alors que Clari gardait une mine dégoûtée.

 

« Vraiment, les insectes qui peuvent parler, ça me plait pas du tout ! » s’écria t-elle subitement avant de pointer sa claymore en direction de la créature. « Si tu peux nous donner le médaillon, j’éviterai de te faire mal. »

 

« CLARI ! Bon sang ! T’as pas entendu le mot magique ?! Diplomatie ?! » répondit aussitôt Tery alors qu’elle hurlait à la suite :

 

« Mais tu n’as pas vu la taille de cet insecte ?! C’est horrible ! Je n’aime pas ça ! Pas du tout ! Je ne veux pas qu’on discute avec cette chose ! »

 

« ... ... ... Clari, tu n’as quand même pas peur des insectes hein ? » demanda Manelena tandis que les autres personnes se tournaient vers la jeune femme aux couettes blondes. Celle-ci vint légèrement rougir de confusion avant de répondre :

 

« Ce n’est pas du tout ça ! Ne racontes pas n’importe quoi ! »

 

« ... ... ... Elle a peur ... ... ... » reprit Tery comme si il avait du mal à le croire. La dernière fois qu’il avait vu un peu de crainte de la part de Clari, ce fut quand la maréchale les avait envoyé à Mekalarma. Il préférait un peu la voir comme cela, ça contrastait avec son habituel comportement qui pouvait exaspérer plus d’une personne.

 

« JE N’AI PAS PEUR ! C’est compris ?! »

 

« Si vous voulez récupérer ce médaillon ... Je ne serai pas aussi sympathique que les autres ... Ces objets ne doivent pas être confiés aux membres de vos espèces. Je vous en empêcherai et il vous faudra me passer sur le corps pour l’obtenir. »

 

« Vous voulez donc que l’on se batte ? » annonça Manelena avant de sortir son épée bâtarde, des lignes noires apparaissant sur son bras droit. Des arcs électriques tournoyèrent autour de la lame alors qu’elle reprenait : « Je ne serai pas aussi gentille que la demoiselle masquée de blanc et le prince de Traslord. »

 

« ... ... Une très belle lame. Visiblement, tu ne sembles pas être n’importe qui non plus, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une arme qu’une simple soldate devrait posséder. Je me suis trompé il semblerait ... Il est donc de mon devoir de corriger tout cela. »

 

Les deux paires de dards au centre de l’insecte sortirent du sol, dirigés vers le groupe de cinq personnes. Manelena eut un petit sourire aux lèvres en voyant cela, remarquant que l’insecte ne se tenait plus que sur sa paire de dards arrière et celle se trouvant devant les autres.

 

Le jeune homme aux cheveux bruns  avait ses deux griffes sur ses mains, Clari tenait sa claymore entre les siennes tandis que la femme masquée bandait déjà son arc. Du côté du prince ? Rien du tout ... Aucune arme.

 

« Et tu penses te battre comment, Royan ? » demanda Tery.

 

« Avec ma magie ... Que pensais-tu ? Que tout le monde combattait avec des armes ? Ce n’est pas le cas ... Que vous le vouliez le croire ou non, je suis bien plus puissant que vous en ce qui concerne le contrôle de la magie. »

 

Il retira le gant de sa main droite, montrant le dos de celle-ci avant qu’un A n’apparaisse. Un petit claquement de doigt et un pieu de glace sortit du sol. L’adolescent donna un petit coup en son milieu, séparant le pieu en deux.

 

« Euh ... Et après ? C’est bien beau de faire ça mais ... »

 

« Tery, ce n’est pas une magie basique ... Loin de là ... Je crois qu’il faut vraiment que je me méfie du prince. » répondit Manelena.

 

« Prince Royan ... Lors de mon combat contre ... »

 

« Je voulais simplement voir quel était votre réel niveau, Ombre. De même, je ne pouvais pas mettre plus en danger les personnes autour de moi. »

 

Mais alors pourquoi n’avait-il pas combattu pour en sauver plus ? Elle ne comprenait pas ... à quoi est-ce que Royan pensait. Mais ... Elle allait voir ce qu’il valait maintenant.

juin 16

Chapitre 52 : Le second médaillon

Chapitre 52 : Le second médaillon

 

« Ah ! Te voilà, l’Ombre ! Nous t’attendions ... Tu étais passée où ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns en revoyant la femme masquée de blanc. Ils étaient tous assis sauf elle autour d’une table.

 

« Rien ... de bien important. » murmura t-elle avant de s’asseoir, Clari faisant un petit rire.

 

« Oh ... On dirait que le couple bat de l’aile ? Je te l’avais bien dit que tes ronflements l’empêcheraient de dormir, Tery. Tu n’as pas voulu m’écouter ! »

 

« Racontes pas n’importe quoi ! Je ne ronfle pas ! Pffff ! Au lieu de dire des bêtises, on ferait mieux de se mettre en route vers le second médaillon ... Je ne sais pas du tout où il est ... »

 

« Nous le savons. » annonça l’adolescent aux cheveux bleus, toutes les têtes se tournent vers lui alors qu’il reprenait aussitôt : « Nous avons récupéré quelques informations sur ces médaillons pendant que nous étions à Claudiska ... Je suis le prince Royan et il est normal qu’en vue des relations de Traslord avec Claudiska, on me dise où se trouve ces médaillons. Nous sommes encore assez éloignés néanmoins, cela ne se fera pas en une journée. »

 

« Soit ... Nous allons donc devoir te suivre. » répondit Clari en s’adressant à Royan, l’adolescent hochant la tête tandis que Tery observait Elen, celle-ci n’ayant pas ouvert la bouche depuis qu’elle s’était assise.

 

« L’Ombre ... Pourquoi est-ce que tu ne parles plus ? Ca ne va pas ? »

 

« Si si ... Ca va très bien ... Il ne faut pas l’on perde notre temps. Je vais me lever et partir en première. » annonça t-elle aussitôt en se levant, quittant la table mais l’auberge aussi.

 

HEY ! Mais qu’est-ce qui lui prenait ?! Il se leva à son tour mais Manelena lui prit le bras sans même le regarder, murmurant avec une extrême lenteur :

 

« Je pense que tu nous dois quelques explications, Tery. Tu es sûrement la raison qui la pousse à agir ainsi ... Je ne voudrais pas que l’on compromette la mission à cause de tes agissements donc tu veux bien être gentil et tout nous dire ? Enfin ... Pas forcément les détails les plus intimes aussi hein ? »

 

« ... ... ... C’est quand même assez ... personnel ... On se baladait tous les deux dans la ville puis on parlait de tout et de rien. »

 

« Et tu lui as mis la main aux fesses, sacré pervers. » reprit Clari alors qu’il ouvrait en grand ses deux yeux verts. QU... QUOI ?! Même Royan semblait étonné des propos de la jeune femme. Il hurla aussitôt en tapant du poing sur la table :

 

« JE NE FERAIS JAMAIS CA A ELEN ! »

 

« Wow ... Hey, calmes-toi, Tery ! Clari, tu peux arrêter de proférer des bêtises s’il te plaît ? Tu sais aussi bien que moi que Tery est quelqu’un de très timide. » dit Manelena.

 

« Si on ne peut même plus rire ... » marmonna Clari, Tery semblant essoufflé pour une raison inconnue bien qu’il était encore en colère. Il voulut partir mais Manelena gardait sa main sur son poignet, murmurant à nouveau :

 

« Retournes t’asseoir ... Clari, s’il te plaît, je te conseille de te taire pour le reste de la jour ... »

 

« Et pourquoi ça ? Je ne vois pas de rai ... »

 

Manelena avait été coupée par Clari mais celle-ci s’était aussitôt arrêtée dans sa réflexion. C’était quoi ça ?! Pourquoi est-ce qu’elle la regardait comme ça ?! Et ce regard super froid, elle ne lui connaissait pas ! Mais ... Il valait mieux s’abstenir. Elle souffla :

 

« Faites comme vous voulez, je ne l’ouvre plus. »

 

Tant mieux alors. Le jeune homme l’observa brièvement pour être sûr avant de recommencer à parler de tout en ce qui concernait l’Ombre. Il expliquait la petite balade à deux, le fait qu’ils voulaient passer un peu de temps ensembles. Il entendait aussi les grognements de la jeune femme aux couettes blondes jusqu’à parler de la pierre de feu et de toutes ces choses. Ah ... Il ne savait pas quoi penser ... Vraiment ...

 

« Je ferai mieux d’aller la rejoindre ! Je ne peux pas rester là ! »

 

« Vas-y donc ... Je pense que ce jeune garçon va rester avec nous toute façon. » répondit Manelena en désignant du regard Royan, celui-ci ne disant rien du tout.

 

Il remercia Manelena avant de se lever, courant à son tour au-dehors de l’auberge. Il allait être difficile de retrouver l’Ombre mais c’est ce qu’il allait faire ! Où est-ce qu’elle était partie ? Elle avait sûrement quitté la ville ... C’était même évident ! Il se dirigea vers la sortie de la ville, commençant à courir autour des murs. Cela allait être bizarre mais il était sûr et certain de pouvoir la trouver ainsi ! L’Ombre ... n’était pas du genre à l’abandonner.

 

... ... ... ... ... Elle avait réagit comme une idiote. Elle le savait parfaitement mais ... Elle aurait mieux fait de ne pas le retrouver. Elle se faisait des illusions ... En fait, depuis le début, elle s’imaginait des choses avec Tery, des choses absurdes ... Comme si il l’appréciait réellement, c’était complètement faux. Est-ce qu’elle ne faisait pas assez de pas en sa direction ?

 

« AH !  Te voilà ! L’Ombre ! Attends-moi ! »

 

Hein ?! Elle tourna son visage vers le jeune homme qui courait vers elle, essoufflé et exténué. On aurait pu croire qu’il venait de faire un marathon mais ce n’était pas du tout le cas. Il arriva à sa hauteur, posant ses deux mains sur ses épaules en reprenant son souffle.

 

« Ah ... Ah ... Vraiment ... Tu ... ne dois pas partir comme ça ! »

 

« Si je le voulais, je serai déjà loin à l’heure actuelle ... Je ne comptais pas partir. »

 

« ... ... Oui ... Enfin bon ... On attend les autres, d’accord ? » marmonna t-il alors qu’elle hochait la tête d’un air négatif.

 

« Vas les attendre ... Tu n’as pas besoin de moi, Tery. »

 

« Mais tu me fais la tête ? Est-ce que l’Ombre est réellement capable d’être en colère contre moi ? » demanda t-il subitement en rigolant, s’approchant d’elle pour n’être plus qu’à quelques centimètres. Il prit l’une de ses mains, la tirant un peu vers lui avant d’observer ses yeux bleus à travers son masque.

 

« Mais ... Mais ... Recules un peu ! On est trop près l’un de l’autre ! »

 

« Tant que tu ne m’auras pas répondu ... Non ... Alors, tu es en colère contre moi ? Je sais que je ne suis pas doué avec les femmes ... et encore moins avec toi ... Mais pardonnes-moi. »

 

« Tu veux ... vraiment me voir en colère, Tery ? Je peux ... mais je n’y suis jamais réellement arrivée ... Mais si on continue comme cela ... »

 

« Ah non ! Je ne veux surtout pas te voir en colère ! » s’écria aussitôt le jeune homme aux cheveux bruns, restant près d’elle alors qu’il ne savait pas où se mettre. Il reprit :

 

« Je sais juste ... que j’ai dit une bêtise ... Et puis ... J’ai mûri non ? Alors ... Tu sais très bien que si je suis fautif, il faut me le dire. »

 

« Toi ? Tu as muri ? C’est bien vrai ce mensonge ? » demanda t-elle sous un ton plus que  suspicieux alors qu’il rougissait violemment.

« Hey ! Oui ! Bien sûr ! Enfin ... Tu sais très bien que je ne m’emporte plus aussi facilement qu’avant ! Je suis vraiment quelqu’un de confiance maintenant ... »

 

... ... ... ... ... HAHAHA ! Elle éclata de rire devant l’air sérieux mais gêné de Tery. Ah ... Bon sang ... Elle n’avait pas autant rigolé depuis longtemps. C’est vrai ... C’est vrai ... Tery était quelqu’un qui n’avait aucune connaissance du combat et de la magie. Elle n’était pas sûre qu’il soit très fort encore aujourd’hui mais bon ...

 

« C’est vrai ... Tu m’as l’air plus puissant qu’auparavant, je le reconnais parfaitement, Tery. Mais ce n’est pas suffisant ... Tu es puissant pour quelle raison ? »

 

« Je ne me suis jamais posé la question, je dois l’avouer ... Je pense que je suis puissant car au fur et à mesure de mes entraînements et des personnes qui m’accompagnent, je me renforce. »

 

« Tu n’as aucune idée ou personne en tête qui te permet d’être plus fort ? Du genre quelqu’un à protéger, un objectif à atteindre ? »

 

... ... ... ... Il n’y avait jamais réellement réfléchit en y pensant sérieusement. Non ... Sincèrement ... Ca ne lui était pas venu en tête. Mais bon ... Enfin si ... S’il devenait plus fort ... Il pourrait alors :

 

« Et bien ... Au moins, je serai capable de te protéger non ? J’ai plusieurs volumes sur les golems depuis Mekalarma, je n’ai pas encore eut le temps de les étudier réellement ... Mais ensuite, je sais un peu mieux contrôler mes lignes ... Donc, je pense que ça doit être pour te protéger et aussi les .... »

 

Autres femmes ... Il allait dire cela mais il s’arrêta aussitôt dans sa phrase. Non, non et non. Cette fois-ci, il n’allait pas commettre d’erreur. Il commençait à comprendre que les femmes n’aimaient pas que l’on parle des autres en face d’elle.

La réaction d’Elen ne tarda pas à se montrer, celle-ci restant à la même place, croisant les bras, baissant la tête d’un air confus. Il ne s’attendait pas à une telle chose de la part de l’Ombre mais ... Bon ... Au moins, il semblait avoir marqué quelques points avec elle.

 

« Bon ... Je te pardonne ... Mais il faudra vraiment que tu tiennes ta parole de me protéger hein ? Enfin ... Maintenant, tu n’es plus un débutant ... Je ne suis plus ta maîtresse non plus ... Donc tu n’as plus besoin de moi ... »

 

« J’ai toujours besoin de toi, l’Ombre. Mais maintenant, plus sur le plan éducationnel ! »

 

« Hein ? Que ... Que ... Qu’est-ce que tu veux dire ? Enfin non ... Ca ne me concerne pas ! Allons-y car ils doivent nous attendre ! »

 

Alors sur quel plan ?!  Sur quel plan est-ce qu’il voulait qu’ils soient ? Elle ... Elle voulait cette réponse mais elle n’allait pas l’obtenir car elle ne devait pas lui demander. Ca ne se faisait pas ... Ca ne se demandait pas ... Elle ... Sa main fut prise soudainement alors qu’il se mettait à courir en direction de la ville, retournant à l’auberge.

 

Quelques minutes plus tard, ils étaient à nouveau assis, côte à côte. Bien entendu, il avait retiré sa main de celle de l’Ombre avant de rentrer car il ne voulait surtout pas que Clari lance une pique comme d’habitude. Sauf que cette fois-ci, elle était restée muette, au grand soulagement du jeune homme aux cheveux bruns.

 

« Assez perdu de temps. » annonça Manelena au bout d’une demi-heure, se levant en première. « Nous y allons dès maintenant. Le prince passera devant nous puisqu’il va nous guider. Aucune réclamation, n’est-ce pas ? »

 

« Non ... De toute façon, plus nous serons nombreux, mieux ce sera. »

 

L’adolescent s’était levé à son tour, ayant déjà son sac sur le dos. A l’entendre et à le voir, on ne pourrait pas croire qu’il était réellement un prince et pourtant ... C’était bel et bien le cas. Clari se leva sans rien dire, marmonnant quelques paroles incongrues alors qu’ils n’étaient plus que tous les deux à être assis.

 

« On devrait se lever, l’Ombre ... Ca serait bien mieux ... » dit-il avec lenteur.

 

« Je pense que c’est une bonne idée, oui ... Enfin ... Une idée plutôt raisonnable. Oui ... »

 

Elle ne savait pas réellement où se mettre mais il fallait se déplacer. Ils se levèrent ensembles, tout le monde quittant peu à peu l’auberge avant de faire quelques courses pour la route. Comme ils ne savaient pas s’ils allaient trouver une nouvelle ville sur le chemin, il valait mieux se préparer correctement.

Et finalement, au bout d’une nouvelle heure, la ville n’était plus qu’un lointain souvenir alors que les cinq personnes étaient parties tous ensembles à la recherche du second médaillon. Comme convenu, ce fut le prince qui prit le contrôle de la troupe, marchant d’un pas lent mais certain en direction du sud-est. Il semblait savoir parfaitement où se rendre et c’était tant mieux car visiblement, les autres personnes n’étaient jamais réellement venues ici. Pourtant, Tery et Elen observaient le ciel et le décor autour d’eux, parlant de tout et de rien comme si il ne s’était jamais passé quelques problèmes entre eux.

 

« Ca m’énerve ... Ca m’énerve plus que tout ... ça ... »

 

« Hum ? Tiens ... Tu te décides à parler à nouveau ? » demanda Manelena sur un ton nonchalant alors que la jeune femme aux cheveux blonds grognait :

 

« Regardes-les ensembles. On dirait qu’ils forment un beau petit couple sans aucun souci, ni problème. Ca m’énerve car on dirait qu’ils n’en ont rien à faire de la mission. »

 

« Hum ? De la jalousie pure et dure venant de ta part ... Rien de nouveau. Ce n’est pas une question de mission ou autre, tu le sais aussi bien que moi à ce sujet. Et pourquoi tu ne vas pas lui dire tout de suite ? Peut-être que tu auras tes chances hein ? »

 

... ... ... Lui dire quoi ? Oh punaise ... Visiblement, elle ne comprenait pas du tout. Il fallait dire aussi qu’elle n’en parlait jamais réellement. Mais bon ... Elle devait se calmer et prendre sur elle-même. Elle n’était pas jalouse de cette relation, loin de là.

 

Toute une journée s’écoula et ils dormaient maintenant à la belle étoile. D’après les dires du prince Royan, ils n’étaient plus si loin que ça du second médaillon. C’était une bonne chose mais ça ne voulait pas dire qu’ils étaient prêts d’y arriver.

 

Ils avaient monté deux tentes, ne pouvant décemment pas dormir tous dehors surtout à cette hauteur dans le ciel. Les femmes dormaient ensembles tandis que les deux hommes faisaient de même. Ah ... La journée avait été assez violente au début mais ensuite, tout s’était très vite calmé et maintenant, ils dormaient tous en paix.

 

Le lendemain matin, Tery fut le premier debout, remarquant déjà que la tente des femmes bougeait légèrement. Puis subitement, il vint rougir violemment comme si c’était un spectacle bien différent du quotidien. Elen était sortie de la tente, baillant à moitié mais surtout ... avec une partie du visage non recouverte par le masque blanc. Oui ... Il voyait son œil droit parfaitement mais aussi une partie de sa joue et de son front.

 

« Elen ... Tu as mal mis ton masque ... Enfin ... Tu es à peine réveillée ... »

 

« Tery ? Je pensais que ... Personne ne serait debout à cette heure et ... »

 

Elle comprit finalement ce qu’il venait de dire, rougissant à son tour avant de remettre correctement son masque sur son visage. Elle vint s’asseoir en face de lui, n’osant plus prendre la parole mais pourtant ... Après quelques secondes, elle murmura :

 

« Tu m’as appelée Elen ... n’est-ce pas ? »

 

« Pardon, moi aussi, visiblement, je suis mal réveillé. » chuchota t-il comme pour s’excuser, la jeune femme faisant un petit geste de la main.

 

« Je préfère ... quand nous nous réveillons, Tery. » dit-elle finalement alors qu’il haussait un sourcil, mettant une main devant sa bouche.

 

« Pourquoi ça ? Qu’est-ce qui te fait dire une telle chose ? Je ne vois pas ... »

 

« On est plus naturel dans nos actions ... C’est pour ça que j’apprécie plus ... ces instants. »

 

Il ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir mais le sourire à travers le masque lui réchauffait le cœur. Oui ... Peut-être qu’ils étaient plus ... sincères dans ces moments-là ? Il lui demanda avec délicatesse :

 

« Tu as faim ou soif ? Je n’arrive toujours pas à créer l’eau et le pain comme toi ... Mais bon ... On peut toujours aller en chercher hein ? »

 

« Seulement soif, je n’ai pas toujours de l’appétit quand je me lève, Tery. Mais merci de la proposition, c’était très gentil de ta part. »

 

Il fit un petit sourire en réponse aux paroles de la jeune femme, les deux personnes restant muettes pendant le reste du temps. Clari fut la troisième à se lever, venant embrasser Tery sur les deux joues avant de le serrer dans ses bras pendant une dizaine de secondes. Durant ce laps de temps, Elen détourna le regard alors que Tery paraissait légèrement gêné.

 

« Qu’est-ce qui te prends, Clari ? Tu es mal réveillée ou quoi ? »

 

« Un peu encore ... fatiguée ... Tery ... C’est dur le réveil ... »

 

Hahaha ... Ca allait bien mieux qu’hier. Il tapota le sommet du crâne de Clari avec amusement tandis que celle-ci restait près de lui. Oui ... Il préférait quand ils ne se disputaient pas, c’était si laid de se disputer pour des futilités.

 

Manelena sortit à son tour après une quinzaine de minutes, laps de temps durant lequel le prince s’était éveillé. La jeune femme aux cheveux d’argent embrassa Tery, celui-ci faisant de même de son côté en demandant si elle avait bien dormi ou non. Pour toute réponse, Manelena souffla :

 

« Disons qu’après avoir passé ces derniers jours dans un lit, le changement est assez dur mais bon ... Ce n’est qu’une question d’adaptation hein ? »

 

« Je ne sais pas ... Personnellement, je m’attendais à ce que le prince ronfle mais visiblement, ce n’est pas le cas. » répondit-il en désignant l’adolescent, celui-ci ne répondant point à la remarque du jeune homme aux cheveux bruns. « Ca doit être triste d’en avoir rien à faire de tout ce qui vous entoure. »

 

Il visait directement le prince une nouvelle fois dans ses propos, l’adolescent fronçant les sourcils. Pourquoi une telle chose ? Il n’avait pas à relever au sujet du ronflement, il ne se souciait guère de cela lorsqu’il dormait. Si c’était vraiment un problème, il aurait été signalé depuis longtemps, très longtemps de toute façon.

 

« Nous serons aux alentours du second médaillon d’ici la fin de la journée. »

 

Il avait pris la parole avec neutralité tandis qu’aucun ne répondit. Parler de travail au réveil, visiblement, il avait beaucoup de choses à apprendre. Peut-être qu’en restant avec eux quatre pendant quelques temps, il allait changer ? On pouvait toujours rêver.

 

« Je vais aller chercher un petit coin d’eau si il y en a dans les environs. Comme ça, s’il y a besoin d’un brin de toilette, Clari n’aura pas à se fatiguer dès le matin. »

 

« Pour la peine, après cette marque de gentillesse, je me vois contrainte de venir avec toi ! »

 

Hein ? Quoi ? Il n’avait jamais demandé une telle chose. Pourtant, la femme aux couettes blondes se dirigea vers lui, prenant son bras entre les siens. Ah ... Elle ne pouvait pas attendre un tout petit peu ? Ils n’étaient pas si pressés que ça quand même.

 

La femme masquée observait les deux personnes qui s’éloignaient sans que cela ne la gêne réellement. En fait, le problème venait plutôt de la réaction de Clari. Elle ne savait pas comment la prendre tandis qu’elle restait parfaitement immobile et muette. Manelena et Royan faisaient de même.

 

« Sinon ... Hum ... Royan ... Est-ce que tu as un indice sur ce qui nous attends ? » demanda subitement la jeune femme aux cheveux d’argent.

 

« Pour le second médaillon ? Nullement ... Mais le cygne géant que nous avons rencontré n’était pas réellement belliqueux. Il se peut que le second gardien, s’il y en a un, soit lui aussi loin d’être un ennemi. Il faudra donc essayer de dialoguer. »

 

« Bonne nouvelle ... Nous essayerons la diplomatie. Enfin ... On vous laissera essayer celle-ci puisque visiblement, vous semblez déjà former à tout cela. »

 

C’était exact. Dix minutes plus tard, le jeune homme et la jeune femme aux couettes blonds revinrent, signalant qu’ils avaient trouvé une petite rivière où les trois femmes pourraient aller se laver. Clari demanda à Manelena et Elen de la suivre alors que le jeune homme s’installait en face de Royan.

« Voilà ... On est entre hommes, seuls, tandis que les trois femmes vont s’arroser le visage. »

 

« Oui ? Et alors ? Quel est le souci dans tout cela ? »

 

« Souci ? Je n’ai jamais parlé d’une telle chose ... Je ne faisais que le signaler. Nous sommes tranquilles et donc, nous pouvons parler de choses d’hommes. »

 

« Et quoi donc ? De quoi voulez-vous parler ? »

 

« Du fait que tu me tutoies et non me vouvoies, ça serait bien mieux pour nos relations. Sinon ... Et bien ... Est-ce que tu as déjà vu le visage de l’Ombre ? »

 

Hein ? Pourquoi une telle question ? Il répondit par la négative alors qu’il entendait un soupir de la part du jeune homme aux cheveux bruns. Visiblement, il semblait soulagé hein ? Hum ... C’était assez suspicieux ... Il n’arrivait pas à définir la relation entre Tery et la jeune femme masquée ... Elle était beaucoup trop complexe pour être décrire aussi facilement. Non ... Et puis à la base, ça ne le concernait pas.

juin 9

Chapitre 51 : Toi et moi

Chapitre 51 : Toi et moi

 

« Tu dors, Tery ? » demanda la jeune femme aux cheveux blonds.

 

« Non pas du tout ... Et toi ? Est-ce que tu dors, l’Ombre ? »


Elle lui répondit aussi par la négative, lui signalant par là que si elle parlait, c’est qu’elle ne dormait pas. Elle rigola aussitôt après quelques secondes, le jeune homme faisant de même. Ils étaient encore dans la même chambre, malgré la plainte de Clari. Sauf que cette fois-ci ... Ils n’étaient pas dans le même lit. Deux lits séparés et la jeune femme avait retiré son masque blanc et laisser ses cheveux blonds prendre l’air en enlevant les caps. Oh ... Ils tournaient le dos par rapport à l’autre, aucun n’osant regarder la personne en face.

 

« ... ... Tu veux que l’on parle un peu, l’Ombre ? Car c’est-ce dont tu avais envie ce soir ... Non ... Enfin, tu semblais si heureuse cette après-midi. »

 

« C’est ... C’es l’impression que j’ai donné ? Je ne pensais pas ... que j’étais ... aussi ... démonstrative ... Pardon, Tery. Je ne voulais pas ... Enfin bon ... Tu comprends ce que j’essaye de te dire ? C’est juste que ça fait plusieurs mois je crois. Et qu’à force de passer du temps sans nous voir, même les lettres ne valent pas le son de ta voix. Donc j’aimerai bien que tu me racontes tout ce qui s’est passé. Dont ... Cette séance de torture ... »

 

« Hahaha ... Je vois, je vois ... Tu t’inquiètes quand même un peu pour moi à cause de cette torture, c’est bien ça ? Tu n’as pas à t’en faire, c’est de l’histoire ancienne tout ça ! »

 

« Non ! Ce n’est pas de l’histoire ancienne ! Tu as été torturé ! Tes ... blessures ... Je ne peux pas les voir ... J’en suis sûre et certaine ... Mais dire que ce n’est rien du tout alors que tu as dû souffrir horriblement ... C’est me mentir. Et ... Tu ne me mentirais pas hein ? »

 

Gloups ... Il sentit une boule qui arrivait au beau milieu de sa gorge, le faisant se recroqueviller dans le lit. Oh bon sang ... Pourquoi est-ce qu’elle disait tout cela avec un ton des plus tristes ?! S’il se retournait, il allait sentir son cœur s’arracher peu à peu de sa poitrine ... Car il verrait un spectacle des plus ... affreux émotionnellement.

Enfin affreux ... Cela n’était qu’un point de vue erroné. Il savait qu’il aurait mal ... au cœur ... en la voyant ... Car dans ses paroles ... Il y avait un ton si implorant ... Il se retourna pour l’observer, n’apercevant que ses cheveux blonds de dos.

 

« L’Ombre ... Je suis retourné alors ne fait pas pareil ... d’accord ? »

 

« ... Merci d’avoir prévenu ...  Tery. Je veux savoir ... ce que tu as vécu ... de si dur ... durant ces derniers mois. Déjà deux fois, tu as souffert par ma f... »

 

« On ne va pas recommencer à se disputer hein ? Alors, non, ce n’est pas de ta faute ! Tiens, ça me fait penser ... Tu veux savoir ce qui s’est passé après que je t’ai dit de partir ? »

 

« Tu ne me l’as jamais dit ... C’est vrai ... Lorsque tu m’as envoyé une lettre la première fois, c’était surtout pour savoir si j’allais bien ... »

 

« Et j’ai vu que tu avais un peu froid, n’est-ce pas ? Un monde de glace ... »

 

« Tes lettres m’ont apporté toute la chaleur dont j’avais besoin quand j’étais à Traslord. »

 

« Arrête de parler comme ça, c’est vraiment gênant. » dit-il en rougissant à cause de ses paroles. Vraiment ... Parfois ... Elle parlait d’une telle façon ... qu’il avait du mal à avoir une respiration normale. Et surtout, pour le mettre dans cet état émotionnel ...

 

« Pardon ... Je ne voulais pas ... t’embêter de cette façon. »

 

« Ce n’est pas que tu m’embêtes ... C’est juste que bon ... Enfin ... La torture était assez horrible ... La maréchale n’a pas hésité à me faire souffrir. Du genre, elle plantait des aiguilles dans chacun de mes doigts. Ah ... Et aussi un fouet avec des pointes. Enfin ... Je me rappelle d’une sphère qu’elle a explosée entre ses mains et des milliers de morceaux se sont plantés dans mon torse ... Ca aussi, ça faisait mal. »

 

« Tu ne me mens ... pas hein ? Elle t’a vraiment fait tout ça ? »

 

« Je n’aime pas te mentir ... Pas après notre petite aventure dans Shunter. C’est la vérité ... Mais je n’arrive pas à lui en vouloir. Je l’ai parfaitement mérité. »

 

« Quitte l’armée de Shunter et reviens avec moi, Tery. » dit-elle aussitôt, le jeune homme semblant étonné de la proposition.

 

« Hein ... Mais ... que ... Enfin, El... L’Ombre ... Je suis un soldat maintenant. Je ne peux pas quitter l’armée de Shunter comme ça. »

 

« Après tout ce qu’elle te fait ? C’est ça ? Alors que tu souffres par sa faute ... »

 

« ... ... ... ... Peut-être que l’on parle un peu trop, l’Ombre. Il vaut mieux dormir car demain, on va continuer à chercher le second médaillon. »

 

« Si tu devais choisir ... entre Shunter et moi, tu ferais quoi ? »

 

... ... ... ... ... Elle venait de poser la même question que Manelena. Il ne savait plus du tout où se placer. C’était beaucoup trop ... direct. Il se retourna pour ne plus la voir, ne lui répondant pas. Au bout d’une minute, elle demanda :

 

« Alors ? Tery ? Ca serait quoi ton choix ? »

 

« Je ne peux pas répondre. C’est comme te demander : tu choisirais qui entre l’Oracle et moi hein ? Alors ... Si tu me réponds ... Je te répondrai. »

 

« C’est une question très ... personnelle, Tery. » murmura t-elle tristement, sachant pertinemment ce qu’il voulait dire par là.

 

« Elle l’est tout autant pour moi. Je suis désolé de t’avoir demandé ça. »

 

« Je te répondrai ... quand je le pourrais ... Tery, je te le promets. Bonne nuit. »

 

Qu’elle prenne son temps. Il ferma les yeux, s’endormant en premier, rapidement rejoint par Elen bien que leurs rêves n’étaient pas liés ... ou si ? Nul ne le savait réellement. Le lendemain, il s’était levé en premier, observant la jeune femme aux cheveux blonds qui lui tournait le dos. Elle dormait profondément ... Est-ce qu’il devait se rapprocher d’elle ? Mais il verrait son visage. Il prit le masque blanc fissuré, l’étudiant de tous les côtés avant de le déposer. Peut-être qu’en fermant les yeux ... Oui ... Il vint s’asseoir sur le lit d’Elen,  ses yeux se refermant alors qu’il passait une main dans les cheveux blonds de la jeune femme. Il ne savait pas vraiment ce qui lui prenait ... mais avec ce qu’il avait dit hier, il se sentait un peu coupable ... de s’être adressé de la sorte à l’Ombre.

 

« Je n’aurai pas dû me montrer aussi méchant sur le coup ... »

 

Qu’est ... Qu’est-ce qu’il faisait là ?! Elle ne bougeait plus, cherchant à contrôler les tremblements de son corps alors qu’elle avait ses yeux grands ouverts. Elle ne devait surtout pas réagir mais ... Cette main dans ses cheveux ...  Elle se laissait faire mais là, elle sentait son cœur battre à cent à l’heure.

 

« Mais bon ... C’est pas un choix. C’est comme elle ... Entre choisir sa relation ... et son devoir ... Elle a choisi son devoir. Je ne peux pas le lui reprocher. Je ne suis pas parfait au point de devoir lui faire la morale. Mais moi ... Je préfère réfléchir à tout ça ... Et puis bon ... Dans le fond, elle n’a pas totalement choisi son devoir ... Sinon, je ne serai pas de ce monde. »

 

Hahaha ! En y réfléchissant, c’était une bonne chose. Sans elle, il n’aurait jamais pu faire tellement de choses ... Avoir tellement de choix ... Être ce qu’il était devenu. Elle était à l’origine de son existence depuis qu’il était un adulte. Il retira finalement sa main des cheveux blonds de la jeune femme, se disant une nouvelle fois :

 

« Je crois que je ferai mieux de descendre ... et de la laisser dormir ... Je vais lui déposer le masque près du visage au cas où quelqu’un tenterait de pénétrer dans la chambre. Comme ça, elle pourra cacher son visage. »

 

C’était une mesure de précaution qu’il valait mieux prendre. Il observa une dernière fois Elen, un grand sourire aux lèvres. Il se sentait quand même soulagé de la savoir non-loin de lui. C’était bête et stupide de se dire ça ... car il ne le pensait même pas ainsi pour Clari et Manelena. Ah ... Bon ... Il se dirigea vers la porte, l’ouvrant avant de quitter la pièce. Dès qu’il fut parti, une profonde respiration se fit entendre, Elen bafouillant :

 

« Mais qu’est-ce qui lui a pris ?! Mais qu’est-ce qui lui a pris ?! »

 

C’était bien la première fois qu’il montrait vraiment ... autant de gentillesse ... Enfin ... Non ... Enfin si ! C’était la première fois qu’il était vraiment aussi gentil avec elle ! Enfin ... Qu’il faisait un geste envers elle ... Un vrai geste !

 

« Pas une erreur ou autre ... Enfin bon ... Je suis sensé réagir comment ? Est-ce parce que je suis une fille maintenant ? Parce qu’il sait que j’en suis une ? Je suis sûre que c’est ça car il ne ferait pas une telle chose si j’étais un garçon ! »

 

Oui, elle en était sûre et certaine que c’était ça. Mais est-ce que ce geste était déplaisant ? Pas du tout ! Elle avait été juste ... intimidée ... Un peu comme lors de la photo ... Et souvent à d’autres moments. Elle ne savait pas où se mettre !

 

« Je crois que je ferai mieux ... de me passer de l’eau sur le visage ... »

 

Oui ... Il valait mieux ... que ça se fasse comme ça ! Elle se releva, gardant son masque blanc près d’elle. Le jeune homme l’avait déposé ... pour qu’elle ne soit pas surprise à visage découvert. Il pensait même à sa sécurité de cette façon.

 

« Il est trop ... trop ... mig ... atta ... Je veux juste qu’il reste à nouveau avec moi. »

 

Et pour ça, elle devait influencer sur sa décision de rester dans l’armée. Elle devait trouver le moyen pour que le jeune homme la choisisse plutôt que l’armée ! Mais comment faire ?! Elle n’avait aucun moyen ... pour le faire ... pencher en sa faveur.

 

« Je ne vais quand même pas ... lui faire ... Comme Clari ou Manelena. »

 

Du charme, ça s’appelait ? Enfin ... Jouer les jeunes femmes qui s’attachaient à lui et le collaient tout le temps ? Non ... Ce n’était pas son genre et puis, elle ne se considérait même pas comme une femme elle-même alors bon ...

 

« J’irai le convaincre avec des paroles, je ne peux faire que ça de toute façon. » répondit-elle avec lenteur, s’aspergeant le visage avant de s’observer dans le petit miroir en face d’elle. C’était là l’unique solution ... et elle espérait que cela marcherait. Oui ... Car elle voulait retrouver le jeune homme à ses côtés et par contre ... Elle devait peut-être prévenir l’Oracle un peu de l’avancement de tout cela ? Car elle se préoccupait plus de Tery que du vieil homme depuis déjà plusieurs mois. C’était donc ... assez gênant quand on y réfléchissait.

 

Gênant dans le sens où elle ne pensait plus à sa mission mais simplement à retrouver le jeune homme. Maintenant qu’elle l’avait retrouvé ... NON ! Elle ne devait pas penser à tout ça ! Elle devait simplement se focaliser sur les médaillons ! Mais après ? Après tout ça ? Elle y réfléchissait mais ...

 

« Qu’est-ce que je vais faire ... Lorsque nous aurons tous les médaillons ? »

 

C’était une question à laquelle elle venait de réfléchir à l’instant même. Une question loin d’être stupide ... Tery allait continuer ses missions avec l’armée mais elle ? Elle dans tout ça ? Qu’est-ce qu’elle allait faire ? Qu’est-ce que l’Oracle avait prévu ?

 

« ... ... ... Je ferai mieux d’y penser après que tout ça soit fait. »

 

Car elle ne voulait pas se rendre encore plus triste ... Elle posa son masque blanc sur son visage, quittant la chambre à son tour. Voilà ... Il valait mieux ...  penser à autre chose. Elle descendit les escaliers, regardant autour d’elle. Tery lui fit un petit geste de la main, ils étaient seuls ? Les autres n’étaient pas levés ?

 

« Euh ... Nous sommes seuls, Tery ? Il est quelle heure ? »

 

« Hum ... Je dirai une heure après l’aurore, même pas ... Il faut dire qu’après ... le réveil d’hier ... C’était plutôt ... mieux de ne pas rester au lit hein ? »

 

« ... ... C’est vrai que c’était gênant ... C’était de ma faute, pardon. »

 

« Hein ? Mais non ! Ne dit pas ça ! Tu sais parfaitement que ce n’est pas le cas ! Mais bon ... Tu as faim ? Même si tout le monde n’est pas aussi lève-tôt que nous ... On peut quand même aller manger un morceau et boire hein ? Peut-être même que l’on peut visiter la ville ... On ne la quittera pas avant midi de toute façon. »

 

... ... ... Se promener ? Elle ne savait pas ... Le jeune homme voulait s’éloigner d’elle ... Et là ... Il lui proposait une telle chose ? Elle devait penser quoi dans le fond avec lui ?! C’était impossible de le comprendre ... Ou alors trop difficile.

 

« Je veux bien qu’on aille se promener ... mais seuls ... juste tous les deux. »

 

« ... ... ... D’accord ! Aucun problème ! » répondit-il en lui souriant.

Il s’était relevé, se dirigeant vers l’aubergiste pour aller prendre de quoi se sustenter tous les deux. Quelques minutes plus tard, ils étaient en train de manger, la jeune femme retirant son masque en partie au niveau de la bouche alors qu’il la regardait, toujours un sourire aux lèvres. Finalement, il vint lui dire :

 

« Je ne me rappelais pas à quel point ça devait être difficile pour toi ... de manger comme ça. Oui ... Enfin, pour boire, c’est plus simple. »

 

« C’est bien parce ... que c’est toi ... que je mange ainsi ... Normalement, je me cache complètement ... Et puis bon ... Je veux juste qu’on aille se promener. Seulement tous les deux hein ? C’est bien compris ? Personne d’autre. »

 

Wow ... Depuis quand elle se montrait aussi insistante ? Il émit un grand rire alors qu’il hochait la tête, mangeant rapidement comme pour en finir au plus vite. Voilà que dix minutes plus tard, ils étaient déjà debout, le jeune homme se dirigeant vers la sortie de l’auberge.

 

« Hey ! Attends-moi un peu ! Il n’y a pas besoin de se presser non plus ! »

 

Elle s’était mise à courir vers lui, le jeune homme ne pouvant s’empêcher d’être heureux. Il tendit sa main droite vers l’Ombre, celle-ci la regardant pendant de longues secondes.

 

Il ... voulait qu’ils se prennent la main ? Ca n’avait rien de bien spécial ... Enfin ... C’était un geste commun mais ... Cela montrait quand même un certain ... rapprochement. Et puis zut ! A base ce genre de questions dont elle ne s’intéressait guère à la réponse !

 

« Que fais-tu ... L’Ombre ? Pourquoi est-ce que tu reti ... »

 

« Car je trouve que c’est bien mieux sans gant ! » répondit-elle en laissant sa main droite nue dans celle du jeune homme.

 

« Héhéhé ... Je vois ... Je vois ... Je n’ai rien contre ... C’est sûr que c’est une sensation très différente de celle que l’on a d’habitude. »

 

Il croisa ses doigts avec ceux de la jeune femme, relevant subitement leurs deux mains avant d’embrasser celle de l’Ombre. Celle-ci resta bouche bée, ne comprenant pas du tout la raison de ce geste alors que lui-même ne savait pas quoi dire.

 

« ... ... ... Pardon ... ... ... » murmura t-il soudainement en détournant le regard, commençant à marcher avec elle, la jeune femme masquée ne répondant rien pendant de longues minutes.

 

Ils n’osaient même pas se regarder et il se considérait comme un véritable imbécile ! Il n’avait aucune explication logique et raisonnable à un tel agissement ! Embrasser sa main ?! C’était ... C’était ... bête ! Ca ne se faisait qu’avec ... Enfin, il savait que cela se faisait pour les nobles mais ... Aussi comme marque de galanterie. Il ne l’avait surement pas fait à Manelena ou Clari. Ah ... Manelena ... Manelena ... Qu’est-ce qu’elle allait penser de tout ça ?! Voilà qu’il sentait son cœur battre à cent à l’heure !

 

« Et bien ... Où est-ce que l’on va ? »

 

« On visite ... à gauche et à droite ... comme avec Midès ... » murmura t-elle sous le même ton que le jeune homme, celui-ci hochant la tête.

 

« D’accord ... Enfin, évitons de nous perdre ... »

 

« Bien entendu ... Enfin, ça ne me gênerait pas plus que ça, personnellement. »

 

Hein ? Quoi ? Il se retourna vers la jeune femme masquée, celle-ci ne continuant pas de parler. Qu’est-ce qu’elle avait dit ? Il avait cru mal entendre ... Enfin peut-être que c’était juste une erreur ... Il n’était pas sûr du tout. Mais bon ... Il valait mieux éviter de trop y réfléchir, cela lui créerait trop de problèmes !

 

« Au passage, tu as toujours mon pendentif ? Enfin celui ... de la terre ? »

 

« Bien entendu ! Ca me permet de savoir quand tu es près de moi. »

 

« Ha ... Hahaha ... On va arrêter de parler comme ça ? S’il te plaît ? » marmonna t-il, légèrement rougit aux deux joues tandis qu’Elen demandait :

 

« Et pourquoi ça ? Je dis la vérité ... Regardes comme il brille. »

 

Hein ? Elle rentra une main sous sa cape, en ressortant l’objet ressemblant à un cœur fait de pierre brune. Qu’il était beau ... ce cœur ... Vraiment beau même, il le voyait parfaitement. Et il avait aussi ... Pfiou. Il détourna rapidement le regard, marmonnant :

 

« Gardes-le d’accord ? C’est mon cadeau ... Et je veux que tu le gardes ... »

 

« Dis-moi ... Tu n’as rien offert à ces deux femmes hein ? » questionna t-elle une nouvelle fois alors qu’il sursautait subitement, comme pris en faute.

 

« Euh ... Et bien ... Lorsque Clari et moi avons dû jouer le rôle de fiancés, je crois ... »

 

« Le rôle ... de fiancés ? Tu ne m’en as jamais parlé dans tes lettres. Ni même ... Hier. Pourquoi est-ce que tu ne m’as rien dit ? »

Gloups ... Il vint déglutir, ne sachant plus du tout où se mettre alors qu’elle retirait sa main de la sienne. Pris en faute ... En flagrant délit ... Enfin, ce n’était pas comme si il avait une relation avec l’Ombre non plus hein ?

 

« Car je pensais que ce n’était ... pas si important que ça. Ce n’était qu’une image, rien de plus. On devait faire semblant d’être fiancés. »

 

« Il n’y a rien eut entre vous deux alors ? Et qu’est-ce qui tu lui as offert ? »

 

« Une pierre de feu, trois fois rien, sincèrement ... Il n’y a pas à s’en faire. »

 

« Et ... Est-ce que vous dormiez ensembles ? Car dans le fond ... Tu m’as parlé de tout ça quand vous étiez tous les trois ... Mais avant que Manelena arrive ? »

 

« Mais c’est un interrogatoire ou quoi ?! » demanda t-il avec gêne alors qu’elle le fixait longuement de ses deux yeux bleus.

 

« Je veux juste ... en savoir bien plus à ton sujet, c’est tout. Pas besoin de t’énerver ... ou alors ... Tu as des choses à me cacher ? »

 

« Pas du tout ! Je te promets que je ne te cache rien ! »

 

... ... ... Quelques murmures se firent entendre autour d’eux Même si ils se baladaient dans la matinée, il y avait quand même de plus en plus de foule. Et puis bon ... Ils parlaient au beau milieu de celle-ci. Bon sang ! Comment est-ce qu’il faisait pour se mettre dans un tel pétrin ?! Il aimerait bien le savoir ! Mais là ... Il devait surtout ...

« On ferait mieux d’aller ailleurs. » reprit-il, prenant la main de l’Ombre dans la sienne.

 

Mais ça ne changeait rien du tout au fait ... qu’ils restaient toujours distants l’un de l’autre. Ca n’avait rien à voir avec leurs premiers moments ... Encore que ... En réfléchissant très bien à tout ça ... Leurs premiers moments ...

 

« Pardon Tery. Je ne voulais pas t’embêter avec tout ça. »

 

Hein ? Quoi ? Elle retira sa main de la sienne, se retournant avant de courir à l’opposé de sa direction. Qu’est-ce que ?! Qu’est-ce qui lui prenait ?!

 

« L’OMBRE ! HEHO ! L’OMBRE ! »

 

Il s’était mis à courir derrière elle, n’arrivant pas pour autant à la suivre. Mais ... Mais ... Mais quoi ?! Ce n’était pas normal ! Qu’est-ce qu’elle avait maintenant ?! Il parcourut les rues à sa recherche mais sans succès. Finalement, il fut trop exténué pour continuer, murmurant un simple :

 

« Elen ... Qu’est-ce qui ... se passe avec toi ? »

 

Il avait dit son prénom car il ne comprenait pas ... Il ne voyait pas où était le problème ... Mais il se sentait mal ... Très mal ... Peut-être qu’en retournant à l’auberge, il allait la revoir ? Il l’espérait sincèrement. Ah ... Elen ... Elen ... Elen ... Ils auraient pu passer une merveilleuse matinée mais quelque chose ... s’immisçait entre eux deux.

juin 2

Chapitre 50 : Faire la paire

Chapitre 50 : Faire la paire

 

« ... ... ... Qu’est-ce que ... ... ... »

 

Elle ne savait pas du tout si elle devait ouvrir la bouche ou la fermer. Tout ce qu’elle savait à ce moment, c’est qu’elle était rouge de gêne. Le matin devait à peine se lever, il était quoi ? Six ou sept heures ? Et les rayons du soleil éclairaient leurs deux corps, filtrés par les rideaux de la fenêtre. Leurs deux corps si proches ... face à face. Le jeune homme dormait paisiblement en face d’elle, à quelques centimètres. Il s’était retourné pendant la nuit ?

 

« Qu’est-ce qui m’a pris de faire une telle chose hein ? J’étais inconsciente ou quoi hier ? »

 

Elle tentait d’expliquer la raison de son geste mais elle n’avait aucune explication. Cela avait été un simple coup de tête qu’elle regrettait mainte ... ... ... Regretter ? Est-ce qu’elle pouvait vraiment penser ça ? Car elle ne le pensait pas ... Et tout son corps savait que c’était tout le contraire. Un léger sourire aux lèvres, elle se rapprocha du jeune homme, prenant sa main pour la déposer sur son propre dos.

 

« Faites qu’il se réveille pas ... Faites qu’il ne se réveille pas. »

 

Elle ne saurait pas où se mettre alors. Elle tremblait légèrement, la tête baissée. Ah ... Il était torse nu, elle ne devait pas l’oublier. C’était peut-être pour cela qu’elle avait si chaud. Zut ... Zut ... Elle ... ne savait pas ce qu’était cette bouffée de chaleur qui l’envahissait. Mais ... Mais ... Elle était rouge, rouge jusqu’aux oreilles alors qu’elle fermait les yeux. Elle voulait simplement que ce moment dure le plus longtemps possible.

 

« Hum ... Hum ... Hey ... Hey ... »

 

Il parlait durant son sommeil ? Elle releva la tête, s’empêchant de pousser un cri lorsque les bras du jeune homme vinrent l’enlacer, la faisant se coller tout contre lui. Elle l’entendait ouvrir la bouche comme si il avait quelque chose à l’intérieur. Il dormait profondément, vraiment très profondément même.

 

« Petite ... Petite ... Petite ombre ... Si petite qu’on veut la serrer dans ses bras. »

 

HEIN ?! C’était lui qui venait de dire ça ?! Elle l’observait mais il avait clairement les yeux fermés. HEY ! Ce n’était pas parce qu’elle était petite que ... Qu’il pouvait dire une telle chose ... Enfin ... C’était vraiment plus que gênant ...

 

Le jeune homme ... Il devait se réveiller car là, elle commençait à sentir des palpitations sur tout le corps. C’était la première fois qu’elle ressentait une telle chose. C’était le jeune homme qui lui créait ça ? Il fallait dire aussi ... que c’était la première fois qu’elle avait un homme aussi proche d’elle, en plus, un homme qu’elle appréciait énormément.

 

« Je ne nierai pas ça ... Tu m’as beaucoup manqué, Tery. »

 

« Grmbl ... Moi ... aussi ... Elen ... Moi aussi. »

 

STOP ! Il ne dormait pas ! Ce n’était pas possible ! Elle s’extirpa de ses bras avec un peu de réticence, regardant le jeune homme qui gesticulait dans le lit. Il allait se réveiller d’une minute à l’autre ! Elle récupéra aussitôt son masque blanc fissuré, le mettant sur son visage au même moment où les yeux verts du jeune homme s’ouvrirent :

 

« Bonjour ... L’Ombre ? Tu as bien dormi ? »

 

« Je ... Je ... Je ... Euh ... Oui, j’ai bien dormi mais toi ? Enfin ... Euh ... Je vais me passer un peu d’eau sur le visage. Si tu peux éviter de regarder pendant que je fais cela. »

 

« Aucun problème, L’Ombre. Ou alors ... Euh ... Elen. »

 

Elle sursauta à moitié. L’appeler par son prénom ... Elle avait été d’accord hier lorsqu’ils étaient seuls. Donc ... Bon ... Enfin ... Elle se retourna, faisant quelques pas vers une coupole remplie d’eau. Elle déposa le masque à côté de celle-ci, s’aspergeant le visage.

... ... ... Depuis quand est-ce que ... Wow ... Il était tout bouleversé au fond de son être. Il ne savait pas ... Enfin ... Il voyait l’Ombre de dos ... Mais sans sa cape et ... Bon ... Juste dans son justaucorps habituel. Ce n’était quand même pas une tenue ... Mais elle avait de belles jambes ... Et aussi de magnifiques bras. Et puis ... Enfin ...

 

« J’ai bientôt fini, Tery. Tu vas pouvoir aller te laver. »

 

« Que ... Que ... Quoi ? Ah oui ! Bien sûr ! »

 

Il se leva aussitôt, rouge aux joues. Et bien ... Il ne savait pas ce qui se passait mais son cœur battait la chamade alors qu’il avait regardé l’Ombre. Oui ... Il devait l’appeler l’Ombre ... Et uniquement l’Ombre ... Rien que l’Ombre ... Il passa à ses côtés, la jeune femme ayant remis son masque alors qu’il bafouillait :

 

« Euh ... L’Ombre ... Je préférai t’appeler comme ça ... Si ça ne te déranges pas ... Je trouve que ... Qu’Elen ... Enfin ... Je me suis habitué à l’Ombre. »

 

« Hein ? Tu ne veux ... pas m’appeler Elen ? Je ... comprends Tery. »

 

Elle comprenait juste qu’il ne voulait pas qu’ils soient trop proches. Idiote, idiote, idiote ! C’était à cause du fait d’avoir dormi ensembles qu’il faisait une telle chose ! Pourquoi est-ce qu’elle avait fait une telle bêtise ?! Pourquoi ?!  Brrrrr ! Elle venait de trembler en regardant le torse du jeune homme. Voilà qu’elle plongeait dans sa confusion.

 

« C’est bon, l’Ombre. On peut y aller. Tiens ton armure et tes deux capes. Je vois que tu gardes toujours la mienne d’ailleurs hein ? »

 

« Tu peux la reprendre ... si tu veux. Je la gardais comme souvenir. »

 

« Hein ? Mais non ! On va descendre pour manger, l’Ombre ? »

 

« J’ai un peu ... mal au cœur, Tery. » murmura t-elle faiblement en posant une main sur son cœur. Elle avait parlé tellement faiblement que le jeune homme ne l’avait pas entendue. Ca ne faisait ri ... Hein ? Il lui prenait la main sans même une once d’hésitation, quittant la chambre avec elle alors qu’elle paraissait étonnée. Si il voulait l’appeler l’Ombre ...  Alors pourquoi faire ça ? Elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait entre eux.

 

« Ah ... Voilà les deux compères. Comment c’était cette nuit ? T’es complètement rouge aux deux joues, Tery. En fait ... Je crois que je ne veux même pas savoir. »

 

« ... ... L’Ombre s’est trompée dans la compréhension de ta phrase hier. Nous avons dormi dans le même lit. » annonça le jeune homme alors que Clari poussait un petit cri de surprise, s’étant levé avec étonnement.

 

« Te ... Tery ... Il n’y avait pas besoin de préciser mon erreur. » bafouilla la jeune femme masquée de blanc alors que Clari lui lançait un regard colérique et furieux.

 

« Et bien ... Disons que c’est une petite vengeance personnelle par rapport à ce que Clari t’a dit hier. Je pense que c’est tout simplement Zélisia qui a décidé de la punir. »

 

« ... ... ... HUM ! Je m’en fiche royalement ! C’est pas à moi de dire ça mais à ta petite amie Manelena. Tu n’as pas signalé à ton amie, n’est-ce pas hein ? »

 

« Petite amie ? Moi ? Et bien ... Je ... Je trouve que c’est un peu prématuré ... Mais non, Clari, je ne suis pas dans tes plans machiavéliques. » répondit Manelena, rougissant légèrement à cette idée alors qu’Elen dardait son regard sur elle.

 

« Arrête tes bêtises ! Bon ! On mange et on s’en va ! On a trop duré ici ! Il nous faut partir vers le second médaillon pour le récupérer ! » répondit le jeune homme en évitant de montrer un peu trop son énervement à cause de Clari.

 

Ils terminèrent de manger, le jeune homme n’ouvrant plus du tout sa bouche de toute la matinée alors qu’ils quittaient la ville. Quand ils furent à plusieurs kilomètres de celle-ci, le prince Royan prit finalement la parole :

 

« Il y a une question toute simple qui me taraude puisque vous semblez être celui qui dirige votre trio. Qu’allez-vous faire avec ces médaillons ? Je vous fais confiance car ... la femme qui m’a sauvé vous fait confiance mais il s’avère que mes deux frères sont morts à cause de nos médaillons. Et vous semblez ne pas avoir les mêmes objectifs que ... l’Ombre ? Est-ce que je peux vous appeler comme cela, mademoiselle ? »

 

« Fais donc ... Je ne pense pas que cela me dérangera plus qu’à l’heure actuelle. De toute façon, je tiens à signaler que c’était déjà comme cela que vous m’appeliez auparavant. »

 

... ... ... C’est vrai. En y réfléchissant bien, ils n’étaient pas dans le même camp qu’Elen ... euh l’Ombre. Pas du tout même. Ils étaient opposés. Il s’arrêta pour observer la jeune femme encapuchonnée, celle-ci faisant de même.

 

« Tery ... Je n’ai vraiment pas envie que ... Que ça recommence ... »

 

« Moi non plus, moi non plus. Je ne ferai rien qui puisse te blesser. Je peux te le promettre. »

 

« AHEM ! Vous nous dites si on vous dérange ? » demanda Clari alors qu’elle se rapprochait de Tery, lui prenant le bras pour qu’il avance avec elle.


Elle ne semblait pas vraiment apprécier le fait que les deux personnes parlent entre elles. Et surtout ... Surtout ... Le jeune homme changeait rapidement de femme ou quoi ?!  Elle allait lui dire ce qu’elle pensait de tout cela ! Oh oui ! Mais avant ... Il y avait Manelena elle-même qui semblait vouloir lui dire quelque chose. Elle relâcha le jeune homme, le laissant seul avec elle alors qu’elle-même se dirigeait maintenant vers l’adolescent.

 

« Alors ... Comme ça, tu es le prince Royan de Traslord ? Difficile à croire ... Enfin ... Non ... J’ai appris au sujet de tes deux frères et donc, toutes mes condoléances. »

 

« Il y a de cela quelques heures, j’ai signalé que mes deux frères étaient morts donc ... Le savoir est impossible maintenant. »

 

« ... ... ... D’accord ... ... ... Je vois ton genre. Tu es plutôt le type de garçon qui me donne carrément envie de faire craquer mentalement. » répondit-elle aussitôt, un sourire sadique sur ses lèvres alors que l’adolescent s’était mis à reculer.

 

« Ne vous approchez pas de moi, est-ce bien clair ? »

 

« HAHAHAHA ! Je fais peur aux petits adolescents ! » dit-elle en rigolant, Tery rétorquant :

 

« Non, tu fais peur à la majorité des hommes, Clari. Ce n’est pas pareil, c’est pire. »


Elen eut un petit rire discret, amusée par les paroles du jeune homme tandis que Clari se taisait aussitôt, faisant une moue boudeuse. Manelena n’observait que discrètement le jeune homme, ne semblant pas pouvoir lui parler librement puisqu’il était occupé avec Elen. Enfin bon ... Voilà ... Ce n’était pas grand-chose et à côté, ils perdaient beaucoup de temps puisqu’ils n’avançaient guère. Elle allait prendre le tout en main.

 

« Si vous voulez bien me suivre ... Nous allons nous rendre vers le ... Hum ... Au passage, vous avez dit second médaillon, n’est-ce pas ? Cela veut dire que vous avez trouvé le premier ? » demanda la jeune femme aux yeux rubis, Elen s’arrêtant à son tour.

 

« Je n’ai pas besoin de mentir ... puisque je l’ai déjà signalé mais oui ... Nous avons déjà un médaillon. Il n’en reste plus que deux dans ce royaume et vous ? »

 

« Euh ... J’ai les trois médaillons de Mekalarma comme je te l’avais écrit ! Puis hum ... Pour Honoros, je ne sais pas du tout. J’en avais qu’un que j’ai donné à la maréchale Nali. Ah ... La maréchale Nali ... » murmura le jeune homme avec lenteur.

 

« Ah ... Voilà qu’il nous reparle de son amour de toujours. » marmonna Clari dans ses dents tandis qu’Elen observait avec suspicion le jeune homme.

 

« Sincèrement ... L’Ombre ... Si tu veux pouvoir penser en paix, n’écoutes jamais les paroles de Clari. Ca ne sert à rien. La maréchale est celle ... qui m’a torturé un peu. »

 

« Torturé ?! Comment ça ?! » s’écria Elen aussitôt alors qu’il semblait surpris.

 

« Je ne te l’ai jamais dit ? Comme j’ai fait une méthode des plus douteuses pour récupérer le médaillon d’Honoros, j’ai eut le droit à une séance de tortures. »

 

« Et c’est là qu’il a découvert son penchant masochiste et son amour pour les femmes fortes et caractérielles. » conclut Clari, le jeune homme arrêtant de parler.

 

« Hein ? Que ... Tery ? C’est vrai ? Tu préfères les femmes ... de ce genre ? » demanda Elen, surprise par les propos de Clari.

 

« Mais tu y crois encore ?! Oh et puis zut ! J’avance car ça me saoule ! Hey ! Royan ? Si tu veux, accompagnes-moi, je suis sûr que tu auras plus de conversation que cette cinglée ! »

 

Comment est-ce qu’il parlait au prince Royan ?! Là encore, elle semblait très surprise mais ... Le pire était que le prince hochait simplement la tête d’un air positif avant de l’accompagner ! Wow ... C’était plutôt efficace non ?

Mais bon ... Là ... Le petit souci qu’elle avait, c’était les propos de Clari. Il préférait les femmes plus grandes que lui ? Et puis aussi ... Un peu dominatrices ? C’était tout le contraire d’elle ! Elle était l’exact opposé de ce qu’il recherchait chez une femme.

 

« De toute façon ... Ce n’est pas sensé m’intéresser. »

 

Elle murmura cela alors que les deux femmes se tournaient vers elle, la regardant avec suspicion. A qui est-ce qu’elle parlait ? De l’autre côté, Royan écoutait attentivement les paroles de Tery, celui-ci semblant être en grande discussion avec l’adolescent.

 

« Alors ? Comment est-ce qu’elle se comportait avec toi, l’Ombre ? Est-ce qu’elle faisait un peu la folle ? Car quand je l’ai connue, elle était vraiment très moti ... »

 

« Elle parlait très souvent de vous, bien plus que ne le ferait une femme dans la moyenne. »

 

... ... ... Wow ... ... ... Direct, l’adolescent. Sur le coup, il s’était arrêté pendant quelques secondes mais il devait vite redire quelque chose. Il eut un petit rire amusé, reprenant :

 

« Je parle aussi souvent d’elle, ça n’a rien de surprenant hein ? »

 

« Elle semble me détester cordialement alors qu’elle n’arrêtait pas de dire à quel point vous êtes spécial. » annonça l’adolescent, le jeune homme semblant décontenancé.

 

« Ouais ... Bon ... Tu sais quoi ? On va éviter de continuer de parler de ça d’accord ? »

 

« Pourquoi ? Ai-je visé une corde sensible ? Ou alors, dans les deux cas, vous comme l’Ombre, vous avez du mal à accepter tout ceci ? »

 

« Je comprends pourquoi maintenant, elle me disait qu’elle te trouvait très chiant. Enfin ... Pas chiant ... Mais exaspérant. Tu as toujours l’habitude de parler comme ça ? »

 

« Dans la majorité des cas, c’est exact. »

 

« ... ... ... Ouais et bien, tu vas voir qu’après quelques temps avec moi, tu vas vite changer de comportement, je te le promets mon petit gars. »

 

Il parlait d’une façon un peu ... spéciale mais c’était de la faute à Royan. Il comprenait vraiment pourquoi Elen avait ... Euh l’Ombre avait eut du mal à supporter l’adolescent. Mais lui-même, avec la petite séance de noble qu’il avait eut au début de son admission dans l’armée, il était déjà un peu préparé. Il allait juste remodeler l’adolescent.

 

« Hahahaha ! Je suis sûr que personne ne te reconnaîtra après un petit passage avec moi. »

 

« Cela semble m’effrayer et m’inquiéter en un sens, je dois l’avouer. »

 

« ... ... ... Peut-être un moyen de te faire taire alors ? »

 

« Nullement ... Ou alors très peu efficace malheureusement. »

 

Malheureusement ? Ca dépendait du point de vue. Bon ... Toute façon ... Ils savaient où ils se dirigeaient, n’est-ce pas ? Il commença à accélérer le pas, le prince faisant de même alors que les trois femmes restaient entre elles. Quand on les regardait, il était si facile de voir qu’Elen ne se sentait pas à sa place. Si Tery était plus petit que Clari et Manelena, alors elle-même ... ressemblait à une lilliputienne.

 

« Et bien ... On dirait qu’on intimide la petite demoiselle ? »

 

« Clari ... Arrêtes tes bêtises et n’embête pas ... l’Ombre ? Il vaut mieux t’appeler par ce nom, n’est-ce pas ? Ton véritable prénom, je ne pense pas que tu apprécies qu’on le dise. »

 

« Oui ... Mais bon ... Maintenant que vous le savez tous ... » murmura Elen avec lenteur alors que le jeune homme se tournait subitement vers elle.

 

« L’Ombre ? Tu veux plutôt parler avec moi ? Je sais que Clari n’est pas vraiment le genre de personnes que tu devrais fréquenter si tu veux mon avis. »

 

« Qu’est-ce que tu insinues, Tery ?! Tu veux que je vienne t’en dire deux mots ?! » s’écria la femme aux couettes blondes avant de se mettre à courir vers lui.

 

OUPS ! Il commença à courir à toute vitesse en avant, Clari semblant le rattraper peu à peu alors qu’Elen s’apprêtait à venir aider le jeune homme.

 

« Il n’y a pas besoin de s’en mêler ... Dans le fond, Clari et lui s’apprécient malgré le fait qu’ils semblent se disputer tout le temps. »

 

« Elle ... l’apprécie ? Et lui aussi ? » marmonna Elen, un peu surprise.

 

« Ca ne se voit pas ? Bien qu’elle semble lui taper sur les nerfs, il est facile de remarquer que Tery éprouve quelque chose pour elle. Quand à Clari, malgré mes paroles, elle nie toujours la vérité à son sujet. C’est donc une preuve qu’elle tient beaucoup à Tery. »

 

« Ah ... C’est donc comme ça ... »

 

Est-ce que c’était une preuve d’affection de la part de Tery ? Que de vouloir l’éloigner ? Elle ne le savait pas du tout mais elle donnerait beaucoup pour le connaître. Ah ... Beaucoup plus qu’on ne pouvait ne le penser. Qu’est-ce qu’il pensait d’elle ?

 

« Au passage ... Comment ça s’est passé pour votre premier médaillon ici ? » demanda Manelena alors qu’Elen répondit aussitôt :

 

« Euh ... Et bien ... Normalement ... On l’a fait avec douceur ... Enfin non ... Je me suis battu contre un cygne de taille anormale mais je ne l’ai pas tué. C’était un combat pour savoir si j’étais assez forte pour pouvoir protéger le médaillon. »

 

« Donc ... Le fait que tu sois là montre que tu l’étais. » répondit Manelena avec une certaine neutralité tandis que la femme masquée hochait la tête d’un air positif.

 

« J’ai quand même dû me battre ... Donc bon ... »

 

« Mais dans le fond ... Vous semblez privilégier la diplomatie plutôt que la violence. »

 

« Ce n’est pas une chose normale à la base ? Je préfère ça ... et je crois que Tery aussi. Mais il y a tellement de choses dont j’aimerai lui parler ... »

 

« Que je sache, le voyage ne se fera pas en un jour. Si vous refaites comme cette nuit, vous aurez tout le temps de dialoguer. » répondit Manelena d’un air neutre, Elen ne murmurant plus rien du tout. Elle ... ne voulait pas ... Enfin si ...


Mais ce n’était pas aussi simple que ça ... tout ceci ... C’était même très compliqué en fait. Elle ne savait pas quoi penser avec toute cette histoire. Peut-être qu’elle voulait prendre tout son temps ? Et puis ... On ne pouvait pas évoquer plusieurs mois en une soirée. Surtout que bon ... Durant cette nuit, il n’avait jamais parlé !

 

« Je vais aller lui demander quelque chose ! Merci ... euh ... Manelena ? »

 

« C’est cela ... C’est bien mon prénom. »

 

« Tu n’as rien à voir avec Clari. Tu es même très différente. »

 

« Je pense que je vais prendre cela comme un compliment de ta part. » répondit la jeune femme aux cheveux d’argent alors qu’elle fit un léger sourire.

 

Voilà qu’Elen était partie pour rejoindre Tery et Royan. Néanmoins, elle s’approcha du jeune homme aux cheveux bruns, lui murmurant dans le creux de l’oreille :

 

« Dis ... Ce soir ... On peut encore dormir ensemble ? J’aimerai ... que l’on parle tout les deux. Acceptes s’il te plaît, Tery. »

 

... ... ... ... ... Pfiou ! C’était lui ou il faisait sacrément chaud ici ?! Qu’est-ce que c’était que cette proposition de la part de l’Ombre ?! Le pire ... était le fait qu’elle soit sérieuse, très sérieuse même. Oh bon sang ... Il devait refu ...

 

« D’accord, on parlera ... puisqu’hier on ne l’a pas fait. »

 

HEY ?! C’était lui qui venait de dire ça ?! Il n’avait pas contrôlé sa bouche ?! Et le soupir heureux de l’Ombre lui montrait clairement ... que c’était cette réponse qu’elle attendait.

mai 26

Chapitre 49 : Ces liens qui nous rapprochent

Chapitre 49 : Ces liens qui nous rapprochent

 

« ... Est-ce que je devrais lui écrire maintenant ? » demanda t-elle alors qu’elle tenait le pendentif dans sa main, le duo étant à nouveau reparti sur les chemins.

 

« Votre masque ... Est-ce qu’il va tenir bon ? Il a l’air dans un triste état. » répondit le prince alors qu’elle poussait un petit soupir, reprenant aussitôt d’une voix calme :

 

« Ca ira, il va tenir assez longtemps. Où se trouve le second médaillon ? Puisque c’est vous qui avait obtenu les différentes informations à ce sujet. Mais bon ... Je crois que je vais aller lui écrire. Plus nous serons proches, mieux c’est ... Et puis ... »

 

Elle était bête ... C’était à elle d’attendre sa lettre ! Mais bon ... Elle n’allait sûrement pas tarder puisqu’ils étaient de plus en plus proches. Et elle avait entièrement raison ! Moins d’une heure après ses paroles, une lettre ailée vint arriver jusqu’à elle, la jeune femme l’ouvrant avec une certaine frénésie alors qu’ils s’arrêtaient dans leur marche.

 

« Je pense qu’il va falloir que j’attende maintenant, c’est cela ? Le temps que vous écriviez votre lettre, tout ça, n’est-ce pas ? » demanda le prince alors qu’elle hochait la tête d’un air négatif, commençant déjà à écrire sur du papier :

 

« Ca sera plutôt rapide. Je sais ce que je dois écrire, je vais lui donner le maximum de détails sur notre position et aussi ce qui s’est passé ! Ce qu’il m’a marqué, c’était un peu de tout et de rien, ce n’était pas vraiment important. Il est juste un peu pressé de me revoir bien qu’il ne sait pas du tout comment il doit réagir lorsqu’il me verra. »

 

« Et bien ? Voilà une chose mignonne. Cela doit vous faire plaisir. »

 

« Que ... Que ... Ne racontez pas n’importe quoi ! Ce n’est pas du tout comme ça à la base ! Je ne me préoccupe pas plus que cela de tout ça ! »

 

« Cela se lit dans votre regard. » rétorqua t-il alors qu’elle évitait de montrer qu’elle rougissait faiblement à cette idée. Elle bafouilla quelque chose d’incompréhensible, retournant aussitôt dans l’écriture de sa lettre.

 

Et voilà ! Moins de vingt minutes et la lettre était repartie aussitôt ! Elle savait que tout cela allait être de plus en plus rapide dorénavant. Pressée ... Elle était terriblement pressée ! Et plutôt excitée aussi à cette idée.

 

« Où nous dirigeons-nous alors ? Le second médaillon est vers l’extrémité nord, nord-est du royaume de Claudiska, aux abords de la frontière avec Shunter. »

 

« C’est un peu l’opposé de l’endroit ou alors ... »

 

« Non ... Nous y allons aussi donc ce n’est pas un problème. Vous allez le revoir, ne vous en faites donc pas pour cela. » répondit le prince sur un ton très légèrement irrité.

 

« Hum ? Un problème ou quoi ? Je vous sens un peu énervé, il y a un souci ? »

 

« Non ... Rien du tout. Rien de rien. »

 

Elle était peut-être fatigante mais elle ne le remarquait pas, voilà tout. Elle était assez lassante et éreintante. Il voulait voir maintenant cet homme, voir à quoi il ressemblait et ...

 

« Ils ne sont plus très loin, je crois ... Les lettres ne mettent même pas une heure à arriver. »

 

Voilà qu’ils étaient retournés dans une ville. Ils avaient changé de nuage géant mais cela était normal. Par contre, grâce à sa magie du vent et malgré les quelques chutes de l’adolescent, ils avaient accélérés le pas et à peine en une journée et demie, ils avaient déjà fait les kilomètres qui la séparait du jeune homme.

 

« Vous êtes même prête à sortir en pleine ville avec votre masque fissuré ? »

 

« Je ne peux pas le faire réparer de toute façon. Il faudrait que je contacte l’Oracle pour qu’il puisse me créer un autre masque au cas où. »

 

« Je ne connais pas du tout cet Oracle et je pense qu’il vaut mieux que ... »

 

Une lettre fonça droit sur eux, percutant le visage de la jeune femme avec surprise, celle-ci poussant un petit cri d’étonnement. Il fallait dire que se prendre une lettre en pleine face, cela avait de quoi surprendre. Elle récupéra la lettre, commençant à la lire avec une certaine frénésie avant de prendre un morceau de papier au beau milieu de la rue.

 

« Vous n’allez quand même pas écrire ici hein ?! » demanda le prince d’un air inquiet.

 

« Et pourquoi pas ? Qu’est-ce qui m’en empêche ? »


Il valait mieux ne rien dire pour ne pas l’énerver, surtout qu’elle était convaincue que cela se faisait au beau milieu de la rue. Bon et bien ... Autant la laisser ...  Hein ? Elle avait déjà finit d’écrire ? Comment c’était possible ? Elle n’avait même pas mis deux minutes ! La lettre partit droit devant eux, passant à côté des êtres ailés alors qu’elle commençait à courir.

 

« Suivez-moi maintenant ! On va aller le retrouver ! »

 

« Hein ? Et comment ça ? Comment est-ce que vous voulez faire une telle chose ?! »

 

Et bien, si il se taisait. Il allait le voir tout de suite ! La lettre continuait de voleter en passant à côté des personnes, la femme la poursuivant avec rapidité, quitte à utiliser ses lignes blanches pour accélérer sa vitesse.

 

« Hey ?! Mais attendez un peu ... C’est quoi ? »

 

« Tery, c’est la lettre que tu as envoyée il y a moins de dix minutes. » répondit une jeune femme aux cheveux blonds en couettes, le jeune homme retirant la lettre de son visage.

 

Il fallait dire qu’il ne s’attendait pas à une réponse aussi vite sauf si ... Il entendait une puissante respiration, comme si une personne venait de faire une course folle. Une personne qui se trouvait en face de lui. Les yeux verts grand ouverts, il voyait une personne encapuchonnée dans deux capes dont une qu’il reconnaissait parfaitement ... puisque c’était celle qu’il avait utilisée lors de sa mission dans son village natal.

 

« Mademoiselle ! Vous pourriez m’attendre quand même un peu ?! Qu’est-ce qui ... »

 

Lui prenait de courir comme ça ? Ah ... Tout était clair ... Quand la distance n’était que très faible, il suffisait simplement de suivre la lettre pour savoir où se trouvait celui ou celle qui allait la recevoir. Ah ... Il l’apercevait enfin ce jeune homme. Il n’était pas si grand que cela avec ses un mètre soixante-dix. Et puis ... Il ne semblait pas forcément très fort aussi. Par contre, les deux femmes plus grandes que lui ... Celle avec les yeux rubis et les cheveux argentés ... Elle était au-dessus de tout.

 

« El ... L’Ombre ? C’est bien toi ? Ah ! Euh ... »

 

« L’Ombre ? L’Ombre ... C’est vrai que ... Je n’avais pas entendu ce mot depuis des mois. »

 

Enfin de sa voix ... Les trois autres personnes étaient plongées dans le silence alors que Tery et Elen s’avançaient peu à peu. Alors qu’elle tendait les bras, lui tendait seulement sa main droite comme pour la saluer. Il n’allait pas trop en montrer en public non hein ?

 

Hein ? Euh ...  C’est vrai ... Quelle idiote. Elle avait voulut faire une chose assez stupide. Il y avait ces femmes ... et le prince Royan ... Enfin bon ... Elle tendait maintenant sa main droite alors qu’il ouvrait les bras, ses deux yeux bleus posés sur le regard étonné de Tery.

 

Hein ? Elle voulait venir dans ses bras ? C’était gênant et un peu ... Mais à côté, cela faisait plusieurs mois qu’il ne l’avait pas vue en face et puis ... Et puis zut, il n’avait pas à se reprocher. Il avait ouvert ses deux bras pour la réceptionner alors qu’elle tendait sa main.

 

« C’est plutôt ... ... embêtant, l’Ombre. »

 

« Je le conçois réellement ... Alors je crois qu’il n’y a qu’une solution. »

 

Elle n’aurait rien à se reprocher de toute façon. Avant même qu’ils ne recommencent leur petit manège, elle fonça dans ses bras, se collant contre lui alors qu’il se retenait de crier un peu d’étonnement. Il passa aussitôt ses deux mains dans le dos de la jeune femme, caressant ce dernier alors qu’il reprenait :

 

« Et bien ... Euh ... Ca faisait longtemps ... l’Ombre. Visiblement, tu vas encore mieux que ce que tu marquais dans les lettres. »

 

« C’est à moi de te dire ça, Tery. Que je sache, j’étais morte d’inquiétude depuis cette attaque de Gnomolds. Je ne m’attendais pas à recevoir une lettre de ta part ! »

 

« Pardon ... Pardon ... Mais je ne connaissais pas ce moyen de communication ... »

 

« Ca ne fait rien ... Rien du tout ... Rien de rien... » souffla t-elle, restant dans ses bras.

 

Là, c’était particulièrement gênant. Vraiment même ... Il ne savait pas du tout où se mettre mais bon ... Euh ... Il regardait la jeune femme dans ses bras. Il ne voyait rien du tout d’elle sauf son masque fissuré de couleur blanc et ses deux yeux bleus. Enfin là, non, il ne les voyait pas car ils étaient fermés mais sinon ... Il entendit quelques toussotements derrière lui, le faisant se retourner pour voir les deux femmes qui croisaient les bras, Clari disant :

 

« Et bien ? Tu ne veux pas nous présenter à Elen ? »

 

« Clari ! Je t’ai déjà dit ... Bon sang ! Il ne faut pas prononcer son prénom ! »

 

« Elen ... Hum ... Oui ... Maintenant, il n’y a aucun doute sur sa féminité. » répondit le prince Royan juste après les paroles de Tery, Elen quittant les bras de ce dernier, ses yeux grands ouverts alors qu’elle bafouillait en tremblant un peu :

 

« Te... Tery ... Tu ... Tu leur as dit mon ... mon nom ? »

 

« Et j’ai même pu voir à quoi tu ressemblais, « mademoiselle l’Ombre » aux cheveux blonds. » annonça Clari avec un grand sourire qui n’avait que peu de sympathie.

 

... ... ... ... ... La jeune femme masquée tournait son regard vers Tery, celui-ci serrant les poings comme pour se contrôler. Il ne semblait même pas ... soucieux de ce qu’il venait de faire. Non, il était plutôt en colère mais contre qui ?

 

« CLARI ! TU N’AVAIS PAS A PRENDRE MON IMAGE A LA BASE HEIN ?! »

 

« Co ... Comment ça ? » demanda Elen alors qu’il s’était tourné vers Clari, de nombreux visages commençant à les regarder. Il s’égosilla à nouveau :

 

« Et puis que je sache, ce n’est pas MOI qui a voulu montré ça ! C’est toi et uniquement toi ! Toi qui te permets d’empiéter sur ma vie privée ! Ne balance pas de telles affirmations comme si c’était moi le coupable alors que ce n’est pas le cas ! »

 

« Arrête, Tery ! Arrête ! » s’écria aussitôt la jeune femme masquée, venant l’enlacer par derrière : « C’est bon ! C’est bon ! J’ai compris ... que ce n’était pas de ta faute ... C’est bon ... Calme-toi ... Tery. Tu ne va pas gâcher ce moment hein ? »

 

... ... ... ... ... Il s’arrêta, le regard légèrement hébété avant de baisser la tête. C’est vrai ... C’était totalement vrai. Il en devait pas s’emporter envers Clari. Celle-ci le regardait avec une petite mine, comme un peu apeurée par ses paroles.

 

« Bon ... Je suis désolé, Clari mais ton comportement me prend la tête. Arrête de balancer de telles affirmations alors que ce n’est pas la vérité. Ou alors si tu n’en donnes qu’une partie. Ce n’est pas de ma faute si tu as vu ... Enfin ... Bon ... »

 

« Ce n’est pas dramatique. Oublions tout cela. » répondit subitement Manelena en lui coupant la parole, disant : « Il faut d’abord que l’on se présente. Je m’appelle Manelena, cette jeune femme est Clari tandis que je pense que nous avons affaire au prince Royan de Traslord. »

 

« C’est le cas, c’est le cas. » répondit ce dernier en posant son regard sur la femme aux cheveux argentés. C’était un peu suspect ... tout ça quand même.

 

« Vous voulez que l’on aille dans une taverne ? On pourrait un peu parler de tout et de rien. » proposa le jeune homme aux cheveux bruns alors que la femme masquée s’exclamait :

 

« Bien sûr ! C’est une excellente idée ! On pourra rattraper un peu le temps perdu ! »

 

Elle était vraiment folle de joie et elle prenait aussitôt le bras de Tery entre les siens. Le jeune homme rougit légèrement alors qu’ils avançaient déjà sans même attendre les trois autres personnes. Manelena et Clari marchaient côte à côte tandis que Royan était entre les deux duos. Clari observait Elen avec suspicion, murmurant à Manelena :

 

« Elle est drôlement petite ... Enfin ... Bien plus que moi ou toi. Et puis ... Je ne vois pas pourquoi elle cache son visage hein ? »

 

« Ces masques sont capables d’amplifier les pouvoirs d’une personne qui a les lignes correspondantes. Cela veut dire qu’elle est plus faible qu’il n’y parait. »

 

« Je ne vois pas ce qu’elle a d’attirante ... Ce n’est même pas au niveau de la poi ... »

 

« Je ne pense pas que ça soit ça. De toute façon, en quoi est-ce que cela nous concerne hein ? Nous ne sommes pas dans cette histoire. » répondit Manelena alors que Clari disait :

 

« Que je sache, c’est toi qui t’es rapprochée de lui hein ? Et ça ne te gêne pas du tout ? »

 

« Et toi donc ? Tu étais quasiment collée à lui la majorité du temps ... Tu n’es pas furieuse qu’une femme arrive comme ça et te remplace aussitôt ? »

 

« Je ne sais pas ... Je n’arrive pas à être en colère pour l’instant. Il semble plutôt heureux et soulagé ... C’est la première fois que je le vois comme ça depuis que je le connais. » murmura la jeune femme aux couettes blondes, avouant par là qu’elle était bien moins importante que la femme masquée de blanc.

 

Une quinzaine de minutes plus tard, ils étaient tous assis autour d’une table. Elen à côté du jeune homme, Manelena et Clari en face d’eux tandis que Royan se trouvait tout simplement entre les deux duos. Elen semblait relativement ... En fait, c’était difficile à savoir ce qu’elle pensait à travers son masque brisé.

 

« Alors comme ça ... Vous êtes les deux femmes qui accompagnent Tery ? Je vois que ... »

 

« Que quoi ? Il y a un problème ? » demanda Tery en la regardant, un peu inquiet par les fissures sur son masque blanc.

 

« Non ... Je ne pense pas que ... ça soit important de toute façon. Quand à moi, je suis accompagnée par le prince de Traslord mais ça, vous le savez déjà. »

 

Elle jetait quand même des regards discrets aux deux femmes. Toutes les deux ... étaient plutôt très féminines et surtout plus grandes que le jeune homme. Ah ... Il préférait surement les femmes qui se mettaient un peu en valeur plutôt que celles camouflées et emmitouflées sous leurs capes. Puis ... Elles étaient quand même très belles. Oui ...

 

« Euh ... L’Ombre ? Ca ne va pas ? Je t’ai posé une question. »

 

« Hein ? Que ? Quoi ? » demanda t-elle en bafouillant légèrement, ressortant de sa rêverie alors que le jeune homme la regardait avec attention. Hey ! Qu’est-ce qu’il avait à la fixer comme ça ? Elle ... Elle allait être plutôt ... gênée ... quand même.

 

« Et bien ... Je me demandais si tu avais eut autant de problèmes que ça. Nous n’avons pas vraiment le temps de parler et avec toute cette marche ... J’avoue que je suis assez fatigué. »

 

« La nuit va tomber dans quelques heures ... Mais dormir maintenant ... Ca serait un peu bête non ? » répondit Elen en gardant son sourire.

 

« Je vais réserver des chambres pour la nuit. Alors ... Euh ... Deux ou trois ? J’aimerai savoir : vous dormez avec le prince ou non ? » demanda Clari alors que de l’incompréhension se lisait dans les yeux saphir d’Elen.

 

« Comment ça ? Nous avons chacun notre chambre. Mais attendez un peu ... Pourquoi deux ou trois ? De quoi ... Là par contre ... »

 

« Et bien, Tery, moi-même et Manelena, nous avons prit l’habitude de dormir dans la même chambre. Cela fait quelques économies et ... »

 

« COMMENT ?! Tery ?! C’est vrai tout ça ?! » s’écria la femme masquée, s’étant levée pour poser ses deux mains sur la table avec colère.

 

« Non mais ... Ce n’est pas ce que tu crois, l’Ombre. Pas du tout même... »

 

« Clari ... Tu es vraiment détestable quand tu fais cela. » murmura Manelena alors que Clari souriait de toutes ses dents, l’air un peu triomphante.

 

« Pour la peine ... Ce soir, elles dormiront ensembles mais seules. JE vais aller réserver trois chambres ! » reprit aussi la jeune femme masquée avant de s’éloigner.

 

« T’es fière de toi, hein ? » marmonna le jeune homme en regardant Clari d’un air furieux.

 

« Assez, je dois l’avouer. Et puis, je ne mens pas à ce sujet hein ? Je ne fais que dire la vérité ... Mais elle est un peu cachée, je l’avoue. »

 

« Je ne dors pas avec vous ! Pas réellement ! Alors ne racontes pas n’importe quoi ! »

 

Le prince semblait un peu dépité par le comportement du jeune homme. C’était tout simplement une personne ayant du mal à vivre dans sa peau. Il voyait parfaitement qu’il n’avait pas vraiment une grande volonté et une bonne mentalité alors ...

 

« Voilà, j’ai pris des chambres. Le prince tout seul, les deux femmes ensembles dans la seconde. Moi et Tery, on dort dans la troisième. Des réclamations ? »

 

« J’ai l’impression que tu viens de faire une grande bêtise, l’Ombre. » répondit-il alors que la femme masquée de blanc se tournait vers lui :

 

« Non ... Juste que ces petites choses ne se dérouleront pas comme elles le désirent. Visiblement, tu as été un peu ... perverti par elles. »

 

« Bien entendu, l’Ombre. Bien entendu ... Ne t’inquiète pas. Enfin ... Avec tout ça, maintenant, je suis vraiment fatigué. Demain, on repartira très tôt donc je vais aller me coucher. »

 

Hein ? Comment ça ? HEY ! Elle montait déjà à sa suite, il était pressé de dormir ou quoi ? Il avait déjà ouvert la porte, poussant un profond soupir en voyant un unique lit. Elle arrivait derrière lui tandis qu’il refermait la porte lorsqu’ils furent entrés.

 

« L’Ombre ... Tu as très mal compris hein ? Je ne dormais pas dans le même lit qu’elles mais dans la même chambre ... Je pense quand même que ça serait suspect hein ? La seule personne avec qui j’ai dormie, ça remonte à environ plusieurs mois et c’est toi. »

 

« Hein ? Que ... Quoi ?! Je pensais que ... Je vais demander une autre ... »

 

« C’est bon. On ne va pas créer d’autres problèmes hein ? Déjà avec la petite scène en bas ... Je ne comprendrai jamais les femmes, l’Ombre. » dit-il avant de retirer son haut, apparaissant torse nu devant Elen. Celle-ci resta stoïque, le jeune homme s’enfonçant sous les couvertures, se mettant du côté.

 

... ... ... C’était elle ou ... Il était devenu plus musclé depuis ... Et puis ... Euh ... Qu’est-ce qu’elle devait faire ? Dormir avec lui ? C’était vraiment gênant mais comme il l’avait dit, ce n’était pas la première fois ... Mais auparavant, il avait été malade. Et puis ... Et puis zut ! Des morceaux de tissu tombèrent au sol, la jeune femme ramassant les deux capes avant de déposer ses rares morceaux d’armure sur une chaise. Avec lenteur, elle s’infiltra sous les couettes à son tour, tournant le dos au jeune homme.

 

« L’Ombre ? Tu portes encore ton masque, n’est-ce pas ? »

 

« Je ne peux pas ... le retirer ... Même si il est fissuré ... Et puis ... Entre nous ... Enfin, si tu en as envie Tery, tu peux m’appeler Elen. Ca ne me dérange pas ... quand on est seuls. »

 

« Je n’ose pas ... C’est tout, je suis habitué à t’appeler comme ça.  Et puis, c’est un peu gênant aussi. Je ne vais pas t’appeler ma bonne amie alors qu’on ne s’est pas vus depuis des mois. »

 

« ... ... ... Tu peux m’appeler Elen s’il te plaît ? » demanda t-elle avec douceur.

 

« ... ... ... ... ... Elen. » murmura le jeune homme en rougissant légèrement alors qu’elle souriait sous son masque, se retournant dans le lit.

 

« Ne te retourne pas d’accord ? Tu me le promets, Tery ? »

 

« Je te le promets, je ne ferai rien qui puisse te faire souffrir mentalement. Et puis ... Je n’ai pas envie de me disputer avec toi après tout ce temps. »

 

Elle retira son masque avec une extrême lenteur, le déposant sur la table de chevet derrière elle avant de passer ses deux mains autour du torse du jeune homme. Celui-ci s’exclama :

 

« Hein ? Mais ... Elen ... Je ... »

 

« Moi aussi, je n’ai pas envie de me disputer avec toi, Tery. Je veux juste ... que l’on retourne aux moments où nous étions seulement tous les deux. » coupa t-elle en le serrant contre elle.

 

Bon ... D’accord. Il se laissa faire et puis, sincèrement, ce n’était pas du tout désagréable.

mai 19

Chapitre 48 : Une force bien réelle

Chapitre 48 : Une force bien réelle

 

« Pensez-vous que vous allez orner mon nid de vos crânes ? »

 

« Est-ce que vous pourriez arrêter de parler ainsi, s’il vous plaît ? » demanda t-elle avec lenteur. Elle n’était pas vraiment effrayée ... mais les paroles du cygne ne correspondaient pas vraiment avec la beauté qui émanait de la créature. Cela donnait alors quelque chose d’assez glauque ... et effrayant. En fait, si, elle était un peu effrayée quand même. Elle devait le reconnaître et l’admettre ...

 

Elle roula subitement sur le côté, évitant une volée de plumes qui fonçaient droit sur elle. Des plumes bien plus aiguisées et tranchantes qu’il n’y paraissait visiblement. Elle observa les nombreux trous derrière elle, reposant aussitôt son regard sur le cygne avant de murmurer :

 

« Je ... Euh ...  Vraiment ... Je ne sais pas quoi dire à ce sujet ... Vous êtes sûre qu’il faut que nous nous battions pour récupérer votre médaillon ? »

 

« Je ne peux pas confier une chose aussi importante à n’importe qui. Je ressens votre non-désir de vouloir me combattre mais c’est ainsi. Montrez-moi votre valeur et vous aurez alors mon médaillon. C’est bien pour cela que vous êtes venus non ? Vous ne pouvez donc recu ... » s’arrêta aussitôt le cygne avant de déployer ses ailes pour s’envoler.

Plusieurs pieux de glace s’étaient dirigés vers la créature, prêts à se planter en elle mais elle les avait esquivés aussi avec facilité. Hum ... Intéressant ... Ce garçon n’hésitait pas contrairement à elle. Peut-être était-ce là le sang royal qui coulait dans ses veines ?

 

« Vous devriez essayer d’agir comme lui, mademoiselle masquée. »

 

« ROYAN ! Ne faites pas n’importe quoi ! Si ce cygne était sérieux, vous seriez déjà mort ! » hurla t-elle aussitôt alors que le prince posait son regard sur elle.

 

« Et pendant ce temps ... Nous allons nous faire tuer ? Il vaut mieux réagir que de rester immobiles, mademoiselle. » répondit-il sèchement alors qu’elle tressaillait.

 

Non mais pour qui ... Il se prenait ?! Elle lui avait sauvé la vie mais voilà comment il la remerciait ?! En la mettant en danger aussi facilement que ça ?! C’était complètement stupide et déraisonnable de sa part !

 

Elle banda son arc, faisant apparaître trois flèches parcourues d’électricité avant de les diriger vers le cygne. Celui-ci fit un petit battement d’aile, un vent violent se soulevant, les flèches se plantant aussitôt dans le plafond sans même l’atteindre.

 

« Cela ne sera pas très efficace. Il va falloir faire beaucoup mieux si vous voulez me blesser voir me tuer ... Mais sans convictions, vous n’y arriverez pas. »

 

« J’ai la conviction ... Mais je n’ai pas pour but de vouloir vous tuer. »


Elle avait répliqué une nouvelle fois alors qu’elle réfléchissait à quoi faire. Ce cygne ... était très intelligent. Il n’avait pas encore été touché et de l’autre côté, il ne semblait pas encore avoir tout donné, loin de là même ! Mais ... Mais ... Bon ...

 

« Motivez-vous si vous voulez me battre. Vous n’avez guère réellement le choix pour cela. »

 

Le cygne revint atterrir sur le sol, posant son regard sur la jeune femme masquée de blanc. C’était elle ... et uniquement elle qui ne semblait guère motivée. Alors comment y arriver ? Peut-être qu’en jouant sur les sentiments ?

 

« Hum ... Demoiselle ? Avez-vous une raison qui vous pousse à récupérer ces médaillons ? »

 

« ... ... ... Je ne pense pas que cela vous intéresse plus que ça. » répondit-elle avec lenteur, cherchant le piège dans les paroles du cygne tandis que celui-ci disait aussitôt :

 

« Il le faut bien. Peut-être avez-vous nulle idée de ce que ces médaillons représentent ? Peut-être que dans le fond, vous serez celle qui emmènera le cataclysme dans ce monde ? »

 

« Qu’est-ce que vous racontez ? C’est n’importe quoi ... L’Oracle ne ferait jamais une telle chose ... Pas du tout même ... Et qu’est-ce donc alors ces médaillons ? Il y en a trois par royaume, c’est qu’ils ont alors une utilité non ? »

 

« Exactement ... Mais vous ne semblez pas savoir ce que ces médaillons représentent visiblement. Peut-être êtes-vous au final qu’un pion qui ne sait pas qu’il se fait manipuler ? Oups ... Attention, vous risqueriez de blesser quelqu’un. »


La dernière phrase s’était adressée au prince, celui-ci continuant de tenter de combattre le cygne sans y arriver réellement. Malgré ses jets d’eau et ses pieux de glace, il était complètement maîtrisé par la créature, le cygne dansant allégrement au gré du vent qu’il produisait, observant la jeune femme au masque blanc. Trônant sur un rocher de la grotte, ses ailes déployées, il reprit :

 

« Est-ce là la véritable raison de ta présence en ce lieu ? Je ressens autre chose ... Ce n’est pas vraiment ce que tu recherches ici. »

 

« Elle recherche un homme qui lui a sauvé la vie et inversement, voilà tout ! Que je sache, ce n’est pas un interrogatoire, non ? Je suis désolé mais nous ne pouvons pas perdre de temps. »

 

« Hum ? En voilà un prince bien impertinent. Là aussi, je me dis que les apparences sont visiblement très trompeuses. »

 

Trompeuses ...  C’était exactement ce qu’elle pensait en voyant l’adolescent aux cheveux bleus. Depuis qu’elle lui avait montré son incapacité à courir normalement, elle remarquait qu’il semblait bien plus ... « ouvert » ?

C’était un drôle de terme qu’elle utilisait mais cela correspondait plutôt bien à l’adolescent. Il semblait plus enclin à montrer ses émotions. Peut-être que dans le fond, il n’aimait pas être considéré comme un perdant ? C’était assez comique en un sens et ...

NON ! Ce n’était pas le moment de penser comme ça ! Elle avait autre chose en tête hein ?! Elle devait ... se concentrer ... mais les paroles du cygne étaient troublantes ... Vraiment troublantes même ... Elle ne savait pas réellement quoi penser dans le fond avec toute cette histoire ... Est-ce que le cygne mentait ? Et non ... Elle était là pour les médaillons en partie.

 

HEY ! Quand elle y pensait ... De quoi se mêlait Royan ?! En disant qu’elle recherchait un homme ! Ce n’était pas aussi simple que ça ! Et puis, il n’avait pas à dire cela ! Et puis zut ... Pourquoi est-ce qu’elle perdait sa concentration ? Le cygne ne se battait pas réellement ... Elle non plus ... Il n’y avait que le prince qui semblait réellement vouloir combattre.

 

« La prochaine fois, il vaut mieux que vous vous taisiez, prince ! Ca ne vous concerne pas qui je recherche ! » répondit-elle finalement, le cygne donnant un coup d’aile. Subitement, elle s’envola en arrière, poussant un cri de surprise alors qu’elle semblait hébétée.

 

Plaquée avec force contre un mur, elle s’était mise à cracher un peu de sang à travers on masque, retombant lourdement sur le sol. Elle se releva aussitôt, gémissant de douleur alors qu’elle se passait une main sur le dos. AH ! Son arc était tombé aussi ?! Elle le récupéra alors que c’était maintenant au prince de percuter un mur.

 

« Hum ... Je vois ... Je comprends ... Vous n’avez donc pas la volonté. Je ne vous tuerai pas car vous ne me tuerez pas. Vos envies ne sont guère belliqueuses. Partez tout simplement et vous aurez alors la vie sauve. »

 

« Je ne partirai pas sans ce médaillon. » murmura t-elle avec lenteur.

 

« Les lignes de Zélisia ne sont pas faites pour se battre mais pour soigner ... Vous avez plus de puissance avec elles mais ce n’est rien comparé à celles d’Alzar. »

 

« Je connais quelqu’un qui possède les lignes d’Alzar. Il trouve que cela est plus dramatique qu’autre chose ... Il ne veut pas vivre avec. »

 

« C’est plus une malédiction qu’une bénédiction ... Il est vrai ... » répondit le cygne tandis qu’elle bandait son arc, faisant apparaître une seule flèche. Autant concentrer tout dans celle-ci. Mais ... Le cygne la regardait déjà, la fixant intensément :

 

« Inutile ... Si cela n’a pas marché une fois, pourquoi cela marcherait t-il une seconde fois, n’est-ce pas ? Et ... Non ... Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. »

 

Le cygne s’était aussitôt bougé alors que la flèche parcourut d’une aura verte était partie. Mais en même temps, le prince avait gelé le sol en direction du cygne, celui-ci s’envolant pour esquiver la flèche et ne pas glisser. La flèche se planta dans la roche derrière le cygne.

 

« Vous êtes finalement tombé dans mon piège. »

 

Hum ? Le cygne se retourna au dernier moment alors que la flèche parcourut d’une aura verte explosait, provoquant une violente déflagration de vent. Le cygne tenta de garder le contrôle de son corps, sans y arriver, retombant au sol juste à quelques centimètres de la jeune femme. L’arc avait déjà disparu pour laisser place à deux dagues. Deux dagues qu’elle pointait en direction du cou du cygne.

 

« Vous avez perdu ... Est-ce que vous reconnaissez votre défaite ? »

 

« Hum ... Ne serais-tu pas un peu présomptueuse, jeune femme ? Ce n’est pas suffisant pour me faire croire que tu peux posséder ce médaillon. Il faudra faire bien mieux. »

 

Bien mieux ? Ce n’était pas assez ? Elle ne voulait pas le bless ... Un coup d’aile et voilà qu’elle était allongée sur le sol, la patte du cygne posée sur son ventre. Gloups ... Elle ... Elle n’avait pas fait attention ... Ce cygne ... Il savait très bien se batte.

 

« Et maintenant ? Dois-je dire pareil ? Reconnaissez-vous votre défaite, jeune demoiselle ? »

 

« ... ... ... Jamais. »

 

« Qui est donc cet homme dont ce prince parlait ? Peut-être que je pourrais vous menacer à son sujet ? Il ne sera pas difficile pour moi de trouver ... »

 

« C’est un adepte des lignes d’Alzar. » répondit le prince alors que le cygne se tournait vers lui. Royan semblait s’être calmé au fur et à mesure des secondes qui s’écoulaient.

 

« Un adepte des lignes d’Alzar ? Sa disparition serait donc une bonne chose. Partez de là. »

 

Le cygne avait retiré une patte d’Elen, lui donnant un coup avec celle-ci pour l’envoyer au loin avant de commencer à battre des ailes pour s’envoler légèrement au-dessus du sol. Qu’est-ce qu’il ... Qu’est-ce qu’il allait faire ?

 

« Donc ... Un adepte des lignes d’Alzar ? Cela ne devrait pas être si difficile à trouver, je pense. » murmura la créature aux ailes bleues alors qu’elle becquetait un peu son plumage, en sortant un petit objet qu’ils reconnurent facilement.

 

« Le médaillon ?! Il était dans son plumage ?! » vint dire Royan.

 

« Jeune demoiselle, vous feriez mieux plutôt de vous préoccuper de cet homme. Je vais aller lui rendre visite Dans le cas où vous pensez qu’il se peut que je me trompe, n’ayez donc aucune inquiétude à ce sujet. Des hommes manipulant les pouvoirs d’Alzar, il n’y en a pas tant que cela ... Et puis, une telle abomination dans ce monde doit disparaître non ? »

 

« Que ... Que ... Quoi ? Abom... Abomination ? »

 

« Et bien ? Les lignes d’Alzar ne cessent de faire souffrir, de détruire et de ravager ... »

 

« TERY N’EST PAS COMME CA ! VOUS NE VOUS EN APPROCHEZ SURTOUT PAS ! » hurla t-elle avec véhémence alors que mon masque blanc se fissurait légèrement.

 

« Hum ? Et pourquoi cela ? Qu’est-ce qui le rendrait si différent ? Parce qu’il est sensé vous connaître ? Ce n’est pas une bonne rai ... »

 

Hum ? Cette déferlante de puissance ... Le masque blanc qu’elle portait ... Si il commençait à se fissurer, cela voulait dire une chose. Il n’était plus assez résistant pour contenir sa puissance et la renforcer. Elle devenait sérieuse ?

 

« PRINCE ROYAN ! BOUGEZ DE LA ! METTEZ-VOUS A L’ABRI ! »

 

Hein ? Quoi ? Elle avait repris son arc, le dirigeant vers le cygne ... puis vers le plafond ? Une dizaine de flèches apparurent les unes après les autres, s’enflammant complètement alors qu’elle visait le plafond. Qu’est-ce que ...

A chaque flèche plantée dans le plafond, une explosion se produisit, des morceaux entiers du plafond commençant à s’écrouler tout autour d’eux. Le prince était revenu à l’entrée de la pièce, étant bien plus à l’abri dans cet endroit.

 

Qu’est-ce qu’elle comptait faire ?! Les enterrer vivants ?! Elle était devenue complètement folle ou quoi ?! RAHHHH ! Il fallait l’arrêter avant qu’elle ne détruise tout ! Pourtant, la jeune femme ne se préoccupait même plus du cygne, visant simplement le plafond.

 

« Je sens qu’il va falloir se calmer, jeune demoiselle. » murmura doucement une voix derrière elle alors qu’elle eut à peine le temps de se retourner avant d’être projetée contre un rocher qu’elle avait fait tomber du plafond.

 

Le ... Le cygne ... Il s’était déplacé à une telle vitesse qu’il n’avait rien pu voir ... Et là ... Ca ne servait à rien de vouloir aider la jeune femme masquée ... Ah ... Il devait garder son calme ... Prendre une grande respiration. Il avait été trop loin depuis le début.

 

« Cela ne me concernait pas que je sache ... Et pourtant, je m’en suis mêlé. »

 

Oui ... L’histoire d’amour de la jeune femme, si c’en était une... ne concernait qu’elle et ce jeune homme. Mais l’énervement de la jeune femme à chaque fois qu’ils parlaient du jeune homme était quand même assez étonnant.


Couchée à nouveau sur le sol, elle ne pouvait plus du tout bouger. Elle ... Elle avait été battue à plate couture tandis que le cygne reposait ses pattes sur elle. Il ne semblait même pas se soucier de l’humiliation qu’il lui faisait subir.

 

« Nulle raison de s’emporter ainsi ... Surtout de la part d’une adepte des lignes de Zélisia. Cela me surprend de voir une telle personne se mettre en colère pour un apôtre d’Alzar. »

 

« Ne le touche pas ... Il ... Il n’a rien fait ! Il n’a rien à voir dans cette histoire ! »

 

« Et alors ? Quelqu’un possédant des lignes d’Alzar mérite tout simplement de ... »

 

« IL N’A RIEN FAIT ! Il ne sait même pas les utiliser ! Je ne vais pas lui créer de nouveaux problèmes ! JE NE VEUX SURTOUT PAS ! »

 

Elle s’était mise à trembler, gesticulant au sol bien que cela était complètement inutile. Elle devait bouger ! ELLE DEVAIT BOUGER ET L’ARRÊTER AVANT QU’IL NE LE FASSE SOUFFRIR ! Son masque continuait de se fissurer, le cygne reprenant :

 

« Tu n’es pas celle qui lui créera de problèmes. »

 

« SI ! Car j’ai rencontré un cygne complètement cinglé et qui dévore les personnes ! »

 

« Cela m’affecte d’entendre de tels propos de ta part. Nous allons jouer tous les deux. Si tu es capable de me soulever et de t’extraire de mes pattes, je considère que tu as gagné. Si tu n’y arrives pas, tu rejoindras ces fameux crânes qui ornent mon nid ... Ou ce qu’il en reste maintenant ... par ta faute. Libre à toi d’accepter. »

 

« Je ... Je ... Je vais y arriver ! »

 

Mais elle ne comprenait pas pourquoi son masque était en train de se fissurer. Heureusement que Royan était assez loin car il était hors de question que le prince la voit. Elle devait ... Elle devait y arriver ... Car sinon Tery serait ENCORE en danger par sa faute !


Et ça ... ça ... Il en était hors de question ... Elle poussa un râle, des lignes blanches apparaissant sur la globalité de son corps alors que le cygne haussait un sourcil s’il en possédait un. Sa patte se soulevait peu à peu tandis qu’il murmurait :

 

« Tu n’es pas normale ... Pas du tout ... »

 

« Ne fait pas ... de mal ... à Tery. Je l’ai déjà assez fait souffert ... dans le passé ! »

 

Les deux mains se positionnèrent sur les pattes du cygne, le soulevant avant de le projeter contre un mur. Un cygne bien plus grand qu’elle ... L’adolescent était aussi étonné que la créature, celle-ci se retrouvant avec bon nombre de blessures à cause de la projection. Cela avait été rapide, violent et efficace alors qu’elle se levait :

 

« J’ai ... J’ai réussi ... Alors ... Donnez-nous ... le médaillon ... s’il vous plaît. »

 

« ... ... Je pense que je n’ai pas le choix. Je perdrai cette bataille si je continuais. »

 

Le cygne becqueta contre son plumage, récupérant un pendentif avec une sorte d’émeraude incrustée dans celui-ci. Il envoya l’objet au sol en direction d’Elen, celle-ci posant une main sur son masque fissuré. Elle semblait réellement ... exténuée ...

 

« ATTENTION, MADEMOISELLE ! IL ATTAQUE ! »

 

Elle s’était penchée tout simplement pour récupérer le médaillon,  ne remarquant même pas que le cygne s’était rapproché d’elle. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres de l’un par rapport à l’autre, le cygne l’observant longuement :

 

« C’est bizarre ... Cette impression ... Je ne la ressens plus maintenant... »

 

« De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda t-elle en reculant aussitôt.

 

Elle préférait se méfier, elle n’était pas sûre du tout de ce qui se passait, loin de là même. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas confiance mais ...

 

« Ce n’était qu’une hypothèse non-raisonnable de ma part. » répondit le cygne alors qu’il s’était mis à becqueter son propre corps, comme pour soigner ses blessures ou les arrêter.

 

« Et maintenant ? Qu’est-ce qui ... va se passer ? »

 

« Qu’est-ce qui va se passer ? Que voudrais-tu qu’il se passe, jeune demoiselle ? »

 

« Euh ... Et bien ... Je récupère le médaillon et nous nous en allons, c’est cela ? » demanda t-elle alors que le cygne recommençait à l’observer longuement avec attention.

 

« Que pensiez-vous faire d’autre ici ? Vous avez ce pour quoi vous êtes venus non ? »

 

« Oui ... Oui ... C’est vrai ... Je suis désolée de vous déranger plus longtemps. »

 

... ... ... Elle s’apprêtait déjà à partir alors que le prince ne disait rien du tout, le cygne continuant de la regarder en la fixant.

 

« Vous n’avez rien d’autre à me demander ? Pourtant, vous le pourriez ... Surtout que cela peut s’avérer assez important si vous y réfléchissez bien. »

 

« ... ... Je ne vois vraiment pas ce que je peux vous demander. »

 

« Peut-être au sujet du jeune homme que vous recherchez ? » demanda t-il une nouvelle fois tandis qu’elle se retournait, plus qu’intéressée par les paroles du cygne.

 

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Vous savez où il se trouve ? »

 

« Bien entendu ...  Rares sont les personnes à posséder des lignes d’Alzar ou de Zélisia. Je suis même capable de les repérer. Votre compagnon que vous recherchez, il possède des lignes d’Alzar n’est-ce pas ?  Est-il accompagné ou non ? »

 

« Par une femme possédant ... des lignes de Zélisia ... Et une autre avec des lignes d’Alzar. »

 

Le prince était légèrement étonné des paroles de la jeune femme au masque fissuré. Son ... compagnon ... L’homme qu’elle recherchait. Il était quand même très bien entouré hein ?

 

« Donc ... Deux adeptes d’Alzar et un de Zélisia. Hum ... Cela est difficile à croire qu’ils travaillent en commun mais en voyant vos émotions dans ce combat, je me dis que ce n’est pas impossible. Je ressens trois énergies collées les unes contre les autres à environ deux cents kilomètres au nord-ouest de cette position. »

 

« Cela risque d’être très difficile de le retrouver mais merci ! Peut-être qu’avec des lettres, je pourrai communiquer avec lui pour tenter de m’aider ! »

 

« ... Bonne chance dans votre quête ... »

 

Voilà qu’ils partaient maintenant, laissant seul le cygne alors que celui-ci retournait dans son nid. D’un coup d’aile, il retirait les rochers et les crânes brisés, s’installant dans son petit coin sans plus un mot. Lorsqu’ils ne furent plus là, il murmurait :

 

« Même si je sens que vous faites une bêtise dont vous ne savez rien. »

 

Oui ... Mais le pire n’était pas ce qu’ils allaient faire mais ce qui allait se produire après. De l’autre côté, il était en proie à une interrogation dont il n’aurait jamais pensé se poser la question avant aujourd’hui.

 

« Cette femme ... Pendant un instant ... J’ai cru apercevoir en elle ... mais non ... »

 

Ce n’était qu’une idiotie, une erreur de sa part. Ce n’était pas possible tout simplement.

mai 12

Chapitre 47 : Filer au gré du vent

Chapitre 47 : Filer au gré du vent

 

« Vous semblez bien plus heureuse qu’hier, mademoiselle. »

 

« J’ai reçu une lettre de Tery. » répondit-elle en marchant d’un air guilleret.

 

 « Ceci explique cela. » murmura l’adolescent aux cheveux bleus alors qu’elle continuait d’avancer sans réellement se préoccuper du reste. Elle se tourna subitement vers Royan, l’observant de ses yeux bleus avant de dire :

 

« Bon ... Par contre, est-ce que nous sommes assez loin de la première créature gardienne du médaillon ou non ? Je me rappelle qu’à Shunter, il y avait un chef gnomold isolé qui en possédait un tandis qu’un autre avait été avalé par un ver géant. »

 

« A Claudiska, les créatures sont nos amies. La majorité des espèces présentes dans ces nuages est pacifique. Nous ne devrions avoir aucun mal à récupérer les médaillons si nous nous montrons respectueux envers elles. Elles sont même douées d’intelligence paraitrait-il. » répondit l’adolescent aux cheveux bleus alors qu’elle écarquillait les yeux :

 

« Des créatures intelligentes ? Du même niveau qu’un Gnomold ? Ou alors bien plus évoluée que cela ? Car des créatures utilisant des lignes, ce n’est pas anormal mais ... »

 

« Je pense qu’elles sont bien plus intelligentes que les Gnomolds. Au passage, je vous conseille de faire attention à vos propos. Dans ce royaume, les Gnomolds sont respectés comme d’autres espèces. Il faut savoir que les Gnomolds sont la seule race représentée dans l’entièreté de ce monde et il paraîtrait même qu’elle était là bien avant nous. »

 

« C’est vrai, j’avais déjà cru entendre une telle chose ... ou alors lu ... Je n’en suis pas sûre mais ce que vous dites est réaliste car bon nombre de personnes pensent la même chose. Ca serait quand même bizarre non ? »

 

« Bizarre dans quel sens ? Pourquoi cela serait-il bizarre que les Gnomolds soient arrivés avant nous ? Ce n’est pas si surprenant que cela. Nous ne sommes pas nés avant tous les autres, il ne faut guère l’oublier. Ce qui est plus surprenant, c’est le fait que les Gnomolds de chaque royaume a quelques particularités de chaque race. Ainsi, les Gnomolds de mon royaume ont des écailles ou alors une carapace sur leur corps. Ce n’est pas rien. Ils sont aussi d’excellents nageurs. »

 

« A Shunter ... A part qu’ils sont bossus, je ne crois pas avoir remarqué de choses bien différentes. Il faut dire que je n’ai jamais vu des Gnomolds à Traslord. »

 

« C’est bien dommage mais bon, à côté, vous n’êtes pas souvent sortie des villes non ? »

 

« ... C’est le cas, oui. » répondit la jeune femme aux cheveux blonds.

 

Bien que ce n’était pas une information des plus importantes, elle reconnaissait que c’était insolite. Si les Gnomolds de chaque royaume ressemblaient un peu aux humanoïdes qui les dirigeaient, on pouvait peut-être les considérer comme des sous-humains ? Dis comme cela, c’était plutôt insultant envers les Gnomolds mais sur le coup, elle ne pensait vraiment pas à mal, loin de là même. Savoir ce genre de connaissances ... était sûrement inutile.

 

« Mais bon ... Ce n’est pas très important, n’est-ce pas ? »

 

« De quoi donc, mademoiselle ? » demanda l’adolescent en s’arrêtant de marcher.

 

« Au sujet des Gnomolds. Je ne m’intéresse pas plus que cela à eux. Néanmoins, je suis un peu pressée que nous avancions. Dès que nous serons sortis de la ville, nous devons aller nous rendre où ? Vous le savez bien mieux que moi. »

 

« Hum ... Il y a environ une trentaine de kilomètres mais c’est toujours sur le même nuage. A partir de là, il faudra quand même que nous fassions attention où nous mettons les pieds. Ce n’est pas parce que la créature gardienne ne nous attaquera peut-être pas que les autres ne le feront pas. Nous devons nous méfier au cas où. »


Oui, il avait entièrement raison, cela changeait un peu de ses paroles habituelles. Après une dizaine de minutes, ils avaient quitté la ville, marchant sur un chemin entouré d’herbe. C’est vrai ... Autre le fait qu’ils étaient sur un nuage, tout le reste était semblable à un terrain des plus normaux. Elle avait déjà fait la remarque auparavant mais bon ...

 

« Est-ce ce sont vraiment des nuages sur lesquels nous sommes ? »

 

« Hum ? Mademoiselle, je vous ai déjà répondu à ce sujet. Nous sommes sur des îles flottantes mais dont la base est constituée de nuage. Ainsi, si je devais prendre un exemple : imaginez qu’il y a environ cent mètres de hauteur sur une île. Environ quatre-vingts mètres seront constitués de terre tandis que les vingt derniers seront constitués de nuages. Enfin bon, je ne connais pas forcément grand-chose à ce sujet mais c’est ainsi que cela se passe. Certains nuages sont crées artificiellement car une partie glacée doit être crée. »

 

« Est-ce pour cela que Claudiska et Traslord sont en si bons termes entre eux ? »

 

« C’est l’une des raisons de notre alliance si vieille, c’est exact. Claudiska a indirectement besoin de nous et inversement. Lorsque nos bateaux doivent naviguer, le vent nous est utile pour nous emmener à bon port. Il faut aussi éviter les tsunamis et autres tornades qui pourraient faire des ravages. C’est pourquoi nous sommes tous liés et soudés. »

 

« C’est ... beau ... Enfin, je dis ça comme ça mais ... »

 

« Mais quoi donc ? » demanda l’adolescent aux cheveux bleus, la fixant tout en marchant. Il ne voulait pas répéter la scène d’hier où ils s’arrêtaient toutes les deux secondes car la jeune femme était plongée dans ses pensées.

 

« Et bien ... Après tout ce qui se passe actuellement avec cette guerre, je me dis que c’est une bonne chose que certains peuples soient en paix entre eux, c’est ça que je trouve très bien personnellement mais bon ... »

 

« Mais bon quoi ? Soyez plus précise au lieu de tourner autour du pot. »

 

« Et bien ... C’est juste éphémère. Ca n’existera jamais une paix réelle de toute façon. » répondit-elle finalement avec une certaine tristesse alors qu’il haussait un sourcil, légèrement surpris par ses paroles. Elle semblait plus pessimiste qu’il ne le pensait.

 

« Notre relation avec Claudiska est solide. Je ne m’inquiète pas à ce sujet. »

 

« Tant mieux alors ! Vous voulez courir ou non ? Peut-être qu’en utilisant un peu mes lignes blanches, je peux nous faire courir plus rapidement. »

 

« Je ne penses pas que cela soit une bonne idée. » murmura l’adolescent.

 

Mais pourtant, elle avait déjà relevé ses manches, des lignes blanches apparaissant dessus alors qu’un léger vent se fit sentir dans leurs dos. Elle commença aussitôt à courir à toute allure en avant, sa vitesse semblant prodigieuse comparée à auparavant.

 

Lui ? Il avait commencé à courir mais dès les premiers pas, il s’écroula violemment dans l’herbe, la jeune femme s’arrêtant aussitôt. Elle revint vers lui, s’approchant pour voir ce qui s’était passé alors qu’elle lui demandait :

 

« Et bien ? Vous ne savez pas courir ou quoi ? »

 

« Facile à dire pour vous ... Vous avez l’habitude d’utiliser le vent comme élément pour accélérer votre vitesse mais moi ... C’est la première fois. »

 

Oh ? C’était bien la première fois qu’elle l’entendait se plaindre. Cela avait quelque chose d’assez mystérieux ... Et amusant en un sens. Elle tendit sa main gantée, reprenant :

 

« Prenez ma main et tenez la fortement donc ... »

 

« Non, c’est bon, je pense que je peux y arriver quand même. »

 

Excès de confiance ? Vanité mal placée ? Beaucoup de termes pouvaient être utilisés pour ce moment puisqu’elle fit un petit geste de la main pour lui dire de commencer à courir devant elle. Chose qu’il fit ... avec échec. Cela n’avait même pas duré cinq secondes qu’il se retrouvait à nouveau la tête plongée dans l’herbe. Pourtant, aucun grognement ... Il s’était relevé avec dignité malgré ses habits tachés de vert.

 

Elle ? Elle se retenait de rire car elle trouvait cela assez amusant en un sens. Mais bon ... Elle devait quand même essayer de l’aider n’est-ce pas ? Ce n’était pas très sympathique de se moquer alors ... Bon ... Elle se présenta à côté de lui, tapotant doucement le sol de son pied droit avant de prendre la parole :

 

« Je vais vous expliquer comment faire. Tout d’abord, le grand problème lorsque l’on commence à utiliser la magie du vent pour accélérer sa course, c’est que nos jambes ne suivent pas le mouvement. »

 

« Hum ? Et alors ? Comment faire ? » demanda l’adolescent, comme résigné à écouter ce que la jeune femme au masque blanc avait à dire.

 

« Et bien ... Rien ne sert de se presser. Moi, j’ai pris l’habitude au fil des années car cela me permettait de parcourir des distances très longues en un laps de temps très court. Mais vous ... qui débutez dans la course liée au vent, vous avez besoin de beaucoup d’entraînement. Tout d’abord, il faut essayer de suivre le rythme de nos pas. Regardez mes pieds. »

 

Elle tapotait d’abord du pied droit sur le sol puis du pied gauche et ainsi de suite, cela semblait d’abord se faire lentement puis de plus en plus rapidement. L’adolescent aux yeux bleus écarquilla ces derniers. Cette vitesse ... Il ne voyait presque plus ses deux pieds.

 

« Ensuite, il faut réussir à garder le rythme même en courant, ce n’est pas vraiment simple mais on peut y arriver. Je vous fais une démonstration. »

 

Elle s’était mise à courir avec lenteur. Malgré le vent qui soufflait derrière elle, elle courait lentement ? Elle voulait vraiment lui faire une démonstration ou alors se moquer de lui ? Il ne le savait pas mais il remarquait qu’elle accélérait au fur et à mesure. Ses pieds ... Malgré la vitesse utilisée, elle semblait garder le contrôle de ses deux jambes. C’était vraiment impressionnant, il fallait l’avouer.

 

Puis finalement, elle s’arrêta devant lui, prenant une profonde respiration comme si elle avait courut un marathon. Hum ? Pourquoi est-ce qu’elle était aussi épuisée ? Il ne voyait pas de raison à cela mais bon ... Elle prit la parole :

 

« Bon ... Je crois qu’en fin de compte, on ne va pas courir. Je me suis épuisée rien qu’à vous montrer comment faire ... De l’autre côté, on n’avancera pas aussi vite que prévu. »

 

« Cela ne m’a pas l’air simple à faire d’après ce que je vois. »

 

« Ca ne l’est pas ! Mais ça l’est encore moins pour expliquer ! Je dois encore plus réguler ma vitesse ... Pfff ... Sincèrement ... Je me demande comment nous allons faire. »

 

« Je suis désolé de ne pas avoir vécu autant d’aventures que vous. » répondit soudainement l’adolescent avec un peu d’ironie alors qu’elle haussait un sourcil :

 

« Hein ? S’il n’y avait que ça ... Car personnellement, je ne suis pas une folle aventurière contrairement à ce que vous semblez croire. »

 

« Vous n’avez pas parcouru bon nombre d’endroits ? »

 

« Bien sûr que non ! C’était la première fois que je mettais les pieds à Traslord ! Mais aussi à Claudiska ! Shunter, cela date d’il y a quelques mois mais avant ma majorité, je ne faisais que voyager dans les environs de mon orphelinat. »

 

« Votre orphelinat ? Vous êtes donc une orpheline ? »

 

« Pas vraiment ... Mais en quoi est-ce que cela vous intéresse hein ? » dit-elle avant de se mettre à marcher avec anxiété. Non mais ... Elle n’avait pas à raconter son existence à autrui.

« En aucun point ... Enfin, cela m’aurait permis de mieux vous connaître. »

 

« Il n’y a pas besoin de se connaître plus que cela puisque vous ne m’appréciez pas et inversement. » répondit-elle aussitôt, l’adolescent reprenant :

 

« Vous m’avez sauvé la vie, je ne peux pas l’oublier comme cela malgré tout ce que vous dites, mademoiselle. C’est impossible à mettre de côté, je ne suis pas ainsi. »

 

« Hum ... Quelqu’un de froid ? J’ai beaucoup de mal à y croire. »

 

Mais bon ... Elle haussa les épaules, ne lui parlant plus alors qu’il faisait de même tandis qu’ils se remettaient en route. Il ne fallait pas perdre de temps. Bon ... Où est-ce qu’ils allaient ? Où est-ce qu’ils devaient se rendre ?

 

L’adolescent avait pris les commandes du duo, Elen observant le décor autour d’elle. Vraiment ... On ne voyait pas de différences avec le reste ... outre le fait qu’elle était sur une île qui flottait au-dessus du sol et cela à plusieurs dizaines de mètres voir centaines ... Quand même ... Ca restait très impressionnant.

 

Pourtant, Royan ne semblait pas en tenir compte. Le regard sérieux, les yeux froncés, il avançait sans un mot. On pourrait presque croire qu’il avait très mal pris les paroles de la jeune femme au masque blanc. Et quand on regardait de plus près, on remarquait bien qu’il marchait d’une drôle de façon et surtout jetait un regard à ses pieds toutes les deux secondes.

 

Finalement, elle préféra ne pas lui poser de questions. Elle sentait qu’elle allait sûrement le vexer de toute façon et donc ... Il valait mieux ne pas l’embêter avec tout ça. Ah ... Bon ... Est-ce qu’ils allaient avancer ou non ? Car en fin de compte, elle avait l’impression de marcher pendant des heures mais pour rien du tout.

 

Et pourtant ... Et pourtant ... Au bout du chemin, ils arrivaient devant une grotte. Tout de suit, elle tressaillit ... Les deux dernières grottes visitées ... ou presque ... Cela avait été avec Tery. Mais maintenant, elle ne pouvait pas réellement compter sur l’adolescent.

 

« Laissez-moi faire ... Etant de sang royal et surtout un allié de Claudiska, je suis le plus à même de pouvoir discuter avec eux. »

 

« Bien entendu ... Et si vous vous faites dévoré, j’annonce cela comment aux personnes qui vous attendent dans votre royaume, hein ? »

 

« Cela n’arrivera pas, à vous de me faire confiance si vous pensez y arriver un jour ou non. »

 

« ... Je ne pense pas y arriver un jour. » répondit-elle aussitôt alors que l’adolescent s’arrêtait avant même de rentrer dans la grotte. Quand on regardait bien ... L’herbe semblait aussi poussé dans celle-ci ? Hein ... Mais ...

 

Il y avait plusieurs rayons de lumière à l’intérieur de la grotte. C’était plutôt sympathique et joli quand on y posait plus longtemps le regard dessus. Oh oui ... Bien joli ... La grotte devait sûrement être trouée en plusieurs endroits.

 

« Et bien ? On attend quoi sinon ? Je ne pense pas que la créature va sortir de la grotte et nous donner le médaillon très gentiment non ? »

 

« Nous allons rentrer ... Rien ne sert de se presser de toute façon. »

 

Il disait cela avec une certaine monotonie alors qu’il faisait les premiers pas, s’avançant dans la grotte. Puis il fut rejoint par la jeune femme masquée de blanc, celle-ci tournant sa tête à gauche et à droite. Oui ... Ils voyaient à l’intérieur de la grotte grâce à ces halos de lumière.

 

Hum ... Il manquait juste quelques cristaux de différentes couleurs sur lesquels la lumière irait frapper pour rendre cette espace vraiment superbe. Hihihi ... Elle aurait bien aimé visiter cela avec Tery d’ailleurs quand elle y pensait plus sérieusement.

 

« Hum ? Vous vous dépêchez ? Je ne sais pas du tout ce qui nous attend actuellement. Sur notre route, nous n’avons pas  rencontré de monstres ou autres créatures dangereuses, c’est donc une bonne chose. Ne perdons pas notre chance. »

 

« Oui, oui, c’est bon. Ne vous en faites pas, je vous suis. » répondit-elle, le regard un peu perdu dans la vague alors qu’elle continuait de penser à Tery.

 

Pourquoi ? Pourquoi faire une fixation sur le jeune homme aux cheveux bruns ? Elle ne comprenait pas vraiment mais bon ... Elle marchait derrière Royan, celui-ci accélérant même le pas. Hum ? Un peu en colère ou alors ...

 

« Des humains ... Êtes-vous là pour me retirer le médaillon de force ? »

 

La voix avait été prononcée doucement et délicatement, comme le ferait une mère à ses enfants. Ce n’était pas exactement cela mais ... La voix avait quelque chose de vraiment magnifique quand elle l’écoutait. Ils arrivèrent à une sorte de petite salle souterraine où se trouvait une végétation luxuriante ... et au beau milieu de celle-ci... Une sorte de nid. C’était de là d’où provenait la fabuleuse voix.

 

 Et pour cause ... Elle avait en face d’elle ... Un magnifique cygne ? Oui ... C’était bien un cygne mais d’environ deux mètres de hauteur. Un cygne ou plutôt une femelle cygne d’après la voix ... Elle avait un plumage bleu mais constellés de nombreuses petites taches vertes ... C’était plutôt surprenant ce mélange de couleurs mais c’était la nature qui l’avait ainsi faite ... Et ce n’était pas laid ... Car il y avait une telle magnificence de la part de la créature. Celle-ci ouvrait ses deux yeux saphir sur la jeune femme masquée et le prince, les observant pendant de longues secondes :

 

« Alors ? Avez-vous perdu le don de la parole en m’apercevant ? »

 

« Ortéria ? » demanda le prince après quelques secondes, s’inclinant devant la créature.

 

« Voilà donc ... Il est rare que l’on m’appelle par mon véritable prénom. Qu’es-tu donc jeune homme en devenir ? Je ressens du sang royal en toi. »

 

« Je suis le plus jeune des trois princes de Traslord, l’allié du royaume dans lequel vous habitez. Je suis venu avec une amie pour vous demander un grand service. »

 

« Cela ne peut concerner que le médaillon que je garde auprès de moi, n’est-il pas ? »

 

« Je suis au regret de vous annoncer que oui. » murmura l’adolescent aux cheveux bleus en se redressant finalement, Elen restant parfaitement muette ... trop muette. Le cygne se tourna vers elle, sa voix féminine résonnant à nouveau dans la grotte :

 

« Et bien ? Votre compagnonne ne parle guère. Est-elle effrayée par moi-même ? Je ne ressens guère de peur en elle ... Peut-être est-ce plutôt de l’étonnement ? »

 

« Je ... Je ... Je ... Enfin ... C’est juste qu’à part les Gnomolds ... Je n’ai jamais vu ... de créatures capables de parler et vous êtes bien différente de ... des Gnomolds. »

 

« Je le conçois et je l’espère. Je ne pense pas ressembler à ces créatures. Je vais considérer cela comme un compliment de votre part, jeune demoiselle. »

 

« Enfin bon ... Euh ... Qu’est-ce que nous devons faire pour obtenir ce médaillon ? »


Le cygne se releva peu à peu, ouvrant ses ailes en grand alors qu’elle reculait aussitôt. Le prince vint réagir de même tandis que le cygne reprenait la parole :

 

« Nous allons tout simplement voir à quel point vous êtes motivés pour tenter d’obtenir ce médaillon. Je remarque que vous n’êtes pas belliqueux ... Mais récupérer ce médaillon et en pas être capable de le défendre impliquerait le fait que vous êtes trop faibles. »

 

« Vous voulez que l’on se batte contre vous ... C’est cela ? »

 

Elle avait cru mal entendre mais c’était bien cela que les paroles du cygne impliquaient. Ah ... Ah ... Elle ne voulait pas faire de mal à une si belle créature mais ...

 

« Je lis dans votre regard masqué que vous ne semblez guère convaincue de ma puissance, n’est-il pas ? Je vais donc vous recommander de regarde ce qui se trouve dans mon nid. Peut-être que cela vous donnera la motivation de me combattre ? »

 

Hein ? Que quoi ? Comment ça ? Le nid ? Qu’est-ce qu’il ... AH ! Lorsque le cygne était couché, ils n’avaient pas pu remarquer mais ... Mais ... Elle évita de pousser un cri alors que l’adolescent aux cheveux bleus murmurait :

 

« Mais ce sont des ... »

 

« Crânes, c’est exact. Ce sont les crânes de ceux qui ont essayé de me tuer pour récupérer ce médaillon. Ces êtres sans aucune morale. »

 

« Mais pourquoi les garder ? » demanda t-elle avec inquiétude alors que les yeux bleus du cygne se posaient sur elle, répondant :

 

« Car ils me tiennent chaud. On peut considérer cela comme une collection macabre si vous le préférez. Voulez-vous donc récupérer ce médaillon ? »

 

« Je ... Je n’ai pas vraiment le choix ... Royan, reculez, je m’occupe de ça. » répondit-elle alors qu’elle faisait déjà apparaître des lignes blanches ainsi que son arc.

 

« Il en est hors de question, mademoiselle. Je vais combattre aussi. »

 

« Un prince et une fille de Zélisia ... Cela risque d’être intéressant. »

 

Le cygne se trémoussa sur lui-même, des lignes vertes apparaissant sur tout son plumage, les taches étant jointes par les dites-lignes. Déjà, un vent violent commençait à se soulever, la jeune femme et l’adolescent reculant de force. Cela n’allait pas être ... simple.

mai 5

Chapitre 46 : Flotte la vie

Quatrième partie : Une nouvelle trahison

 

Chapitre 46 : Flotte la vie

 

« Dépêchez-vous ! »

 

« Vous ... Vous êtes du genre à ne pas vous reposer hein ? »

 

L’adolescent aux cheveux bleus s’était arrêté, reprenant son souffle alors qu’elle s’immobilisait à son tour, l’observant pendant quelques instants. Déjà fatigué ? Ce n’était quand même pas possible ! Cela faisait à peine deux heures qu’ils marchaient ! Elle vint s’installer contre un rocher, l’un des rares présents sur le nuage gigantesque où ils se trouvaient. Un nuage ? C’était exact ... Ils étaient dans les airs, ils étaient tous les deux présents alors que le prince semblait la remercier du regard.

 

« Quand même ... Pourquoi avoir continué à me suivre ? Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui vous est passé par la tête. »

 

« Je dois vous accompagner ... Si vous voulez retrouver les trois médaillons de Claudiska ... Je vous rappelle aussi que ... »

 

« Mais vous n’étiez pas obligé ! C’est surtout ça le problème ! Je ne vous ai pas forcé à me suivre ! C’est ça que je ne comprends pas ! Vous auriez pu rester en sécurité là-bas ! » s’écria t-elle en haussant légèrement la voix, l’adolescent gardant ses yeux bleus fixés sur elle.

 

« Car je vous trouve potentiellement intéressante. Vous ne semblez pas comprendre que ce que je peux vivre à vos côtés est bien plus ... »

 

« Vous avez décidé de me suivre pour des raisons personnelles ?! Simplement pour le goût de l’aventure ? » demanda t-elle éberluée alors qu’elle se redressait de son rocher.

 

« En quoi cela vous étonne, mademoiselle ... Vous ne voulez toujours pas me dire votre nom ? Enfin qu’importe, j’ai décidé de vous rejoindre car j’estimais que c’était la meilleure chose à faire. Avec vous à mes côtés, je sais que la royauté de Traslord ne sera pas en péril. Vous m’avez déjà sauvé la vie, je vous suis redevable. »

 

« ... ... ... Oh et puis zut, sachez simplement que vous ne le remplacerez jamais de toute façon ! » dit-elle alors qu’elle se retournait.


La photo ... Elle n’arrivait toujours pas à croire que Tery l’avait bien reçue. Cela lui avait fait chaud au cœur ... Surtout qu’il avait dit qu’elle ... Qu’elle avait des yeux magnifiques. C’était ... flatteur ? Enfin ... Rien que de penser à ce compliment et voilà qu’elle rougissait sous son masque blanc. Tery n’était pourtant pas du genre à écrire de telles choses. De l’autre côté, il avait peut-être changé depuis le temps. Il était peut-être du genre à draguer toutes les femmes dans l’armée de Shunter.

 

Brrrr ! Rien que de penser à cette idée la fit frissonner, c’était simplement impossible mais ... Elle n’était pas dans le cerveau du jeune homme. Ah ... Elle le reconnaissait quand même ... Ca lui manquait de passer ses journées avec Tery. Ah ... Le moment où elle allait le revoir ... Elle allait imaginer un sort pour qu’ils ne soient plus séparés ! Peut-être des menottes faites de pierre ? C’était une drôle d’idée mais bon ... Pourquoi pas ?

 

« Mademoiselle ? Mademoiselle ? » demanda le prince Royan alors qu’elle sursautait à moitié. Bon sang ! Il venait de lui faire affreusement peur ! Qu’est-ce que l’adolescent lui voulait ?! Elle se tourna vers lui, prenant la parole d’une voix un peu troublée :

 

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ?! Il y a un problème ?! »

 

« Non ... mais vous rêvassiez. Vous étiez en train de penser à ce jeune homme, n’est-ce pas ? » demanda le prince qui ne semblait pas avoir perdu son affront.

 

« Que je sache, ça ne vous concerne pas. Vous connaissez un peu les lieux, c’est vous qui me servez de guide mais je ne suis pas obligée de vous répondre au sujet de Tery. »

 

« Comme vous le désirez mais je sais parfaitement que vous attendez avec impatience ses lettres. » annonça l’adolescent alors qu’elle émettait un petit grognement.

 

« Cela ne vous concerne pas je crois. » répondit-elle séchement alors qu’il ne fit qu’hausser les épaules, la jeune femme reprenant aussitôt : « Et de toute façon, je ne vois pas pourquoi je devrais vous en parler. Quand est-ce que nous serons arrivés à cet animal gardien ? »

 

« Normalement, cela va nous prendre encore une ou deux journées de marche. Il existe des nuages gigantesques, comme celui où nous nous sommes. Néanmoins, je tiens à vous signaler que là-bas, il vous faudra me laisser parler. Vous ne paraissez clairement pas de confiance. »

 

« Répondit le jeune prince à celle qui lui a sauvé la vie. » ironisa t-elle légèrement alors qu’elle ne savait pas comment réellement l’expliquer. L’adolescent la lassait ... contrairement à Tery. Peut-être parce qu’il n’était pas drôle ? Avec Tery, il y avait toujours quelque chose d’enjoué ... quelque chose d’amusant ...

 

« AH ! Vous voyez ! Vous repensez encore à lui ! » s’écria soudainement Royan alors qu’elle sursautait à cause du cri.

 

« Bon sang ! Vous ne pourriez pas éviter de crier comme ça ?! »

 

« Je suis bien obligé ... Vous m’écoutez à peine ... Je n’ai que ça comme possibilités ... Mais quand même, je n’ai pas compris. A quoi ressemble t-il ? Vous vous connaissez depuis longtemps ? Est-ce votre promis ? » demanda le garçon alors qu’elle posait son regard bleuté sur lui. C’était quoi ces questions indiscrètes ?

 

« Je vous en pose des questions, moi ? Prince Royan ? »

 

« Non ... Mais je me le demandais ... Car rien qu’en voyant la lueur dans vos yeux, je me dis qu’il doit être un être exceptionnel. Est-il plus puissant que vous ? »

 

« Il possède des lignes d’Alzar ... mais il ne sait pas les utiliser. Donc, il est bien plus débutant que moi ... Je ne sais pas si cela se dit en ces termes mais bref ... Non, il n’a rien de spécial ... Il est juste un peu grognon et grincheux mais quand il ... Non ... Je ne crois pas que je puisse dire apprécie ... » murmura t-elle en rougissant un peu sous son masque blanc.

 

« Qu’est-ce que la dernière phrase voulait dire, mademoiselle ? »

 

« Non rien ... Enfin ... Quand il est motivé, il veut rendre service et il fait de son mieux ! Enfin, ça fait trop longtemps que je ne l’ai pas vu ... »

 

« ... ... ... ... ... D’accord. C’est tout ce que je voulais savoir. » répondit l’adolescent alors qu’elle espérait qu’il en avait assez car là, elle avait trop parlé à son goût !

 

A côté ... Elle reconnaissait que Claudiska avait un certain charme. Lorsqu’ils pouvaient se rapprocher du bord des nuages, il était possible de voir le vide au-dessous d’eux. Un vide vraiment immense puisque la majorité du temps ... Elle ne voyait pas le sol ! Elle s’était même demandé ce qui se trouvait justement sur le sol.

 

Mais bon ... Comme d’habitude, elle n’était pas là pour visiter et elle se rappelait des paroles des autorités de Claudiska. Le prince Royan avait été accueilli avec tous les honneurs qui étaient dû à son statut royal. Néanmoins, elle devait reconnaître que la demande au sujet des médaillons avait été plutôt ... faite avec réticence. Eux-mêmes ne s’occupaient pas vraiment des médaillons mais des animaux-gardiens s’occupaient de tout cela.

 

Et donc ... Là ... Ils se dirigeaient vers la première créature, enfin, s’il n’y allait pas avoir de problèmes. Combien de temps cela faisait-il qu’elle était là ? Quelques jours à peine non ? Elle n’allait pas tout visiter toute façon en une semaine. Elle devait aussi prévenir l’Oracle non ? AH ! Elle s’arrêta aussitôt, ayant poussé un petit cri de surprise. L’adolescent aux cheveux bleus s’immobilisa, tournant son visage vers elle :

 

« Un problème ? Vous semblez sous le choc. »

 

« Mon dieu ! J’ai complètement oublié depuis que je suis partie ! »

 

« Qu’avez-vous oublié, mademoiselle ? » demanda t-il une nouvelle fois.

 

« ... Ce ... Ce n’est rien du tout ... Rien de bien important ... » bafouilla t-elle.

 

Quelle idiote ! Depuis le début ... Depuis son départ avec Traslord, elle n’avait jamais écris à l’Oracle ! AH ! Qu’est-ce qu’il allait dire ?! Comment est-ce qu’il allait réagir ?! S’il savait qu’elle écrivait bien plus à Tery qu’à lui ... Mais à côté ... Si il y avait un problème avec cela, il l’aurait déjà contactée depuis longtemps non ?

 

Elle essayait de se donner une raison valable pour ne pas lui écrire ... Elle ne voulait pas lui écrire ... Elle n’en avait pas envie ... Pas du tout même ... Elle ne se sentait pas motivée à lui écrire. C’était bête mais ... Elle ne voulait pas gâcher ses retrouvailles avec Tery alors NON ! Elle n’allait pas lui écrire ! Elle lui écrirait seulement s’il lui envoyait une lettre ! Pas autrement ! Elle posa son poing contre sa poitrine, signe de sa détermination alors que Royan la regardait étrangement, se demandant ce qu’elle faisait.

 

Tery ... Elle lui avait envoyé une lettre, lui signalant qu’elle était bien arrivée à Claudiska. Ah ... Mekalarma ... Elle ne voulait surtout pas qu’il se mette en danger ! Sans elle à ses côtés, il allait parfaitement se rater ! Elle en était sûre et certaine ! Mekalarma était un endroit vraiment horrible pour toutes les autres civilisations ! Et en plus, quand on savait que les Shunteriens commettaient des crimes affreux et étaient en guerre ... C’était beaucoup trop risqué pour lui ! Elle espérait avoir de ces nouvelles le plus rapidement possible ! Et surtout des bonnes bien entendu !

 

... ... ... L’adolescent continuait de la regarder, s’étant immobilisé. Ils n’avançaient pas le moins du monde depuis déjà plusieurs minutes ... car elle faisait des arrêts fréquents. Il vint s’asseoir sur une pierre, attendant que la jeune femme ait terminé son petit cinéma.

 

Et il avait attendu ... Plus d’une dizaine de minutes même mais il ne disait rien du tout. Il restait parfaitement de glace alors qu’elle continuait de se parler à elle-même en chuchotant. Des personnes normales auraient trouvé cela touchant ou inquiétant suivant le degré de connaissance de la personnalité de la jeune femme mais lui ... Ca le laissait de marbre.

 

« Pourquoi est-ce que l’on reste sur place ? » demanda t-elle finalement après plusieurs minutes, l’adolescent haussant les épaules avant de dire :

 

« Car je vous attendais, mademoiselle. Avez-vous terminé ? »

 

« Terminé quoi ? Je n’ai même pas commencé quelque chose. »

 

« Ca ne fait rien ... Nous devrions réellement avancer, pour essayer de trouver une ville pour ce soir. » répondit Royan sans se mêler plus longtemps de cette histoire.

 

Hum ? L’adolescent était vraiment très bizarre. Elle l’aurait presque trouvé exaspéré par une conduite qu’elle n’arrivait pas réellement à expliquer. Mais bon ... Si il fallait trouver une petite ville ou quelque chose du genre pour pouvoir dormir paisiblement et tranquillement.

 

Cela ne tarda pas et au bout de deux heures de marche, ils étaient dans une ville ... céleste comme ils aimaient s’appeler. Oui ... Les membres de Clausdiska appréciaient énormément ce terme pour parler de leurs cités. Les humanoïdes ailés les observaient, certains parlant entre eux en désignant le jeune garçon alors qu’elle faisait semblant de les ignorer. Oui ... Elle ne passait pas inaperçue, elle le savait parfaitement.

 

« Cela est assez difficile d’être ... connu. »

 

« Il ne fallait pas naître prince si vous ne vouliez pas être célèbre. »

 

« Je n’ai pas décidé de naître ainsi. » répondit-il avec lenteur alors qu’elle se taisait aussitôt. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose à dire en ce moment même.

 

Elle ne connaissait pas la perte d’un être cher ... Et elle ne voulait pas la connaître un jour. Elle ne savait pas ... si elle avait un être cher ... à son cœur. Madame Liza ? Oui ... Elle ... Elle l’était quand elle y réfléchissait bien. Elle l’était même énormément. Oh ... La vieille dame ne pouvait pas être considérée comme sa mère mais si elle devait l’appeler grand-mère, elle le ferait volontiers. C’était la seule personne sur qui ... elle pouvait compter.

 

Hein ?! Elle vit le visage de Tery devant elle, s’immobilisant au beau milieu de la rue. C’était ... C’était comme un flash. Elle tourna sa tête à droite et à gauche, se demandant si elle avait rêvé ou non mais ... Non ... Le jeune homme n’était pas là. Elle avait sûrement rêvé ... Mais pourquoi penser à lui maintenant ? Qu’est-ce que tout cela voulait dire ?

 

« ... ... ... Ca ne fait rien, j’y réfléchirai quand je serai en train de me reposer. »

 

Elle n’avait aucune explication à ses pensées de ce sujet mais ce n’était pas un souci personnellement. Elle n’allait pas se préoccuper plus de cela hein ? Encore que ... Penser à Tery, c’était quand même ... bizarre alors qu’elle réfléchissait à Madame Liza juste avant.

 

Voilà qu’ils étaient dans l’une des auberges les plus luxueuses qu’elle n’avait jamais vues de toute son existence. Enfin, ça ressemblait plus à une demeure gigantesque et très spacieuse qu’aux auberges dont elle avait clairement l’habitude.

 

« Pour ce soir, nous dormirons en ces lieux. J’ai demandé à l’aubergiste de vous donner une chambre pour femme avec de quoi écrire au cas où ce jeune homme vous enverrait une lettre. » répondit le jeune prince alors qu’elle balbutiait :

 

« Je ne vous ai jamais demandé tout ça ! Et arrêtez de dire à tout le monde que je suis une femme ! Ca ne se dit pas ! »

 

« Hum ? Je ne vois pas de raison ... qui vous pousse à penser ainsi. »

 

« ... ... ... ... ... Laissez-tomber et bonne soirée ! » répondit-elle en évitant de s’énerver avant de refermer la porte derrière elle.

 

Pfff ... Non mais oui ! On ne disait pas une telle chose ! On ne disait pas qu’elle était une femme ! Elle cachait le fait qu’elle en était une et lui ... Il demandait une chambre pour femme exprès pour elle ! Elle se serait débrouillée avec une chambre normale hein ?!

 

... ... ... ... ... Pfff ... C’était une chambre bien trop coquette pour elle ... pour une femme comme elle. Elle retira son masque blanc ainsi que sa capuche brune. Ah ... Elle gardait toujours la cape de Tery avec elle. Hihihi !

 

Les épaulettes sur une chaise, elle s’observa dans son justaucorps rouge face au miroir déposé sur un bureau. Hum ... Elle prit le peigne, cherchant à coiffer ses cheveux blonds hirsutes. Quand elle se regardait, elle se disait à chaque fois qu’elle n’était pas du tout féminine ... Et même si ... ... ... Enfin bon non ... Ce n’était pas ça qui faisait la femme.

 

« Je me demande ce que Tery pense réellement de moi ... »

 

Elle s’était dite cela, accoudée en face du miroir, son visage maintenu par ses deux mains. Hum ... Elle réfléchissait à tout cela. Elle ne s’était jamais posé ce genre de questions auparavant mais ... Tery était maintenant accompagné par deux femmes ... Et de l’autre côté, elle était accompagnée par un homme. Un adolescent certes, mais un homme ... Donc ce n’était plus la même chose qu’avec Tery.

 

« J’aimerai tellement ... revenir en arrière. C’était vraiment chouette. »

 

Elle parlait un peu comme une enfant, cela faisait déjà combien de temps ? Une année ? Elle n’avait jamais pris réellement le temps de compter tout cela. Mais ... Bon ... Tery ... Hum ... Tery ... Pourquoi est-ce qu’elle avait pensé à lui après avoir pensé à Madame Liza ? Elle ne savait pas vraiment ... Elle n’avait aucune explication à donner.

 

« Si seulement j’avais une nouvelle lettre ... Je pourrai lui écrire. »

 

... ... ... ... ... Rien ne lui empêchait d’en écrire une nouvelle et de l’envoyer mais elle aurait alors l’impression de se faire trop ... pressante ? Enfin ... Du genre à lui demander si tout va bien à chaque heure. Bref, quelqu’un de trop collant ! Ce qui n’était pas du tout son genre ! Non et non ! Elle n’était pas du tout comme ça !

 

... ... ... C’était fait exprès hein ?! Elle se redressa aussitôt de sa chaise après avoir entendu un peu de bruit du côté de la fenêtre. AH ! Elle avait une lettre ! Une lettre de Tery ! Difficile de cacher sa joie rien qu’à l’idée de savoir ce qu’il lui avait écrit. Elle récupéra la lettre aussitôt, commençant à l’ouvrir avec une énergie nouvelle avant de lire.

 

... ... ... Mais comment s’était-il mis dans tout ça ?! Elle n’arrivait pas à le croire mais ... Mais ... Il avait réussi à tuer le dirigeant de Mekalarma ?! Mais aussi à récupérer les médaillons ?! Mais pas seulement ! Il avait aussi combattu un golem gigantesque !

 

« Je me demande si il est en train de me mentir ... Hum non ... »

 

Ce n’était pas le genre du jeune homme de toute façon. Elle le savait parfaitement ... Mais quand même ! Quels progrès spectaculaires ! Elle était encore plus pressée de le revoir maintenant ! Elle se demandait si il avait beaucoup changé ou non et puis ...

 

« Que ... que ... Quoi ?! » s’écria t-elle dans la chambre d’un air surpris, ayant terminé de lire la lettre. Qu’est-ce ... Qu’est-ce qu’elle avait lu ?!

 

Elle se coucha sur le lit, la lettre à la main, n’arrivant pas à le croire. Tery ... se rendait à Claudiska lui aussi. Il venait sûrement chercher les médaillons à son tour. Il venait aussi ... Enfin ... Non ... Elle ne rêvait pas ... Il l’avait bien marqué !

 

« Il veut me revoir ?! Mais moi aussi bien sûr ! »

 

Elle se comportait à moitié comme un enfant alors qu’elle avait un grand sourire aux lèvres. Elle ne pouvait pas s’en empêcher ... Elle était comblée ... Elle posa une main sur sa poitrine, respirant très rapidement en murmurant :

 

« Moi aussi ... Je suis pressée de te revoir, Tery. »

 

... ... Très pressée même. La lettre contre son cœur, elle ferma les yeux en repensant à ce qu’elle venait de lire. Tery était à Claudiska ... Tery était là ... Près d’elle ... Les lettres allaient arriver très rapidement ...


... ... ... HIIIIIIIIII ! Rien que l’idée d’y penser, elle en était toute retournée. Tery ... Elle allait le revoir ... Elle devait lui dire où elle était, quelle était cette ville ! Avoir le plus d’informations pour qu’ils puissent se revoir ! Oui ... Comme ça, dès qu’ils se reverraient, elle allait le remercier personnellement pour tout ce qu’il avait fait pour elle ... Ah oui ... Largement même ... Elle avait beaucoup à se faire pardonner encore une fois ...

 

« Il faut que je me promette de ne pas lui faire de mal ... NON ! Je n’ai même pas à penser ainsi ! Je ne lui ferai aucun mal ! RIEN DU TOUT ! »

 

Elle en était sûre et certaine ! Tout allait se passer paisiblement ! Elle le savait car elle allait tout faire pour que ça soit le cas ! Elle ne reviendrait pas en arrière à ce sujet ! Elle en avait marre que tout se passe mal entre eux ! Alors que ce n’était pas voulu personnellement !

 

« Bon ... Je vais lui écrire tout de suite ... Comme ça, je saurai quoi faire ... »

 

Et elle saurait quoi lui dire ... Ce n’était pas difficile. Elle allait dire à quel point elle était heureuse de savoir qu’il venait à Claudiska. Elle se désintéressait complètement des deux femmes qui l’accompagnaient et son cerveau occultait presque complètement le fait qu’il ait appris à utiliser ses lignes noires d’une nouvelle façon.

 

Ahlala ! Elle était tellement motivée à écrire qu’elle ne remarquait même pas les minutes qui s’écoulaient puis les heures. Elle lui donnait le maximum de détails sur sa localisation, passant même une bonne heure à écrire sa lettre avant de finalement l’envoyer. Elle observa le bout de papier volant qui s’éloignait de sa vue, murmurant :

 

« Je pense que tu arriveras à destination, n’est-ce pas ? »

 

Ah ... Et maintenant, elle allait pouvoir dormir paisiblement ! N’ayant plus que son justaucorps sur elle, elle se coucha sur le lit, se réfugiant sous les draps. Elle sentait qu’elle allait passer une nuit tout simplement divine. Oh ... Que oui ... Une nuit spéciale et qui donnerait surement envie de se réveiller le lendemain.

 

« ... ... ... ... ... Peut-être que bientôt, lorsque je me réveillerai, Tery sera dans la chambre à côté ? Oui ... Peut-être ... Ca serait tellement bien ... »


Tellement ... parfait de se lever et de savoir le jeune homme à côté de soi. Ils iraient alors se promener dans la Cité puis ensuite, ils iraient chasser des Gnomolds ou alors faire de la lecture et apprendre diverses choses. Pourquoi pas ? Ca serait tellement ... bien ... Oh que oui ... Ca serait vraiment parfait.

 

« Je ne me suis jamais sentie aussi soulagée ... depuis ces dernières semaines. » se murmura t-elle à elle-même, tendant la main en direction du plafond.

 

Elle n’était encore qu’une enfant au niveau des relations avec autrui mais elle était sûre d’une chose : Tery était important pour elle. Maintenant, elle avait trouvé l’explication sur la raison de ce visage apparut après celui de Madame Liza.

 

« ... ... ... Tu es aussi important qu’elle à mes yeux. »

 

Elle vint rougir violemment à ces paroles, s’enfonçant plus profondément dans les couvertures. Oui ... Elle ne savait pas comment l’expliquer mais elle avait eut une soudaine bouffée de chaleur en prononçant ces mots. Le jeune homme avait une place aussi importante que celle de Madame Liza pour elle.

 

Elle ... Elle pouvait le considérer comme un ami sincère. Le jeune homme n’essayera jamais de la trahir en fin de compte. Oui ... Quand elle y réfléchissait, c’était exactement ça. Le jeune homme avait toujours été de son côté ... Enfin presque tout le temps mais de l’eau avait coulé sous les ponts et ... Elle voulait le revoir maintenant.

avr 27

Chapitre 45 : Délai

 Chapitre 45 : Délai

 

« Pourquoi est-ce que tu me poses cette question ? » demanda t-il avec une légère inquiétude alors que la jeune femme aux yeux rubis continuait de le fixer.

 

« Réponds tout simplement, s’il te plaît, Tery. » annonça t-elle une nouvelle fois alors qu’il était embarrassé.

 

« Pour répondre d’abord, Elen n’est pas vraiment une ennemie. Elle n’a rien contre l’armée de Shunter ou autre. Je dirais plutôt qu’elle est désintéressée par cette dernière. Elle ne s’y intéresse pas du tout même. Donc, non, ce n’est pas une ennemie. »

 

« Ca ne répond pas à ma question. Et de l’autre côté, elle est quand même à la recherche des médaillons, n’est-ce pas ? D’après ce que j’ai cru comprendre ? »

 

« Mais pourquoi toutes ces questions ?! Je ne vois pas à quoi ça va servir ?! Je suis toujours ami avec Elen et je reste du côté de l’armée de Shunter ! J’ai déjà fait cela auparavant lors de la mission près de mon village natal et ... »

 

« C’est elle qui a récupéré le médaillon là-bas. » coupa séchement Manelena alors qu’il semblait touché directement. ... ... ... C’était vrai ... Elen avait récupéré le médaillon mais ...

 

« C’était elle ou alors les Gnomolds ! Je ne pouvais pas laisser ce médaillon aux Gnomolds non ? Ils étaient plus d’une cinquantaine dont un grand chef ! Rokar ! »

 

« Je sais très bien qui se trouve là-bas, je ne suis pas stupide non plus. Ca ne change rien sur le fait que tu as privilégié Elen à l’ar... »

 

« Mais non ! Ce n’est pas du tout ça ! Il n’y avait qu’elle à côté de moi ! L’armée n’était déjà plus là ! Tu n’étais pas là, Manelena ! Alors, s’il te plaît, ne raconte pas l’histoire à ta façon ! J’y étais puisque c’est moi-même qui était au milieu de la scène ! »

 

« Alors ... Qu’as-tu fait donc ? J’aimerai bien le savoir ... »

 

« Qu’est-ce que j’ai fait ? Mais je n’ai pas arrêté de le répéter ! Après que le gros ver soit mort, il ne restait plus que moi et Elen. On s’est même battus et c’est là que j’ai su que c’était une femme et non un homme ou je ne sais quoi. Après la bataille, nous avons fait la paix et nous avons voulut partir. On pensait vraiment tous les deux qu’on pouvait trouver un terrain d’arrangement puisque nous ne voulions pas nous entretuer. Malheureusement, j’ai entendu les tambours de guerre des Gnomolds et comme je savais à quoi m’attendre, j’ai préféré servir d’appât que de m’enfuir avec elle. Nous n’aurions rien pu faire. »

 

« Un geste chevaleresque et galant, n’est-ce pas ? » annonça Manelena avant de pousser un profond soupir de dépit. Elle semblait bien plus calme maintenant.

 

« Je sais pas du tout mais ... Elle m’a déjà sauvé la vie tellement de fois ... Je voulais faire de même pour elle ... Alors j’ai pris des risques que je n’aurai jamais pris auparavant. »

 

« Tu ne le reconnais pas mais tu es complètement attiré par elle ... » murmura la jeune femme aux cheveux d’argent en détournant le regard.

 

« Ne raconte pas n’importe quoi ... Mais j’espère que tu comprends ma position maintenant. » termina t-il avec lenteur alors qu’elle hochait la tête d’un air positif.

 

... ... ... Il avait eut assez peur de Manelena sur ce coup, il le reconnaissait complètement. La jeune femme aux yeux rubis pouvait être très effrayante ... Et de l’autre côté, Clari n’avait pas ouvert une seule fois la bouche. Et puis bon ... C’était quoi de dire ça au sujet d’Elen ?

 

« J’ai une grande admiration pour Elen ... et ça date de bien avant que je ne sache que c’était une femme. » conclua t-il alors que Manelena haussait les épaules.

 

« Bien entendu ... Et bien, écris lui à ce sujet. Dis-lui que l’on arrive à Claudiska très bientôt, mais du côté reliant le royaume à Mekalarma. »

 

« C’est vrai ? On fait donc ça ? SUPER ! Merci Manelena ! » s’écria le jeune homme avec entrain avant d’aller prendre du papier dans son sac.

 

Et voilà qu’il était reparti pour écrire pendant une bonne heure. Elle se retint de soupirer, ça ne servait à rien. Rien du tout même ...

 

« Manelena ? A quoi est-ce que tu joues ? J’aimerai bien le savoir. » murmura une voix derrière elle qu’elle reconnut comme celle de Clari.

 

A quoi jouait-elle ? A rien du tout. Elle ne voyait pas du tout où elle voulait en venir personnellement. Pourtant, Clari avait le visage sévère comme si elle n’était pas contente d’une chose. Cette chose, elle allait visiblement lui expliquer dès maintenant.

 

« De quoi parles-tu, Clari ? J’avoue ne pas comprendre tes paroles. »

 

« Ne fait pas l’innocente ... Tu as vraiment été envoyée par la maréchale pour les médaillons ? C’est bien ce que tu avais dit non ? Au départ ? Lorsque tu es arrivée ... »

 

« Bien entendu. Pourquoi voudrais-tu que cela soit autre chose ? »

 

« Tu n’aurais pas plutôt été envoyée par la maréchale pour surveiller Tery ? Car il est du genre un peu dissident dans ses actes par rapport à l’armée de Shunter. »

 

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda une nouvelle fois Manelena en se positionnant en face de la jeune femme aux cheveux blonds.

 

« Que si j’apprends que tout ça n’est qu’une manipulation de ta part, je serais contrainte de devenir un peu violente envers toi ? »

 

« Et pour quelle raison deviendrais-tu violente ? Il n’est pas question de manipulation ou autre, loin de là même. Je ne vois pas pourquoi tu t’emportes ainsi. »

 

« Devine pourquoi ... Tu es assez intelligente pour comprendre que Tery n’est pas du genre très ... éclairé. Il y a peut-être à peine un an ou deux, je ne sais pas, je ne le connais pas plus que ça, mais il vivait avec sa mère. Donc, il ne connait pas réellement le monde extérieur. Ca ne s’apprend pas en une année donc jouer avec lui, ça ne me plaît guère. Je préfère te prévenir : avec ton comportement actuel, celui où tu joues double face, je te surveille. »

 

Pour toute réponse, Manelena haussa simplement les épaules. La jeune femme pouvait dire tout ce qu’elle voulait, elle pouvait s’imaginer tout ce qu’elle voulait, ça ne changeait pas grand-chose à ce qu’elle imaginait actuellement. Et puis bon ... Elle n’était pas du tout comme ça. Elle ne manipulait personne !

 

« Je vais aller voir comment il écrit sa lettre. Il a peut-être besoin d’aide. Je ne sais pas ce que tu as contre moi mais saches que Tery n’est pas ta propriété. »

 

« Ma propriété ? Je n’ai jamais dit une telle chose ! Tu t’imagines n’importe quoi ! » s’écria Clari alors que le jeune homme tournait la tête vers les deux femmes.

 

« Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que tu hurles, Clari ?  Si tu peux juste te calmer un peu, j’essaye d’écrire correctement, déjà que ce n’est pas trop facile ... »

Car oui, il n’était pas le plus intelligent des hommes donc trouver de bons mots pour signaler qu’ils arrivaient à Claudiska et surtout ... que ... Bon ... Qu’il était pressé de la revoir. Enfin, pressé, comment dire ... Comment est-ce qu’il devait écrire ? Et comment devait-il réagir lorsqu’il la reverrait ? AH ! Voilà qu’il se remettait à penser à cet instant. C’était stupide car même en étant à Claudiska, il n’avait que peu de chance de la retrouver mais ... Si c’était le cas ? Comment allait-il réagir ? Hum ... Il devait réagir sur le moment, que ça soit vraiment ... spontané ! Ca serait sûrement bien mieux !

 

« Bon ... Maintenant que j’ai réfléchis à ça, je peux quand même reprendre mon écriture ... »

 

Enfin réfléchis, c’était un bien grand mot ! Il n’avait même pas entendu ce que Clari lui répondit si elle lui avait répondu, se remettant à écrire. Alors ... Expliquer ce qui s’était passé ! Bien entendu ! Quel idiot ! Il devait lui écrire ce qui s’était passé !

 

Tout allait si vite dans sa tête maintenant qu’il savait quoi écrire. Il allait lui écrire qu’ils avaient récupéré les médaillons, qu’il avait lui-même combattu un golem géant, récupérer des livres, tuer le dirigeant de Mekalarma ! Elle allait être un peu fière de lui sur ce coup ? Héhéhé ! C’était un peu le moment d’enjoliver ... Non ... Ca ne servait à rien de mentir à ce sujet. Il n’était pas comme ça ! Il allait lui dire la vérité à ce sujet, c’était la meilleure chose à faire de toute façon. Il recommença à écrire, lui annonçant ce qui s’était passé dans le moindre détail mais par contre ...

Il tourna son visage vers Manelena, rougissant violemment alors que celle-ci s’approchait de lui avec un petit sourire. Clari semblait toujours aussi colérique mais ... Enfin non ... Clari était en colère, pas comme d’habitude ... Et c’était en direction de Manelena. Ah ... Est-ce qu’il devait raconter son affection pour Manelena ? Voir la relation plus poussée ? Enfin non ... Il ne savait pas ... Il avait déjà pris la main d’Elen dans le passé alors ... Ce n’était pas la même chose quoi ... Enfin peut-être que si ...

 

« Tery ? Tu as besoin d’aide pour ta lettre ? »

 

« AH ! Ne me fait pas peur comme ça, Manelena ! » s’écria t-il en sursautant alors que la jeune femme s’était rapprochée d’un air félin vers lui.

 

« Ca ne répond pas à ma ques ... »

 

« Non, non ! C’est très bon ! Je n’ai pas besoin d’aide, Manelena. Merci beaucoup mais c’est vraiment personnel cette lettre ... Je ne peux pas te demander de l’aide ! »

 

« Pas comme avec moi hein, Tery ? Lorsque tu avais besoin de moi pour ton autre lettre. » répondit Clari alors qu’il semblait étonné.

 

« Oui ... Bien entendu ... Mais ce n’était pas la même chose non ? »

 

« ... ... ... ... ... Je viens t’aider à écrire cette lettre ! » annonça Manelena en lui prenant la feuille sur laquelle il écrivait avec dextérité.

HE... HEY ! Bon sang ! Il voulut récupérer sa lettre mais Manelena posait une main sur son front, l’empêchant d’avancer alors qu’elle lisait de haut en bas. Lorsqu’elle termina, elle poussa un petit soupir, rougissant un peu avant de dire :

 

« Tu ne parles pas de moi dans cette lettre hein ? Pourquoi cela ? »

 

« Et bien ... A part le nous ... C’est normal que je ne parle pas de vous non ? Pourquoi est-ce que je le ferai ? » demanda t-il bien qu’il savait un peu de quoi elle voulait parler.

 

« Et bien ... Tu ne parles pas du fait que tu as quelqu’un qui a des lignes d’Alzar avec toi, que tu as une maîtresse qui t’apprends comment les utiliser, bref, que tu as réussi à les contrôler pendant quelques instants. Tu pourrais quand même le signaler non ? Et dire c’est grâce à qui non ? Tu ne trouves pas que c’est une bonne idée ? »

 

« ... ... ... Si ... J’avais complètement oublié mes lignes d’Alzar. Je vais le faire ! »

 

Manelena se tourna vers Clari, lui faisant un grand sourire qui fit tressaillir la jeune femme aux cheveux blonds. C’était de la provocation n’est-ce pas ?!

 

« Tery, tu peux aussi signaler que j’ai tenu tête au golem si tu le veux. Je peux même lui écrire une lettre à cette femme si tu veux. Je pourrais te mettre en valeur. »

 

« Mais qu’est-ce qui vous prends toutes les deux ? Bon ... Laissez-moi faire ... euh écrire ! » dit-il en s’éloignant à nouveau pour ne plus être dérangé.

 

Non mais bon ... sang ... Qu’est-ce qui se passait avec les deux femmes ? Il ne voulait pas le savoir ! Il n’allait pas écrire un roman non plus hein ?! Et puis, c’était Elen, elle se fichait peut-être pas mal des autres filles. Enfin ... Elle ne savait pas vraiment ... Tiens ... Ca lui faisait penser ...  Il considérait plus Elen comme son égale que les deux autres femmes. Même si Elen était très forte, le fait qu’elle soit un peu plus petite que lui la mettait en première position dans ... quelle liste ? Pfiou ! Il devait aussi lui dire qu’il aimerait la revoir.

 

... ... ... ... Il avait enfin terminé sa lettre et il s’était levé pour l’envoyer. La petite lettre ailée s’envola peu à peu, évitant avec aisance les éclairs. C’était vraiment une chouette invention cette lettre ailée, il le reconnaissait parfaitement. Mais bon ... Maintenant, il allait pouvoir demander aux filles ce qui se passait avec elle. Il se tourna vers Clari et Manelena, la première regardant comme chien de faïence la seconde.

 

« Je ne peux pas vous aider les filles ? Ca n’a pas l’air du tout d’aller. »

 

« Non ... Non ... C’est bon, c’est une affaire de femmes ... Tu ne peux pas t’en mêler, Tery. » répondit Clari sèchement alors qu’il poussait un profond soupir.

 

« On devrait repartir au lieu. Se diriger vers Claudiska, tout ça. »

 

« D’accord, tu as l’air encore plus motivé qu’auparavant. » annonça Manelena en rigolant alors qu’il hochait la tête d’un air positif. Oui, il l’était vraiment !

 

Et pour cause ! Il allait voir Elen très bientôt ! Il n’arrivait pas à expliquer pourquoi. Ca ne pouvait pas être des sentiments amoureux ... car contrairement à Manelena, il ne voyait que très peu Elen donc ... Non ... C’était une sorte de grande amie. Une sœur ? Hum ... Une sœur ... Il n’avait jamais envisagé ça comme ça.

 

« Et bien ? Qu’est-ce que tu fais, Tery ? Je pensais que l’on devait partir. »

 

« Oui oui ! Désolé, je fais une bêtise ... C’est de ma faute. »

 

« Tu n’as pas l’air complètement conscient hein ? Tu es sûr que ça va bien ? C’est l’effet d’avoir écrit une lettre à cette femme ? » demanda la jeune femme aux cheveux d’argent, revenant vers lui avant de prendre sa main avec tendresse.

 

« Ecrire à Elen a toujours été une chose assez spéciale à mes yeux, oui. »

 

Hum ... Elle aimait quand il était sincère, c’était quelque chose qu’elle pouvait lui reconnaître des fois. Enfin, dès qu’il s’agissait d’Elen, il semblait toujours sincère. Peut-être à cause de sa relation avec la jeune femme masquée de blanc ? Un voile passa dans son regard rien qu’à l’idée de penser à cette idée.

 

« Clari ? Ah ... Attends un peu, Manelena. »

 

Il avait retiré sa main de celle de la jeune femme aux cheveux argentés. Il n’aimait pas vraiment le regard que lançait Clari à Manelena. Elle semblait triste mais en colère aussi. Rien à voir avec celle qu’il connaissait depuis quelques temps maintenant.

 

« Clari ... Tu es sûre de ne pas vouloir en parler ? Ca te ferait du bien. »

 

« Je ne crois pas que ça soit une très bonne idée, Tery. Retourne avec ta future compagne et ne t’en fait pas, je ne dirai rien à la maréchale. »

 

« Ce n’est pas avec Manelena que j’ai envie de parler mais avec toi ... Désolée, Manelena. » annonça le jeune homme alors que Manelena ne fit que sourire.

 

« Tu n’as pas à t’inquiéter, ça ne me dérange pas mais ne perdez pas votre temps, nous devons nous dépêcher. Peut-être même que nous allons devoir accélérer le pas. Cela prendra sûrement quelques jours avant que nous arrivions à Claudiska mais là-bas, nous serons mieux accueillis qu’à Mekalarma, bien heureusement. » répondit-elle tandis qu’il hochait la tête.

 

Plusieurs jours ? Il allait sûrement recevoir une lettre d’Elen entre temps ... Enfin, si elle n’avait aucun problème aussi. Il l’espérait car il n’avait pas envie d’être séparé d’elle une nouvelle fois. Il allait bien trouver une solution pour qu’elle puisse le rejoindre. Ah ... Mais ... Dans sa lettre, n’avait-elle pas signalé qu’elle était avec quelqu’un ? Ce n’était pas qu’il était jaloux non plus mais ... bon ... C’était un prince non ?

Au passage, il ne savait pas réellement ... Est-ce qu’Elen avait une famille ? Il se posait la question car il ne l’avait justement jamais posée à la jeune femme aux cheveux blonds. Hum ... C’était vraiment ennuyeux en un sens car il pensait qu’il pourrait peut-être se présenter devant ses parents. HAHAHAHA ! Mais qu’est-ce qu’il disait ?

 

« Tery ... Tu n’es pas forcé de me prendre la main tu sais hein ? »

 

« ... ... Je fais ce que je veux Clari, je ne sais pas du tout ce qui se passe entre toi et Manelena mais je ne veux pas que cela entrave notre nouvelle mission. Il faut juste que l’on aille prévenir la maréchale que l’on continue notre chemin. »

 

« Je le ferais dans la soirée, Tery. » annonça Manelena alors qu’il reprenait :

 

« Merci beaucoup, Manelena. Ca sera bien sympathique de ta part. »

 

« De rien, de rien ! De toute façon, je mettrais les formes pour qu’elle ne s’énerve pas envers toi. Tu as un petit message personnel à lui donner ? » répondit-elle en rigolant.

 

« Hein ? Que quoi ?! Clari ! Tu vois ce qu’elle dit ?! Elle va encore jouer sur ça ! Je ne suis pas attiré par les grandes masochistes ! » s’écria le jeune homme en rougissant.

 

« Oh ... Même pas un tout petit peu ? La maréchale n’est pas assez jolie pour toi ? » demanda Manelena alors qu’il tentait de ne pas lui répondre. Malheureusement c’était beaucoup trop difficile pour être ignoré. Il dit :

 

« Je ne sais même pas à quoi ressemble la maréchale ! Elle est toujours dans son armure noire ! Tu crois que c’est en claquant des doigts qu’on apprécie une personne ? »

 

« Donc tu la hais ? Est-ce que je dois le signaler ? Car dans le fond, je ne pense pas que tu sois la première personne à penser ainsi hein ? Elle n’est guère aimée ... »

 

« Hein ? Je n’ai jamais dit que je la haïssais. C’est bien trop fort comme sentiment négatif envers une personne or non ... Je ne la hais pas. Est-ce que c’est si difficile de comprendre que lorsqu’on a fait une connerie, certains peuvent l’assumer ? La maréchale n’est pas foncièrement mauvaise à la base hein ? Oh, d’accord, elle parait assez brute et on se demande si elle a une once de féminité mais diabolique, je ne trouve pas. Elle a une poigne très forte et elle sait ce qu’elle veut. Elle a une sacrée aura d’elle mais non, je ne la déteste pas car je ne vois pas de raisons de la détester. Elle fait son travail, elle l’accomplit très bien. Si on fait une connerie, comme moi, alors le mieux est de a reconnaître hein ? Bref ... Non, je ne vais pas haïr la maréchale car elle fait son boulot. Elle ne va pas me donner une petite tape sur la main tout en disant : « Vilain garçon » après un échec non plus. »

 

« ... ... ... ... ... Quand tu parles de la maréchale, on a presque l’impression que tu parles avec autant d’enthousiasme que cette jeune femme sur cette photo. »

 

Le jeune homme regarda Manelena, haussant simplement les épaules. Il ne savait pas ... Mais il détestait que l’on dise du mal de la maréchale ... Enfin, on pouvait en dire mais pas parce qu’on avait subit ses foudres car cela était normal après avoir commis une idiotie. C’était quoi cette mentalité ?!

 

Ah ... Claudiska ... Est-ce qu’ils allaient vite voir ces choses ou non ? Il n’avait pas pensé à questionner Elen à ce sujet ! Ah ! Quel idiot ! Il aurait pu lui demandé quelques informations ... Ou alors Manelena et Clari étaient un peu au courant. Clari lui signala que non alors que Manelena disait une chose assez étonnante :

 

« Aux abords de Mekalarma, il n’y a pas d’îles pour Claudiska. C’est pourquoi nous prendrons un bateau pour nous y rendre. Normalement, les villes de Claudiska nous permettront de nous reposer. »

 

Se reposer ? HAHAHA ! C’est vrai qu’ils allaient en baver fortement les prochains jours ! Ils n’allaient pas réellement manger de toute façon ... Il serra la main de Clari avec un peu plus de force, prenant la parole :

 

« Assez perdu de temps ... Ils ne sont pas encore à notre recherche ... Enfin, nous sommes assez éloignés de la capitale donc on devrait avoir un peu de répit non ? »

 

« Oui, Tery mais ... Clari ? Est-ce que tu peux utiliser tes lignes blanches pour nous aider à aller un peu plus vite ? Si cela ne t’épuise pas trop. » demanda Manelena alors que Clari ne répondait que par un grognement sonore.

 
Les lignes de Zélisia apparurent sur les jambes de la jeune femme, celle-ci prenant serrant Tery contre elle-même avant de prendre la parole :

 

« Je préviens ... Je ne peux prendre qu’une personne avec moi donc je ne peux pas faire courir tout le monde. Tu te débrouilles toute seule. »

 

Pour toute réponse, la jeune femme aux cheveux gris rigola légèrement alors qu’elle-même émettait un grognement une nouvelle fois. Puisque c’était ainsi ... Sa vitesse se décupla, le jeune homme étant soulevé alors que Clari se mit à courir à toute allure. Courir ? Ou flotter au-dessus du sol ? Tout ce qu’il savait, c’est que la jeune femme se déplaçait avec une vélocité des plus grandes.

Il s’était trompé ... Cela n’allait pas prendre tellement de jours en fin de compte. Loin de là même ! Il émit un petit rire, tentant de tourner son visage pour voir si Manelena les suivait ... En fait, elle courait aussi vite que Clari, étant à côté d’elle alors qu’elle lui adressait un sourire. Non ... Il n’avait pas du tout à s’inquiéter.


Mekalarma n’allait plus être qu’un lointain souvenir ... Un souvenir où il avait eut plus de bonnes choses que de mauvaises ... La photo d’Elen, Manelena, les livres sur les golems. Oui ... Cela avait été une très bonne expérience pour lui mais là ... Il allait revoir Elen ! C’était surtout cela le plus important à ses yeux !

avr 21

Chapitre 44 : Faire des choix

 Chapitre 44 : Faire des choix

 

« Je crois que nous sommes à une distance plus que raisonnable ... non ? »

 

« Ca devrait l’être, je pense. » répondit Clari au jeune homme alors que Manelena n’était plus présente. Celle-ci semblait avoir complètement disparu, Tery reprenant :

 

« C’est ... moche ce qui nous arrive ... mais on le mérite non ? Je veux dire ... Avec tout ce que l’on a fait ... Dire que j’ai tué un dirigeant ... Quelqu’un de la plus haute importance ... Je n’arrive pas à y croire ... Vraiment pas ... »

 

« Roh ... Ne t’en fait donc pas ! Ce n’est pas si grave que ça ! Dis-toi que c’est quelque chose de vraiment unique et sensationnel ! » dit la jeune femme avec un faux entrain.

 

« J’arrive vraiment pas à trouver ça ... si fameux ... » répliqua le jeune homme en poussant un profond soupir, s’écroulant en arrière pour observer le ciel ... Un ciel parsemé d’éclairs ... Il pouvait les entendre à nouveau. Dans la capitale, cela avait été complètement ... insonorisé par rapport à l’extérieur. C’était plutôt bizarre ...

 

« Manelena en prend du temps ... Heureusement que nous avons trouvé un petit ruisseau pour qu’elle puisse se laver mais quand même ... Tout ce qu’elle a fait était plutôt inquiétant. »

 

« Tu parles du sang sur elle ? Je savais qu’elle était puissante et forte ... Mais là, c’était vraiment très inquiétant. Je ne sais pas ... Je me demande si elle a une double personnalité ? Du genre, pendant les combats, elle a une personnalité meurtrière et en-dehors ... Non ... Ca reviendrait aux lignes d’Alzar ... Or, elle les contrôle parfaitement. »

 

« Elle est compliquée hein ? Mais bon ... C’est comme cela, les femmes. » annonça la jeune femme aux couettes blondes, celle-ci se levant en s’étirant. « Je vais aller voir ce qu’elle fait ... Peut-être qu’elle a besoin d’aide. Tu ne veux pas venir, Tery ? »

 

« Que ... Que ... Bien sûr que non ! Pourquoi est-ce que je voudrais venir ?! »

 

« Ce n’est pas toi qui lorgnait sur ses courbes ? Cette fois-ci, il n’y aurait aucun ... »

 

« LA FERME ! Je ne lorgne sur rien ! » hurla t-il en rougissant violemment, baissant la tête d’un air confus.

 

« Hum... Je suis sûre que c’est le contraire mais tu n’oses pas l’avouer. »

 

« LA FERME ! VAS LA VOIR ET LUI DIRE DE VENIR ! »

 

« Hum ? C’est de moi que tu parles ainsi, Tery ? » demanda une voix douce derrière lui alors qu’il se retournait vivement pour voir Manelena.

Ah ... Euh ... Euh ... Il ne devait rien dire ... Rien dire du tout ... Mais il était encore plus rouge ... qu’auparavant ... Ah ... La jeune femme aux cheveux argentés ... Avec ses cheveux encore trempés ... était tout simplement ... Euh ... Pfiou ... Il ne savait pas vraiment quoi dire non plus hein ? C’était bête de penser ainsi ... Mais ... Euh ... Pfiou ... Comment dire cela ...

 

« Tu es belle, Manelena. » dit-il subitement.

 

POUF ! Il était encore plus rouge qu’auparavant, Clari semblant interloquée par les paroles du jeune homme. C’était ... C’était une confession ou quoi ? Il hocha la tête d’un air négatif, se donnant de violentes claques sur la joue comme pour se demander ce qui venait de se passer. C’était quoi ça ?! C’était quoi ce qu’il venait de faire ?!

 

« ... ... Euh merci ? » dit la jeune femme aux cheveux argentés, baissant la tête en rougissant, ne s’étant pas attendue à une telle déclaration de la part de Tery.

 

« Euh euh euh ! Je crois ... Je crois ... Je crois que ... On ferait mieux de repartir aussitôt ! Ils sont sûrement à notre recherche ! On ferait bien mieux de mettre le maximum de distance entre nous et eux ! » annonça le jeune homme en bafouillant, s’éloignant aussitôt de Manelena sauf que celle-ci était déjà arrivée à sa hauteur.

Elle émit un petit rire amusé en le serrant contre elle, le dos du crâne du jeune homme venant toucher sa poitrine généreuse alors qu’il ne savait plus du tout où se mettre. Gênant ... C’était gênant ... Très gênant ! Pff ... Pff ... Pff ... Rien ... Rien dire ... Il devait juste ... se retirer ... de ses bras avec lenteur et puis ...

 

« Tu le penses sincèrement, ce que tu viens de dire, Tery ? » murmura Manelena.

 

« Oui ... Enfin bon ! Comme je trouve Clari très jolie ! » répondit le jeune homme, complètement chamboulé par ce qu’il avait dit.

 

« Hum ... D’accord ... Soit ... C’est dommage. » annonça Manelena en retirant ses bras du jeune homme, faisant une petite mine triste.

 

Hein ? Que quoi ? Qu’est-ce qui se passait ? Il était toujours rouge mais il avait l’impression qu’il venait de commettre une énorme bêtise. Il tenta de reprendre la parole mais fut coupé par Clari, celle-ci lui donnant un coup de poing sur le sommet du crâne :

 

« Je ne devrais pas dire cela car c’est une bonne chose ce que tu as fait mais tu es un parfait imbécile, c’est bien compris ? »

 

« Hey ! Mais qu’est-ce que j’ai fait alors ? » demanda t-il alors qu’elle lui lançait un regard plus que furieux, reprenant la parole :

 

« Car tu es un imbécile. On ne retire pas ses paroles aussitôt car on ne les assume pas ! »

 

« Manelena ? » demanda t-il en se tournant vers la jeune femme aux yeux rubis.

... ... ... Quel idiot ... ... ... Il se sentait mal maintenant. C’est sûr que ... Il avait été réellement stupide ... Mais il était encore temps de se rattraper ! Il s’approcha de Manelena, lui prenant subitement la main en rougissant.

 

« Enfin ... On n’est plus des enfants ... Et même si ça parait stupide ... On peut se tenir la main, Manelena. Ca peut ... que nous faire du bien puisque nous sommes des soldats. Il faut quand même que l’on pense un peu à ces choses à côté ... Donc c’est surement stupide mais euh ... Voilà quoi ... Moi je trouve que ... »

 

« On peut se tenir la main ... Ce n’est pas un problème. Non, en fait, j’apprécierai même énormément de te prendre la main, Tery. »

 

... ... ... ... ... Si Elen apprenait ça, il allait avoir de gros soucis. Encore que ... Euh ... Il n’était pas avec Elen donc il ne la trompait pas. Et puis, Elen n’était pas du genre jalouse. Et puis, ça ne la concernait pas d’abord ! Il pouvait avoir des relations amoure... ... ... ... Hein ?! Mais à quoi est-ce qu’il pensait bordel ?! Des relations amour ... NON ! Ce n’était quand même pas possible que ... Enfin ... Il posait un regard discret sur sa main jointe avec celle de Manelena.  Il ne la connaissait pas plus que depuis quelques jours.

C’était euh ... ça le coup de foudre ? Ce n’était pas possible quand même ! Il observait Clari qui s’était mise devant eux, ne disant rien du tout à ce sujet, chose qui l’étonnait d’ailleurs. Elle était souvent assez jalouse donc bon ... Mais là ... Rien du tout ... Et puis bon ... Il paraissait tellement ... nain comparé à Manelena. Lui, il ne faisait que regarder leurs deux mains alors qu’ils ne semblaient plus aussi pressés qu’avant.

 

« Qu’allons nous faire maintenant ? » demanda t-il pour couper le silence omniprésent après une quinzaine de minutes, sentant la chaleur de la main de Manelena dans la sienne. Malgré ... sa grande taille, elle avait des petites mains ... et vraiment très douces.

 

... ... ... Mais qu’est-ce qui lui prenait de se comporter comme ça ?! Mon dieu, mon dieu, mon dieu ! Il se comportait comme un imbécile ! Et en plus, personne ne lui répondait. Il avait pourtant posé une question mais les deux femmes étaient muettes comme lui. Finalement, ce fut Manelena qui prit la parole :

 

« Nous ne pouvons pas retourner à Shunter ... Car nous devons passer par Honoros ... »

 

« Alors qu’allons nous faire ? Nous allons nous éloigner encore ? » demanda t-il une nouvelle fois alors qu’elle répondait aussitôt :

 

« Il n’y a pas d’autres choix ... Je pense que ... »

 

« Claudiska ! Nous pouvons nous y rendre non ? » s’écria t-il subitement alors que Clari s’arrêtait, tournant ses yeux émeraudes vers lui.

 

« Comment ça ? Pourquoi aller là-bas ? Je ne crois pas qu’après les évènements de cette journée, un royaume autre que Shunter va nous accepter. » dit-elle avec lenteur.

 

« Qui a dit qu’il devait nous accepter ? Maintenant que nous avons les trois pendentifs de Mekalarma, nous n’avons qu’à nous rendre à Claudiska et récupérer les pendentifs là-bas non ? C’est aussi simple que cela. »

 

« Tery ... Rien ne sers de se presser n’est-ce pas ? Ce n’est pas parce que nous avons eut de la ... chance avec Mekalarma que nous en aurons autant pour Claudiska. »

 

« De l’autre côté, Tery a raison ... On ne peut pas retourner à Honoros et rester ici. Donc ... Même si cela risque d’être très long ... On va sûrement devoir faire tout le tour des royaumes ... Donc ensuite, nous rendre à Claudiska, puis Traslord puis Shunter. »

 

« On va dire qu’on aura découvert le monde. » répondit le jeune homme en souriant.

 

« ... ... Je ne sais pas trop ... Il vaudrait mieux emmener les trois pendentifs en sécurité. » murmura Manelena comme pour réfléchir à la situation.

 

« On pourrait les emmener à la maréchale Nali non ? En les lui envoyant par lettre. » demanda Tery une nouvelle fois.

 

« Nous pouvons essayer, Tery. Il faut juste espérer que la lettre ne soit pas interceptée ... Donc il vaudrait mieux envoyer un pendentif par lettre en expliquant la raison de ce choix. » annonça Clari en hochant la tête d’un air positif.

 

C’était une très bonne idée ... Une excellente idée même. Mais bon ... Manelena semblait plutôt assez gênée par tout ça. Elle murmura :

 

« Vous êtes sûrs de vouloir faire cela ? Nous ne pouvons pas prendre le risque de les envoyer ... Mais à côté, si nous n’allons pas ... Oh et puis zut ! Je pense que Claudiska est un meilleur choix ! Nous allons nous rendre là-bas et récupérer les trois pendentifs. Avec nous trois, les trois autres sont en sécurité non ? »

 

« Euh ... Surtout avec toi. » murmura le jeune homme en rougissant violemment.

 

« Hein ? Pourquoi est-ce que tu dis ça ? » s’interrogea Manelena.

 

« Euh non ! Pour rien du tout ! » s’écria t-il vivement alors qu’il se rappelait le carnage de la veille que la jeune femme aux cheveux argentés avait commis. Forte ... et puissante. Mais aussi belle, douce et gentille, elle était tout !

 

« Hum ... Il veut surtout parler de l’efficacité avec laquelle tu te bats. Hier, tu nous as fait une sacrée démonstration, il faut l’avouer. Mais à côté, Tery n’était pas du tout en reste. C’était peut-être même la première fois que je le voyais aussi ... hum ... »

 

Elle semblait chercher un mot bien précis alors qu’ils s’étaient arrêtés. Ils n’avançaient pas le moins du monde mais bon ... Visiblement, le raffut qu’ils avaient crée avait permis de gagner beaucoup de temps. La mort du dirigeant était quelque chose à laquelle ils ne s’étaient surement pas attendus. HAHAHA !

 

« Héroïque ? Masculin ? Enfin bref ... Disons que Tery avait vraiment une allure ... de champion ? Hummmm ! » marmonna Clari en se triturant les cheveux pour essayer de réfléchir à ce qu’elle voulait dire. Ce n’était pas aussi simple que ça ! RAHHH ! « Disons qu’il était vraiment parfait lorsque je l’ai vu grimper sur le dos du golem ! »

 

« Grimper sur le dos ... du golem ? » murmura Manelena avec interrogation.

 

« Ah ... C’est vrai. On ne t’a pas vraiment dit ce qui s’était passé ? » demanda Tery alors qu’elle hochait la tête d’un air négatif.

 

« Bien sûr que non. Enfin, juste qu’il y avait un golem gigantesque de plus de dix mètres de hauteur mais à part ça, tu ne m’as pas dit comment tu as réussi à avoir les médaillons ainsi que comment tu as tué le dirigeant. Il parait que tu as été sublime hein ? »

 

POUF ! Il vint rougir violemment à nouveau alors que Manelena rigolait légèrement. Ils allaient parler de tout cela dans quelques heures, à la prochaine pause. Tout cela avait été décidé ou presque ... sur la marche à suivre.

 

Toute une journée s’était écoulée ou presque, les jeunes gens ayant dû chasser quelques lézards pour manger. Heureusement, ils n’étaient pas humanoïdes. Il ne manquerait plus qu’ils se mettent au cannibalisme ou quelque chose dans ce genre.

 

« Comment ça ?! Tu as fait quoi ?! » s’écria Manelena alors que Clari reprenait :

 

« Oui, oui ! Il a fait semblant d’être mort, s’est insinué entre les jambes du golem puis il est passé dans son dos. Comme le dirigeant avait utilisé une boule de feu à partir du golem, il pensait que cela était normal que Tery soit réduit en cendres mais ce n’était pas le cas. Tery a fait de l’escalade de haute voltige pour arriver au sommet du golem mais il n’a même pas annoncé un seul mot avant de tuer le dirigeant. Il est resté complètement muet. »

 

« Je n’allais pas crier non plus « Je suis là pour te tuer ! » derrière lui. Ca m’aurait fait perdre l’effet de surprise hein ? » répondit le jeune homme, toujours aussi rouge avant de se faire enlacer par Manelena, celle-ci murmurant :

 

« Bravo, alors ... C’était une mission réussie grâce à toi. »

 

« Ca sera bien la première fois. » marmonna t-il en essayant de ne pas trop penser à ce qu’elle était en train de faire.


Il retrouva sa tête sur les genoux de Manelena, celle-ci lui caressant les cheveux alors qu’il était complètement rouge de gêne. N... N... Non mais ... C’était quoi ça ?! Il essayait de relever sa tête mais il remarquait qu’il n’avait même pas la volonté de faire cela. C’était ... C’était la première fois non ?

 

Enfin peut-être que non ... Il ne savait pas ... vraiment ... Avec Elen, n’avait-il pas déjà fait le contraire ? Elle ? Elle qui dormait sur ses genoux. Pourquoi est-ce qu’il pensait à Elen tout le temps ? Car elle était celle à l’origine de tout ? Car elle était celle à qui il se sentait le plus attaché actuellement. Attaché ? Mais au niveau de ses sentiments ...

« Hum ? Il y a une lettre qui arrive vers nous. » annonça Manelena avec lenteur avant qu’il ne se redresse subitement. « HIIIIIIIII ! Tu m’as fait peur ! Bon sang ! Tery ! »

 

« C’est de l’Ombre ! » dit-il avec un peu entrain alors qu’elle posait une main sur son cœur, cherchant à le calmer. Il lui avait fichu une sacrée trouille !

 

« Manelena ? Tu connais la chanson maintenant. » annonça Clari avec lenteur alors que Manelena poussait un profond soupir.

 

« Je vais finir par croire que je n’ai aucune chance contre elle. »

 

« Je ne sais pas si on peut dire cela ... Mais avec cette femme toujours ancrée dans sa tête, c’est à se demander quelle est réellement sa relation avec lui. Elle se trouve à Claudiska non ? D’après ce que j’ai cru comprendre de la part de Tery. »

 

« J’avais compris cela aussi d’après les paroles de Tery. » annonça Manelena alors que le jeune homme s’était déjà éloigné pour lire sa lettre en privé. Il fallait dire que les dernières ... avaient été ... assez spéciales. Enfin, plutôt privées ... Et donc, il ne voulait pas qu’elles soient lues par les deux femmes ! Un peu de vie privée quoi ! Pfff !

 

« Ca va ? Pas trop triste ? » demanda Clari en s’approchant de Manelena.

 

« Pourquoi est-ce que je le serais ? Il est libre de vivre sa vie hein ? Je ne vais pas le forcer à ... euh ... Non rien du tout. »

 

« Tu peux me le dire hein ? Ca ne me pose pas de problèmes personnellement. »

 

« Ah bon ? Mais pourquoi est-ce que tu es aussi protectrice et collante envers lui ? Tu sais, ça ne me dérange pas non plus hein ? On sera deux à se ba ... »

 

A se ba ... ? Ba ... ? Battre ? Clari sourit légèrement alors que Manelena détournait le regard. Elle annonçait clairement la bataille, c’était bien cela ? Sauf qu’elle l’avait déjà gagnée avant même qu’elle ne débute.

 

« C’est plus compliqué que cela ce que je ressens envers Tery. »

 

« Ah bon ? Et comment ça ? Tu ne veux pas mieux t’expliquer par hasard ? » interrogea Manelena alors que Clari haussait tout simplement les épaules.

 

« Je ne peux pas ... C’est plutôt assez personnel malheureusement. Peut-être qu’un jour ... »

 

Peut-être qu’un jour, elle allait y répondre mais là ... Elle ne se sentait pas le courage. Elle observa  Tery qui continuait de lire sa lettre, un sourire aux lèvres. Cette ... Elen ... A part son physique, comment était-elle réellement ? Le jeune homme semblait terriblement attaché à elle, c’en était presque ...  insultant envers les autres femmes attirées vers lui.

 

« C’est bon ! Enfin ... Elle est bien arrivée à Claudiska. » annonça t-il alors que Manelena reprenait la parole, lui demandant :

 

« Et alors ? Que veux-tu que l’on fasse maintenant ? Je me demandais ... Tu veux vraiment te rendre à Claudiska pour les médaillons ... ou autre chose ? »

 

« Autre chose ? Comment ça ? » dit-il avec un peu d’étonnement.

 

« Ne fait pas l’innocent, c’est tout. »

 

« Si c’est pour Elen ... que tu dis ça ... Un petit peu ... quand même. J’ai bien envie de la revoir, au moins, cette fois-ci, on essayera pas de se tuer. Ca fait quand même pas mal de temps que je ne l’ai plus revue ... Et puis, j’aimerai bien repartir avec elle. »

 

Hein ? Quoi ? Clari et Manelena le regardèrent avec surprise. Il avait dit cela nonchalamment, comme si ... Il avait prononcé quelque chose dont il n’avait même pas idée.

 

« Tery ? Tery ? Tu m’entends ? » demanda Clari subitement alors qu’il reprenait :

 

« Enfin bon ... Je sais bien que c’est impossible puisque je suis dans l’armée ... Il faudrait qu’elle accepte de rejoindre l’armée ou alors que moi ... Je la quitte ... Mais je ne pense pas à cette idée. J’ai besoin de rester dans l’armée pour ma mère et puis de toute façon ... Je ne sais rien faire d’autre à côté donc, mon choix est vite fait ... »

 

« Tery ? Tu n’as pas l’air de m’entendre. » continua Clari.

 

« Ah ... C’est vraiment compliqué ... J’aimerai vraiment qu’elle reste avec moi. Qu’importe si elle garde son masque ou non, c’est tout simplement pour me rappeler ce qui s’était passé entre nous au tout début. Ca commence à dater ... »

 

... ... ... Ca ne servait à rien de parler hein ? Il ne l’écoutait même pas. Elle poussa un profond soupir, haussant les épaules avant de s’éloigner. Par contre, Manelena restait figée, s’approchant peu à peu de Tery avant de dire :

 

« Tery ? Tery ? Tu m’entends ? Tery ? »

 

SBAF ! La claque vola sur sa joue, le sortant complètement de sa rêverie alors que Clari parut des plus étonnées. Qu’est ... Qu’est-ce qu’elle venait de faire ? De gifler Tery ? C’était ... vraiment Manelena qui venait de faire cela ?

 

« AIE ! Mais ça fait mal, Manelena ! Qu’est-ce qui t’as pris ?! »

 

« Car tu n’arrêtais pas de rêvasser et de nous ignorer ! »

 

« Ah ... Pardon ... Ce n’était pas voulu. Alors, qu’est-ce que l’on fait ? » demanda t-il avec lenteur en espérant se faire pardonner rapidement.

 

« Nous ne devions pas aller à Claudiska ? Maintenant ... Avec ton comportement, je ne sais pas si c’est une bonne chose. Tu serais capable de faire des bêtises. » murmura la jeune femme aux cheveux argentés.

 

« Hein ? Mais non ! Je ne vais pas commettre de bêtises ! »

 

« Alors, je vais te poser une simple question ... Une question très simple ... »

 

Hein ? Il n’aimait pas le ton de la voix de la jeune femme. Ses yeux rubis le fixaient longuement alors qu’il déglutissait. Il n’aimait pas du tout ... le ton ... Et le regard ... Pas du tout du tout ... Ohla ... Il était même un peu effrayé.

 

« Euh ... Vas-y ... Tu peux la poser hein ? J’y répondrai ... »

 

« ... ... Elle est très simple ... Si tu devais choisir entre cette femme et l’armée de Shunter ... Quelle serait ta position ? Car je crois que d’après ce que j’ai cru comprendre qu’elle est une ennemie non ? Et elle recherche aussi les médaillons ? »

 

... ... ...  Entre Elen et l’armée de Shunter ? Auparavant, la réponse serait vite arrivée ... Et là, là, ce n’était pas la même chose. Il avait un peu l’impression d’avoir un ultimatum en face de lui. S’il répondait Elen, c’en était fini ... ou presque. Qu’est-ce qu’il devait répondre ?

avr 14

Chapitre 43 : La fuite

 Chapitre 43 : La fuite

 

« Clari ... Tu as vu la même chose que moi ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns.

 

« Difficile de passer à côté d’autre chose. » marmonna t-elle alors qu’elle observait le gigantesque golem devant eux.


Il avait fait comment ? Comment une créature aussi immense mais surtout constituée intégralement de terre avait réussi à utiliser ceci ? C’était ... impossible mais pourtant, c’était la réalité. Le dirigeant de Mekalarma émit un grand rire, un rire qui semblait plus dément qu’autre chose alors qu’il prenait la parole :

 

« Ca vous étonne hein ? Je suis sûr que vous êtes étonné hein ? Il ne faut pas s’en douter ! Tout le monde est surpris quand nous utilisons une telle arme ! HAHAHAHA ! ALLEZ ! Je vais vous faire une plus grande surprise ! Vous allez voir ! »

 

Le dirigeant se trouvait dans le cercle entourant le golem, celui-ci restant à nouveau immobile avant de commencer à se mouvoir peu à peu, son bras droit se tendant vers les deux jeunes personnes. Il observa rapidement Clari, lui annonçant d’un regard de faire plus qu’attention alors que déjà ... La main droite du golem semblait se geler instantanément ?!

 

« Qu’est-ce que ... De la glace ?! »

 

Il avait dit cela avec étonnement alors que l’épée de Clari s’enflammait aussitôt. La jeune femme balança son arme en avant, créant une vague de flammes qui se dirigea vers le golem et surtout en direction de son bras glacé. Des pics étaient déjà sortis pour se diriger vers eux, se faisant envelopper par les flammes.

Pourtant, ils arrivèrent à les traverser, n’ayant que très peu fondus avant de foncer droit vers la jeune femme. Celle-ci les esquiva en majeure partie, donnant un coup d’épée dans le dernier qui arrivait en direction de son ventre. Elle le repoussa, le pic de glace tombant sur le côté alors qu’elle gémissait. Tout son bras venait d’être engourdi, le dictateur s’exclamant :

 

« HAHAHA ! C’est bête ? Hein ? Vous pensez vraiment que même des soi-disant adeptes des dieux sont capables de nous surpasser ?! Nous ! Les Mékalarmiens ! Nous sommes au-dessus de tous et de toutes ! Notre avancée technologique, magique et scientifique nous rend supérieurs à vous ! »

 

« Il ne peut pas se taire ... Il me fatigue ... Clari ... Ca ne sert à rien d’attaquer le golem. »

 

« Merci de ta remarque, Tery. Je pense que je l’aurai trouvé pareil. »

 

« De rien ... Mais donc ... Tu sais qui est-ce que l’on doit viser ? » demanda t-il avec lenteur alors qu’elle hochait la tête une nouvelle fois.

 

« Ce n’est pas difficile à imaginer, il n’y a pas cinquante cibles. »

 

Il hocha la tête à son tour, les deux personnes commençant à courir en direction du mékalarmien. Celui-ci haussa un sourcil, éclatant de rire avant de poser une main sur le sol, un monticule de terre se formant sous lui pour le placer à hauteur des épaules du golem.

 

« Vous pensiez m’atteindre hein ?! Ne rêvez pas ! Vous ne pourrez jamais faire cela ! »

 

« ... Ca devient problématique, Clari. » souffla le jeune homme, observant ses deux griffes. Il avait bien une tentative complètement folle mais ...

 

« A quoi est-ce que tu penses encore ? L’idée que tu as en tête ne me plaît pas du tout, Tery. » répondit la jeune femme aux cheveux blonds.

 

« Tu penses réussir à l’occuper pendant quelques minutes ? J’y vais maintenant ! » répondit-il aussitôt, courant en direction du golem, celui-ci tendant sa main gauche vers lui pour envoyer une boule de feu. Comment était-il capable de cela ? Ca ne servait à rien de demander ! Ce n’était plus important ! Le plus important restait les médaillons et ...

Il était temps pour lui de briller ! Enfin, de montrer ce dont il était capable ! C’était plus difficile que ça mais bon ... Le dictateur ne semblait pas l’avoir remarqué au départ ... Et lui ? Il se trouvait juste au-dessous du golem, la voix du dictateur ne tardant pas à se faire entendre, semblant toujours aussi exaltée :

 

« Ton ami est mort ?! HAHAHA ! Je me disais aussi qu’il ne pourrait pas tenir très longtemps ! Ca vous apprendra à vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ! »

 

« C’est donc ainsi que se comporte l’être qui dirige Mekalarma ? »

 

« Tu es trop stupide pour comprendre exactement ce qui se passe ... AH ! Ce n’est pas à moi de t’expliquer comment marche Mekalarma ! »


Elle poussa un léger soupir désappointé alors qu’elle gardait ses yeux fixés sur lui. Il pensait qu’il était mort à cause de la boule de feu ? Alors, elle n’avait pas à regarder Tery bien que ... Elle aimerait bien savoir ce qu’il comptait faire.

 

« DISPARAIS ! DISPARAIS ! DISPARAIS ! Allez ! Je vais te faire rejoindre ton ami ! »

 

Le golem se pencha en avant pour poser ses deux mains sur le sol, la jeune femme aux cheveux blonds écarquillant les yeux, la bouche grande ouverte. Non ... Il n’osait quand même pas faire ça ?! MAIS QUEL IDIOT ! 


Elle apercevait Tery qui avait ses lignes noires sur ses deux mains, quatre chaînes de terre dans celles-ci. Il ... Il grimpait le golem comme on grimperait un mont ! MAIS C’ETAIT QUOI CETTE STUPIDITE ?! Il n’y avait que lui pour penser ainsi ! Et dire qu’il tentait de le grimper à partir du dos pour être sûr que ce fou d’humanoïde saurien ne le voit pas.

 

« Si tu crèves de la sorte ... Tu as intérêt à ce que tu sois bien mort car ça ... Je ne te le pardonnerai pas... » marmonna t-elle entre ses dents.

 

« Qu’est-ce que tu racontes encore ?! Tu perds la tête ?! Vas-y ! Crée un trou dans lequel elle va tomber ! » s’écria le dirigeant alors que les poings du golem se relevaient avant de s’abattre sur le sol, créant des fissures mais surtout un sacré tremblement.

 

« NON ! » hurla t-elle bien que ce n’était pas pour elle mais pour le jeune homme accroché.

 

OHLA ! Il penchait sur le côté, son corps se balançant en arrière avant de s’aplatir contre le corps rocailleux du golem. Ou non ... Il avait placé ses deux pieds devant avant de voir son visage éclaté contre le dos du golem. Pfiou ... Il fallait dire que le tremblement de terre et les fissures ... Et il ne pouvait même pas voir ce qui se passait avec Clari. Il espérait vraiment qu’elle allait bien car sinon, il s’en voudrait énormément.

 

Allez ... Allez ... Il devait ... grimper ... Il devait mettre ... en application ... ce qu’il avait appris il y a quelques heures ... Par respect pour ses deux professeurs ... Pour les deux femmes avec lui. Il se retenait de gémir à chaque montée, espérant ne pas montrer sa présence alors qu’il était déjà à la moitié du chemin.

 

« T’es plus résistante que l’autre hein ? Ou alors, c’est autre chose ... »

 

« Je t’interdis de parler comme ça de Tery ! » s’écria la jeune femme, ayant fait plusieurs sauts sur le côté pour éviter les fissures, celles-ci s’étant aussitôt refermées après.

 

Ce n’était pas un golem ordinaire ... La magie déployée était beaucoup trop puissante que cette créature soit ... normale. Capable d’ouvrir et de refermer le sol ... Ce n’était pas à la portée du premier venu ... Et puis ces flammes et cette glace ... Qu’est-ce que les mékalarmiens avaient fait avec ce golem ?

Elle ne le savait pas mais elle ne voulait pas le savoir non plus ! C’était une chose qui dépassait toutes ses pensées ... Le seul moyen de détruire ce golem, c’était de ... tuer son propriétaire ... Et visiblement, c’était ce fameux saurien. Elle poussa un petit soupir amusé, elle devait compter sur Tery cette fois-ci hein ?

 

« A toujours mettre les autres en valeur, on finit par croire qu’on est inutile. »

 

« Qu’est-ce que tu racontes pauvre folle ? Tu es décidée à mourir ? Ca sera bien plus rapide comme ça ! Ecrases-là de ton poing ! »

 

L’écraser ? Hein ? Le golem ne se déplaçait pas mais ses deux mains s’étaient jointes pour former comme un marteau gigantesque, celui-ci tentant de s’abattre en direction de la jeune femme. NON ! Elle ne devait pas ... Bon ... Vite ...

 

Elle avait fait un prodigieux saut dans les airs, ses deux pieds quittant le sol sur plusieurs mètres grâce au vent produit. Elle n’était pas à la hauteur du dirigeant mais elle allait lui montrer ce dont elle était capable. Elle fit un mouvement de la main gauche vers lui, produisant une bourrasque qui fit reculer légèrement le mékalarmien.

 

« Tu as encore la force de te battre ? Plus pour très longtemps alors ! »

 

« Ne t’en fait pas pour mes capacités ... » souffla t-elle bien qu’elle remarquait que ce qu’elle avait fait n’avait pas servit à grand-chose. Le dirigeant était toujours sur le dos du golem et elle ... Elle devait atterrir sur le ...

 

Elle esquiva juste au dernier moment le poing droit du golem, son habit se déchirant sur la hanche, laissant apparaître sa chair mise à nue et surtout ensanglantée. La roche du poing, même si il était passé à côté et à l’effleurer, faisait atrocement mal.

 

Elle vint atterrir sur le sol, poussant un gémissement de douleur. Se battre en se tenant la hanche d’une main, une épée de l’autre, ça n’allait pas être facile ... Surtout avec la taille de son épée. ET ZUT ! Qu’est-ce que Tery faisait ?! Elle n’allait pas pouvoir tenir indéfiniment contre ce golem !

 

« Les insectes doivent être écrasés ! Arrête donc de courir et de t’échapper ! »

 

« ... ... ... ... ... »

 

Il ne disait rien du tout. Il aurait bien envoyé une phrase choc, une phrase qui disait clairement que c’était la fin mais ... Non.

 

Ca ne servait à rien de perdre sa discrétion. Il était derrière le dirigeant, plantant ses deux griffes dans le cou de ce dernier. Le mékalarmien écarquilla les yeux de stupeur, du sang s’écoulant de sa bouche alors que sa tête se tournait peu à peu vers lui.

 

« Glaaaa ... Toaaaa ... »

 

Impossible de parler correctement alors que le jeune homme tournait bien ses deux griffes dans son cou avant de les retirer. Le mékarlarmien s’écroula sur l’épaule du golem, le jeune homme récupérant aussitôt le sac que le dirigeant possédait. Si ... il était mort ... Alors les quatre livres sur les golems devenaient SA propriété ! Mais ils avaient aussi maintenant les trois pendentifs ! Il n’arrivait pas à le croire !

 

« Wow.... Qu’est-ce ... Qu’est-ce ... »

 

« TERY ! Descends maintenant ! Le golem va se détruire ! »

 

OH ZUT ! Il avait complètement zappé ça ! Il vit le corps sans vie du dirigeant mékalarmien qui glissait le long de l’épaule du golem pour tomber au sol. Et le golem ... Il s’affaissait ?! Il allait vraiment se détruire ?! Mais qu’est-ce qu’il devait faire ?! Le corps gigantesque chancelait sur lui-même, s’affaissant en direction du sol alors que Tery cherchait un moyen de s’en sortir.

 

« MAIS SAUTE ! SAUTE, TERY ! JE TE RATTRAPERAI ! »

 

« Y A PLUS DE DIX METRES DE HAUTEUR ! T’es folle ?! »

 

« On a pas le choix ! Tu veux plutôt que je ne te rattrape pas ?! »

 

« Euh ... Je suis encore moins convaincu de cette tactique. Bon et bien ... Tu as intérêt à me rattraper car sinon ... Je crois que j’irai te hanter jusqu’à la fin de ta vie ! »

 

« Ce n’est pas une si mauvaise idée alors ... HEY ! ATTENDS ! »

 

Elle n’avait même pas le temps de terminer sa phrase que le jeune homme avait tout simplement sauté du golem qui continuait de s’écrouler au sol ... mais sur lui-même ... Sans qu’une parcelle ne sorte du cercle tracé au sol. Il n’était même pas détruit malgré le fait qu’il avait tué son propriétaire ? C’était quoi ... comme magie ?

 

« POUF ! » Il venait d’atterrir dans les bras de Clari, celle-ci ayant fait apparaître ses lignes blanches sur ses deux mains avec un grand sourire. Elle avait utilisé son vent encore hein ? Elle était spécialiste des atterrissages en douceur n’est-ce pas ?


Lorsqu’il posa un pied au sol, celui-ci s’était mis à trembler, la jeune femme ayant parfaitement arrêté de sourire, les yeux grands ouverts, observant ce qui était devant elle. Comment ... Comment ... Elle désigna du doigt quelque chose derrière Tery, celui-ci se retournant à son tour.

 

« Le ... Le golem ... Le golem bouge encore ? Mais ... C’est impossible ! »

 

« Je ne sais pas ce qui se passe ici mais on devrait éviter de trop attendre ! Allons nous-en de là avant qu’il ne soit trop tard ! Tu as les médaillons ? »

 

« J’ai les médaillons et même les livres ! » annonça t-il en montrant le sac qu’il avait récupéré chez le dirigeant.

 

« Alors, on ne perd pas trop de temps ! Viens avec moi, Tery ! »

 

Hey ! Elle croyait qu’il allait faire quoi ?! Le jeune homme et la jeune femme quittèrent le bâtiment. Il se demandait dans quel état serait Manelena ... Il espérait vraiment ... qu’elle ne soit pas blessée ... Vraiment ... Vraiment ...

 

« Alors ? Qu’est-ce que cela a donné ? » demanda d’une voix neutre la jeune femme aux cheveux argentés maculés de sang, sang parcourant la majorité de ses vêtements.

 

Elle se tenait là, devant eux, fière et droite alors que des corps s’entassaient les uns sur les autres. Des cadavres qui étaient projetés contre les murs avoisinants ... Et il y avait même des flèches ou des carreaux calcinés ... Elle était aussi prise à distance ? Et ... Et ... Elle n’était pas blessée ? Elle n’avait même pas une égratignure ...

 

« Ca ... va Manelena ? » demanda t-il avec une légère inquiétude qu’il ne cachait pas.

 

« Ca peut aller ... Juste un peu fatiguée ... Ils arrivent de plus en plus nombreux ... Je crois qu’ils ne vont pas tarder à revenir ... Mais j’ai senti de nombreuses secousses. Qu’est-ce qui s’est passé de votre côté ? Sur quoi vous êtes tombés ? »

 

« On a affronté un golem gigantesque, on a rencontré le dirigeant qui était tout simplement un mékalarmien adepte des livres sur les golems et ... »

 

Il sortit les trois médaillons, les yeux de la jeune femme semblant briller à la vue des trois pendentifs. Elle récupéra les trois objets, les observant longuement avant de dire :

 

« Ce sont bien les véritables ... médaillons de Mekalarma. »

 

« Tant mieux ... Car là, j’étais complètement à court d’idées. Je crois qu’en dépit du manque de chance que nous avons eut, le fait que le dirigeant soit là alors que nous venions d’arriver, c’était la meilleure chose possible ... Oh oui ... Mais nous devrions maintenant quitter la capitale non ? » interrogea le jeune homme.

 

« C’est la meilleure chose à faire ... Mais quand au golem ... »

 

« Il ne s’effondre pas ... Il est toujours présent ... Je n’ai pas vraiment compris pourquoi et comment mais je ne veux pas le savoir. Tu penses pouvoir nous guider ? Ils vont être occupés à arrêter le golem de toute façon. » répondit le jeune homme après Manelena.

 

Comment ça ? Arrêter le golem ? La réponse ne tarda pas au moment où le sol recommençait à trembler, deux poings sortant du mur avant que des boules de feu ne n’émanent du trou formé. Des cris fusèrent vers eux :

 

« Mais qu’est-ce qu’ils ont foutu ces imbéciles ?! »

 

« MERDE ! Le golem est devenu complètement dingue ! »

 

« Je crois que c’est le moment de profiter de la confusion. » répondit Manelena calmement avant de courir, Tery et Clari faisant de même. Elle tranchait rapidement les deux soldats qui étaient arrivés alors que des cris et des lumières se faisaient entendre et voir tout autour d’eux. Le golem était devenu fou ?

 

« Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé mais ... C’est tout bon pour nous ... » répondit Clari alors que Tery reprenait la parole :

 

« C’est tout simple ... Le golem a perdu la boule puisqu’il n’a plus personne pour le contrôler. Donc nous, pendant ce temps, on se barre d’ici. Par contre ... Euh ... Je pense que nous devrions essayer de piller quelque chose avant ? »

 

« Pour la nourriture ? On va éviter de se créer encore plus de problèmes, Tery. Et puis, c’est quoi cette pensée de voleur ? Depuis quand tu es devenu aussi décadent ? » demanda Manelena avec un peu de surprise tandis que le jeune homme disait :

 

« Je ne suis pas comme ça ! C’est juste que l’on ne va pas pouvoir rentrer dans une ville de Mékalarma avant très longtemps voir ... jamais. »

 

« Est-ce que c’est un problème ? Ces villes sont laides à observer. »

 

Clari marquait un point, il devait se l’avouer. Le jeune homme aux cheveux bruns soupira légèrement tandis qu’ils continuaient de suivre Manelena.

 

« Qu’est-ce que ... »

 

Quatre soldats étaient déjà sur le pied de guerre, prêts à défendre la porte bien que le trio voulait sortir et non rentrer. Il fallait dire que d’après ce que l’on pouvait voir, Manelena avec ses habits et son corps ensanglanté de partout, avait plus l’impression d’être une démone qu’autre chose ... Surtout lorsque l’on savait que ce n’était pas son sang qui était sur ses habits. Et pour cause ... Ses deux yeux rubis se posèrent sur l’un des mékalarmiens aux écailles brunes avant qu’elle ne tende la main.

La puissante rafale de vent produite fit décoller l’humanoïde saurien en arrière, un craquement sonore se produisant au contact de la porte de fer. Celle-ci eut un vilain trou non-complet à l’endroit où le mékalarmien avait percuté la porte. Les autres s’apprêtaient déjà à attaquer mais la jeune femme aux cheveux argentés avait crée une sorte de fouet aqueux, visant le cou d’un des soldats. Néanmoins, juste avant qu’il ne vienne au contact, le fouet se solidifia en glace, créant une longue entaille dans le cou du mékalarmien qui s’écroula au sol, mort.

 

« ... ... ... Manelena ? » murmura le jeune homme aux cheveux bruns, ne sachant pas quoi dire.

 

Elle ne répondait pas, restant de marbre tandis qu’elle finissait le travail qu’elle avait commencé. Elle ... Elle était maculée de sang ... Encore plus qu’auparavant ... Elle était horrible visuellement ... Rien à voir avec la jeune femme qui souriait habituellement. Est-ce qu’elle avait perdu le contrôle de son corps ?!

 

« Manelena ? Est-ce que ... tu peux me répondre si ça va bien ? »

 

« Ca va parfaitement, Tery. Je voulais juste que l’on parte d’ici le plus vite possible. Nous sommes en pleine nuit et avec le boucan crée, il y a de fortes chances qu’ils nous attendent aussi de l’autre côté de la porte. Attendez ici ... »

 

Non mais ... Il allait la suivre mais Clari l’arrêta. La jeune femme aux cheveux blonds lui murmurait de ne rien faire. Elle aussi ... voyait parfaitement que quelque chose clochait avec Manelena. Elle n’avait plus du tout la même aura qu’auparavant ...

Des cris se firent entendre de l’autre côté de la gigantesque porte, Manelena étant passée par celle de plus petite taille à la base, qui permettait aux personnes de rentrer et sortir. Elle revint trois minutes plus tard, encore plus couverte ...

 

« Manelena, dès que l’on peut, on te trouve un endroit où tu peux te laver. »

 

« Hum ? Hein ? Oui ... Bien sûr. » souffla t-elle en haussant tout simplement les épaules aux paroles du jeune homme.

 

« Tu les as tous tués ? » demanda Clari d’une voix calme.

 

« Oui mais on part maintenant ... Car ils peuvent revenir rapidement. »

 

Oui bien sûr. Les trois personnes passèrent la porte, Tery et Clari ne faisant aucune remarque sur les cadavres autour d’eux alors qu’ils s’éloignaient de la capitale. Ils n’allaient plus pouvoir mettre les pieds là-bas ... Ni dans aucune ville d’ailleurs.

 

« Si je comprends ... Je suis donc recherché activement à Honoros ... et aussi à Mekalarma. Elle est pas belle la vie ? »

 

« Tery ... Je le suis aussi hein ? » annonça Clari en rigolant légèrement.

 

« Oui ... En clair, nous sommes deux parias qui ne peuvent vivre que dans leurs royaumes ! »

Rien de bien réjouissant en fin de compte, n’est-ce pas ? Mais bon ... Il allait arrêter là ... Et ils allaient mettre le maximum de distance entre eux et cette capitale ! Et aussi le reste de Mekalarma ! La mission avait été en fin de compte un succès.

avr 7

Chapitre 42 : Le dirigeant

 Chapitre 42 : Le dirigeant

 

« Ah ... Ah ... Et maintenant ? Qu’est-ce que l’on fait ? »

 

« On attends un peu ... le temps que tu reprennes ton souffle, Tery. »  répondit Clari alors que Manelena observait les environs, semblant légèrement inquiète.

 

« On a tout loupé depuis le début ... C’est complètement absurde ... » marmonna t-elle alors que Tery tentait de répondre, cherchant à s’excuser :

 

« C’est de ma faute ... Nous n’aurions pas perdu autant de temps, on aurait pu ... »

 

« Ce n’est pas de ta faute, ça ne sert à rien de trouver un coupable pour nos erreurs. »

 

Elle disait cela avec neutralité, l’observant avec un petit sourire amical. Elle ne lui en voulait pas hein ? Il passa une main sur son front, se massant celui-ci pour chercher à se calmer alors que cela ne semblait pas marcher le moins du monde.

 

« Nous sommes maintenant poursuivis dans la capitale et surement dans tout le pays de Mekalarma. Je tiens à signaler qu’il y a de fortes chances que nous mourrions sans même comprendre d’où prévient l’attaque. Nous sommes dans le royaume le mieux sécurisé parmi les cinq, nous ne sommes que trois contre plusieurs milliers de soldats. »

 

« Mais nous avons nos lignes, Manelena. Nous avons nos lignes et maintenant que je sais à peu près les contrôler grâce à toi, il est hors de question que je vous laisse mourir. »

 

« Oh tiens donc ... J’ai l’impression que le petit Tery veut jouer au héros. » répondit Manelena, s’approchant de lui pour se pencher en avant puisqu’il était assis contre un mur.

 

... ... Belle ... ... Elle était belle, Manelena. Il ne le remarquait que maintenant mais elle était vraiment belle. Enfin non, il ne le remarquait pas que maintenant mais la jeune femme avait une telle ... beauté qui émanait d’elle et il ne parlait pas de ce qui faisait la majeure partie des femmes même si il en avait une vision devant ses yeux.

 

« ... ... Et bien ? Tu restes muet ? Je pensais que tu allais me répondre un peu plus sèchement, Tery. » répondit Manelena d’un petit air dépité.

 

« Non non ... Je réfléchissais à quelque chose ... Mais bon, je veux bien essayer de devenir plus fort pour vous épauler les filles. Les autres, je n’en ai rien à faire. »

 

« Comment ça ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda Clari d’une voix surprise.

 

« Juste que pour vous deux ou pour ... elle ... Ou alors pour ma famille, je veux bien devenir plus fort mais je ne le ferai jamais pour les autres. »

 

« Qu’il est mignon, le petit Tery quand il parle comme ça. »

 

Voilà que la jeune femme aux cheveux d’argent lui tapotait délicatement le crâne. Pourquoi est-ce qu’il avait l’impression d’être prise pour un gamin ? Et c’était une mauvaise impression, une très mauvaise impression. Comme celle où il pensait qu’il n’était pas pris au sérieux. Et c’était vraiment vexant pour lui car il était sérieux !

 

Une quinzaine de minutes plus tard, il se redressa en craquant les os de son cou, signalant qu’ils pouvaient repartir. Il avait parlé sur un ton nonchalant, signalant clairement par là qu’il était légèrement en colère à cause des paroles de Manelena.

Pourtant, il était sûr qu’elle ne pensait pas à mal mais ... Bon ! Ils devaient courir et se faire discrets ! Sauf qu’avec ces orbes électriques qui planaient dans le ciel, cela était une tâche vraiment plus qu’ardue ! Ils commencèrent à se déplacer avec vélocité, passant d’une ruelle à une autre alors que Manelena, Clari et lui-même créaient des chaînes.

La raison était des plus simples : simplement détruire les orbes pendant qu’ils couraient. Heureusement, elles étaient plus que fragiles mais cela permettait aussi de les faire plonger dans le noir donc rendant la course beaucoup plus difficile pour eux comme pour leurs poursuivants. Et Zélisia savait qu’il y avait bon nombre de poursuivants.

 

« Allez ! On ne ralentit pas la cadence ! Les médaillons sont forcément là ! On doit les retrouver mais maintenant ... Tss ... C’est quasiment impossible comme mission. »

 

« Tu n’as pas à t’en faire, Manelena. On essayera un autre moment. » répondit Clari.

 

« Non, il n’y aura pas d’autres chances ! Dès que l’on arrivera à quitter la capitale, il ne faut pas espérer pouvoir y rentrer à nouveau. »

 

« Calme-toi, Manelena ... On reste dans cette ville tant que l’on n’a pas trouvé les autres médaillons, c’est tout. » répondit le jeune homme aux cheveux bruns alors qu’ils s’arrêtaient dans une nouvelle ruelle. Ils ne savaient même pas où se rendre.

 

« Tu es très malin hein ? Et tu as une idée de l’endroit où se trouvent ces médaillons ? »

 

« Pourquoi est-ce que tu te mets à parler comme ça tout d’abord ? » demanda t-il en croisant ses bras, la jeune femme haussant un sourcil. Comment ça elle parlait différemment ? Il reprit la parole avec lenteur : « Depuis que l’on a échoué, tu es plus en colère que d’habitude. Tu n’as pas à t’en faire, l’échec, c’est habituel avec moi. Ce n’est pas pour ça que l’on va abandonner, n’est-ce pas Clari ? »

 

« Tu vas encore sortir une idée douteuse mais bon ... La dernière fois, au final, c’est toi qui a réussi à avoir le médaillon même si tu as été assez stupide dans ta méthode. »

 

« Hahaha ... Merci bien ... Bon ... On sait juste que les tours protègent la capitale des éclairs pour éviter que cela ne tombe dessus hein ? Donc pour la fuite, je me dis qu’on devrait essayer de se rendre dans l’une des quatre tours, détruire ce qu’il faut et il y a une chance que la capitale ne soit plus aussi bien protégée. Pour les médaillons, on sait aussi que ce n’est pas dans le temple que l’on a visité. Donc, on devrait essayer de plutôt suivre des personnes au lieu de leur échapper, peut-être qu’à partir de là, on arrivera à trouver les médaillons. »

 

« Tu ... es un sacré idéaliste ... Et je ne suis pas en colère ... » marmonna Manelena bien qu’elle semblait assez confuse de s’être faite prendre sur le fait.

 

« ... ... Ca ne fait rien, je ne sais pas si on peut dire que je suis idéaliste, juste que des fois, je préfère positiver quand je vois que tout le monde est abattu. »

 

« Tout le contraire de ce que tu fais habituellement. » répondit la jeune femme aux yeux rubis en lui souriant, Tery rigolant légèrement. C’était exact. Il ne le niait pas que d’habitude, il était assez ronchon mais bon ... Des fois, il fallait prendre sur lui-même.

 

« Alors ... Que devons nous faire exactement ? » demanda Clari.

 

« Maintenant que les orbes sont détruites, on devrait pouvoir se déplacer un peu plus librement. Enfin ... Oui et non ... »

 

Manelena avait pris la parole après elle alors qu’ils sortaient de la ruelle. Ils recommencèrent à se déplacer le plus rapidement possible.

 

Allez allez allez ! Il devait accélérer ! Il rattrapa les deux femmes, les prenant par les mains. Il sentait que quelqu’un ou quelque chose les observait ! Mais il n’arrivait jamais à expliquer pourquoi ! Ce n’était pas normal ! Le jeune homme aux cheveux bruns revint tirer les deux femmes dans une ruelle, Manelena se retrouvant la tête collée contre l’épaule de Tery.

 

« Ne bougez plus du tout ! Je sens que quelqu’un nous observe ! »

 

« Tu n’essaierais pas d’en pro... » commença Clari avant qu’il ne la coupe aussitôt :

 

« Non ! Je ne sais pas pourquoi mais ... Ce quelque chose qui nous observe, je pense le connaître. J’ai déjà eut cette sensation ! »

 

Manelena avait descendu sa tête alors que Tery lui caressait ses cheveux machinalement. Il semblait pensif, réfléchissant à ce que cela voulait dire. Voir sans être vu ... C’était bizarre mais ce n’était pas à cause des quatre tours dans chaque coin de la capitale. Cela était plus compliqué que prévu ! Il y avait autre chose !

 

« C’est bon, là ! Je crois que vous avez assez flirté ! » s’écria la jeune femme aux couettes blondes alors que Manelena avait fermé ses yeux.

 

« Un golem ... Je ne sais pas pourquoi ... Je ne sais pas du tout pourquoi ... Mais il y a un golem dans cette capitale ... Ils ont un golem ... »

 

« Hein ? Comment est-ce que tu peux en être sûr ? » demanda Manelena en s’extirpant de ses bras, surprise par les paroles du jeune homme.

 

« Je ne sais pas ... Car je suis moi-même un créateur de golem ? »

 

« C’est vrai ... Mais je n’ai jamais entendu parler d’une telle connexion entre des créateurs de golem ... Ca m’étonne quand même assez fortement. Peut-être que j’aurais dû me renseigner un peu mieux à ce sujet. Mais bon ... Tu es sûr de ce que tu dis ? »

 

« Assez sûr pour réussir à me guider dans la capitale et voir du côté de ce golem. »

 

« ... Cela risque d’être très dangereux mais un golem comme gardien serait une bonne raison ... pour protéger des médaillons. Nous te suivons, Tery ! » répondit Manelena alors qu’il hochait la tête d’un air positif. Tant mieux si ils étaient tous d’accord !

 

« Sauf que ... Je vais faire autre chose ... Il va me falloir un peu de terre ? Il n’y en a pas dans les environs ? Je pense que ça sera plus précis ... »

 

« Plus précis comment ? Pourquoi ça le serait ? »

 

Il haussa les épaules sans réellement s’expliquer. Encore une fois, c’était plus une impression qu’autre chose. Manelena poussa un léger soupir, frappant dans le sol avec une griffe de terre. Des morceaux de pierre volèrent un peu partout alors que le jeune homme prenait de la terre dans ses mains, ses lignes noires apparaissant au bout de celles-ci.

 

Même si ce n’était qu’une création miniature, il vint réussir avec facilité à donner vie à un petit golem d’une dizaine de centimètres de hauteur. Elle semblait parfaitement ridicule si elle devait se combattre mais comme ce n’était pas le cas ... Clari vint la prendre sur sa paume droite, remarquant qu’elle était plus lourde qu’elle n’y paraissait.

 

« Je pense qu’avec ça, il va pouvoir nous guider ... »

 

« Et comment le ferait-il ? Je ne crois pas que les golems soient capables d’intelligence. »

 

« Ce n’est pas du tout le cas, Manelena. Néanmoins, je crois me souvenir qu’un golem, si son créateur le lui ordonne, pourra chercher une autre entité golémique dans les environs. C’est ce que je vais faire. On va aller le suivre. »

 

Il avait déjà demandé à son golem de se mettre en quête, celui-ci ne faisant que bouger sa tête avant de lever son bras droit avec lenteur. Il désignait une route à suivre avec sa main, les trois personnes se remettant à courir alors que le golem continuait de pointer sa main vers une direction. C’était aussi simple et efficace que cela mais ça marchait parfaitement !

 

Au bout d’une vingtaine de minutes, ils étaient arrivés dans ce qui ressemblait à une tour. C’était ... l’une des quatre tours ? Non ... Ce n’était pas vraiment le cas. Ca ressemblait plus à un hangar géant. Enfin, un hangar qui n’était pas du tout gardé. C’était quand même bizarre ... Mais cela ne flairait pas le piège. Et le golem lui signalait que ce qu’ils cherchaient se trouvaient à l’intérieur.

 

« Et bien ... Je crois qu’on doit y aller non ? »

 

« Hum ... Je ne suis pas vraiment motivée à me faire piéger une nouvelle fois, Tery. » répondit Manelena avant de se retourner, son épée longue à la main. « Je vais rester ici pour surveiller les environs. On ne se fera pas piégé une seconde fois. »

 

« D’accord mais fais attention à toi, Manelena. Clari ? Tu viens ? »

 

« Bien sûr ... On ne sait pas ce qui nous attends à l’intérieur. »

 

Mais le problème était pour rentrer. Surtout qu’ils avaient affaire à deux immenses portes de ... Hein ? Il y avait une porte de taille normale dans l’une des portes de métal. AH ! Mais quel idiot ! Il ne l’avait même pas remarquée ! Des fois, il méritait vraiment des baffes. Clari força l’entrée en utilisant ses lignes blanches, la porte de métal s’ouvrant néanmoins avec douceur contrairement à ce qu’il aurait pensé.

 

... ... ... ... Il y avait des lumières au plafond ... Mais ce n’était pas vraiment comme un hangar ... Mais plutôt comme une unique pièce. Ca ne faisait donc pas un hangar ? AHHHH ! Il n’allait pas se compliquer la vie ?! Par contre ... Ce qui se trouvait en face allait sûrement créer énormément de problèmes ...

 

« Qu’est-ce que ça fout ici ? Comment est-ce que c’est ... »

 

« Tery ... C’est vraiment n’importe quoi. Comment est-ce que le pays de l’éclair ... Le pays capable de gérer les éléments électriques ... a une telle chose chez lui ? »

 

« Je ne sais pas mais si ... Je ne veux pas y réfléchir. Comment est-ce que l’on peut ... »

 

« Qu’est-ce que vous faites ici ?! » s’écria soudainement une voix qui semblait provenir de devant eux. Il fallait dire qu’avec ... ceci ... devant eux ... Ils ne voyaient rien du tout.

 

Cette chose ... Cela ressemblait à une créature humanoïde gigantesque ... Environ une dizaine de mètres de hauteur, un corps entièrement constitué de pierre. En fait ... C’était une sorte de golem géant quoi. Et il faisait bien sa taille. Rien à voir avec le sien. Brrr ! Et il était sacrément jaloux, il devait se l’avouer. Il espérait en faire un de cette taille au jour. Tiens ... C’était quoi ce cercle au sol ? Qui entourait le golem géant ?

 

« Alors ?! Et puis zut ! DISPARAISSEZ DE LA ! »

 

Un pieu de terre fonça vers le jeune homme aux cheveux bruns, celui-ci l’esquivant rapidement alors que Clari sortait déjà son épée à deux mains, prête à l’utiliser. Le pieu ... Il provenait d’une des jambes du golem mais celui-ci n’avait pas bougé d’un pli.

 

... ... ... Voilà qu’une créature apparaissait derrière le pied droit du golem, ressemblant à un mékalarmien mais de taille plus réduite. Il ne devait mesurer qu’un mètre cinquante, et intérieurement, le jeune homme exaltait de joie. Cela faisait plaisir de ne pas avoir affaire à un géant comme à son habitude ! La créature saurienne avait une peau entièrement brune, comme l’était ses écailles sur sa longue queue tandis qu’elle portait une robe ressemblant à celle que les magiciens ont habituellement.

 

« Qu’est-ce que vous voulez ? Ah ! Je vois ... Je vois ... Vous êtes les Shunteriens qui veulent essayer de posséder les médaillons hein ? Je ne sais pas comment vous êtes arrivez ici mais vous n’allez sûrement pas en sortir vivants. »

 

« Clari ... Il parle des pendentifs ... Il doit sûrement les avoir. »

 

« Alors l’idée est très simple : tuons-le maintenant avant de perdre beaucoup trop notre temps. » répondit la jeune femme aux couettes blondes.

 

« Me tuer ? Me tuer ? Vous ne pourrez pas me tuer ! On ne tue pas une personne de la plus haute importance ! Je suis la personne la plus puissante de Mekalarma ! »

 

« ... ... ... Clari ? Tu penses la même chose que moi ? »

 

« Que nous sommes tombés sur ce fameux dirigeant ? Maintenant, c’en est une certitude. »

 

« Dirigeant ? AH ! Oui ! Je suis le dirigeant ! Je vais vous montrer qu’on ne plaisante pas avec moi ! Je vais vous montrer à quel point la force du dirigeant de Mekalarma est terrifiante ! Craignez ma toute puissance ! »

 

Il n’était pas un feu fou et zélé ce type ? Il tourna son visage vers Clari, la regardant avec un peu d’appréhension. Non, il n’avait pas peur de ce fou mais bon ... Il était quand même un peu étonné que ce fameux dirigeant ne soit pas plus impressionnant que cela. Une petite lueur vint l’aveugler alors qu’il retournait son visage vers le dirigeant.

 

Les pendentifs ... Il jouait avec ! Il en avait trois dans ses deux mains ! Enfin, il avait les trois de Mekalarma ! Attendez un peu ... C’était quoi le livre qu’il avait avec les trois pendentifs ? Mais il reconnaissait ce bouquin ! Du moins, les gravures dessus !

 

« Qu’est-ce que tu fais avec un livre sur les golems ? »

 

« Un livre sur les golems ? Tu sais ce que c’est ? Tu arrives à lire sur la couverture ? C’est à moi de te poser une question ! Comment est-ce que tu es au courant ?! »

 

« ... ... ... Ce qui se trouve derrière toi est un golem, n’est-ce pas ? » murmura le jeune homme en passant une main sur son front, se demandant si il était en train de rêver ou non. Le type en face de lui était loin d’être une lumière mais quand même ...

 

« Bien entendu ! Mais normalement, tu ne devrais pas reconnaître ce livre ! »

 

« Disons que je suis adepte des golems moi aussi ... Mais il n’est pas aussi impressionnant que celui-là, il faut le reconnaître. »

 

Hein ? Et la bagarre dans tout cela ? La jeune femme observait le jeune homme et le mékalarmien, les deux semblant plus discuter que se battre.

 

« ... Encore un livre à ajouter à ma collection ? HAHAHAHA ! Ca sera parfait ! Ca ne peut pas me faire de mal ! Je serais le plus grand dirigeant de Mekalarma ! J’ai déjà plus d’une centaine de livres sur les golems ! PLUS D’UNE CENTAINE ! Et en voilà quatre autres ! »

 

Hein ? Il avait ouvert un sac qu’il tenait à la hanche, sortant trois autres livres avec le premier qu’il avait déjà en main. Qu’est-ce que .... D’après ses souvenirs, il fallait :

 

« Il faut tuer les possesseurs de livres pour pouvoir les utiliser. »

 

« Et tu vas faire partie de ma collection ! Tu iras tout simplement compléter ce golem ! »

 

« Mais à quoi est-ce que ça va servir d’avoir plus de livres ?! »

 

« IDIOT IDIOT IDIOT ! Il ne connaît même pas la vraie nature des livres sur les golems ! Plus tu as de livres, plus tu as de facilités à créer des golems imposants mais plus il te faudra de magie pour contenir sa puissance et surtout le faire perdurer ! Qu’est-ce que tu pensais ?! Que les golems de feu, de glace et autres se faisaient qu’avec un seul bouquin ?! Même un mage doué n’y arriverait pas qu’avec un seul livre ! Tu es stupide de n’avoir lu que ton livre à moitié ! OH OUI ! Tu es stupide ! »

 

« Je n’arrête pas de le lui dire. » murmura Clari comme pour se mêler à la conversation.

 

« Merci, c’est toujours sympathique d’entendre ça de la part de ses collègues. » marmonna Tery alors qu’il faisait une tête dépitée.

 

« Maintenant, il faut voir si je le pense sincèrement, à toi de choisir si c’est le cas ou non, Tery. Si tu me connais bien, tu sais ce que j’en pense réellement. »

 

Ouais mais bon ... Ca ne fait jamais plaisir hein ? Mais ce qu’il avait appris ... était quelque chose de vraiment très important. Il devait maintenant tuer ce fameux dirigeant. Il fit apparaître plusieurs lignes noires sur ses deux griffes, une aura de même couleur apparaissant autour de ces armes. Ses deux yeux devinrent rubis tandis que le mékalarmien semblait surpris. Reculant légèrement, il marmonna :

 

« Tsss ... Un fou d’Alzar ... Je n’ai pas envie de l’utiliser car ça risque de faire du grabuge mais peut-être que ça sera nécessaire ... »

 

« Oh, ne t’en fais pas ... Il n’est pas le seul à être spécial. Moi aussi, d’ailleurs. »

 

Hum ? Comment ça ? OH ... Purée ! Une adepte de Zélisia maintenant ?! Comment cela se faisait-il qu’ils travaillaient main dans la main ?!

 

« Ces pendentifs ... Vous les voulez tant que ça hein ?! ALORS RECUPEREZ-LES ! »


Comment ça ? Les trois pendentifs furent jetés en leurs directions, le dirigeant mékalarmien restant sur place sans bouger. Récupérer les trois pendentifs ? Et partir comme ça ? Le jeune homme se pencha légèrement pour avoir les objets de leur recherche, gardant ses yeux rubis fixés sur le dirigeant. Il préparait peut-être un mauvais coup.

 

« Pourquoi tu nous les donnes ? Qu’est-ce que ça cache ? »

 

« Je ne suis quand même pas fou et stupide au point de vouloir affronter deux personnes ayant les pouvoirs de soi-disant divinités ! »

 

« Ces pouvoirs, je n’aime pas les avoir. Bon ... Toute façon, on a ce qu’il faut. On peut s’en aller, Clari. » répondit le jeune homme en se redressant, les trois pendentifs dans ces mains.

 

« D’accord, je te suis. » murmura la jeune femme alors qu’ils se retournaient pour s’apprêter à partir. Leur mission était terminée.

 

« Bien entendu ... Bien entendu ... Ce n’est pas comme si je pouvais faire quelque chose. Par contre, il y a de fortes chances que LUI le peut ! »

 

LUI ?! Ils se tournèrent vivement pour éviter une boule de feu aussi grosse qu’eux, les deux jeunes personnes roulant sur le sol pour l’esquiver. C’était ... C’était ce golem qui venait de le faire ?!  Comment une créature de terre était-elle capable d’une telle chose ?!

mar 31

Chapitre 41 : Tromperie

 Chapitre 41 : Tromperie

 

«  Doucement ... Tout doucement ... Voilà ... »

 

« C’est plutôt gênante comme situation ... » marmonna le jeune homme alors qu’il se retrouvait accroché à Manelena, ses deux mains posées sur son ventre pour la tenir contre lui. Il se trouvait dans son dos alors que la jeune femme atterrissait avec douceur sur le sol, Clari les accompagnant quelques secondes plus tard.

 

« Et maintenant ? Que faisons-nous ? » murmura faiblement Clari pour bien signaler qu’il fallait être discret à ce niveau. Manelena regarda les environs, étant arrivés dans une pièce complètement vide. Etrange ... Vraiment étrange ... Aucun garde ? Non ... Ce n’était pas ça.

 

« Nous allons d’abord nous déplacer pour étudier les lieux ... Nous n’avons rien d’autre à faire. Clari, Tery, vous me suivez et on ne parle pas d’accord ? »

 

Les deux personnes hochèrent la tête en même temps, signe qu’elles allaient l’écouter. Elles n’avaient pas le choix de toute façon, ils étaient en lieu parfaitement inconnu alors il valait mieux prendre le plus de précaution.

 

Ils commencèrent à marcher à pas de loup, Manelena menant la danse tandis qu’ils avançaient à travers les différentes pièces. En tant que temple, cela n’avait pas la même structure qu’un palais. Malgré le fait qu’il soit plutôt grand, la différence résidait principalement dans le remplissage des pièces. Dans un temple, à part quelques statues, il n’y avait pas réellement d’objets de valeur dans les couloirs ou les pièces les plus importantes au niveau de la taille. Pourtant, c’était calme, beaucoup trop calme.

 

« Même moi, je sais qu’il y a une embrouille, hein ? » murmura Tery.

 

« Soit ils nous attendent dans un coin, soit on fait fausse route. » annonça Manelena.

 

« Attention ! J’entends des bruits de pas ! Cachez-vous derrière une colonne et ne bougez plus ! » vint dire Clari avec anxiété alors que chacun s’exécutait rapidement.

 

Des Mekalarmiens ... Et ils avaient différentes armes dont il n’en connaissait pas une majorité ... C’était quoi cet objet métallique avec une boule qui semblait briller au bout ? Cela ressemblait à une arme capable de tuer avec des projectiles mais c’était la première fois qu’il en voyait une de ce genre ... Rien à voir avec les arcs ou les arbalètes ! Enfin bon ...

 

« Où est-ce qu’ils sont ?! Nos soldats sur les toits nous ont signalé la présence de trois individus sur ce toit ! Nous devons les trouver maintenant ! »

 

« On a des indices sur ce qu’ils sont ! Ils proviennent de Shunter donc ne serons pas du tout un problème ! Il suffit de les trouver et on tire à vue ! »

 

« Aucun souci ! Ils sont si faciles à abattre de toute façon ! »

 

... ... ... AH ! Ils les jugeaient bien trop facilement ! Les humanoïdes sauriens continuèrent leur chemin, les laissant seuls bien qu’ils ne bougèrent pas pendant deux bonnes minutes. Manelena semblait assez énervée par leurs paroles, le jeune homme ne comprenant pas vraiment pourquoi. Elle n’était quand même pas en colère parce qu’ils pensaient ainsi ? Ca n’avait rien d’étonnant mais bon ... Pas besoin de se mettre en boule non plus.

 

« Qu’est-ce que l’on fait ? On tente de continuer à poursuivre notre chemin ? Je suis en train de me demander ... Comment est-ce que l’on va sortir ? »

 

« ... ... Tu verras en temps et en heures, Tery. Je pensais faire une sortie discrète mais après ce qu’ils ont dit, je ne vais pas me gêner ... » répondit Manelena, passant une main dans ses cheveux gris. Elle avait une idée des plus lugubres en tête, il en était sûr !

 

« Tant que ce n’est pas dangereux pour les autres ... Enfin bon ... Dangereux pour nous, ça ne me gêne pas. Continuons l’exploration du temple. »

 

Il prenait un peu les devants, ne voulant pas que Manelena ne commette de bêtises. Une simple mesure de sécurité en vue du léger énervement qui animait la jeune femme aux cheveux d’argent. Restant devant Clari et Manelena, la première avait un sourire en regardant Tery. Quand il se comportait comme cela, il avait une certaine prestance. Il ne tremblait même pas, on avait plutôt l’impression qu’il faisait tout pour éviter qu’ils aient des ennuis. Pourtant, il s’arrêta au milieu du chemin, disant :

 

« Manelena ... Je ne pense pas que les médaillons soient dans la chambre du dirigeant. »

 

« Je ne pense pas non plus ... Ca m’étonnerait, c’est beaucoup trop gros sinon. »

 

« Donc, nous devrions fouiller chaque pièce mais les Mekalarmiens sont loin d’être des idiots, je pense qu’ils vont nous tendre un piège, tu t’en doutes, n’est-ce pas ? »

 

« Comme si cela était impossible ... Mais oui ... Il faut se préparer à cette éventualité. »

 

Oui enfin bon ... Il valait mieux recommencer à avancer hein ? Si ce n’était qu’une mesure de sécurité comme une autre. Le jeune homme prit une profonde respiration, se mettant à accélérer le pas devant les deux femmes. Hum ? Courir ? La discrétion allait vite disparaître à cause de ça non ? Et pourtant, elles n’entendirent aucun bruit ou alors tellement léger qu’il était difficile de savoir que c’était celui d’un homme.

 

« Arrête-toi Tery ! Comment est-ce que tu fais ça ?! » s’écria Manelena assez surprise.

 

« Comment quoi ? Comment je fais quoi ? Je ne comprends pas. »

 

« Tu n’utilises pas ta magie non ? Alors comment est-ce que tu fais pour être aussi silencieux ? » demanda t-elle une nouvelle fois.

 

« Hein ? Comment ça ? Ah ? Mais je n’utilise aucune magie, oui ! C’est juste ma façon de courir ! » dit-il en souriant, les deux femmes baissant la tête pour voir ses pieds. Il semblait se tenir uniquement sur la pointe ou presque, Clari lui demandant :

 

« Ca ne te fait pas mal ? C’est plutôt difficile ça ... Mais ça n’explique pas ... »

 

« Ca explique tout. Puisqu’il ne pose qu’une partie de ses pieds au sol à chaque pas, ses déplacements se font moins sonores. Néanmoins, il faut aussi prendre en compte qu’il n’a pas des bouts de métal sur le corps, ce qui aide aussi à la furtivité. Mais quand même, ce n’est pas le genre de choses que l’on apprend dans les écoles militaires. Comment est-ce tu sais cela ? »

 

« Hum ... Euh ... C’est comme ça, ça n’a rien de bien spécial hein ? Je faisais ça habituellement quand je voulais me montrer discret pour partir de la maison. Cela faisait toujours crier ma mère héhéhé ! »

 

« Donc au final, tu as appris une tactique furtive sans même t’en rendre compte ? Juste pour faire crier ta mère ? Vraiment ... Tu es spécial ... Je me demande même si tu ne ferais pas mieux d’être un assassin au lieu d’un soldat ou un magicien. » répondit la jeune femme aux cheveux d’argent alors qu’il la regardait avec un peu de surprise.

 

« Non merci ... Mon but n’est pas de tuer des gens dans le dos ... Enfin, je préfère éviter. On ne me paye pas pour tuer des personnes mais pour en protéger d’autres. Je suis plus du genre à vouloir défendre qu’attaquer. »

 

« Alors que fais-tu là Tery ? Car je ne crois pas que tu défends ton royaume à l’heure actuelle. » répondit Manelena en lui souriant, semblant bien plus calme maintenant.

 

« Je ne sais pas ... Je suis là pour la même raison que toi. »

 

Bonne réponse. Elle gardait son sourire, lui disant de reprendre les devants puisqu’il semblait si bien courir alors que Clari ne disait rien du tout. Le jeune homme se remit à courir à sa manière si spéciale, semblant se déplacer avec agilité. Vraiment ... Elle y pensait maintenant mais avec un tel mouvement dans les jambes, pourquoi n’était-il pas plus doué au combat ? C’était une question bizarre mais ... Pour elle, elle semblait logique.

 

HUM ! Ils étaient arrivés devant une double porte de belle taille, n’étant tombés sur aucun garde. Un petit regard à gauche puis à droite et la porte fut ouvert. Chance ? Destin ? Nul ne le savait mais ils étaient tombés sur la bonne salle visiblement. En face d’eux, dans une demi-sphère de verre, trois objets étaient visibles. Trois belles pierres de couleur dorées et de différentes formes. L’une ressemblait à un losange protégé par un contour métallique noir joint à une chaîne pour former un pendentif. L’autre avait la forme d’un bracelet dont la pierre dorée était rectangulaire et ancrée dans le métal brun. Enfin la dernière pierre était de forme sphérique et ancrée dans un collier de métal blanc.

 

« Ca sent le piège ... Ca sent le piège ... Je ne suis pas rassuré du tout. »

 

« Qui le serait, Tery ? » demanda Clari alors qu’ils s’avançaient vers la demi-sphère avant que le jeune homme ne les arrête. Au sol ... Il y avait plusieurs dalles blanches mais certaines d’entre elles étaient parsemées de lignes dorées.

 

« Ca sent le piège ... Ils nous attendent, Manelena, Clair. Ils nous attendent. Qu’est-ce que l’on fait ? La discrétion n’est pas de mise mais ... »

 

« On va essayer quand même de les récupérer en douceur mais cela m’étonne aussi que leur système de sécurité ne soit pas plus poussé. C’est un piège ... mais ... Il se pourrait même ... »

 

Elle ne voulait pas l’envisager mais c’était une possibilité assez importante. La jeune femme demanda à Clari de venir l’aider alors qu’il observait derrière eux.

 

« Je vais vérifier qu’il n’y a personne dans les environs. Vous ... Vous vous débrouillez ? »

 

« Ne t’en fait pas ... On va faire cela avec discrétion. » répondit Manelena alors qu’elle avait fait apparaître deux chaînes de terre, Clari faisant de même de son côté.

 

Les quatre chaînes entourèrent la demi-sphère de verre, des arcs électriques apparaissant autour de celle-ci sans pour autant affecter les deux femmes avec leurs chaînes. AH ! C’était normal ! L’électricité ne pouvait réellement passer à cause de la terre donc elles étaient immunisées ! La demi-sphère fut retenue en hauteur par les deux chaînes de Manelena, celles de Clari venant passer vers les trois objets qu’ils étaient venus chercher.

 

Elle envoya les trois objets en direction de Tery, ce dernier les récupérant après s’être retourné. La demi-sphère fut reposée là où elle se trouvait à la base bien qu’il n’y avait plus rien sous cette dernière. Les deux femmes revinrent vers lui, le jeune homme observant les trois objets qu’il avait en main.

 

« Hum ... Ca m’étonne quand même ... J’ai l’impression que ce sont plus des jouets qu’autre chose. Manelena, Clari ? Nous n’avons pas une méthode pour savoir si ce sont ... »

 

« Des faux médaillons ? C’est exact, déchets de Shunteriens. »

 

Il ne prit même pas la peine de se retourner avec rapidité, ne faisant que pousser un soupir alors que Clari et Manelena ne semblaient même pas surprises. Il fit quelques pas vers elles, se mettant en ligne avec elles avant de finalement se retourner pour observer la personne qui venait de prendre la parole.

 

Il voyait un sourire sur l’homme-lézard à la peau et aux écailles rubis. Il semblait porter une lourde masse à deux mains, la pointe de l’arme étant tendue vers eux. Pfff ... Non mais vraiment ... Il avait aussi un casque avec une pointe sur le sommet ainsi qu’une armure de métal verte qui recouvrait sa poitrine. Néanmoins, ses jambes et ses bras étaient sans protection tandis qu’il était accompagné de quatre autres membres de son espèce. Deux avaient la même couleur de peau que lui tandis que les deux autres étaient de couleur brune.

 

« Clari ... Manelena, les trois rouges sont pour vous. Je m’occupe des deux bruns. »

 

« ... ... ... Tu es sûr de cela ? Deux contre toi, n’est-ce pas de la vantardise mal placée ? » demanda la jeune femme aux cheveux d’argent, ayant sorti son épée longue.

 

Les soldats de Mekalarma commencèrent à reculer, du moins les trois ayant une peau de couleur rouge tandis que les deux sauriens humanoïdes bruns ne semblaient guère apeurés. Clari fit juste glisser son épée à deux mains le long du sol, un sourire aux lèvres alors que des lignes blanches apparaissaient sur ses bras.

 

« Qu’est-ce ... que ... Zélisia ?! Vous êtes des adeptes de Zélisia ?! »

 

« Mer... Merde ! Chef ! On ferait mieux d’appeler des renforts ! »

 

« Zélisia n’est pas un problème, ils savent surtout se soigner mais au niveau du combat, ils ne sont pas plus doués que les autres. Le problème aurait été ... »

 

« Une adepte d’Alzar, c’est bien cela ? » murmura Manelena alors qu’à son tour, des lignes noires apparaissaient le long de ses bras et son visage, ses yeux rubis posés sur les sauriens humanoïdes. Maintenant, ils étaient tous en train de reculer.

 

« Qu’est-ce que ... deux personnes opposées comme vous font ensembles ?! »

 

« Pourquoi devrions-nous vous répondre hein ? » signala Clari alors que le jeune homme aux cheveux bruns prenait ses griffes pour les mettre à ses deux mains. Il murmura :

 

« Manelena ... Je vais essayer ce que tu m’as dit ... Je vais me le fixer dans le crâne. »

 

« Bonne chance ... Rares sont ceux qui arrivent à rester calmes et conscients ... Mais si tu y arrives, ne serait-ce qu’une minute, tu auras la victoire lors des combats. »

 

Oui, il était d’accord. Il hocha la tête, ses deux yeux verts se fermant. Des lignes noires apparaissaient sur ses deux bras et son visage, ses yeux se rouvrant pour laisser paraître des pupilles de couleur rubis.

 

« QUOI ?! BORDEL ! ILS SONT TROIS ! Prévenez les autres ! »

 

Voilà que l’un des soldats mékalarmiens s’était mis à courir pour quitter la pièce, Tery créant un pieu de terre au bout de l’une de ses griffes pour viser directement dans le dos du crâne. Le pieu s’enfonça dans la tête de soldat qui s’enfuyait, ayant traversé son casque avec facilité.

 

Un petit sifflement admiratif se fit entendre, Manelena venant de le faire en posant sa main libre sur l’épaule du jeune homme aux cheveux bruns. Il valait mieux ne pas perdre de temps ! Le jeune homme et les deux femmes coururent à l’unisson en direction des quatre soldats, ces derniers semblant pris au dépourvu.

 

Normalement, c’était leurs adversaires qui devaient être surpris et sur la défensive et non eux ! Ce n’était pas logique ! Ils avaient été repérés en train de voler les pendentifs ! Alors, ils devaient être plutôt surpris !  Mais non ... NON ! ET NON ! C’était quoi ça ?! Des flammes volèrent dans tous les sens, les trois soldats à la peau rouge ayant ouvert leurs bouches pour cela. De l’autre côté, le seul soldat à la peau écailleuse et brune tentait bien que mal de tenir le rythme face à Tery.

 

« Je ne peux pas tenir longtemps ... Je ne vais pas tenir longtemps ... »

 

« Mais qu’est-ce que tu racontes, espèce de cinglé ?! »

 

« Tout a une durée ... Je le hais ... Je le hais ... Il n’y a que lui que je hais ... Il n’y a que lui ... » marmonnait le jeune homme alors que le soldat remarquait que Tery était en sueur.

 

« Qu’est-ce que tu es ... toi ... T’es encore moins normal que cette shunterienne. »

 

C’était à peine s’il l’écoutait. Le mékalarmien avait sorti son arme, une sorte de machette autour de laquelle de l’électricité passait bien qu’il n’avait pas l’élément correspondant. Il tentait tant bien que mal de frapper le jeune homme avec mais celui-ci bougeait avec agilité, esquivant les coups les uns après les autres. C’était un combat perdu d’avance.

 

Du côté des deux femmes, le combat était encore plus impressionnant de facilité. Malgré le fait qu’elles n’étaient que deux face à trois soldats, elles dominaient complètement le combat, gérant leurs adversaires avec une aisance révoltante.

 

« Finissons-en maintenant, vous nous gênez pour partir. »

 

« AH ! Pour partir ? Mais de toute façon, même si nous devons mourir, vous avez échoué ! Ce ne sont que des bibelots que vous avez avec vous ! Ce ne sont pas les vrais pendentifs ! »

 

« Bon et bien ... Si tel est le cas, nous n’avons pas besoin de perdre plus de temps. » répondit à nouveau Manelena après le soldat avant de courir avec vélocité malgré les morceaux d’armure sur son corps. Elle arriva à la hauteur du soldat, la lame de son épée longue venant taillader son cou, du sang giclant sur le visage de la jeune femme.


Du côté de Clari, celle-ci avait crée une bourrasque pour projeter les deux soldats contre un mur, n’hésitant même pas un instant à envoyer son épée à deux mains se planter dans l’un d’entre eux. Il ne restait plus qu’un seul soldat de leur côté, Manelena venant mettre un terme à sa vie, logeant son épée dans son cou alors que Clari récupérait son arme.

 

« Comment est-ce que Tery se débrouille ?! »

 

Elle était plus inquiète pour le jeune homme que pour la mission qui venait sûrement d’échouer. Elle se tourna vers Tery, remarquant que le jeune homme continuait d’esquiver les attaques avec facilité, ses lignes noires parcourant son visage tandis que ses yeux rubis exprimaient une haine indescriptible.

 

« ... ... ... Il se bat plutôt bien ... Ca n’a rien à voir avec avant. » murmura Manelena avec lenteur, extirpant sa lame à son tour avant de s’aligner avec Clari. Ils n’allaient pas être gênés pour partir puisqu’ils n’avaient pas eut le temps de prévenir, néanmoins, plus ils resteront ici, plus les problèmes allaient accourir.

 

« Je ne sais pas ... J’ai l’impression qu’il ne fait qu’éviter les coups sans vouloir attaquer. Il va s’épuiser à forcer ... » marmonna la jeune femme aux couettes blondes.

 

« Hum ? Attends un peu ... Tu as raison ... Qu’est-ce qu’il est en train ... TERY ! Je t’ordonne de le tuer sur le champ ! Tu as compris ?! C’est un ORDRE ! »

 

Le jeune homme s’arrêta subitement au son de la voix de Manelena, Clari tournant son visage vers elle. C’était quoi ... cette voix ? Qu’elle venait d’entendre ? Le dernier soldat mékalarmien tenta de profiter de l’immobilisation de Tery pour l’attaquer mais celui-ci planta sa griffe droite dans son crâne. Il la descendit pour tracer plusieurs lignes verticales le long du corps avant de donner un coup de pied pour l’envoyer au loin.

 

Ah ... Ah ... Ah ... Il s’écroula à genoux, cherchant à reprendre sa respiration alors que les lignes noires disparaissaient de son visage. Il avait cru ... Il avait cru perdre le contrôle de son corps. C’était encore différent des autres fois comme si ... comme si ... Tout son corps n’avait plus voulu lui répondre au fur et à mesure que le temps passait. Ah ... Ah ... Puis il avait entendu la voix de Manelena, lui ordonnant quelque chose. Une voix impériale et il s’était exécuté sans même savoir pourquoi. Mais il avait réussi ...

 

« Tu es capable de te lever, Tery ? »

 

« ... ... Mane ... lena ... Je ... Je suis fatigué, je me sens vraiment exténué ... Crevé ... ah ... »

 

« C’est normal, on dirait que tu as utilisé tes lignes noires un peu trop longtemps. » répondit la jeune femme en l’aidant à se relever, faisant un petit sourire.

 

« Je voulais tenir plus longtemps ... Donc je ne sais pas ce que j’ai fait réellement. »

 

« Des merveilles, Tery. Des merveilles ... » répondit une nouvelle fois Manelena en gardant son sourire, lui demandant ensuite s’il pouvait marcher tout seul. Il signala que lui alors qu’elle se mettait à courir, Clari faisant de même.

 

« Alors, nous devons nous dépêcher ! Accélère le rythme, Tery ! »

 

« J’ai dit que je pouvais marcher, pas courir ! » cria le jeune homme avant de tenter de les suivre en courant à son tour. Il avait beaucoup de mal mais il se mettait à leur hauteur, respirant bruyamment et rapidement.

 

« Ca ne va pas, Tery ? Tu es complètement rouge. » murmura Clari d’un air inquiet.

 

« ... ... J’ai chaud au cœur ... Je pense que ça doit être à cause des lignes, faut pas s’en faire. »

 

« On va devoir chercher une sortie de secours ... On ne peut pas passer par l’entrée du temple. Suivez-moi ... Protégez vous le visage avec vos mains car cela va faire mal. »

 

Hein ? Pourquoi est-ce qu’elle ... HEY ! C’était quoi ce gigantesque poing de roche à la place de la main droite de la jeune femme aux cheveux argentés ?! Le poing devait faire au minimum deux fois la taille d’une tête humaine ! Clari ne disait rien du tout alors qu’elle épaulait Tery au cas où il serait exténué.


Violent ... L’acte que Manelena venait de commettre était d’une violence inouïe. Tout un mur explosa en morceau, créant un trou béant de trois mètres de diamètre.

 

« ... ... ... ... ... Manelena ... ... ... ... ... » murmura le jeune homme, immobile.

 

« Allez ! On se dépêche ! Bon ! Clari, aide-moi au lieu ! De toute façon, nous avons échoué et nous ne pouvons pas retourner à l’auberge ! »

 

C’était la réalité ... C’était la vérité. Il fut soulevé par Manelena et Clari comme la dernière fois, les deux femmes l’emportant avec elles dans un endroit où ils pourraient se reposer pour quelques minutes. Car oui ... Déjà dans le ciel et sur le sol, plusieurs orbes électriques parcouraient les ruelles et les toits, émettant de fortes lumières vers une direction tout en tournoyant sur elles-mêmes. Des systèmes de sécurité ... perfectionnés par les mékalarmiens.

 

Et voilà ... Assis les uns contre les autres dans une ruelle, ils reprenaient leurs souffles, Manelena serrant avec force les trois médaillons. Ils se fissurèrent avant d’être réduits en poussière. Ce n’était pas bon ! Pas bon du tout ! Où est-ce que les médaillons étaient réellement ?! Tomber dans un piège aussi grossier ... Ils s’en été tous doutés !

mar 24

Chapitre 40 : Trop facile

 Chapitre 40 : Trop facile

 

« Hum ... Vous êtes sortis seuls hier soir, n’est-ce pas ? » demanda Clari en observant les deux autres personnes alors qu’ils étaient tous autour d’une table pour déjeuner.

 

« Ahem ... Nous devions discuter de mes lignes noires. Rien de bien spécial. » répondit aussitôt Tery bien qu’il ne semblait nullement gêné par ses propos.

 

« Je confirme les dires de Tery à ce sujet. Nous n’avons rien fait de spécial, tu n’as pas à t’inquiéter pour cela. » reprit Manelena en buvant le liquide contenu dans sa tasse.

 

« Et vous dites exactement la même chose, est-ce que je suis sensée vous croire ? »

 

« Libre à toi, Clari. » termina le jeune homme alors qu’il voyait la mine légèrement boudeuse de la part de la jeune femme aux cheveux blonds.

 

Bah ... Elle allait s’en remettre. De toute façon, ils n’étaient pas là pour se disputer. Ils devaient préparer leur petite mission pour récupérer les trois médaillons. Mais comment faire ? Ils ne connaissaient pas vraiment les environs et puis ... Ils étaient plutôt mal partis au final. Ils ne savaient pas vraiment quoi faire ...

« Ahhhhh ! » souffla t-il en murmurant quelques mots intangibles aux oreilles des deux femmes. Il n’allait pas se démoraliser pour si peu mais ils n’étaient que trois ... Et là, contrairement à Honoros, il était sûr et certain qu’il n’allait pas avoir de l’aide intérieure. Ah non ... Il n’allait pas ravoir une jeune femme pour l’épauler malheureusement.

 

« Qu’est-ce qui se passe, Tery ? Un manque flagrant de confiance, c’est ça ? »

 

« C’est exact Manelena ... Je le sens très très mal personnellement. » répondit le jeune homme aux cheveux bruns alors que Manelena posait sa main sur la sienne.

 

« Ne t’en fais pas, j’ai pourtant dit clairement que nous allions régler ce problème rapidement. Tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet. Fais-moi confiance, je sais parfaitement quoi faire. »

 

Hum ... Oui ... D’accord. Il vint lui sourire, la jeune femme aux cheveux d’argent lui rendant celui-ci tandis que Clari haussait les épaules. Ne rien dire et ne rien faire surtout. Ce n’était pas comme si il y avait ... quelque chose non ? Pourtant, le regard que lançait Tery à Manelena était différent des autres fois. Il semblait lui faire réellement confiance, autant qu’à elle alors qu’il lui avait fallut plusieurs semaines pour ça. Et là, Manelena, en quelques jours, avait réussi cet exploit ? C’était complètement absurde !

 

... ... Et ça continuait lorsqu’ils se retrouvaient dehors. Elle était délaissée, Tery parlant avec Manelena de tout et de rien. La discussion était inutile, elle ne rapportait rien du tout à leur mission mais ... Ils continuaient de parler, inlassablement. Elle commençait elle-même à perdre les pédales. Elle prit soudainement le bras de Manelena, lui disant avec énervement :

 

« Suis-moi ! Je dois te parler ! Et en privé ! Toi, tu restes ici, Tery ! »

 

« Elle va s’emporter et se mettre en colère. » répondit Manelena avec lenteur tandis qu’il hochait la tête d’un air positif, les deux femmes disparaissant de sa vue.

 

« Je peux savoir ce que tu fais avec Tery ?! Tu ne serais pas en train de  le draguer ?! »

 

« Quel est le rapport avec la mission, Clari ? Car je n’arrive pas à le voir personnellement. » répondit avec nonchalance la jeune femme aux cheveux gris.

 

« Ne change pas de sujet de conversation ! Ce n’est pas pour la mission que je te parle ! »

 

« Tu es jalouse de moi et amoureuse de lui ? Dis-le clairement qu’on en termine une bonne fois pour toutes au lieu de tourner autour du pot, d’accord ? »

 

« Je ne suis pas jalouse de toi et je ne suis pas amoureuse de lui, c’est bien clair ? Ce n’est pas de l’amour que j’éprouve envers lui ! »

 

« Alors cela doit être autre chose ... Ca n’aurait pas un rapport avec ... »

 

« Qu’est-ce que ... tu racontes encore ? » murmura Clari d’un air intrigué alors que quelques mots sortirent de la bouche de Manelena, celle-ci restant stoïque et neutre.

 

« Et bien ? Tu ne dis plus rien maintenant ? Qu’est-ce qui t’empêche de me répondre ? » demanda Manelena en craquant sa nuque d’un geste lent, Clari s’étant mise à trembler.

 

« Comment ... Comment est-ce que tu es au courant d’une telle chose ?! »

 

« Tu sais ... C’est très rare hein ? Et puis, tu proviens d’une famille noble assez proche du roi de Traslord, je suis quand même loin d’être stupide. Est-ce que tu veux... »

 

« TAIS-TOI ! N’en dit pas plus ! C’est bon ! J’ai compris ! Tout mais tais-toi ! »

 

« ... ... Je ne dirais rien à Tery puisque ça ne le concerne pas personnellement mais évite de l’imaginer comme un remplacement. Ce qui est arrivé est arrivé ... »

 

« Je sais très bien ... Je le sais parfaitement ... » murmura la jeune femme aux couettes blondes avant de serrer les poings. Elle le savait que ... ce n’était pas possible.


Mais comment Manelena était au courant d’une telle chose ? Elle devait être plus qu’une simple soldate au service de la maréchale ... Bien plus que ça ... Mais elle était quoi ? Peut-être au service du roi ? Car niveau renseignements, elle était plus qu’informée à ce sujet.

 

Mais bon, ce n’était pas grave. Tant qu’elle ne parlait pas à Tery de tout ceci, elle pouvait reprendre le cours normal des choses. Mais bon, est-ce qu’il y avait vraiment quelque chose de normal dans tout ceci ? Manelena reprit la parole, lui disant :

 

« On ferait mieux de rejoindre Tery. Je suis sûre qu’il est capable de se perdre. »

 

« C’est exact ... C’est Tery après tout. » répondit Clari dans un léger sourire, essayant déjà d’oublier tout ce qui venait de se dire et de se passer.

 

Les deux femmes quittèrent la ruelle, recherchant Tery qui était resté immobile au beau milieu de la ruelle. Il avait l’air d’un simplet à regarder tout autour de lui comme si de rien n’était. Manelena rigola légèrement avant de se rapprocher de lui dans son dos, posant ses deux mains sur ses yeux tout en lui demandant :

 

« Devine qui c’est, Tery ! Je suis sûre que tu ne trouveras pas ! »

 

« Hum ? J’ai l’impression de jouer à ça à chaque fois. Je dirai Manelena d’après la voix mais aussi d’autres choses dont je préfère éviter de parler. »

 

Il disait cela en se retournant, apercevant le sourire de Manelena alors que Clari semblait ... assez bizarre non ? Quelque chose s’était passé mais quoi ? Peut-être qu’il devait interroger la jeune femme aux couettes blondes ? Mais comment faire pour que cela soit fait discrètement ? Il y avait quand même Manelena avec eux.

« Bon ... Par contre, cette journée, c’est journée d’informations, c’est bien cela ? »

 

« A peu de choses près ... Oui ... Mais on ne va pas perdre trop notre temps. » répondit Manelena alors qu’ils marchaient dans les ruelles. Comme c’était la capitale de Mekalarma, il fallait s’attendre à énormément de personnes mais ce n’était pas vraiment le cas. Soit ils étaient partis trop tôt de l’auberge, soit Mekalarma était vraiment un royaume peu apprécié pour le tourisme. Bizarrement, il envisageait surtout la seconde solution.

 

Pendant une bonne heure de marche, évitant ces drôles de véhicule qui marchaient à l’électricité alors qu’ils étudiaient le monde autour d’eux. Surprenant, c’était vraiment surprenant quand on y réfléchissait bien. Les sortes de tour qui protégeaient des éclairs au-dessus de leurs têtes étaient en fait ... des absorbeurs qui permettaient d’offrir de l’énergie à toute la capitale. Peut-être que ...

 

« Ca m’étonne quand même ... que tout soit régulé par ces pylônes non ? »

 

« Mekalarma est le royaume le plus développé de notre monde ... mais cela grâce à l’électricité qu’il a réussi à capturer. Sans cette électricité, ils seraient bien perdus. » répondit Manelena à Tery, celui-ci continuant de réfléchir sans se préoccuper réellement du monde autour de lui. Pourtant, la tête baissée, il percuta quelque chose de doux, ses yeux se levant vers le visage de Clari alors qu’il retirait aussitôt sa tête.

 

« Désolé ! J’étais perdu et plongé dans mes pensées ! »

 

« Ca ne fait rien, Tery. Nous sommes arrivés à destination. » répondit Clari alors qu’il observait le bâtiment derrière elle et Manelena.


Cela ressemblait plus à un temple avec ses nombreuses colonnes dorées ... Elles étaient en or ? Non ... Mais tout ce qu’il savait, c’est que ce temple semblait bien immense, les colonnes devant faire une quinzaine de mètres de hauteur. A côté de chaque colonne, il y avait un garde, ces fameux humanoïdes avec des écailles de différentes couleurs et une queue de saurien. Hum ... Tiens ...

 

« Dites-moi mais ... Ces Mekalarmiens, ils ne sont pas faciles à deviner quel élément ils utilisent par hasard ? » demanda le jeune homme en s’adressant à Manelena et Clari.

 

« Comment ça ? Tu peux deviner leur élément ? » interrogea Clari.

 

« Et bien ... Regarde leurs écailles et leurs queues ... Ce n’est pas un indice ? Doré, jaune pour l’électricité, rouge pour les flammes, bleue pour l’eau, brune pour la terre et verte pour le vent ? Encore que je ne suis pas sûr pour le vent. »

 

« Ce sont bien des lignes vertes pour ceux utilisant le vent, je confirme. » répondit Manelena alors qu’elle reprenait sur un ton moins neutre mais amusé : « Par contre, ta déduction est très bonne, Tery. C’est même l’une des raisons qui fait que les Mekalarmiens cherchent à être le royaume le plus développé. »

 

« Mais bon ... Ca ne nous avance pas plus que cela ... Qu’est-ce que nous faisons ? » demanda t-il avec lenteur alors que Clari semblait réfléchir à tout cela.

 

« J’envisage la possibilité de faire un tour d’horizon et d’agir dans la soirée. Peut-être que nous pourrons visiter l’intérieur mais cela m’étonnerait. Je me demande à quoi ressemble ce fameux dirigeant ... Il doit être plutôt bien logé en tant que chef de la plus grande nation de notre beau monde, n’est-ce pas, Manelena ? »

 

« Hum ... Je ne sais pas trop ... Cela serait étonnant qu’il vit comme un pauvre mais en vue des comportements assez durs et froids, je ne pense pas que ce dirigeant pavoise dans sa tenue, cela m’étonnerait fortement si vous voulez tout savoir. Quand à faire quelque chose, il vaut mieux ne pas trop y penser ... Nous savons au moins où nous rendre ... Cela prendra peut-être plusieurs jours mais nous allons réfléchir. »

 

Hum ? C’était une bonne solution. Ils ne perdaient rien du tout dans l’affaire de toute façon. Le jeune homme aux cheveux bruns hocha la tête d’un air positif alors que Clari se rangeait aux idées de Manelena. Pendant le reste de la journée, ils continuèrent d’étudier le temple sous toutes les coutures, passant et repassant devant celui-ci avec des intervalles d’une heure pour éviter les soupçons. Surtout que les gardes les regardaient bizarrement, comme pour les étudier. Des gens de Shunter n’étaient guère appréciés surtout avec cette guerre qui continuait encore et toujours. Tiens au passage ...

« Manelena, tu as des nouvelles de l’avancée de la guerre contre Honoros ? Puisque tu nous as rejoints il y a peu, tu dois être au courant non ? »

 

« Par rapport à Honoros et leurs médaillons ? D’après ce que je sais, le second médaillon a été récupéré au prix de nombreuses vies. Le troisième est porté disparu. »

 

« Et au sujet de la guerre en elle-même ? Car je me rappelle que les gens d’Honoros pouvaient facilement nous ... »

 

« Nous reculons de jour en jour, les recherches officieuses des médaillons se font de moins en moins nombreuses ... et s’espacent ... »

 

Aie ... Il ne voulait plus en savoir trop. Il ne voulait pas savoir le reste. C’est juste que son village était ... quand même assez distant des frontières donc il n’avait rien à craindre pour sa mère. AH ! Sa mère ! Il devrait lui écrire mais là, ce n’était pas le moment. Ils retournèrent à l’auberge, chacun s’installant sur son lit alors qu’ils se préparaient mentalement pour ce soir. Cela allait être la première visite ... Combien de fois allaient-ils devoir passer devant ce temple avant d’espérer rentrer à l’intérieur ? Rien n’était moins sûr !

 

« Bon et bien ... On commence ? Manelena, tu as l’air la plus discrète et expérimentée de nous trois, tu nous diriges ? » demanda t-il avec lenteur.

 

« Aucun souci. Vous me suivez et je vous emmène à l’intérieur de ce temple s’il n’est pas bien gardé. Nous allons avoir besoin de nous trois si on veut espérer passer. »

 

L’idée était bien ancrée dans chaque esprit alors qu’ils quittaient l’auberge à nouveau. Les trois personnes se dirigèrent à vive allure, se faisant discrètes néanmoins tandis qu’elles se dirigeaient vers ce fameux temple. Cette fois-ci, la garde semblait être renforcée d’après un rapide constat. Ce qui n’était pas une bonne nouvelle.

 

« Bon et bien ... Il va falloir réfléchir à rentrer de force ... Mais pas de face ... Les gardes ont l’air de faire le tour du temple. On pourrait bien passer par le toit mais cela ne m’étonnerait pas qu’il y ait quelques personnes qui nous attendent. »

 

« Alors que faisons-nous ? On ne peut pas ne pas essayer, Manelena. » répondit Clari tandis qu’il ne faisait qu’hocher la tête. Elles étaient bien plus expérimentées que lui. Il n’était qu’un débutant, qu’un simple débutant ...

 

« On va essayer ... Mais par le plafond ... Mais tout d’abord ... Il nous faut trouver un moyen de nous rendre au sommet d’un des toits avoisinants. »

 

Elle jeta un regard à gauche et à droite, désignant de ses yeux rubis un bâtiment faisant une vingtaine de mètres. Cela ressemblait à une auberge aussi non ? Mais une auberge bien différente de celle où ils dormaient. C’était le grand luxe car à côté du temple où séjournait ce dirigeant ? Bon ... Maintenant, il fallait trouver comment monter ...


Elle emmena le jeune homme et la jeune femme dans la ruelle entre l’auberge et un autre bâtiment de moindre taille. Il se demanda ce qu’ils devaient faire, Manelena émettant un petit sourire amusé en voyant le désarroi du jeune homme. Sans lui laisser le temps de parler, des lignes noires apparurent sur ses deux mains, une sorte de chaîne faite de terre apparaissant dans chacune de ses mains. Au bout de chaque chaîne, une pointe affûtée s’y trouvait.

... ... ... ... ... Qu’est-ce que Manelena était réellement ? Une telle femme ... C’était impossible qu’elle existe et pourtant, elle était bien devant lui. Elle plantait les chaînes dans les murs, creusant un trou assez profond pour bien y être enfoncé ... Et puis ... Et puis ... Elle utilisait la seule force de ses bras pour se tirer vers le sommet du plus petit des bâtiments qui faisait quand même une bonne quinzaine de mètres.

 

« ... ... ... ... ... Oh Zélisia ... ... Je n’ai jamais connu une telle femme. » marmonna t-il avec lenteur alors que Clari semblait toute aussi étonnée de la prouesse de Manelena. Et puis ... La jeune femme aux yeux rubis arriva au sommet du plus petit des deux bâtiments, tendant sa main tout en disant :

 

« Lorsque vous arriverez à mi-hauteur en faisant la même chose, envoyez-moi l’une de vos chaînes, cela sera bien plus facile. »

 

« Je ne suis pas sûr d’y arriver. » murmura Tery alors que Clari commençait déjà à son tour à grimper, utilisant la même méthode que Manelena avec aisance.

 

Et lui ? Et bien ... Il faisait apparaître des chaînes de terre, ressemblant à celles des deux femmes avant de tenter de les imiter. Il commença à grimper, poussant de toutes ses forces avant de voir qu’il y arrivait. Oh ... Avec énormément de mal mais il y arrivait ! Il semblait vraiment heureux de cela jusqu’au moment où l’une des chaînes se brisa, le jeune homme se retrouvant au-dessus du vide, à environ huit mètres de hauteur, son corps pendant en direction du sol.

 

« AH ! TERY ! Je viens t’aider ! »

 

« Laisse-le, Clari. Ca ne sert à rien qu’il nous accompagne si il n’est pas capable de faire cela. » répondit Manelena avec neutralité, la jeune femme aux cheveux blonds la regardant d’un air atterré. Comment ... Comment est-ce qu’elle pouvait dire cela ? Elle n’avait aucun cœur sur le moment ? Rien à voir avec la femme de ces derniers jours.

Pourtant, le jeune homme observait le vide, prenant une profonde respiration avant de faire apparaître une nouvelle chaîne de terre, ses lignes noires étant bien plus présentes qu’auparavant. Il recommença à grimper, semblant se fatiguer de plus en plus au fur et à mesure qu’il faisait apparaître des chaînes. C’était aussi difficile que ça ?

 

Finalement, Tery vint au sommet du bâtiment, semblant exténué tandis que Clari s’approchait de lui pour voir comment il allait. Manelena restait immobile, observant les environs avant de prendre une profonde respiration. Elle aida le jeune homme à se relever, prenant la parole :

 

« Serres-toi contre moi, visiblement, tu es épuisé hein ? »

 

« On va dire que ce n’est pas la grande forme, oui ... » murmura t-il avec lenteur.

 

« Bon ... Alors, tu attends quoi ? » demanda Manelena en lui souriant, le tirant par le bras avant de le prendre contre elle. Son visage comme ses deux mains étaient parcourus par des lignes noires tandis qu’il sentait un léger souffle sur son visage et son corps ... Du vent ? Il se retint de pousser un cri alors qu’il voyait Manelena qui venait de sauter ... en faisant un bond prodigieux de cinq mètres de hauteur ?!

 

Elle avait réussi à atteindre l’autre bâtiment, celui sur lequel Manelena voulait qu’ils aillent. Il n’eut pas le temps de réagir alors que Manelena sauta à son tour, l’emportant avec elle sur l’autre toit. Lorsqu’elle vint atterrir, il remarqua qu’il s’était vraiment collé contre elle, comme apeuré par la situation. Mer ... MERDE ! Pourquoi est-ce qu’il n’était pas plus courageux ou fort que ça ?! Ca faisait combien de temps qu’il était dans l’armée hein ?

 

« Hum ... Tu pourrais quand même quitter mes bras, c’est fini ... Tery. » marmonna Manelena, légèrement rouge alors qu’il s’extirpait, confus et gêné lui aussi.

 

« Par... Pardon ... Ce n’était pas du tout voulu ... Je suis vraiment désolé ... »

 

« Ca ne fait rien ... Bon ... Envisageons maintenant la possibilité de nous rendre sur le toit de ce temple. » répondit Manelena, préférant ne plus parler de ce sujet. Clari se retint de dire ce qu’elle pensait de ce qui s’était passé mais bon ...  C’était mieux de ne pas continuer surtout si cela allait être un sujet de discorde. Maintenant, il était temps d’étudier la question pour atterrir sur le toit. La magie du vent allait être nécessaire de toute façon.

 

Une dizaine de minutes passèrent, Manelena étudiant le temple et surtout les quelques rondes tout autour. De même, elle observait le toit du temple remarquant que plusieurs fenêtres de verre donnaient sur celui-ci. AH ! C’était le parfait endroit pour passer donc !

 

« Nous allons encore faire un petit saut. Par mesure de précaution, je vais envisager le fait que nous soyons deux à porter Tery. »

 

« J’ai plus l’impression d’être un poids qu’autre chose ... » marmonna le jeune homme aux cheveux bruns alors que Manelena lui tapotait délicatement le crâne.

 

« Pas le moins du monde ... Tu es juste ... inutile en attendant mais après, nous aurons besoin de toi. Tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. »

 

« Je ne sais pas du tout si je dois être heureux ou triste de ce que tu viens dire. » marmonna le jeune homme alors qu’elle gardait son sourire.

 

Elle le prit par le bras, Clari faisant de même. L’une était à gauche, ses lignes noires présentes, l’autre était à droite, des lignes blanches apparues sur elle. C’était vraiment ... pathétique. Il avait l’impression de ne pas s’améliorer. Oui, c’était exactement ça ! Qu’importe les journées qui passaient, il avait cette impression !

 

Il fut soulevé par les deux femmes, celles-ci ayant projeté du vent ensembles sous leurs pieds avant de sauter dans les airs. L’atterrissage se fit avec douceur mais surtout sans bruit, Tery ne regardant même pas les deux femmes qui lui souriaient. Il n’avait pas envie de rire ... Pas du tout à ce moment là. Manelena s’approcha d’une fenêtre, demandant à Clari :

 

« Tu sais bien utiliser les flammes ou non ? »

 

« On va dire que c’est plutôt moyen ... Pourquoi cela ? »

 

« Pour rien, pour rien ... Tery ? Tu veux te rendre utile ? Vraiment utile ? Retient le verre avant qu’il ne tombe. »

 

« J’ai l’impression d’être un enfant à qui on donne quelque chose à faire juste pour qu’il arrête de bouder. » marmonna t-il avec lenteur.

 

« Justement, si tu peux arrêter de bouder, je te donnerai un baiser si cette mission est réussie. » répondit Manelena alors qu’il rougissait violemment à la proposition de la jeune femme. Ah ... Ah ... Quand même ...

 

Il n’avait ... rien contre ça. Il jeta un regard à Clari, celle-ci croisant les bras sans rien dire. Il n’avait pas à s’excuser mais bon ... Il ne savait pas quoi dire du tout. Il s’approcha de Manelena, celle-ci posant ses mains sur les bords de la fenêtre, ceux-ci se mettant à fondre avec rapidité. Elle lui demanda d’utiliser sa magie de la terre pour se former une petite carapace de pierre sur ses mains, chose qu’il exécuta avec brio.

 

La fenêtre fut retirée de son emplacement alors qu’elle désignait la pièce sous eux. Tout se passait parfaitement, trop parfaitement même. Chacun savait qu’il y avait un problème ... mais ils ne pouvaient pas reculer, ce n’était pas une possibilité.

mar 17

Chapitre 39 : Une raison pour haïr

 Chapitre 39 : Une raison pour haïr

 

« Est-ce qu’il y a un moyen de ne plus avoir ces lignes ? Et plutôt des lignes normales ? »

 

« Pas un seul d’après mes connaissances. Tu dois vivre avec tes lignes noires ! Accepte-les au lieu de les renier ! Ce n’est pas difficile, Tery pourtant ! Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as tellement peur que ça ? Quand je t’ai porté sur mon dos ... »

 

« ... ... ... ... ... Je n’ai pas envie de répondre. » murmura t-il avec lenteur, détournant le regard. Cela avait été un épisode assez gênant dont il se serait bien passé personnellement.

 

« Et pourtant, tu vas me répondre, Tery Vanian. »

 

Il haussa un sourcil aux propos de la jeune femme, semblant surpris d’entendre un tel ton de la part de Manelena. Celle-ci toussa légèrement, reprenant la parole d’une voix plus douce :

 

« Je peux facilement t’aider si tu le désires mais tu ne cherches même pas à t’améliorer. »

 

« Je ne veux pas m’améliorer pour tout détruire. »

 

« Alors pourquoi est-ce que tu as rejoint l’armée ?! Tu n’es quand même pas candide non ?! Ou idéaliste ?! Tu ne veux quand même pas un monde en paix hein ?! »

 

« ... ... Je n’ai jamais dit cela ! Ce n’est pas le problème de tuer ! Ce n’est pas du tout ça ! C’est tuer sans même être conscient ! Quand j’ai mes lignes noires, je ne suis plus conscient de ce que je fais ... C’est ... C’est ... »

 

« Comme la majorité des personnes ayant des lignes d’Alzar, c’est tout. Tu laisses libre cours à tes sentiments néfastes et ils prennent le dessus sur ton corps, voilà tout. » répondit Manelena, ayant un léger sourire attendri en voyant le regard que le jeune homme lui portait.

 

« Mais ... Et toi ? Tu n’es pas touchée par les lignes d’Alzar ? » demanda t-il, un peu surpris quand il y réfléchissait bien. C’était ... bizarre quand même.

 

« Hum ? Je suis une fille donc je suis déjà un cas très rare mais ... Bon ... Est-ce que tu veux mon petit secret ? Pour pouvoir contrôler tes lignes noires très facilement ? Comme ça, tu auras toujours un avantage sur les personnes ayant des lignes d’Alzar. »

 

« Et pourquoi est-ce que tu ferais cela ? » demanda t-il, restant surpris quand même par la décision de la jeune femme. Si c’était un secret ... Pourquoi le lui donner ?

 

« Je ne sais pas ? Peut-être que je t’apprécie contrairement à toi car ça n’a pas l’air d’être réciproque. » dit-elle alors qu’il s’écriait presque en haussant la voix :

 

« Ce n’est pas du tout ça !  Je ... Euh ... t’apprécie aussi beaucoup. »


« Ah bon ? Je ne pensais pas autant que ça. » répondit-elle en rigolant, voyant la gêne du jeune homme aux cheveux bruns. Il en avait trop dit n’est-ce pas ? Elle reprit avec amusement : « Alors ... Tu ne vas peut-être pas y croire mais tout est une question de focalisation. Tu dois penser à une seule chose ... Porter tes sentiments néfastes sur une unique personne. Je vais mieux m’exprimer. Imagine qu’Elen, c’est bien ça son prénom hein ? Imagine qu’Elen soit blessée par un soldat, contre qui tu porterais ta colère ? »

 

« Contre le soldat bien entendu ! »

 

« Et qui d’autre ? » demanda t-elle avec lenteur alors qu’il ne comprenait pas la question.

 

« Hein ? Qui d’autre ? Il n’y a qu’un soldat non ? »

 

« Est-ce que tu ne porterais pas ta colère contre Elen qui s’est faite blessée ? Contre toi-même qui n’as pas réussi à la protéger ? Contre les personnes autour de vous ? »

 

« Et bien ... Contre le soldat non ? Je ne vois pas pourquoi je me mettrai en colère contre Elen ou contre moi ... Ou alors contre les personnes autour de moi. Ce n’est pas de leur faute. »

 

« Je ne sais pas si c’est de la naïveté ou alors une réponse des plus sincères. » dit-elle en poussant un léger soupir assez apaisé, comme si elle s’attendait à ces paroles.

 

« ... ... ... Est-ce que tu te moques de moi, Manelena ? Je n’arrive pas à me mettre réellement en colère, je suis désolé ... mais je suis comme ça. Enfin ... Réellement ... Pas comme tu le voudrais, je suis sûr. » murmura t-il avec lenteur.

 

« ... ... ... Hum ? Comme je le voudrais ? Enfin bon ... Tu veux savoir mon secret alors ? Je peux te le dire ... Mais il faudra te taire car de toute façon, il n’est pas aussi simple que cela. »

 

« Je veux bien car tu m’intrigues un peu. C’est quoi cette méthode ? »

 

« Et bien, je t’ai déjà donné un élément de réponse mais je vais te le dire plus explicitement : La haine ... C’est la haine le premier moteur pour utiliser tes lignes noires. Dès l’instant où tu te fais dévorer par la haine, ta puissance se montre réellement et est décuplée. Alors, au sujet de cette haine, si je t’ai posé cette question, c’est pour une bonne raison. Si tu veux réussir à te contrôler, il te faut fixer un objectif ... Un point qui sera le centre de ta haine. Ca peut être une personne, un objet, un lieu, un évènement, qu’importe ... Il faut que dès l’instant où tu veuilles utiliser ta magie, tu te concentres sur ce point. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple que cela et à part moi, je ne connais personne qui ... »

 

« Comme ça ? » demanda t-il d’une voix calme alors que des veines noires apparaissaient sur son visages, ses yeux devenant rouge rubis. La jeune femme eut un léger mouvement de recul, plus étonnée qu’apeurée par ce qu’elle voyait.

 

« ... ... ... ... Du premier coup ? Ce n’est pas possible. »

 

Elle disait cela mais ce qu’elle voyait était tout simplement prodigieux. Le jeune homme, malgré la sueur qui s’écoulait de son front et sa respiration rapide, semblait ... capable de se contrôler. Pourtant, après une vingtaine de secondes, il posa un genou au sol, la bouche grande ouverte, poussant des râles tandis que ses lignes noires disparaissaient. Même si cela n’avait été ... que pendant une minute au grand maximum .

 

« Comment ... est-ce que tu as fait cela, Tery ? Tu ne devrais même pas réussir à faire ce que tu viens d’accomplir. Tu as déjà réussi ... à trouver quelque chose comme objectif ? »

 

« Il n’y a qu’une seule personne que je peux haïr ... de tout mon cœur ... Qu’une seule personne que je hais plus que tout au monde ... Une seule personne qui est capable de m’emmener dans une haine viscérale ... »

 

« Hum ...  J’avoue être un peu sceptique sur ce que tu dis. Porter une telle haine à l’égard d’une personne est vraiment très rare ... Il faut une excellente raison, une raison qui change quasiment la vision que l’on a du monde autour de soi. »

 

« Héhéhé ... Hahaha ... Mais ne t’en fait pas ... Manelena ... Ne t’en fais donc pas ... »

 

Il venait de rigoler mais elle voyait que cela était d’un air nerveux. Il avait vraiment quelqu’un qu’il haïssait plus que tout au monde ? C’était plutôt ... surprenant. Mais ce n’était pas à elle de poser des questions à ce sujet.

 

« ... ... Et après ? Qu’est-ce qu’il y a d’autres à savoir, Manelena ? Sur ces lignes noires ? J’ai vraiment l’impression que ... Qu’avec ce que tu m’as dit, ça change tout. »

 

« A peu de choses près, tout ceux ayant des lignes noires et qui s’y intéressent savent ce que je t’ai dit. Le problème vient sur l’application de la chose. Mais toi ... J’avoue que je suis étonnée ... Franchement étonnée ... Tu caches bien ton jeu hein ? » dit-elle en souriant alors qu’il semblait avoir repris sa respiration.

 

« Comment ça ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

 

« Capable d’être aussi haineux ... Je t’ai vu un peu colérique, infantile mais pas ... Haineux à ce point ... C’est vraiment remarquable en un sens. »

 

« Rien de bien stupéfiant ... Je ne vois pas ce qu’il y a d’étonnant. »

 

Elle s’était rapprochée de lui, l’observant longuement de ses yeux rubis, gardant son sourire sur ses lèvres. Elle semblait heureuse de le voir ainsi ... De le voir d’une autre façon ... Le jeune homme restait immobile, toujours contre le mur de la ruelle.

 

« ... ... ... Tu veux savoir contre qui je porte cette haine, Manelena ? Je te dois bien cela ... »

 

« Je ne dirai pas que je serai ravie de l’apprendre car je ne vois pas ce qu’il y a de bien ... »

 

« C’est mon père. Voilà tout. »

 

Il avait dit cela avec une certaine nonchalance. Clair et précis ... Il ne venait pas d’omettre un détail ou autre ... Son père ? C’était envers son père qu’il ressentait une telle haine ? C’était vraiment ... bizarre ... Mais ... Mais ... Ses yeux rubis restaient fixés sur lui, les deux mains de la jeune femme aux cheveux d’argent tremblant légèrement.

 

« Qu’est-ce que ... » murmura t-il, surpris.

 

« Reste ainsi pendant une bonne minute et tais-toi. Tu ... es bizarre ... C’est stupide. » souffla t-elle alors qu’elle venait de l’enlacer, le serrant contre sa poitrine. Il ... Il ... Il n’osait plus du tout bouger, ce n’était pas pareil qu’avec Clari. Il avait l’impression d’avoir quelque chose d’unique de la part de Manelena, comme si c’était la première fois qu’elle faisait une telle chose de toute son existence.

 

« Ne t’en fais pas ... Tery. Tu n’es pas le seul dans ce cas. »

 

« Je ne pense pas que ... beaucoup de personnes ... aient un tel sentiment envers leur paternel. Encore que ce ne soit pas si rare que ça que des enfants se fassent frapper par leurs parents ... Mais il n’y a pas que ça ... chez moi. C’est plus profond. »

 

« Tu n’as plus à parler ... Je sens que tu ne me mens pas. »

 

« ... ... ... ... ... Manelena ? Est-ce que toi aussi, tu ... »

 

« Si tu veux tout savoir, je porte moi-même une haine intense envers une unique personne. Moi aussi, cela fait depuis des années que c’est comme cela... »

 

« On pourrait peut-être se retirer des bras de l’autre ? Car c’est assez gênant ... » murmura t-il avec lenteur, sa tête toujours bien logée.

 

« Oui, tu as totalement raison. C’est de ma faute, cela risque de porter à confusion. » répondit-elle en le détachant de ses bras, l’observant d’un fin sourire. Elle était un petit rouge de gêne non ? Elle reprit la parole : « Tu veux savoir autre chose ? Ce que seuls les lignes d’Alzar et de Zélisia sont capables de faire ? Je peux bien te l’annoncer mais bien que ça soit beaucoup trop tard pour espérer y arriver maintenant. »

 

« De quoi ? De quoi est-ce que tu parles ? » demanda t-il avec un peu d’intérêt. Elle parlait des deux sortes de lignes donc cela voulait dire que ce n’était pas forcément dangereux.

 

« La matérialisation d’un objet ...  Nous sommes les seuls capables de faire une telle chose dans un degré bien supérieur à la moyenne. Je vais te poser une question : Est-ce que ... Cette femme masquée faisait apparaître un objet, que ça soit une arme ou un bouclier ou autre, comme par magie, sans que tu saches d’où il provenait ? »

 

Hum ... Elle parlait d’Elen, n’est-ce pas ? Alors ... Il fallait y réfléchir ...Il commença à penser à tout cela, cherchant à deviner la chose dont parlait Manelena. Quelque chose qui apparaissait ... qui apparaissait ... Hum ... Il ne l’avait vue que peu souvent Elen. C’était même assez triste en y réfléchissant. Puis soudainement, il s’exclama :

 

« Son arc ! Et ses flèches aussi ! Elle fait souvent apparaître tout ça quand elle se bat ! »

 

« Oh ... Donc c’est une archère ? C’est sur que c’est beaucoup mieux que les femmes utilisant les armes au corps à corps. Généralement, celles qui sont au corps à corps sont fortes et robustes mais d’après la carrure de cette jeune femme, cela m’étonnerait qu’elle soit douée. »

 

« Oh ... Elle utilise ... des dagues aussi ! Je m’en rappelle car j’ai été blessé par ces dernières. » répondit-il dans un léger sourire, ne pouvant pas cacher sa joie.

 

« Tu es amusé car elle a réussi à te blesser ? »

 

« Non ... Non ... Juste que ... J’ai vraiment envie de la revoir. »

 

Hum ? Elle haussa un sourcil aux paroles du jeune homme. Hum ... Ce n’était pas son affaire mais bon ... Elle reprit aussitôt :

 

« Qu’importe ce que tu penses réellement d’elle, ce n’est pas à moi de te dire qui tu dois aimer ou qui tu dois détester. »

 

« Ai... Aimer ? Ah non non ! Ne vous faites pas de fausses idées, Manelena ! Euh, ne t’en fais pas ! Ca serait bête de penser ainsi ! »

 

« Hum ... Enfin bon ... Qu’importe, nous n’allons pas nous attarder sur ce sujet. Les lignes d’Alzar comme les lignes de Zélisia nous permettent d’avoir un objet ou quelque chose de plus ... personnel en nous. Dans le cas de cette jeune femme, c’est son arc. »

 

« Quelque chose de plus ? Comment cela ? » demanda t-il, un peu étonné.

 

« Cela peut sembler effrayant mais Alzar et Zélisia étaient des dieux. Avoir une partie de leurs pouvoirs, c’est avoir des capacités insoupçonnées. Ainsi, il n’est pas stupide de s’imaginer qu’il est possible deux nouveaux bras entièrement noirs ou blancs selon nos lignes. »

 

« C’est vraiment ... saugrenu. Et c’est quoi l’utilité d’avoir deux bras en plus ? »

 

« Hum ... Ca se voit que tu ne te bats pas souvent, n’est-ce pas hein ? »

 

« C’est une remarque ? » demanda t-il alors qu’il souriait, voyant que la jeune femme tremblait un peu. Il fallait dire que cette tenue n’était pas très adaptée pour les sorties de nuit non plus hein ? Hum ...

 

« Exactement ! Enfin bon ... Je vais te répondre. Avoir deux bras en plus, capables de se mouvoir comme si ils étaient réellement issus de ton corps, cela donne un net avantage en combat. Si tu as du mal à parer une épée, est-ce que tu arriverais à parer deux, trois, voir quatre épées en même temps ? C’est tout bonnement impossible. »

 

« Mais est-ce que la personne avec quatre bras arrivera à se battre correctement ? »

 

« Bonne remarque ... Bien entendu, cela demande de l’entraînement et ça ne se fera pas en un jour. Comme tu utilises tes lignes noires que très rarement et depuis peu, je ne pense pas que tu seras capable d’avoir ta propre arme ou ton propre objet avant longtemps. »

 

« D’accord ... Mais d’ailleurs, si tu as des lignes noires, c’est quoi ton objet spécial ? »

 

« C’est un secret. » dit-elle dans un grand sourire alors qu’il rougissait légèrement, reprenant aussitôt la parole en bafouillant :

 

« On ... On ferait mieux de rentrer. Tu as l’air d’avoir très froid. »

 

« C’est exact ... Il ne fait vraiment pas chaud et Clari risque de se poser des questions.. » répondit Manelena alors qu’il ne savait pas réellement quoi faire dans une telle situation. Il resta près d’elle, les deux personnes retournant dans l’auberge puis dans leur chambre. Pas un bruit ... Que le silence ... Et aucune sécurité ... L’auberge n’était pas surveillée.

 

« Bonne nuit, non ? » dit la jeune femme aux yeux rubis alors qu’ils étaient retournés tous les deux dans leurs lits.

 

« Je ne sais pas ... Je ne suis pas vraiment fatigué ... Pourquoi est-ce que tu es rentrée dans l’armée de Shunter, Manelena ? »

 

« C’est l’heure des questions personnelles ? » demanda t-elle en émettant un petit rire.

 

« Euh ... Enfin ... Si tu ne veux pas, je comprendrais. C’est personnel justement donc ... »

 

« Je n’ai pas rejoint l’armée de mon plein gré au départ ... Plus par obligation ... Encore, qu’au final, c’était une obligation morale ... Donc je ne sais pas si on peut dire que c’est de mon plein gré ou non. Et toi ? »

 

« Je voulais rejoindre mes sauveurs. Dans Midès, après m’être enfui pendant quelques minutes, j’ai réussi à me perdre et à me mettre dans une embrouille pas possible. Et bref ... J’ai été sauvé par des personnes dont je ne connais même pas le nom en fin de compte. J’ai rejoint l’armée et ... »

 

« Mais tu n’étais pas avec cette jeune femme au départ ? »

 

« Ma vie est compliquée ... Très compliquée ... Si certains évènements ne s’étaient pas produits, il y aurait de fortes chances que je sois encore avec elle à l’heure actuelle. »

 

« Tu regrettes ce qui s’est passé ? » demanda t-elle alors qu’il hochait la tête d’un air négatif dans son lit, prenant la parole :

 

« Pas du tout ... Je n’ai pas à regretter. Au moins, ma mère ne pourra pas dire que je suis un vagabond ou autres ... Et puis, je ne l’avais même pas prévenue que j’avais quitté le village natal donc quand j’ai eut une mission à Leskar, je peux te dire sincèrement qu’elle était morte d’inquiétude et bon ... Voilà tout. »

 

« Au final, tu ronchonnes souvent mais tu es un brave garçon, c’est ça ? »

 

« Ne dit pas ça comme ça ! Tu vas finir par croire que je suis quelqu’un de bien ! » répondit-il sur un ton légèrement exaspéré mais surtout gêné.

 

« Et ce n’est pas du tout le cas ? Je me serais donc trompée à ton égard depuis le début ? C’est vraiment dommage, Tery ... vraiment ... »

 

« Je ne veux pas que tu crois une chose alors que ce n’est pas vrai ... C’est tout, Manelena. » dit-il avec lenteur comme désabusé par la réponse de la jeune femme.

 

« Hum ... Dernière petite question mais personnelle à mon tour : Si tu revois la jeune femme sur cette photo, qu’est-ce que tu lui diras ou feras en premier ? »

 

« Fe... Feras ? Comment ... Comment est-ce que tu veux ... Je ne vois pas ... »

 

« Ca sera quoi ta première réaction ? Sur le moment ? »

 

« Je ... Je ne sais pas du tout. Je ne sais pas du tout ... Oui ... »

 

Il avait plusieurs idées en tête, plusieurs réactions mais c’était vraiment très personnel donc il valait mieux ne pas y penser. Déjà, revoir Elen serait une agréable surprise, une excellente surprise même ! Avait-elle changée mentalement en plusieurs mois ? Car physiquement, elle n’était pas si différente que ça d’après ce qu’il avait remarqué ...

 

Pfff ... Pourquoi est-ce qu’il pensait à Elen de cette façon ? Et puis, comment est-ce qu’il réagirait ? Est-ce qu’il serait gêné ? De présenter Manelena et Clari à Elen ? D’après ce qu’il avait crû lire, elle était accompagnée elle aussi mais pas par n’importe qui ! Par le prince de Traslord en personne ! Hahaha !


Elle était spéciale comme fille ... Donc un prince, ce n’était pas une mauvaise idée ... Hein ? De quoi est-ce qu’il parlait ? A quoi est-ce qu’il pensait plutôt ? Ce n’était pas ses affaires ! Pas du tout même ! Ca ne le concernait pas ! Elen faisait sa vie ... Et lui ... Et bien ... Il ... Et bien ... Il faisait la sienne !

 

« Tu es étrangement muet depuis que je t’ai posé cette question, Tery. »

 

« Hein ? Que quoi ? Ah ... Non, ce n’est pas grave, rien de bien compliqué. »

 

« Tu l’as dit toi-même, tu ne sais pas quelle sera ta réaction n’est-ce pas ? »

 

« ... ... C’est bête mais je ne sais pas comment réagir avec elle. Je la considère comme une amie ? Comme une ennemie ? Comme quelqu’un proche de moi ? Comme une inconnue ? Est-ce que je dois la saluer ? Rester neutre ? Prendre sa main pour la serrer ? L’embrasser sur la joue sans son masque ? Est-ce que je dois me mettre sur mes gardes car ça fait deux fois qu’elle a essayé de me tuer ? Je serais stupide de l’accueillir à bras ouverts. »

 

« Mais tu es stupide non ? » dit-elle en émettant un petit rire discret.

 

« C’est sympathique de ta part d’entendre ça ... Mais oui ... Je dois  l’être. »

 

« C’est le premier pas vers la guérison. Tu deviendras moins stupide au fil du temps, voilà tout. » répondit Manelena alors qu’il tentait d’apercevoir ses deux yeux rubis.

 

Elle était vraiment jolie, n’est-ce pas ? Comme demoiselle ? Non ? Comme fille ? Tiens ? Pourquoi est-ce qu’il pensait à ça ? Pourquoi est-ce qu’il avait cette idée en tête ? Déjà avec Clari, c’était assez difficile ... Mais avec Manelena qui était toute aussi belle voir encore plus que lui, ça l’était encore plus.

 

« Euh ... Bonne nuit, Manelena. Fais de beaux rêves. »

 

« Toi aussi, Tery. Dans les jours qui suivent, on va régler ce problème avec les médaillons. Cela risque d’être très dangereux mais comme tu es encore néophyte, je te défendrai. »

 

« Merci bien ... Manelena. Ca ne fait que ... quelques jours ? Même pas ... Et je t’apprécie déjà. » termina t-il en se retournant pour ne plus avoir à la regarder. Il allait vagabonder ses pensées ailleurs ... dans un autre endroit ... réfléchi à autre chose en dormant.

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